• « La Grèce antique est la plus belle invention des temps modernes », écrivait Paul Valéry. En 1964, Roy Lichtenstein lui faisait écho en présentant Le Temple d'Apollon comme un stéréotype publicitaire, emblème d'une Grèce de carte postale. Provocation, la toile du maître du Pop art, à l'instar de la sentence de Valéry, invite à s'interroger sur notre rapport à la Grèce . Cet héritage, si longtemps placé au coeur de la culture européenne, est fait de multiples voyages vers un objet façonné et refaçonné au fil des siècles. De quelles signifi-cations la Grèce a-t-elle été successivement porteuse, à Rome, au Moyen Âge, à la Renaissance et depuis la Révolution française ? De quelles manières a-t-elle aidé à définir les identités culturelles ou nationales, la démocratie, l'histoire ? Et quel sens peut-il y avoir, aujourd'hui encore, à « partir pour la Grèce » ? François Hartog, par une réflexion lumineuse qui nous conduit d'Hérodote à Jean-Pierre Vernant, en passant notamment par Plutarque, Montaigne ou Fustel de Coulanges, permet de comprendre l'émergence et les transformations de ce repère majeur de la pensée occidentale qu'on appelle la Grèce.

  • Pour son numéro printanier, Circuit s'intéresse aux perspectives transculturelles en musique contemporaine. La musique d'art en Occident opère en absorbant et en hybridant les traditions depuis très longtemps, comme le souligne en introduction le compositeur Sandeep Bhagwati et le musicologue Jonathan Goldman qui ont dirigé ce numéro. Toutefois, ajoutent-ils, les compositeurs eurologiques se sont approprié trop souvent théories et sonorités issues d'autres traditions musicales que la leur sans égards aux pratiques et contextes culturels de ces pratiques. Récemment, de nombreux contre-projets réunissant des musiciens de plusieurs horizons ont permis des échanges plus équitables entre les diverses traditions musicales. Malheureusement, la plupart de ces projets servent encore seulement à combler les envies d'exotisme des publics. « Existe-t-il des projets, des musiques, qui donnent vraiment naissance "à un nouvel, troisième espace de signification et de représentation" (Homi Bhabha)? »(Sandeep Bhagwati et Jonathan Goldman) C'est à cette question que les collaborateurs de ce numéro tenteront d'apporter une réponse.

  • Les années 60 et 70, en Ontario français, sont porteuses de transformations idéologiques retentissantes. Dans la foulée de la Révolution tranquille au Québec, le nationalisme canadien-français traditionnel est chassé du discours dominant, alors même que le gouvernement fédéral, par l´entremise de ses politiques linguistiques, en vient à occuper une place de plus en plus grande dans la vie socioculturelle des minorités françaises. Ces bouleversements entraînent un réaménagement fondamental du discours identitaire des Franco-Ontariens. Les notions de culture, de communauté et d´histoire habituellement associées à la notion canadienne-française sont évincées en faveur d´un discours individualiste. De « Canadiens-Français » qu´ils étaient, les Franco-Ontariens deviennent des « francophones », sans assises culturelles. / « Comment un peuple oublie son nom » trace l´évolution des termes clés de l´identité franco-ontarienne telle qu´elle se manifeste, sur une période de quinze ans, dans la presse française de Sudbury. Les résultats sont probants.

  • Avec un regard lucide sur les réalités du Canada français, Benoît Cazabon trace un bilan dynamique de l´évolution de l´enseignement du français et de l´enseignement en français en situation minoritaire. Il éclaircit le contexte dans lequel évolue l´enseignement de cette langue et présente un modèle holistique qui définit les pratiques les plus porteuses de succès. Robert Arseneault, qui signe la préface du livre, affirme «[C]e livre est important, nécessaire et ... porteur d´espoir. « Important parce qu´il est unique en son genre en Ontario français et dans la francophonie canadienne et acadienne. Il réunit dans un même ouvrage les principaux éléments d´une réflexion sur l´enseignement et l´apprentissage de la langue maternelle en contexte de langue minoritaire et de diversité linguistique et culturelle.
    «Nécessaire parce que le questionnement de l´auteur aide à comprendre les enjeux et porte vers une réflexion collective pour définir un projet éducatif mieux adapté aux communautés francophones et acadienne du Canada.
    «Porteur d´espoir parce qu´il appelle à l´action. La question de l´enseignement et de l´apprentissage de la langue et de la culture franco-minoritaires est ici abordée dans ce qu´elle a de spécifique et non en fonction de la perspective du groupe linguistique majoritaire.»

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