• Prins

    César Aira

    Un célèbre auteur de romans gothiques décide d'arrêter d'écrire. Lassé de se plier aux exigences du genre et aux lois du marché éditorial, frustré d'y avoir sacrifié ses ambitions littéraires, il amorce un virage radical : sa vie sera désormais consacrée à l'opium. Encore faut-il en trouver. Commence donc pour notre héros une errance dans les rues de Buenos Aires jusqu'à une boutique, l'Antiquité. L'Huissier, un étrange dealer, l'y attend. Et lui ouvre très vite les portes d'une réalité inexplorée...
    Formidable éloge des pouvoirs de la fiction, Prins invite son lecteur à cheminer dans une succession de labyrinthes, d'escaliers secrets, de trompe-l'oeil où la surprise est reine et où s'estompe la frontière entre réalité et rêve. On y retrouve l'humour et la fantaisie légendaires de César Aira, et le regard ironique qu'il porte sur notre monde.

    « César Aira est l'un des trois ou quatre meilleurs écrivains d'aujourd'hui en langue espagnole. » Roberto Bolaño

  • Cet ouvrage de 1957 fait date. En effet, il marque un tournant capital pour la psychiatrie, qui s'éloigne d'une psychologie mêlée de philosophie pour véritablement se faire médecine totale. À travers l'étude du cas de cette patiente atteinte de délire schizophrénique de persécution, Binswanger découvre la maladie comme résultat d'un processus dont seule l'observation de l'environnement, du contexte et de l'histoire du patient peut mener à la compréhension. Collectant de façon minutieuse et presque exhaustive tous les éléments du passé et du quotidien de Suzanne Urban, le médecin répertorie tant les symptômes cliniques que les données externes au patient. Avec Le Cas Suzanne Urban, Ludwig Binswanger ouvre une nouvelle voie et refonde la façon dont la psychiatrie est envisagée.

    /> Ludwig Binswanger naît en Suisse en 1881. Petit-fils de psychiatres, et entretenant un lien avec Sigmund Freud, d'aucuns auraient pu penser que Binswanger serait resté proche de la pensée de ses pairs. Mais il s'éloigne de la psychanalyse qu'il connaît pour établir une nouvelle méthode thérapeutique qu'il présente sous le nom de Daseinsanalys. Binswanger développe sa pensée dans nombres d'essais dont son ouvrage majeur, Grundformen und Erkenntnis menschlischen Daseins (1942). Il meurt en 1966.

  • Récit d'un noyé

    Clément Rosset

    Pendant que des médecins travaillaient à me maintenir en vie, à la suite d'une noyade qui aurait dû finir fatalement, j'ai vécu, ou rêvé, ou halluciné, des aventures si extraordinaires que l'idée m'est venue d'en rapporter au moins quelques-unes.

  • Entre passage à l'acte et acting out, le ménage n'a jamais été fait malgré les efforts de Jacques Lacan. Pourtant les incidences thérapeutiques, juridiques et sociales sont considérables. Il s'agit ici de contribuer à une clarification nécessaire.

    On passe notre temps à agir avec des conséquences tantôt mineures, tantôt graves ; des actes médico-légaux aux conflits les plus ordinaires. La question de l'acte constitue une des questions cliniques les plus difficiles, les plus délicates, les plus énigmatiques que les praticiens ont à affronter. Ce séminaire inédit de Marcel Czermak propose un certain nombre d'apports aux thèses qui ont pu être celles de Jacques Lacan sur cette question. Son objectif est d'aider les médecins, les juristes, les psychanalystes à avoir un coup d'oeil plus éclairé devant ce qu'on appelle un acte, c que ce soit au quotidien ou dans les conjonctures les plus graves de la vie sociale.

  • « La condition du parlêtre » signifie que l'être humain est organisé par la parole et le langage et non par le fonctionnement exclusivement neuronal de son cerveau, ce qu'affirment les neurosciences.

    Quelle est l'importance du langage et de la parole dans la vie de l'homme ? Cette interrogation n'est pas seulement celle de la psychanalyse mais bien celle vitale de l'être humain qui ne saurait se développer en dehors de ce champ de parole. L'auteur propose une lecture ouverte de ce que Freud, puis Lacan et d'autres (notamment ses patients) nous apprennent de la condition humaine. Il part à la rencontre, non de l'homme psychologique, de l'homme philosophique ou de la religion, mais de l'homme du défaut et du symptôme, ce qui anthropologiquement se définit avec Lacan comme un parlêtre, un être de parole qui échoue et produit des symptômes.

  • Publié en 1901 par un auteur anglais reconnu d'abord pour sa précocité puis sa prolixité, Le Nuage pourpre représente une arrivée sidérante dans le monde de la littérature avec sa vision post-apocalyptique illuminée, celle d'un homme absolument seul, survivant à un désastre absolu et maître d'un monde qu'il décide de brûler méthodiquement. Mais si le héros se nomme Adam, c'est bien que...
    Sans équivalent, ce roman, trop mal connu et jamais édité en grand format en France, emballera les amateurs de cette littérature des extrêmes, des hallucinations d'un temps où penser la fin se faisait encore avec des précautions. Miraculeusement, ce livre a vieilli de manière unique. Un manque éditorial à combler d'urgence. Une oeuvre aussi émouvante que fascinante.

    /> "Au cours d'une carrière littéraire qui s'étend de la fin des années 1880 aux années 40, Matthew Phipps Shiel dit M.P. Shiel (1865-1947) écrivit vingt-cinq romans et plus de soixante nouvelles. Malgré l'ampleur de sa production, les amateurs de fantastique le connaissent surtout comme l'auteur d'un seul livre : Le Nuage pourpre (1901), classique visionnaire du roman de science-fiction, domine toutes ses autres oeuvres." Roger Dobson in Le Visage vert, n°6

  •  « Qu'est-ce qu'une pensée ? La pensée d'une pomme est-elle mot ou fruit ? Fruit, il sera d'Ève ou de Cézanne. Mot, il s'écrira ou se prononcera à voix haute. Un geste, une chute engageront des pensées plus complexes, comme la peur de l'Apocalypse et la loi de la gravitation. La première femme avait déjà fait le geste inverse, de bas en haut, pour cueillir le fruit de la connaissance. Étrange métrage des pas d'un Virgile, qui permet à l'homme de connaître ce qu'il arpente : sa mère d'abord, puis la terre et l'enfer.

    Expériences sensitives, accès d'abstraction, fantaisies d'artiste ou jaillissement délirant, tout sort d'une même fabrique mentale. "Replongez-vous, pensées, au fond de mon âme", disait Richard III.

    Quand le silence d'une séance décide l'analyste à poser la question d'usage : "À quoi pensez-vous ?" l'analysant étendu sur le divan commence une phrase, puis s'interrompt : "Pourquoi me demander à quoi je pense ?" L'analyste hésite un instant : "Tant que vous ne vous entendrez pas le dire, me le dire, vous ne le saurez pas."

    Entre impensé et impensable, la pensée émerge et s'évanouit, se forme clairement ou défaille. De la formule d'un rêve à l'invention d'un nombre imaginaire, de l'obscurité d'une pensée du corps à l'écriture qui épouserait les pensées qu'elle fait naître, nous verrons les pensées sortir de l'ombre de l'insu. » S.R.

  • Le refoulement est généralement considéré comme un fait sans que l'on s'interroge sur ses causes, ni sur ses processus qui sont variables. Il s'agit d'explorer ces questions et d'en tirer les leçons cliniques. À tour de rôle, Patrick Landman et Gérard Pommier prennent la parole pour apporter des éléments de compréhension sur le concept de refoulement au cours de « séminaires bicéphales » qui se sont prolongés sur deux années. Dans le langage oral retravaillé propre à cet exercice : simple, largement accessible, vivant, imagé, convoquant tour à tour Freud ou Lacan, la clinique de l'autisme et celle des psychoses, ils éclairent de manière passionnante autant de concepts fondamentaux : les représentations de mots, les représentations de choses, le transfert, le langage, la conscience, l'angoisse, la jouissance sexuelle, l'affect, les fantasmes, le plaisir, les mythes, la pulsion, l'interprétation, les rejetons du refoulé, la différence entre répression et refoulement, etc.

  • Les songes, ces visiteurs nocturnes, vont du rêve le plus banal, bien que toujours obscur, au cauchemar le plus troublant. Le sommeil est riche de ces fantômes de la nuit, que le dormeur s'en souvienne ou non.

    La frontière entre rêve et cauchemar paraît parfois floue et peut être facilement franchie. Le rêveur glisse alors de l'un à l'autre dans des affects partagés entre plaisir fugace et douleur nostalgique. Mais alors, y a-t-il une spécificité du cauchemar ? Est-il simplement un rêve comme un autre qui, bien que de mauvaise compagnie, répondrait aux mêmes règles ? Ou bien est-il un cas limite de rêves qui n'aurait pas les mêmes causes et ne viserait pas les mêmes objectifs ?

    /> Partant de la constatation, comme le fit Freud, que les premières expériences oniriques des enfants sont plutôt de l'ordre des cauchemars, Martine Menès s'intéresse à ce qu'il en reste dans les cauchemars ultérieurs. Et en particulier dans ceux dits traumatiques qui a priori sembleraient ne dépendre que de faits actuels. L'ouvrage est ponctué de récits (rêves, cauchemars) relatés dans le style poétique qui est la narration la plus proche du discours de l'inconscient.

  • Wild song

    Janis Mackay

    « Voilà, je ne suis pas un bon dormeur. Et ça empire. J'ai peur de m'endormir, peur que les vagues déferlent sur moi, que le lit se change en bateau [...] »Niilo a treize ans. La nuit, il fait des cauchemars qui le hantent sans fin, le jour, il est violent. Ses parents, qui ne savent plus comment lui parler, décident de l'envoyer à l'École Sauvage : une école spéciale, sur une île. Mais l'île suffira-t-elle à changer Niilo ? Et quelle blessure se cache derrière ses peurs ?Un roman fort, percutant qui ne laissera aucun lecteur indifférent.

  • Le trauma associé à la violence extr ême (violence politique, torture) est interrogé à partir de l'expérience clinique et d'autres champs disciplinaires. L'ouvrage s'attache à repréciser ce que l'on entend par traumatisme, terme dont le sens a été largement remodelé depuis les premiers travaux entrepris par Jean-Martin Charcot jusqu'au discours neuropsychiatrique actuel. Il rend compte de cette clinique qui implique notamment un retour aux apports successifs de la psychanalyse concernant le trauma. Il s'agit de les retraverser, d'y trouver des outils d'élaboration, de prendre note aussi des questions laissées en suspens par Freud et ses élèves et par leurs successeurs, de rechercher comment s'articule le trauma freudien avec les traumatismes liés aux violences extr êmes...

  • La cattiva

    Lise Charles

    Six ans avant le début de cette histoire, on avait dit à Marianne Renoir, alors âgée d'une quinzaine d'années, que le jeune homme qu'elle voyait là, sur le trottoir d'en face, en train de faire ses lacets comme vous et moi, descendait du pape Sixte Quint et de la grande famille des Peretti, dont Stendhal a raconté quelque part les aventures. Il sait le grec ! avait-on ajouté. L'italien aussi, à coup sûr, car il passait tous ses étés dans la villa de ses aïeux, près de Ferrare. On murmurait même qu'il était poète. Et si je l'épousais ? s'était demandé Marianne.

    Six ans plus tard, Marianne n'a toujours pas épousé Pierre, mais elle passe ses vacances d'été avec lui dans sa villa de Camporiano. Le roman commence sur un mode léger et comique par la description triviale du quotidien des personnages, de leurs humeurs et de leurs disputes ; il s'engouffre peu à peu dans leurs perceptions profondes et se met à suivre le flot de leurs pensées et de leurs hallucinations, grâce aux textes intimes qu'ils écrivent, mais également aux contes, aux ballades, aux histoires allégoriques qu'ils inventent et se récitent. Roman à plusieurs voix, La Cattiva glisse constamment d'un genre à l'autre, d'un ton à l'autre. Même quand l'angoisse prend le dessus, l'enthousiasme et l'enjouement ne disparaissent pas entièrement. Le récit se déploie dans une Italie ensoleillée et romanesque, tantôt réelle, avec les déambulations de Pierre et Marianne dans Parme, Modène et Ferrare, tantôt imaginaire et rêvée : Camporiano n'existe pas plus que Virgoletta, un petit village à flanc de colline où l'on part dîner et danser la tarentelle quand tout va trop mal.

  • Avec une précision d'horloger, Jérôme Élie construit des situations qui révèlent le peu de stabilité du monde dit réel. Tout nous semble familier ou normal, puis soudain, comme si les personnages avaient une défaillance, le décor se fissure, l'histoire prend une allure déroutante...

  • Poppy, mot anglais qui signifie en français : pavot, coquelicot, fait référence à l'opium et à son pouvoir hallucinogène. Poppy aussi, comme dans pop, papa.

    M. Keller, un entomologiste de renom se rend aux urgences : la plaie sur sa jambe s'est aggravée. Son histoire, révélée à petites doses par les différents protagonistes, est racontée avec réalisme, mais Jérôme Élie nous entraîne subtilement ailleurs, au-delà des événements, de « l'ordre des choses », dans un univers où la réalité se fissure, un monde où les repères habituels s'effacent. Les expériences vécues dans les rêves viennent alors ébranler ce que notre raison tient pour vrai. Où est la réalité? Qui peut prétendre la cerner avec certitude et exactitude?

  • Hotel karma

    Scrima Mario

    Une nuit, Alex se promène dans la ville pour tuer son ennui. Au détour d'une ruelle sombre, il tombe sur un établissement dont il ignorait l'existence : l'Hôtel Karma. Intrigué, le jeune écrivain pousse la porte à tambour et découvre un étrange spectacle : samouraï, jazzman et croque-mitaine s'animent dans un dédale de salles splendides.
    Alex plonge avec fascination dans ce labyrinthe carnavalesque. Pourtant, impossible de trouver la sortie de cette prison dorée sans comprendre pourquoi il y est entré. Il découvre alors la sinistre histoire de l'Hôtel Karma. Qui est cette Bête qui a décimé une partie de ses occupants ? Comment la vaincre ? Dans ce récit fantastique teinté d'onirisme, Mario Scrima mêle avec finesse poésie et aventure. Un roman sensible et plein de péripéties !

  • This book is based on an in-depth filmed conversation between Howard Burton and Chris Frith, Emeritus Professor of Neuropsychology at University College London and Honorary Research Fellow at the Institute of Philosophy, School of Advanced Study, University of London. After an interesting exploration of how Chris Frith became interested in the study of schizophrenia, this detailed conversation examines topics such how our understanding of schizophrenia has evolved, the role of dopamine, how the brain works, the brain's predicting role, the phantom limb phenomenon, how the brain and mind link up, how culture affects the brain and much more.

    This carefully-edited book includes an introduction, Eyes on the Prize, and questions for discussion at the end of each chapter:

    /> I. Becoming a Psychologist - From "min and crys" to schizophrenia
    II. Probing Agency - Predictions, tickling and dopamine
    iii. The Active Brain - The principal actor in the theatre of experience
    IV. Ideal Bayesian Operators - How our brains trump our minds
    V. In Search of a Mechanism - How to connect the subpersonal with the personal
    VI. Humanistic Hubris - Dancing bees, stripping pine cones and The Royal Society
    VII. Free Will - And what it means
    VIII. The Very Big Picture - Towards a grand unified theory of psychology?
    IX. Final Thoughts - Schizophrenia treatment and open questions

    About Ideas Roadshow Conversations Series:

    This book is part of an expanding series of 100+ Ideas Roadshow conversations, each one presenting a wealth of candid insights from a leading expert through a focused yet informal setting to give non-specialists a uniquely accessible window into frontline research and scholarship that wouldn't otherwise be encountered through standard lectures and textbooks. For other books in this series visit our website: https://ideas-on-film.com/ideasroadshow/.

  • La petite Lili aime beaucoup, beaucoup, BEAUCOUP les fruits. C'est pour ça qu'on la surnomme : Lili Tutti-Frutti ! Matin, midi et soir, elle les dévore. Et la nuit, elle en rêve. Sa collation préférée est toujours la plus colorée. Les petits amis de Lili croient même qu'elle va finir par se transformer en salade de fruits. Sa passion est-elle allée trop loin ? Quand son joli nez retroussé se métamorphose en banane, et sa tête en melon d'eau, Lili Tutti-Frutti se demande ce qui peut bien se passer. Peut-être qu'elle devra même rester au lit aujourd'hui...

    Le remède sera aussi rafraîchissant, fruité et délicieux que ce nouvel album signé Édith Bourget (illustrations de Serge V. Richard) !
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  • Quand il était enfant, Ray Cormier partit avec son père dans la péninsule du Niagara pour y faire la cueillette des fruits. Mais au retour, un événement incompréhensible est venu bouleverser sa vie. Incapable de partager ce souvenir avec ses proches, il se confie au docteur Bergue, comme le fera à son tour Jean-Luc Ponteil, aux prises lui aussi avec des troubles de la mémoire.

    « Des événements récents, formidables et incompréhensibles nous avaient conduits à penser que ce dont nous étions le plus assurés, ce dont jamais à ce jour nous navions eu à nous soucier, depuis peu nous était soustrait. Quoi donc ? Le soleil ? Le roi de France ? Notre salut ? Non. La réalité même. Par nappes et effluves, une étrange absence imprégnait le monde. Les choses, les êtres nous paraissaient perdre de leur substance. » [extrait]

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