Langue française

  • L'histoire de la bureaucratie est une discipline neuve, une histoire-carrefour : peut-on en faire la théorie générale ? Quelles sont les difficultés doctrinales rencontrées par l'historien ? Quels sont les moyens, les méthodes qu'il doit mettre en oeuvre ? Comment développer cette histoire souvent piégée ? Ce sont là des questions difficiles, auxquelles on ne peut apporter que des réponses provisoires, incertaines. Guy Thuillier cherche à dégager des principes d'action, à montrer les règles de prudence que l'on doit observer ; c'est une histoire qui exige de l'historien de la flexibilité, de l'invention, du courage, de la prudence, le sens du « probable ». une certaine expérience de la vie et une bonne connaissance des techniques administratives. L'historien n'a pas de modèle à suivre, il doit inventer son chemin, il a toute liberté pour créer ses règles du jeu - ce qui est fort rare en histoire.

  • Raisonner sur 2050 est une nécessité pratique, car l'histoire est chose mouvante, flexible, il est impossible de croire qu'en 2050 elle sera identique à celle que nous connaissons : les centres d'intérêt, les manières de connaître, les méthodes seront bien différents (il suffit de saisir les changements pour les années 1950-2000). Aussi bien une prospective 2050 oblige- t-elle à jeter un regard autre sur notre présent, un regard libre, assuré, et à pressentir des mutations dont souvent, par prudence, on préfère ne pas parler. Ces quinze leçons cherchent à esquisser les mutations d'ici à 2050 de quelques disciplines (l'histoire de la bureaucratie, l'histoire économique, l'histoire sociale)t à analyser les changements probables du système (par exemple pour la formation, l'ingénierie historique, les archives, la communication). Ces esquisses à l'échelle de 2050 permettent de saisir les zones d'incertitude, les facteurs d'évolution, elles montrent aussi ce qu'il serait important de faire ; elles introduisent à une vision différente de l'histoire, et François Monnier dans sa préface explique bien le sens de ces explorations, qui sont propres à susciter l'inquiétude : réfléchir sur l'historien de 2050 n'est pas innocent.

  • Pour une histoire de la bureaucratie II permet d'aller plus loin dans l'exploration de cette histoire qui est encore toute neuve. Comment faire apparaître les histoires à naître ? Comment étudier l'avancement, la passion du pouvoir, les échecs, les conflits ? Comment faire l'histoire du vécu, du mouvant, de l'éphémère ? Que peut-on attendre de l'histoire des épouses de fonctionnaires ? Autant de questions auxquelles dans ces vingt-quatre leçons Guy Thuillier tente d'apporter des réponses, mais on est dans un domaine bien incertain. L'histoire de la bureaucratie est une histoire qu'il faut sans cesse compliquer, elle exige de la souplesse, une certaine expérience de l'administration, de l'esprit d'entreprise, du courage - mais l'historien y jouit d'une étonnante liberté de jeu.

  • L'historien ne travaille que sur des choses douteuses, incertaines, il ne peut en tirer que des conclusions « probables ». Qu'est-ce que le probabilisme en histoire? Quelle est l'importance du jeu du probable? Comment constater nos ignorances? Comment, avec l'âge, l'expérience renonce-t-on aux explications « certaines » et glisse-t-on à un certain probabilisme ? Autant de questions auxquelles dans ces vingt-quatre leçons Guy Thuillier tente d'apporter des réponses. Le probabilisme n'est pas un corps de doctrine, comme le souligne François Monnier dans sa préface, mais une expérience personnelle, chacun doit la mener pour son compte, et inventer ses méthodes pour mettre en doute ses idées, suspendre son jugement. L'historien est condamné à vivre dans le doute, l'incertitude, l'inquiétude ; rien n'est stable, tout est provisoire.

  • Comment décrire les principes de l'histoire économique ? Comment fixer des règles du jeu ? Comment faire la part du probable, de l'erreur ? Comment évoquer le rôle des personnalités créatrices ? Que sera cette histoire en 2050 ? Quels conseils donner aux jeunes chercheurs ? Dans ces quinze leçons Guy Thuillier cherche à répondre à ces questions difficiles et à montrer la complexité de cette histoire très technique, qui exige beaucoup de l'historien.

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