• Suite aux attentats de 2015/2016, le gouvernement français conçoit dans l'urgence une réponse inédite pour détourner les jeunes du djihad. Un projet emblématique est alors au coeur de toutes les attentions : le centre de prévention et d'insertion à la citoyenneté (CPIC), vite et mal nommé « centre de déradicalisation ».

    Mais comment « déradicaliser » ? A quels professionnels confier ces jeunes ? Comment les accompagner ?

    L'ouvrage revient sur cette histoire méconnue, sur la base d'une enquête de terrain auprès des équipes du centre. Dans un style narratif axé sur les récits d'expérience, il plonge le lecteur en immersion dans le quotidien des professionnels, et tout particulièrement dans les aspects les plus ambigus et complexes de leur mission.

    Les auteurs proposent une lecture sociologique des désaccords et des conflits qui ont rendu impossibles la conception et la réalisation de ce travail de « déradicalisation ». Car derrière les murs et les grilles, se sont posés les termes d'un débat qui n'est pas clos, et qui constitue peut-être l'une des questions les plus centrales, les plus piégées et les plus mal posées de notre époque : qu'est-ce que la radicalité politico-religieuse et que peut-on faire pour la contrecarrer ?

  • Défendant des causes et vérités sans faille, les fanatismes religieux, idéologiques ou politiques font aujourd'hui retour en donnant lieu à de nouveaux types d'extrémismes. Dans leurs formes radicales, ils reposent sur des croyances et des idéaux instrumentalisés, au nom desquels des actes de violence sont parfois commis ? comme en témoigne leur dramatique récurrence ces dernières années.

    Cette montée en puissance des fanatismes nécessite d'être examinée dans ses conditions d'émergence et de diffusion (sociale et politique), dans ses soubassements et ressorts subjectifs ainsi que dans ses incidences sociopolitiques et psychopathologiques.

    Les auteurs s'attachent à transmettre des repères conceptuels, éthiques et cliniques de la radicalisation pour penser ses modes de prévention et de traitement en institutions. Ils montrent que les figures actuelles et variées de l'extrémisme sont à la fois la conséquence et la réponse à ce qui fait désormais malaise dans la civilisation.

    Publié avec le soutien, notamment, de l'équipe d'accueil 4050, laboratoire « Recherches en psychopathologie : nouveaux symptômes et lien social » de l'université Rennes 2 et de l'Agence universitaire de la francophonie (AUF).

  • La notion du « Bienvieillir désigne tout à la fois des pratiques de soin et des manières de conduire sa vie, notamment au plan de la santé. Elle est un label pour les produits cosmétiques et diététiques, pour des produits immobiliers, des spéculations boursières, ou encore pour des villes qui s'engagent en faveur de leurs aînés... Une interrogation accompagne ce mouvement : n'avons-nous le droit de vieillir qu'à la condition de rester jeune ?

    L'idéologie du « Bienvieillir » qui nourrit le marché de la silver économie et du transhumanisme vient manipuler nos esprits pour nous faire accepter une normalisation de nos comportements au moment de l'avancée en âge.

    Les auteurs s'attachent à déconstruire ce nouvel asservissement quasi volontaire qui cherche à masquer la fragilité et la finitude humaine tout en servant les ambitions du capitalisme. Ils nous alertent sur son influence dans la détérioration de la qualité de vie d'une grande partie des vieux et des vieilles, considérés comme une charge, et des conditions de travail des professionnels qui ont la responsabilité de les soigner et de les aider.

  • Au coeur d'une campagne présidentielle qui place la question de la sécurité au premier rang des préoccupations sociales, à l'heure où vient à l'assemblée le projet de loi Sarkozy sur la prévention de la délinquance, cet ouvrage tente, de façon synthétique et très didactique, d'éclairer le débat public. Accessible à tous publics, il donne au lecteur des clés pour démasquer les manières irrationnelles ou idéologiques qui président généralement à l'élaboration des stratégies de prévention et de répression, et pour les analyser d'une façon à la fois plus efficace et plus humaniste. Jacques Faget est chercheur au CNRS (CERVL), enseignant à Institut d'études politiques de Bordeaux et aux universités de Paris V, Barcelone, Padoue et Sion.

  • Les formes d'autorité varient à l'infini selon les sociétés et les époques.
    Qu'est-ce donc que l'autorité ? demandait Hannah Arendt voici un demi-siècle. Alain Eraly avance sur cette question un point de vue renouvelé.

    Si l'on réduit l'autorité à une relation d'obéissance, on perd de vue sa fonction première : celle d'inscrire la vie sociale dans l'imaginaire d'une communauté et ainsi de construire un « nous », une identité commune. On a coutume d'associer la crise de l'autorité au grand mouvement d'émancipation des individus propre à notre modernité, or, l'auteur soutient qu'en réalité, cette crise renvoie d'abord à une crise du collectif.

     

  • Le reste du père qui survit, après la dissolution de sa fonction théologique et idéologique, est seulement un acte singulier, une incarnation de l'alliance possible entre Loi et désir, un geste éthique de responsabilité par rapport à son propre désir. Dans ce livre la version symbolique du Père est questionnée parce que le temps de sa gloire (structuraliste) a expiré. Il s'agit pour l'auteur de penser au père en tant que reste et non en tant qu'Idéal normatif, comme un acte singulier et non comme un pur symbole, comme incarnation et non comme fonction signifiante, comme témoignage éthique et non comme principe premier, comme rencontre contingente et non comme Nom, comme responsabilité éthique et non comme garantie ontologique.

  • L'apparition de la logique managériale dans le secteur de la santé, du médicosocial et du social peut être considérée comme une rupture épistémologique. Elle s'est imposée dans un champ où l'humain est au centre de l'intervention et où la question du sens des pratiques est menacée de dissolution. Mais elle a aussi permis, paradoxalement, des effets d'ouverture, de relance de l'innovation, de redéfinition des missions et du bon usage des ressources en fonction des orientations institutionnelles.

    L'ouvrage met à jour les principales lignes d'opposition entre préoccupations cliniques et managériales : la tentation totalitaire d'un discours managérial se posant en référence dominante et, inversement, sa réduction à la position de mauvais objet par les professionnels du secteur médicosocial, le risque de voir la clinique se poser en victime et donc en bon objet sacrifié, ce qui évite ainsi aux cliniciens de soumettre leurs pratiques à une analyse critique.

    Il s'agit aujourd'hui de construire des logiques corrélatives plutôt qu'exclusives qui reconnaissent les héritages et les légitimités historiques tout en tenant compte des évolutions sur le terrain. Chercheurs, praticiens et personnes qui assument des fonctionsde management en articulation avec des pratiques cliniques proposent une réflexion ouverte qui reflète diverses positions parfois contradictoires, l'objectif étant d'aider le lecteur à fabriquer les outils d'une transition sans renier ses valeurs professionnelles et sans dénier la nécessité de leur transposition dans un monde devenu autre.

    Mise en vente le 22 février 2013

empty