• Faire ses comptes. D'où vient cette discipline du chiffre pratiquée jusqu'au sein des familles ? Les vestiges du livre de boutique de Colin de Lormoye, un couturier du xve siècle, installé à Paris, à deux pas de l'église Saint-Séverin invitent à une exploration de l'histoire des pratiques de comptabilité domestique. Ces comptes, à ce jour les seuls d'un boutiquier parisien conservés pour la période médiévale, sont ici édités et commentés. Ce document exceptionnel que Colin a tenu pendant plus de trente ans nous renseigne sur les usages de gestion d'un individu du « commun des gens de métier », selon les mots de Christine de Pizan. Le livre nous fait pénétrer dans l'univers quotidien d'une boutique, éclairant la vie économique d'un artisan du Moyen Âge. Il dévoile l'ampleur des savoir-faire de Colin et sa propre conception du travail, ce qu'il appelait sa « besogne ». Retrouvé dans les archives de l'abbaye Saint-Germain-des-Prés, de l'université et de l'église Notre-Dame, le parcours de ce Parisien ordinaire se laisse reconstruire depuis son installation sur la rive gauche jusqu'à son accession à la maîtrise, puis à la propriété. Son insertion dans le monde de la confection parisienne est restituée grâce aux archives des métiers parisiens à la prévôté de Paris et aux documents fiscaux. Copiant jour près jour ses factures, Colin de Lormoye déploya dans son livre un véritable idiome professionnel et en fit le lieu d'élaboration de sa dignité sociale.

  • Traduit pour la première fois en France, La Vie dans un village médiéval est un classique qui a initié des millions de lecteurs anglophones aux secrets du monde médiéval. Et qui a profondément inspiré George R. R. Martin, le créateur de A Game of Thrones. À partir de l'exemple du village anglais d'Elton, vers 1300 de notre ère, Frances et Joseph Gies racontent l'histoire de l'origine, du développement et du déclin du village européen. Avec une grande richesse d'anecdotes et de détails, ils dressent un portrait saisissant de ce qu'était le quotidien de l'époque et nous montrent l'importance du rôle qu'y jouait le village. Les Gies ont le don de rendre à la vie ces hommes et ces femmes qui vivaient dans et autour du village. Nous découvrons comment les champs étaient cultivés, comment seigneurs et serfs se vêtaient et se lavaient, ce qu'ils buvaient et ce qu'ils mangeaient, quels étaient leurs occupations et leurs loisirs, et quels curieux traitements ils inventaient pour se soigner. Nous y apprenons le rôle essentiel que jouait l'église dans le maintien de l'ordre social et comment le système juridique et le code de conduite, étonnamment avancés, du village médiéval posèrent les fondations de la civilisation occidentale. Aussi plaisant à lire qu'un roman, La Vie dans un village médiéval est l'ouvrage idéal pour quiconque a envie de se plonger, l'espace de quelques heures, dans cette période fascinante.

  • Voilà pour toi un livre contenant la mémoire d'un très illustre et très grand homme. (Préface d'Éginhard

  • Parcourant huit siècles de l'histoire de la Chine, ce livre nous plonge dans la vision taoïste de l'humanité et de sa destinée. Les sources historiques du Moyen Âge chinois dépeignent un monde englouti par le mal, où l'existence humaine est gagée dès la naissance et accablée davantage au cours de la vie par une accumulation de dettes, ici-bas et dans l'au-delà. La propagation du bouddhisme vient bousculer la pensée chinoise sur les causes de la souffrance, la nature du mal et les visées de la rédemption. S'appuyant sur des textes de prière, des sermons liturgiques et des récits de témoignage, Franciscus Verellen conte comment sacrements taoïstes, pratiques de dévotion, rituels et exercices thérapeutiques agissaient sur le monde invisible pour surmonter l'angoisse liée à la perte, à la maladie, à la mort, et pour faire passer des ténèbres à la lumière l'« homme intérieur », affranchi, purifié, guéri.

  • Traduit pour la première fois en France, La Vie dans un château médiéval est un classique qui a initié des millions de lecteurs anglophones aux secrets du monde médiéval. Et qui a profondément inspiré George R. R. Martin, le créateur de A Game of Thrones. À partir du remarquable château de Chepstow, à la frontière de l'Angleterre et du Pays de Galles, mais aussi des plus admirables châteaux forts français, les grands médiévistes Frances et Joseph Gies nous offrent un portrait saisissant de ce qu'était la vie quotidienne de l'époque et nous montrent l'importance du rôle qu'y jouait le château fort. Les Gies ont le don de rendre à la vie les hommes et les femmes qui vivaient dans et autour du château, le seigneur et la dame, les chevaliers et les soldats, les serviteurs et les paysans, les troubadours et les jongleurs. Nous y découvrons comment les seigneurs et les serfs se vêtaient et se lavaient, ce qu'ils buvaient et ce qu'ils mangeaient, quels étaient leurs loisirs et leurs occupations, leurs codes de conduite sexuelle, leurs principes d'ordre et de solidarité. Nous y apprenons le rôle essentiel que jouait l'honneur dans la culture médiévale, le processus d'initiation auquel se soumettaient les chevaliers, l'importance des fêtes religieuses et des liens personnels, et pourquoi le château fort était autant un rempart contre les violences qu'une source de conflit et un enjeu de pouvoir. Remarquablement documenté, et aussi plaisant à lire qu'un roman, La Vie dans un château médiéval est l'ouvrage de référence pour quiconque a envie de se plonger, l'espace de quelques heures, dans cette époque fascinante.
    Écrivains et historiens, Frances Gies (1915-2013) et Joseph Gies (1916-2006) ont écrit plus de vingt ouvrages sur le Moyen Âge, dont beaucoup ont été des best-sellers.

  • La première croisade est l'un des plus fameux événements de l'histoire. Les textes grecs, arméniens, arabes et syriaques qui en témoignent sont d'une fabuleuse richesse. Pourtant jusqu'à présent, de nombreuses questions sont restées sans réponse et de nombreuses sources ignorées. En plaçant le lieu de son enquête à Constantinople, au coeur de l'Empire Byzantin, et sous le règne d'Alexis Ier Comnène, Peter Frankopan opère un radical changement de focal. Il dévoile une autre histoire des raisons et du déroulement de l'expédition qui, au XIe siècle, a ravi Jérusalem aux mains des musulmans.

  • Ispahan, Boukhara, Samarcande... Un rêve d'Orient. La Perse médiévale de l'islamisation à l'invasion mongole, du VIIe au XIIIe siècle. Un territoire beaucoup plus vaste que l'Iran actuel, une civilisation déjà millénaire entre monde méditerranéen et Asie. Rapidement, la Perse fut bien plus qu'une simple province de l'Empire musulman : elle aussi conquit son farouche vainqueur. Ce guide culturel met en lumière ce que lui doit la civilisation musulmane, des institutions aux productions intellectuelles et artistiques. Ce qui ne fut pas sans conséquences, y compris sur la géopolitique contemporaine.

  • Au IVe siècle, le monachisme fait une timide apparition en Occident, à la faveur des récits de pèlerins et d'évêques orientaux réfugiés en Europe. Quelques siècles plus tard, il occupe une place incontournable dans la société médiévale. L'ouvrage de C. H. Lawrence raconte le prodigieux essor de ce mouvement, ainsi que les nombreuses formes de vie religieuse auxquelles il a donné naissance.
    Le moine, selon la célèbre Règle établie par saint Benoît au VIe siècle, partage sa journée entre la prière, le travail et l'étude. Mais la nécessité de gérer des monastères au patrimoine et aux revenus toujours plus importants, de répondre aux sollicitations des pouvoirs temporel et ecclésiastique, d'accorder une place aux femmes dans les maisons religieuses, ou encore de faire face à l'apparition de l'université obligèrent parfois les religieux à déroger aux exigences premières de la vie monastique. Au cours du Moyen Âge, de l'Irlande à l'Italie, les hommes et les femmes vouant leur vie au service de Dieu apportèrent de multiples réponses aux défis posés par ces évolutions. Ces réponses donnèrent naissance à autant de mouvements religieux (Cluny, Cîteaux, Grandmont, Sempringham... ; chanoines, templiers, frères prêcheurs...) dont C. H. Lawrence dresse un portrait saisissant de force et de vitalité.
    Clifford Hugh Lawrence est professeur émérite d'histoire médiévale à l'Université de Londres. Il a notamment publié St Edmund of Abingdon (1960), Matthew Paris and St Edmund (1996), The Friars: The Impact of the Mendicant Orders on Medieval Society (2001). Il a éga lement édité et traduit en anglais les lettres d'Adam Marsh (2006-2010).

  • Le Moyen Âge n'est pas uniquement le temps des seigneurs et des paysans, ni celui des métiers urbains et de l'artisanat. L'industrie et l'innovation technique ne sont pas exclusivement le champ d'action des marchands banquiers des grandes cités.
    Cet ouvrage, fondé sur une enquête au plus près des sources, et qui emprunte ses méthodes à la micro-histoire, restitue une autre réalité et propose un autre modèle économique des campagnes médiévales. Le lieu en est la vallée du Vallespir qui borde le massif du Canigou (Pyrénées-Orientales) et, en particulier, le bourg d'Arles-sur-Tech. Le temps est celui de la fin du Moyen Âge, les XIVe et XVe siècles, quand la Couronne d'Aragon s'étend au nord des Pyrénées.
    Des milliers d'actes notariés témoignent encore aujourd'hui de la passion de l'écrit qui traverse cette société de montagne et se concrétise dans les études des notaires des bourgs et des villages. Les affaires s'y nouent, les contrats sont établis, les réussites et les échecs enregistrés.
    La vallée du Vallespir est un district industriel, traversé et unifié par des circulations de produits, de capitaux et de savoirs, portées par des entrepreneurs ruraux dont les biographies ont été patiemment reconstituées. Elles permettent d'explorer de façon neuve l'économie des campagnes. Entreprises muletières, teintureries et ateliers de corroyage, mines, forges et fonderies, scieries sont des lieux de travail où se croisent mains-d'oeuvre locales et étrangères, souvent qualifiées et aux horizons lointains. Si les financements de l'industrie peuvent provenir de la ville proche, des membres de la notabilité des bourgs pourvoient activement aux investissements dans des entreprises qui sont souvent détenues par leurs voisins et leurs proches. Ces espaces de travail et d'échanges sont aussi des territoires techniques où se déploient des innovations comme autant d'expériences partagées et simultanées à l'échelle du continent européen et dont témoigne aussi l'industrie au village.

  • Entre les prétendues terreurs de l'An mil et le fléau bien présent de la Peste Noire, la France a traversé trois siècles et demi qui ont façonné durablement ses frontières, ses paysages, ses institutions et sa société.
    Durant cette période, les rois capétiens (de Louis VI le Gros à Philippe le Bel) ont lutté pour faire reconnaître leur autorité suprême au dessus de la pyramide féodale. Ils ont brisé la résistance de leurs grands vassaux et affronté leurs voisins Plantagenêt pour agrandir le royaume de France, alors en plein essor démographique, agricole et commercial.
    C'est dans ce cadre que s'édifièrent les cathédrales (Notre Dame de Paris (1163-1260), Reims (1211-1311)), que les Papes s'installèrent à Avignon et que, sur le plan intellectuel, s'écrivirent Le Roman de Renart, les oeuvres d'Abélard ou de Chrestien de Troyes.
    Dans cette société en mouvement, l'écrit s'est imposé au détriment de l'oral, les chevaliers ont réussi à intégrer la noblesse, tandis que, dans les villes, la bourgeoisie laborieuse réussissait à accéder au pouvoir communal.
    Ces évolutions ne se sont pas produites sans heurts: violence féodale, révoltes paysannes, contestations universitaires et bouillonnements hérétiques ont aussi ponctué ces trois siècles.
    C'est cette histoire mouvementée que le lecteur découvrira dans ce volume qui, fidèle au principe de la collection, propose un aperçu historique de toute la période, des chapitres thématiques, des chronologies, des cartes, des notices biographiques et de nombreux documents iconographiques inédits.

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