Littérature générale

  • Prins

    César Aira

    Un célèbre auteur de romans gothiques décide d'arrêter d'écrire. Lassé de se plier aux exigences du genre et aux lois du marché éditorial, frustré d'y avoir sacrifié ses ambitions littéraires, il amorce un virage radical : sa vie sera désormais consacrée à l'opium. Encore faut-il en trouver. Commence donc pour notre héros une errance dans les rues de Buenos Aires jusqu'à une boutique, l'Antiquité. L'Huissier, un étrange dealer, l'y attend. Et lui ouvre très vite les portes d'une réalité inexplorée...
    Formidable éloge des pouvoirs de la fiction, Prins invite son lecteur à cheminer dans une succession de labyrinthes, d'escaliers secrets, de trompe-l'oeil où la surprise est reine et où s'estompe la frontière entre réalité et rêve. On y retrouve l'humour et la fantaisie légendaires de César Aira, et le regard ironique qu'il porte sur notre monde.

    « César Aira est l'un des trois ou quatre meilleurs écrivains d'aujourd'hui en langue espagnole. » Roberto Bolaño

  • Récit d'un noyé

    Clément Rosset

    Pendant que des médecins travaillaient à me maintenir en vie, à la suite d'une noyade qui aurait dû finir fatalement, j'ai vécu, ou rêvé, ou halluciné, des aventures si extraordinaires que l'idée m'est venue d'en rapporter au moins quelques-unes.

  • Avec une précision d'horloger, Jérôme Élie construit des situations qui révèlent le peu de stabilité du monde dit réel. Tout nous semble familier ou normal, puis soudain, comme si les personnages avaient une défaillance, le décor se fissure, l'histoire prend une allure déroutante...

  • Poppy, mot anglais qui signifie en français : pavot, coquelicot, fait référence à l'opium et à son pouvoir hallucinogène. Poppy aussi, comme dans pop, papa.

    M. Keller, un entomologiste de renom se rend aux urgences : la plaie sur sa jambe s'est aggravée. Son histoire, révélée à petites doses par les différents protagonistes, est racontée avec réalisme, mais Jérôme Élie nous entraîne subtilement ailleurs, au-delà des événements, de « l'ordre des choses », dans un univers où la réalité se fissure, un monde où les repères habituels s'effacent. Les expériences vécues dans les rêves viennent alors ébranler ce que notre raison tient pour vrai. Où est la réalité? Qui peut prétendre la cerner avec certitude et exactitude?

  • Quand il était enfant, Ray Cormier partit avec son père dans la péninsule du Niagara pour y faire la cueillette des fruits. Mais au retour, un événement incompréhensible est venu bouleverser sa vie. Incapable de partager ce souvenir avec ses proches, il se confie au docteur Bergue, comme le fera à son tour Jean-Luc Ponteil, aux prises lui aussi avec des troubles de la mémoire.

    « Des événements récents, formidables et incompréhensibles nous avaient conduits à penser que ce dont nous étions le plus assurés, ce dont jamais à ce jour nous n'avions eu à nous soucier, depuis peu nous était soustrait. Quoi donc ? Le soleil ? Le roi de France ? Notre salut ? Non. La réalité même. Par nappes et effluves, une étrange absence imprégnait le monde. Les choses, les êtres nous paraissaient perdre de leur substance. » [extrait]

  • La cattiva

    Lise Charles

    Six ans avant le début de cette histoire, on avait dit à Marianne Renoir, alors âgée d'une quinzaine d'années, que le jeune homme qu'elle voyait là, sur le trottoir d'en face, en train de faire ses lacets comme vous et moi, descendait du pape Sixte Quint et de la grande famille des Peretti, dont Stendhal a raconté quelque part les aventures. Il sait le grec ! avait-on ajouté. L'italien aussi, à coup sûr, car il passait tous ses étés dans la villa de ses aïeux, près de Ferrare. On murmurait même qu'il était poète. Et si je l'épousais ? s'était demandé Marianne. Six ans plus tard, Marianne n'a toujours pas épousé Pierre, mais elle passe ses vacances d'été avec lui dans sa villa de Camporiano. Le roman commence sur un mode léger et comique par la description triviale du quotidien des personnages, de leurs humeurs et de leurs disputes ; il s'engouffre peu à peu dans leurs perceptions profondes et se met à suivre le flot de leurs pensées et de leurs hallucinations, grâce aux textes intimes qu'ils écrivent, mais également aux contes, aux ballades, aux histoires allégoriques qu'ils inventent et se récitent. Roman à plusieurs voix, La Cattiva glisse constamment d'un genre à l'autre, d'un ton à l'autre. Même quand l'angoisse prend le dessus, l'enthousiasme et l'enjouement ne disparaissent pas entièrement. Le récit se déploie dans une Italie ensoleillée et romanesque, tantôt réelle, avec les déambulations de Pierre et Marianne dans Parme, Modène et Ferrare, tantôt imaginaire et rêvée : Camporiano n'existe pas plus que Virgoletta, un petit village à flanc de colline où l'on part dîner et danser la tarentelle quand tout va trop mal.

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