Littérature générale

  • Je pensais avoir réussi. Et pourtant. Ça se résume en quelques phrases, en quelques mots même. Un mariage, deux enfants adorables, Sophie et Éric. Deux petites têtes blondes qu'il faisait bon caresser. Une femme que j'aimais, et dont je croyais être aimé. Une situation enviable à l'étude, avec en supplément, un portefeuille d'assurances acquis peu après mon mariage, que je me suis mis à développer avec acharnement. Et un jour, le vrai visage de celle que j'aimais m'est apparu, lorsqu'un soir, rentrant de tournée, j'ai trouvé la maison vide, avec les deux mômes en larmes, abandonnés par leur mère partie à l'aventure avec un amant. Salope. Elle n'était pas partie les mains vides, le coffre lui aussi était vide et ce fric était celui de la compagnie d'assurances. Je me suis retrouvé ruiné, et en plus, cité en justice par la compagnie, parce que civilement responsable des fonds détournés. Verdict : dix-huit mois de prison ferme. C'est à ce moment que le déclic se produisit en moi. Un jour, devant une porte de prison où je devais rester dix-huit mois, je n'eus pas le courage d'appuyer sur la sonnette. Je fis demi-tour, et commençai ma cavale, devenant un marginal à part entière. Puisqu'il y aurait prison à faire, autant que ce soit pour quelque chose. Que de chemin parcouru depuis ce premier soir où chez mon ami Bernard j'abandonnai tout ce qui était moi, pour devenir Jean-Baptiste PATIN. Une braise qui tombe de la cheminée m'arrache à mes pensées me ramenant à la réalité. Je suis loin d'en avoir terminé avec mon programme et bien vite, chassant les regrets, je redeviens le fauve qui ne cesse de chasser.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a, Deauville ? C'est bien, Deauville ! Ça revient à la mode, c'est un peu embêtant mais c'est chic. Le type est divorcé, il a du fric, il héberge à condition qu'on couche. Alors on couche, c'est pas grave. On peut bien faire Ho ho et Ha ha de temps en temps, avec le bruit de la mer, ça passe très bien.

  • Songeant au conte d'Andersen où seul un enfant avait osé dire que le Roi était nu, Christine Arnothy, dont les origines hongroises sont bien connues et qui a été élevée dans l'idée que tout Français était un véritable roi, s'adresse maintenant à chacun d'entre nous. Et ose dire que nous sommes des rois nus. Ce « fascinant et imprévisible Français », elle le décrit non sans tendresse, mais avec quelle désarmante drôlerie, avec quelle passion prête à tout emporter ! Si elle cherche d'abord dans son comportement général une logique qu'elle ne trouve pas, elle n'hésite pas à conclure qu'il faut, en France, voir avant tout en « Descartes, un alibi ». Suivent, à la file, comme entraînés par un courant irrésistible, d'extraordinaires et tumultueux chapitres sur les vacances, la télévision, l'amour, le mariage, les tabous, ou bien sur Sa Majesté le Chien et sur la dictature de l'Auto. Qu'on ne s'y trompe pas, la réflexion de Christine Arnothy va bien au-delà de la boutade, du jeu des mots, de la formule à l'emporte-pièce. Elle aborde les vrais problèmes, ceux de l'être humain à libérer, ceux de la société à construire, ceux de la nature à sauvegarder.

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