Sciences humaines & sociales

  • Entre 1957 et 1963, il existe un Lacan mythologue qui, selon ses propres termes, cherche la même chose que Claude Lévi-Strauss. Dans ce nouveau moment de sa recherche qui le lie par une sorte de gémellité à l'ethnologue, maître de l'analyse des mythes, Lacan revient d'abord sur la théorie freudienne de l'OEdipe dont il renverse la logique.

    Ce geste inaugural du troisième Lacan frappe les trois coups de la « révolution du phallus » qui accouche de la théorie du phallus comme signifiant, d'un puissant remaniement de la théorie de l'OEdipe dont le modèle passe de trois à quatre termes, d'une nouvelle conception de la fonction paternelle devenant une métaphore, mais aussi d'une théorie de la sexuation séparant le fils qui l'a (le phallus) de la fille qui l'est, et enfin d'une théorie du fantasme qui apparaît comme une défense contre la volonté de jouissance de la mère.

    Dans ces Mythologiques, le lecteur voit naître sous ses yeux des concepts fondamentaux de la théorie de Lacan d'autant plus intelligibles qu'ils apparaissent sur fond de sources littéraires comme OEdipe, Le diable amoureux ou Hamlet, et bien d'autres qui ont ponctué l'avancée de son oeuvre...

  • L'omniprésence de la mère dans les soins au bébé et l'éducation du jeune enfant demeure pour beaucoup un dogme inattaquable. Pourtant, depuis cinquante ans, la situation des familles, les rôles parentaux, la place des professionnels se sont profondément modifiés.

    L'auteur retrace cette évolution et montre tout ce qui a changé tant du côté des savoirs sur les places familiales, le développement de l'enfant et l'éducation, que du côté des pratiques des acteurs, et de l'attitude des institutions. Il analyse les effets de cette nouvelle configuration des relations au bébé, caractéristique de notre société hypermoderne, et notamment les résistances, parfois violentes, qui se manifestent à son égard : rôle de la mère, rôle du père, nouvelles familles (notamment homoparentales), résidence alternée, prévention des troubles de l'enfant et/ou de la parentalité...

    N'est-il pas temps de développer une coéducation renouvelée, ou plus encore une cosocialisation, des jeunes enfants dans une perspective citoyenne et démocratique ?

  • Le refoulement est généralement considéré comme un fait sans que l'on s'interroge sur ses causes, ni sur ses processus qui sont variables. Il s'agit d'explorer ces questions et d'en tirer les leçons cliniques. À tour de rôle, Patrick Landman et Gérard Pommier prennent la parole pour apporter des éléments de compréhension sur le concept de refoulement au cours de « séminaires bicéphales » qui se sont prolongés sur deux années. Dans le langage oral retravaillé propre à cet exercice : simple, largement accessible, vivant, imagé, convoquant tour à tour Freud ou Lacan, la clinique de l'autisme et celle des psychoses, ils éclairent de manière passionnante autant de concepts fondamentaux : les représentations de mots, les représentations de choses, le transfert, le langage, la conscience, l'angoisse, la jouissance sexuelle, l'affect, les fantasmes, le plaisir, les mythes, la pulsion, l'interprétation, les rejetons du refoulé, la différence entre répression et refoulement, etc.

  • Comment l'enfant (et l'adolescent) devient-il un sujet, acteur de sa vie, pour habiter le lien social avec ses contemporains ? Comment le néolibéralisme, de mutation en mutation, affecte-t-il les conditions requises pour ce processus anthropologique ?

    À partir de l'évolution des symptômes de l'enfant, de sa place dans la société, de l'accueil qui lui est réservé, l'auteur, en tant que praticien de la psychanalyse, chercheur, enseignant et militant (politique, syndical, associatif), s'interroge sur la logique qui préside à ces mutations et qui produit des mauvais traitements à l'égard de l'enfance. Il explore les solutions que les sujets formatés par l'idéologie de l'époque trouvent pour se loger dans le monde. Il en vient ainsi à dessiner quelques perspectives cliniques nouvelles.

    Dans cette réflexion, la psychanalyse constitue à la fois un appareil de lecture et un « poumon artificiel », et le désir de l'analyste, une chance pour la singularité de chaque analysant. L'éthique de la psychanalyse, parce qu'elle est au service de cette singularité, appelle à livrer la bataille politique pour l'enfant.

  • Que serait un « non » qui ferait autorité pour l'enfant ? L'autorité n'est pas la pratique d'un pouvoir mais elle témoigne de la disparité de places et met en oeuvre la référence à une instance tierce.

    Cet ouvrage s'attache à préciser les exigences inhérentes à l'altérité des places liées à l'exercice de l'autorité. Il illustre les difficultés rencontrées par tous ceux qui doivent occuper une place en référence à l'autorité : parents, enseignants, éducateurs, juges, médecins, etc. En effet, l'autorité de ceux-ci ne fait plus consensus dans la vie sociale. Et chacun doit trouver en son for intérieur ce qui assurerait la légitimité de sa parole et l'assise de son identité. Comment l'enfant s'y retrouve-t-il ?

  • Tous les jours, de très nombreux parents confient leur enfant à des professionnels dans des crèches collectives, des haltes-garderies, chez des assistantes maternelles, dans des écoles maternelles. Tous les matins, ces professionnels accueillent les enfants et leurs parents. Échanges d'informations minimales ou véritables dialogues, ces relations quotidiennes ont une importance capitale. Quelle en est la nature ? Quels en sont les enjeux ? Leur qualité peut-elle garantir la place et le rôle de chacun auprès de l'enfant ? Dans quelles conditions ces rencontres peuvent-elles être un véritable soutien aux parents dans les liens qu'ils tissent avec leur petit ?

    Travailler auprès d'un enfant qui n'est pas le sien peut générer de la confusion dans les rôles, les places et les affects. Construire la confiance avec les parents constitue une exigence professionnelle pour les clarifier.

    Cette nouvelle édition s'appuie sur la recherche-action conduite par les auteurs avec huit équipes d'accueil de jeunes enfants. Elle développe les questions et les analyses générées au regard de l'évolution actuelle du champ de la petite enfance : mutations familiales et leurs retentissements sur  le «  devenir parent », changements dans l'organisation de l'accueil des jeunes enfants dans les différents lieux et leurs effets sur la qualité du travail des professionnels.

  • Une lecture psychanalytique de l'acte éducatif ou de soin à travers la question de la temporalité psychique.

    à partir de la temporalité psychique, pensée dans sa dimension anthropologique, l'auteur ouvre une perspective de compréhension inédite de problématiques psychologiques contemporaines comme la dépendance psychique, le rapport aux limites et à la loi, les conduites oppositionnelles, les troubles de la parentalité, le rapport aux savoirs et la transmission, etc. De nombreux exemples cliniques viennent illustrer l'analyse psychanalytique de l'acte éducatif ou de soin dans le contexte de ce nouveau malaise dans la civilisation.

  • La couvade désigne les manifestations physiques - prise de poids, nausées, etc. - de l'homme dont la compagne est enceinte. Ce phénomène qui suscite moqueries et questionnements témoigne des mouvements psychiques et hormonaux du devenant-père, longtemps méconnus, bien qu'au fondement des sociétés humaines.

    Les nouveaux pères sont en réalité biologiquement autant appelés à paterner que les mères sont prédisposées à materner, et nos ancêtres lointains le savaient. Comment avons-nous pu l'oublier ? Dans la plus riche observation anthropologique à ce jour, depuis les grands travaux classiques de Théodore Reik et Georges Devereux, Roberte Laporal retrace l'histoire et les avatars du syndrome ou rituel de la couvade. Elle montre le travail psychique important que le père doit effectuer pour prendre sa place auprès de son bébé, dans son couple et finalement assumer son rôle dans la société.

  • Le reste du père qui survit, après la dissolution de sa fonction théologique et idéologique, est seulement un acte singulier, une incarnation de l'alliance possible entre Loi et désir, un geste éthique de responsabilité par rapport à son propre désir.

    Dans ce livre la version symbolique du Père est questionnée parce que le temps de sa gloire (structuraliste) a expiré. Il s'agit pour l'auteur de penser au père en tant que reste et non en tant qu'Idéal normatif, comme un acte singulier et non comme un pur symbole, comme incarnation et non comme fonction signifiante, comme témoignage éthique et non comme principe premier, comme rencontre contingente et non comme Nom, comme responsabilité éthique et non comme garantie ontologique.

  • La fonction paternelle constitue un épicentre crucial pour l'organisation psychique du sujet, chacun n'ayant d'autre issue que d'y éprouver sa propre identité sexuelle, quelquefois au grand dam de la détermination biologique des sexes. D'où la nécessité d'en fixer les jalons les plus fondamentaux pour que soit repérée toute l'infrastructure métapsychologique qui ordonne sa logique interne.

    La concision de cette étude, en visant avant tout l'élaboration d'un praticable théorique rigoureux, propose une trajectoire parfaitement claire dans l'espace d'une topographie psychique complexe tour à tour réelle, imaginaire et symbolique qui est celle de la fonction du père à l'égard de l'inconscient.


    Docteur en psychanalyse, membre de l'Association de formation psychanalytique et de recherches freudiennes, Espace analytique, Joël Dor enseignait la psychopathologie et la clinique psychanalytique à l'université Denis-Diderot-Paris VII où il était directeur de recherches.

    Mise en vente le 26 janvier 2012

     

  • Dans une belle écriture, où se conjuguent savoir et expérience, psychanalyse et littérature, Laura Pigozzi mène une analyse rigoureuse sur les dégâts que provoquent l'évolution de la famille contemporaine et la place accordée à la mère exemplaire.

    Elle analyse et met en cause les nouvelles coutumes affectives et relationnelles au sein de la famille, où le besoin de dépendance, poussé à l'extrême, pervertit toute relation. Déclinant les diverses formes sous lesquelles cette dépendance s'exprime, elle décrit avec minutie ce qu'elle appelle les « familles claustrophiles » où ce qui prévaut c'est l'amour tourné vers l'espace clos de la famille au détriment de la rencontre et de l'ouverture. Dans ces temps incertains, promouvoir la famille comme l'ultime refuge entretient une attitude de peur vis-à-vis de l'étranger qui a des conséquences sur les plans social et politique.

    « J'ai écrit ce livre pour les enfants qui ont le besoin biologique, psychique et éthique de survivre au trop d'amour des parents. » L. P.

  • Cet ouvrage arrive à point nommé alors que vient d'être promulguée la loi sur le mariage pour tous, sujet de nombreuses polémiques. Il interroge la question des normes familiales définissant les fonctions maternelle et paternelle, et la façon dont elles influencent la pratique des professionnels impliqués auprès de parents. À une époque où beaucoup d'acteurs sociaux se trouvent déchirés entre des modèles de famille antagonistes, l'ouvrage se veut un outil pour aborder la question des normes familiales, dans une société appelée à interroger la notion de « complémentarité » entre homme et femme. À côté des enjeux théoriques, pour les différents professionnels qui rencontrent aujourd'hui les familles, l'enjeu est bien de clarifier le rapport qu'ils entretiennent avec l'ensemble de ces normes, afin de ne pas imposer des modèles mais de permettre aux familles de rester actrices de leur démarche.

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