Littérature générale

  • L'histoire semble aller de soi. Pourtant, prononcer « l'évidence de l'histoire », c'est aussitôt ouvrir un doute. L'évidence est le fil conducteur de ces pages qui interrogent le statut du récit historique, l'écriture de l'histoire, la figure de l'historien, hier et aujourd'hui, de la Méditerranée antique à la France de la fin du xxe siècle. Depuis Hérodote, l'histoire est devenue une affaire d'oeoeil et de vision. Voir et dire, écrire ce qui s'est passé, le réfléchir comme un miroir : tels ont été quelques-uns des problèmes constituant l'ordinaire de l'historien. Les nombreuses reformulations modernes ont poursuivi ce travail sur la frontière du visible et de l'invisible. Parvenir à la vue réelle des choses, en voyant plus loin et plus profond. Mais, avec la fin du xxe siècle et la domination du présent, cette forte évidence de l'histoire s'est trouvée mise en question. Quel rôle pour l'historien face au « défi narrativiste », à la montée du témoin, à celle du juge, et alors même que mémoire et patrimoine sont devenus des évidences ?

  • Recoupant d'emblée les champs qui seront ceux de la géographie, de l'ethnographie, de l'histoire et même de la philosophie de l'histoire, fascinée à la fois par l'altérité et par la diversité des peuples et des coutumes, l'Enquête hérodotéenne dialogue sans cesse avec les autres genres et les autres modes de pensée que l'Antiquité nous a légués. Après d'autres travaux, individuels et collectifs, ce recueil d'essais a cherché à cerner les modalités et les enjeux de ce dialogue, mais en y ajoutant celui qui s'est instauré entre Hérodote et ses lecteurs, admiratifs ou critiques, de l'Antiquité jusqu'à nos jours. L'Enquête est donc ici mise en rapport avec l'épopée, la pensée ionienne, le théâtre athénien, mais aussi confrontée à des lectures aussi différentes que celles de Lucien dans l'Antiquité, de Montaigne à la Renaissance et, tout près de nous, de Ryszard Kapu´sci´nski ou de Claude Lévi-Strauss. Qu'il s'agisse des grandes questions anthropologiques posées par tout effort de compréhension et de représentation de l'autre ou des choix narratifs qu'implique toute tentative d'écrire l'histoire, cet éclairage pluriel témoigne de l'actualité sans cesse renouvelée de l'entreprise hérodotéenne.

  • Remonter à la source, mettre un nom sur des visages que le temps a rendu incertains, dire avec honnêteté et rigueur une vie riche, tourmentée, passionnante. Claude Nières suit le fil de sa mémoire et nous replonge dans les souvenirs vivaces de sa jeunesse, de ses années d'enseignement et d'engagement politique. Analyste lucide, il examine avec le soin d'un entomologiste les étapes de son existence, soupèse les raisons de ses choix passés et présents. L'exercice est périlleux, toujours mené avec clarté. En tournant les yeux vers son parcours, il englobe les compagnes et compagnons de route et dit la vitale nécessité de leur présence à ses côtés.
    Claude Nières est agrégé, docteur en histoire et docteur ès-lettres et sciences humaines, enseignant-chercheur à l'université de Rennes 2, professeur honoraire des universités. Historien moderniste, spécialiste du XVIIIe siècle, des villes, de l'urbanisme, des sociétés urbaines et littorales, de la guerre. Il est l'auteur d'ouvrages et de nombreuses publications concernant la Bretagne et Toulouse.

  • Raisonner sur 2050 est une nécessité pratique, car l'histoire est chose mouvante, flexible, il est impossible de croire qu'en 2050 elle sera identique à celle que nous connaissons : les centres d'intérêt, les manières de connaître, les méthodes seront bien différents (il suffit de saisir les changements pour les années 1950-2000). Aussi bien une prospective 2050 oblige- t-elle à jeter un regard autre sur notre présent, un regard libre, assuré, et à pressentir des mutations dont souvent, par prudence, on préfère ne pas parler. Ces quinze leçons cherchent à esquisser les mutations d'ici à 2050 de quelques disciplines (l'histoire de la bureaucratie, l'histoire économique, l'histoire sociale)t à analyser les changements probables du système (par exemple pour la formation, l'ingénierie historique, les archives, la communication). Ces esquisses à l'échelle de 2050 permettent de saisir les zones d'incertitude, les facteurs d'évolution, elles montrent aussi ce qu'il serait important de faire ; elles introduisent à une vision différente de l'histoire, et François Monnier dans sa préface explique bien le sens de ces explorations, qui sont propres à susciter l'inquiétude : réfléchir sur l'historien de 2050 n'est pas innocent.

  • La dernière nuit de Cincinnatus Leconte raconte l'explosion de la poudrière du Palais et la mystérieuse disparition du président.
    1912 - Port-au-Prince, Haïti. Le Palais explose. Le président Cincinnatus Leconte et sa garde périssent. Accident ?
    Crime ? Vengeance d'Ogou, le dieu vodou? L'explosion du Palais masque-t-elle l'assassinat du président ? Le journaliste Louis Brutus mène l'enquête afin de percer le mystère.
    Entretemps s'ouvre une guerre sans fin pour s'emparer du pouvoir. Conjurations, traîtrises, trahisons taraudent les esprits. Dans les abysses de ce laboratoire politique plane l'ombre de Reine-Joséphine, l'épouse de Cincinnatus Leconte, obsédée autant par le rachat de la conscience de son mari que par le blanchiment des élites sur cette île des Caraïbes qui hasarde à l'infini des modèles politiques aussi insolites que flamboyants.

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