• L'adversaire

    Emmanuel Carrère

    "Le 9 janvier 1993, Jean-Claude Romand a tué sa femme, ses enfants, ses parents, puis tenté, mais en vain, de se tuer lui-même. L'enquête a révélé qu'il n'était pas médecin comme il le prétendait et, chose plus difficile encore à croire, qu'il n'était rien d'autre. Il mentait depuis dix-huit ans, et ce mensonge ne recouvrait rien. Près d'être découvert, il a préféré supprimer ceux dont il ne pouvait supporter le regard. Il a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité. Je suis entré en relation avec lui, j'ai assisté à son procès. J'ai essayé de raconter précisément, jour après jour, cette vie de solitude, d'imposture et d'absence. D'imaginer ce qui tournait dans sa tête au long des heures vides, sans projet ni témoin, qu'il était supposé passer à son travail et passait en réalité sur des parkings d'autoroute ou dans les forêts du Jura. De comprendre, enfin, ce qui dans une expérience humaine aussi extrême m'a touché de si près et touche, je crois, chacun d'entre nous."

  • C'est fou le nombre de choses que les mères ne font pas : boire, faire la fête, avoir une vie, voir du monde, écrire.

    Alors qu'elle fait ses premiers pas balbutiants dans la maternité, une romancière à succès apprend qu'une de ses anciennes connaissances vient de noyer ses jumeaux. Le fait divers secoue toute l'Espagne, mais pour elle, l'histoire devient une obsession. Elle demande un congé sabbatique, non tant pour élever son enfant que pour se lancer dans une enquête vertigineuse sur ce crime.

    Parmi les choses que les mères ne font pas, il y avait aussi tuer. Mais ça, c'était avant.

    En s'attaquant au tabou des tabous, l'infanticide, en questionnant le rapport entre maternité et création, avec Doris Lessing ou Sylvia Plath, en évoquant sans fard la vie secrète, solitaire et ennuyeuse, de la jeune maman, en croisant le fer avec les « mères à l'enfant » triomphantes et caricaturales des magazines, Katixa Agirre questionne la violence, l'ambivalence et les bouleversements que charrie l'enfantement dans une société résolue à les passer sous silence.

    Elle ne donne pas de réponse. Elle se contemple dans un miroir trouble et obscur. Son roman, mené comme un thriller, mêle brillamment chronique judiciaire et récit intime, et met en lumière les fragilités et les gouffres méconnus des mères débutantes. Il n'en est que plus perturbant, courageux et nécessaire.

  • Novembre 1971. Dan Cooper devient le plus mystérieux des pirates de l'air. Après avoir détourné un Boeing, il saute en parachute au-dessus des forêts de Portland et disparait à tout jamais avec sa rançon. Pour le journaliste Mark Anderson,
    cette affaire est une obsession : pendant 45 ans, il a mené l'enquête, essayé de doubler la police, épluché les rapports... Et alors que le FBI décide de classer l'affaire, Anderson entend parler d'un nouveau témoin essentiel. L'occasion de replonger
    dans ses notes et de revenir sur les interrogatoires de ceux qui, chacun à leur manière, racontent le mystère Cooper et réinventent le mythe du hors-la-loi.
    Dans ce roman, Pierre Mikaïloff s'approprie l'une des plus légendaires affaires criminelles américaines.
    À travers la vie de quelques anonymes, il nous dresse en creux un portrait de l'Amérique, de ses chercheurs d'or contemporains, de ses monstres et de ses doutes.

  • Argent brûlé

    Ricardo Piglia

    • Zulma
    • 4 Février 2021

    Buenos Aires, mercredi 27 septembre 1965, 15 h 11. Une voiture lancée à toute allure bloque un convoi de fonds. Beretta au poing, Bébé Brignone et le Gaucho Dorda mitraillent le fourgon, s'emparent du magot et laissent trois flics à terre. La cavale commence, de planque en planque... jusque dans la souricière tendue à Montevideo par l'inspecteur Silva. Assiégée mais décidée à résister jusqu'au bout, l'improbable bande de forcenés défie en une nuit tous les jeux de pouvoir - et ses propres démons. Argent brûlé élève le « casse du siècle » argentin au rang de mythe. Un roman halluciné, sur fond d'agitation péroniste et de corruption, aussi étourdissant qu'inoubliable.

  • Ce livre de plus de 500 pages réunit la plupart des articles écrits par Emmanuel Carrère depuis 25 ans dans la presse (du Nouvel Observateur à La Règle du jeu, en passant par Les Inrockuptibles ou XXI). Ces textes couvrent les sujets les plus divers : de l'amour à la politique, de la littérature au cinéma, de la société et des faits divers à l'intime. On y lit l'amorce de préoccupations qui donneront plus tard lieu à des livres, on y vit avec l'auteur, ses doutes, ses échecs (par exemple une calamiteuse interview de Catherine Deneuve...), ses réussites, ses enthousiasmes, de Truman Capote à Sébastien Japrisot, du mathématicien anglais Alan Turing à Luke Rinehart. On s'y plonge dans de grands reportages sur la Roumanie, sur une junkie américaine, sur la Russie, sur le forum de Davos. On y lit aussi des préfaces à Moll Flanders de Defoe, à l'intégrale des nouvelles de Philippe K. Dick ou encore à Epépé, de Ferenc Karinthy. Et même, pendant neuf chroniques écrites pour un magazine italien, il est envoyé spécial dans le coeur des hommes et, plus particulièrement, dans le sien. Bref un panorama quasi complet des talents d'Emmanuel Carrère : Analyste, chroniqueur, commentateur, aventurier, satiriste, critique et avant tout écrivain.

  • Le régisseur

    Jeanne Desaubry

    Le 25 novembre 1980, le régisseur de Coluche est retrouvé dans un terrain vague en banlieue parisienne. Il a deux balles dans la nuque. Depuis sept ans, il assurait la technique de ses spectacles, lui servait de garde du corps... et rendait parfois des services en marge de la légalité.
    Vengeance ? Intimidation ? Visait-on l'humoriste, en pleine campagne présidentielle ? Le passé trouble de René l'a-t-il rattrapé ? Le flic chargé de l'affaire laisse planer le doute. Marie, 22 ans, était la maîtresse de René, homme marié qui avait le double de son âge. La voilà enceinte d'un mort...
    De son journal intime, cri de détresse étouffé par le deuil, Jeanne Desaubry a tiré un roman noir qui nous entraîne dans les remous d'une affaire retentissante. Une fiction vraie en forme d'enquête policière.

  • Dans Le Silence des mots, le temps est comme suspendu. Dans cet arrêt devant le gouffre, le ressac de la mémoire se déploie autour d'êtres esseulés, des « déportés de l'intérieur ». Des échos du réel nous parviennent, un ballet d'ombres malmenées par les rues.Il y a aussi un désir intact : la lumière, une femme, l'odeur de la pluie. Ces moments ne sont suspendus que par les vers qui les retiennent, avant qu'un oubli effrayant et libérateur ne les avalent.Composés de strates de visions, d'inscriptions relevées, peut-être, au dos d'un livre ou sur un mur, ces poèmes sont autant de balises pour nous mener au-delà des « vérités avariées », des mensonges et des faux semblants.Cet exil ne cessera qu'au terme du livre, une fois passé derrière les mots. « On ne se sépare pas du rien. »

    Né en 1950, Gérard Berréby fonde les éditions Allia en 1982. En 1985, il établit l'édition des Documents relatifs à la fondation de l'Internationale situationniste puis publie les oeuvres de Leopardi, dont le Zibaldone. Il a publié trois recueils de poésies : Stations des profondeurs (2010), Joker & Mat (2016) et La Banlieue du monde (2019). Fin 2014, a paru Rien n'est fini, tout commence, volume d'entretiens avec Raoul Vaneigem. Gérard Berréby a également une activité de plasticien.

  • L'écrivain national

    Serge Joncour

    Le jour où il arrive en résidence d'écriture dans une petite ville du centre de la France, Serge découvre dans la gazette locale qu'un certain Commodore, vieux maraîcher à la retraite que tous disent richissime, a disparu sans laisser de traces. On soupçonne deux jeunes « néoruraux », Aurélik et Dora, de l'avoir tué. Mais dans ce fait divers, ce qui fascine le plus l'écrivain, c'est une photo : celle de Dora dans le journal. Dès lors, sous le regard de plus en plus suspicieux des habitants de la ville, cet « écrivain national », comme l'appelle malicieusement monsieur le Maire, va enquêter à sa manière, celle d'un auteur qui recueille les confidences et échafaude des romans, dans l'espoir de se rapprocher de la magnétique Dora.
    Dans une atmosphère très chabrolienne, Serge Joncour déroule une histoire à haute tension : les quelques semaines de tranquillité que promettait ce séjour d'écriture se muent, lentement mais sûrement, en une inquiétante plongée dans nos peurs contemporaines.

  • Quand il est entré dans le supermarché, il s'est dirigé vers les bières. Il a ouvert une canette et l'a bue. À quoi a-t-il pensé en étanchant sa soif, à qui, je ne le sais pas.
    Ce dont je suis certain, en revanche, c'est qu'entre le moment de son arrivée et celui où les vigiles l'ont arrêté, personne n'aurait imaginé qu'il n'en sortirait pas.
    Cette fiction est librement inspirée d'un fait divers, survenu à Lyon, en décembre 2009.

  • L'affaire a fait grand bruit : en mars 2013, Bruno Odos et Pascal Fauret, deux anciens pilotes de chasse de l'aéronavale, sont arrêtés en pleine nuit avec leurs deux passagers sur le tarmac de l'aéroport de Punta Cana, alors qu'ils s'apprêtent à décoller : les policiers de la DNCD dominicaine (un service de lutte contre le narcotrafic international) prétendent que leur Falcon 50 transporte 700 kilos de cocaïne ! Pour seule preuve : leur déclaration ! Personne ne verra jamais la drogue, ni les accusés ni les autorités françaises.
    Les deux pilotes passent quinze mois dans les prisons dominicaines avant d'être condamnés, à l'issue d'un procès d'opérette, à vingt ans d'incarcération. Assignés à résidence en attente de leur appel, ils sont exfi ltrés par voilier lors d'une opération de sauvetage organisée par un pilote : Christophe Naudin.
    Celui-ci, poursuivi par les services secrets de la République dominicaine à la suite de cet exploit, est arrêté en Égypte, puis extradé à Saint- Domingue au mépris des conventions internationales. Incarcéré dans la sinistre prison de Najayo, il fait face pendant vingt-trois mois à un système judiciaire et politique rongé par la corruption. Pour pouvoir regagner la France, il doit fi nalement se résoudre à signer des aveux de circonstance.
    Revenu de cet enfer, Christophe Naudin décide de dévoiler enfi n les dessous de cette affaire. Il éclaire, dans ce récit puissant et documenté, les secrets de la diplomatie française comme la réalité qui se dissimule sous les apparences idylliques d'un paradis tropical prisé des touristes.

  • Flics contre voyous : jamais dans l'histoire du banditisme français cette éternelle confrontation n'aura pris de telles proportions. Entre 1967 et 1974, le Gang des Lyonnais totalise plus de cinquante coups dont un particulièrement mythique : le vol d'un milliard à la Poste de Strasbourg. Côté voyous, le gang des Lyonnais a porté le braquage au rang de science appliquée. Dans cette équipe, c'est l'alchimie détonante entre les anciens, marqués par la guerre d'Algérie, et les modernes, sortis d'un quartier populaire de la banlieue Lyonnaise. Côté flics, on expérimente pour la première fois la pause de micros dans les planques des Lyonnais. Les autorités mettent en place une mécanique hors normes pour les arrêter avec une opération qui mobilise neuf cents fonctionnaires. Mais ces insaisissables bandits réussissent à passer à travers les mailles du filet...Luttes intestines, stratégies criminelles et policières, traque, Richard Schittly dans cet ouvrage unique révèle les dessous de cette affaire qui bouleversa les rapports entre justice et police en France.

  • " Trouvailles de style, aversion pour la morale... Jubilatoire ! " Rolling Stone
    Jeanne Moreau rien à voir avec l'actrice a tué son mari qui la maltraitait depuis des années. Trois balles dans le dos en guise d'épitaphe.
    Le soutien des réseaux sociaux et des associations de lutte contre les violences faites aux femmes lui a valu de n'effectuer qu'une partie de la peine à laquelle elle a été condamnée aux assises et de bénéficier d'une grâce accordée... le jour de la Saint-Innocent.
    Explorant un angle mort de l'affaire, un journaliste à la retraite décide de rouvrir le dossier. La septuagénaire que certains proches surnomment " la Ravajou " est-elle bien la victime que les médias se sont plu à dépeindre ?
    Avec ce roman noir aux faux airs de contre-enquête, Michel Embareck réaffirme son gout pour le politiquement incorrect et les trouvailles de style.

  • Louisa

    Lou Syrah

    Le 30 juin 1994, à Roubaix, Louisa Lardjoune, 19 ans, fait une énième "crise". Sa famille appelle un imam exorciste. Quand Mohamed Kerzazi entre chez elle, il attrape la jeune femme par le cou. Verdict : "Possession." Cinq heures plus tard, après d'étranges rituels, le coeur de Louisa cesse de battre.

    La presse nationale s'emballe. La famille ne porte pas plainte, et nombre de religieux musulmans, chrétiens et juifs défendent ces pratiques païennes ancestrales et codifiées.

    En reconstituant ce fait divers, Lou Syrah plonge dans sa propre histoire : sa ville Roubaix, ses insomnies, son grand-père exorciste, son père exorcisé. Une quête aux frontières de la folie qui la conduira devant la porte de l'imam condamné à sept ans de prison pour "l'homicide involontaire" de Louisa.

    Lou Syrah est journaliste indépendante, passée un an dans la rédaction du Canard enchaîné, elle pige aujourd'hui pour Mediapart. Elle partage sa vie entre la banlieue parisienne, le nord de la France, la Suisse et l'Algérie. Possédée est son premier livre.

  • Crimes

    Ferdinand Von Schirach

    Crimes est un recueil de nouvelles relatant onze affaires criminelles stupéfiantes. Pour son auteur, Ferdinand von Schirach, avocat de la défense à Berlin depuis une quinzaine d'années, le monstrueux fait partie du quotidien. Mais si les faits rapportés sont bien réels, l'écrivain brouille les pistes et nous introduit dans un monde fictionnel aussi fascinant qu'inquiétant. La violence des crimes est sublimée par le laconisme d'un style presque chirurgical dont le mystérieux pouvoir d'attraction hypnotise le lecteur.
    Mais au-delà de la force spectaculaire d'une prose glaçante, ces récits criminels témoignent d'une compréhension aiguë des motifs psychologiques des criminels. Tel ce mari qui assassine sa femme de manière effroyable, mais dont on découvre l'intolérable torture morale qu'elle lui avait infligée durant d'interminables années. Ou le meurtre de ce frère par sa propre soeur, qui se révèle un étonnant acte d'amour. Von Schirach, pour un coup d'essai, livre un coup de maître : subitement entré en littérature avec ce premier recueil de nouvelles, il transcende le témoignage de sa fonction par la maîtrise souveraine du récit et une réflexion sur la valeur du fait vrai : certains, même après qu'on les a prouvés, restent à peine croyables.

  • Le 7 février 2009, les flammes ont ravagé le bush australien et causé la mort de 173 personnes. Un des incendies les plus meurtriers de l'histoire de l'Australie.
    Derrière ce géant de flammes et de fumée se dessine bientôt la silhouette d'un monstre à taille humaine, accusé d'avoir délibérément mis le feu avant de contempler, assis sur le toit de sa maison, les eucalyptus brûler à perte de vue. Dans la vallée minière reculée de Latrobe, dominée par les énormes cheminées de la centrale à charbon la plus polluante du monde, Chloe Hooper se lance sur la piste du présumé pyromane, dix ans après les faits.
    Qui devient incendiaire, et pourquoi ? Thriller psychologique documentaire aux allures de chasse à l'homme, L'Incendiaire met à nu les ambiguïtés de la société australienne et aborde de front son rapport à la crise environnementale contemporaine.

  • Ce fut le cambriolage le plus people de la dernière décennie : le 3 octobre 2016, Kim Kardashian s'est vu dérober 9 millions d'euros de bijoux dans sa suite parisienne. Pour la première fois, Yunice Abbas, l'un des " papys braqueurs " à l'origine du coup, raconte " de l'intérieur " le déroulement du braquage - avec exactitude et sans esbroufe.
    Dans la nuit du 3 octobre 2016, Kim Kardashian, venue à Paris pour la Fashion Week, est séquestrée par un gang de " papys braqueurs " vêtus de K-ways et de casquettes de police. Neuf millions d'euros de bijoux : le butin le plus important jamais obtenu, en France, aux dépens d'un particulier. Le tout à pied et à vélo !
    Pour la première fois, l'un de ces truands chevronnés raconte " de l'intérieur " le montage, la réalisation, puis le fiasco final de ce " casse du siècle ". Une opération presque parfaite, qui a permis de détrousser sans violence la reine des réseaux sociaux. Le " coup " le plus incroyable d'un parcours de bandit à l'ancienne, que retrace ici Yunice Abbas.
    Avec gouaille et panache, sans esbroufe ni remords, il livre nombre de révélations et d'anecdotes inédites. L'occasion, aussi, de corriger les récits rocambolesques colportés sur une affaire qui n'a pas révélé tous ses mystères.

  • Format 150 x 210 ; 14,95 € 320 pages Dix ans des gros titres des petites affaires les plus drôles compilés dans cet ouvrage !AJusteTitre, sur Instagram, fait rire plus de 122 000 personnes !
    Et comment ? Avec de vrais (vrais de vrais) titres de journaux.
    Adrien Gingold, l'auteur (ou plutôt découvreur de ces pépites) fouille et déniche les perles de la presse depuis 10 ans.
    Le livre compile le meilleur de ces 10 ans, et c'est un autre regard sur l'actualité que nous découvrons, petites ou grosses actu, faits divers, politique ou société, tout y passe !
    " Confinement : contrôlé à plus de 50 km de chez lui, il allait "chercher du cassoulet" "
    " En plein divorce, il brûle un million de dollars pour ne rien laisser à sa femme "
    " Ivre, il fonce sur le commissariat de Rochefort : "quand j'ai bu, je déteste la police" "

  • Dans ce recueil d'une centaine de courts poèmes en vers libres et au style acéré, Gérard Berréby aborde les grandes thématiques de notre temps : la nature et sa destruction par les hommes ou encore la rage politique contre une société aseptisée, société qui forme un homme nihiliste, cynique ou bêtement consommateur. Mais le passé, la mémoire et l'histoire affleurent eux aussi, et notamment à travers la thématique de l'exil. L'"anxiété du départ" hante ces vers comme un spectre menaçant. Puis, bientôt, les marges parviennent au centre. Des exclus de toutes sortes surgissent çà et là : drogués, migrants, mais aussi poètes et prophètes. Les vers de ce recueil sont peuplés de ces figures d'exilés, de corps et de coeur. Ce que l'auteur nomme "La Banlieue du monde". Parfois inspirés de faits divers, ces vers poussent également à une réflexion sur la langue, le langage et l'écriture, ainsi que sur la paralysie de la parole. L'homme contemporain se voit privé de l'imaginaire langagier ou oppressé par la langue du pouvoir. Quant à l'amour et à l'érotisme, ils distillent une once de clarté, introduisent quelques touches de lumière dans ce tableau plongé dans la pénombre. Leur rareté en décuple la force : une « aurore sans fin » serait-elle possible ?Parution en parallèle de Comme une neptune chez Art & Fiction à Lausanne.

    Né en 1950, Gérard Berréby fonde les éditions Allia en 1982, dont le catalogue compte aujourd'hui plus de 700 titres. En 1985, il établit l'édition des Documents relatifs à la fondation de l'Internationale situationniste puis publie les oeuvres de Leopardi, dont le Zibaldone. Il a publié deux recueils de poésies, Stations des profondeurs et Joker & Mat. Fin 2014, a paru Rien n'est fini, tout commence, volume d'entretiens avec Raoul Vaneigem. Gérard Berréby a également une activité de plasticien.

  • Son visage a fait le tour des médias en 2009. Grégoire Akcelrod, 27 ans, aurait dupé le meilleur club de foot bulgare en se faisant passer pour un professionnel du PSG. Début de sa carrière internationale. Pour la première fois, il livre son témoignage.
    Son visage a fait le tour des médias du monde entier. À 26 ans, grâce à une photographie prise au Parc des Princes sur laquelle Grégoire Akcelrod porte le maillot du PSG, le CSKA Sofia, le meilleur club bulgare habitué des coupes d'Europe a cru voir en lui une star parisienne ! Et décide de le recruter !
    Le début d'un rêve ? Il est vrai que, dès son plus jeune âge, Grégoire n'a qu'un objectif : devenir footballeur professionnel. Malgré l'opposition de son père, mais avec le soutien de sa grand-mère - l'ex-compagne de Maurice Chevalier -, il y parviendra, devenant l'un des rares footballeurs français à avoir tenté sa chance sur tous les continents, ou presque.
    Dans cet incroyable récit autobiographique à la fois drôle et émouvant, Grégoire Akcelrod raconte son parcours hors norme, qui prouve qu'il faut toujours croire à ses rêves. Alors, filou ou obstiné ? Imposteur ou génie ayant compris avant les autres les règles du milieu ? Le " Rocancourt du foot " raconte sa folle aventure.

  • Pulp mixtions

    Matthieu Chiara

    • Anamosa
    • 17 Janvier 2019

    90 dessins inspirés de faits divers narrés avec humour et poésie, parce que derrière le sordide, il y a l'humain. Le talentueux Matthieu Chiara serait-il un nouveau Topor ?
    Bien que l'on s'en cache souvent, les faits divers exercent sur nous un irrésistible pouvoir de fascination/répulsion. Les histoires rassemblées dans les médias sous ce vocable sont souvent le mélange d'affaires familiales ou conjugales sordides, de détresse sociale et de malchance ou d'absurdité. Elles disent et font ressortir, si l'on s'y penche de plus près, beaucoup de l'état de notre société (difficulté à boucler les fins de mois, solitude, sensibilité aux animaux...). Si elles nous attirent secrètement, c'est qu'elles nous permettent, l'espace d'un instant, de mettre à distance ces difficultés ou questions : " Ouf, quand même, je n'en suis pas là ! "
    Depuis plusieurs années, Matthieu Chiara arpente le site faitsdivers.org qui recense les faits divers ainsi que les rubriques éponymes des journaux afin de sélectionner ceux dont l'incongruité, l'horreur ou la poésie le frappe et dont on pourra, parfois il vaut mieux, rire.
    Grâce au talent de Matthieu Chiara, qui ne cesse de s'affirmer, nous avons le droit d'assumer notre voyeurisme et, surtout, il réussit par son trait poétique et son humour grinçant à faire ressortir toujours l'humanité derrière le sordide. L'effet est garanti et immédiat.

  • Le 11 août 1987, le corps martyrisé d'une fillette est retrouvé en bordure de l'autoroute A10, dans le Loir-et-Cher. Enterrée dans le cimetière de la commune de Suèvres, l'enfant sans nom et sans famille restera pendant plus de 30 ans une énigme. Mais cette affaire hante plus d'un enquêteur. Surveillance ininterrompue du cimetière, réouverture du dossier dès lors que les progrès de la police scientifique donnent un nouvel espoir... L'anonyme ne sera jamais oubliée, jusqu'à la résolution de cette affaire hors-normes. Grands reporters, Georges Brenier et Adrien Cadorel reviennent sur le plus vieux des Cold case français et racontent l'histoire d'une enquête acharnée qui chercha à punir la barbarie.

  • Une femme sapprête à faire un voyage. Elle na pas besoin de bagage, elle ne part que pour une nuit. Une seule chose lobsède : emmener Ida, sa fille de 18 mois, à la mer. Cest nécessaire, vital presque. Ida nexiste pas, Ida na jamais existé. Des voix ne cessent de le lui répéter. Pourtant, elle la porté ce bébé, serré contre elle, changé, nourri au sein. Elle laime dun amour animal. Un amour comme ça, on ny est pas préparé. Cest trop puissant un amour comme ça. Ida nexiste pas est une plongée dans la psychologie trouble dune mère prête à commettre lirréparable, mais aussi lhistoire dun corps féminin qui cherche à se libérer de ses démons, dune féminité complexe en quête dapaisement.

    Adeline Fleury a été reporter pour le Journal du Dimanche et cheffe du service culture du Parisien Week-end. Ida nexiste pas est son sixième livre. Elle est notamment l'auteure, aux Éditions François Bourin, du roman Je, tu, elle (2018).

  • Un jour, le crime

    J.-B. Pontalis

    Au commencement était l'acte. Cet acte était la mise à mort du père selon Freud, du frère selon la Bible.
    Ce commencement est sans fin.
    Nous aurons beau nous écrier : ' Plus jamais ça ! ', les faits ne cesseront de nous démentir, de montrer la vanité de nos cris. Les faits sont têtus, disait cet entêté de Lénine.
    La violence est souveraine. Partout, dehors, visible, étalée au grand jour. Partout, dedans, cachée, tapie dans l'ombre d'où elle est prête à surgir.
    La passion meurtrière, qu'elle soit collective ou individuelle, la rage de détruire, l'amour de la haine ne connaissent pas de limites. Face à la démesure, nos instruments de mesure sont défaillants.

  • Serie noire

    Bertrand Schefer

    Ce livre retrace l'histoire du premier grand kidnapping français qui agita le pays en 1960 avant de découvrir qu'il était calqué mot pour mot sur un roman américain de la Série noire !
    Un jeune ouvrier, séducteur invétéré, revenu de la guerre d'Algérie et reconverti dans la vente d'électrophones, se jette dans les nuits parisiennes.
    Il rencontre une jeune reine de beauté danoise qui découvre Paris en traînant aux terrasses de Saint-Germain-des-Prés. Tout bascule lorsqu'un escroc de 39 ans, antisocial viscéral, met la main sur un livre de la Série noire qui le révèle à lui-même. Au gré des rencontres, des voyages entre Copenhague et la Côte d'Azur, ces trois personnages que rien ne destinait à réunir, se retrouvent au coeur de l'affaire la plus retentissante du début des années 1960. S'appuyant sur une enquête approfondie et des documents judiciaires inédits, le livre se déploie comme un roman policier qui peu à peu se déplace sur une autre scène, où la littérature et le cinéma deviennent les vrais protagonistes de l'histoire. On y croise Antonioni au festival de Cannes, Anna Karina, Françoise Sagan, Kenneth Anger, Jean-Jacques Pauvert, Simenon, Histoire d'O et les tournages de Clouzot et de Truffaut. On découvre l'envers du décor de certaines scènes de films. On rencontre le monde des artistes de music-hall, des concours de beauté. On assiste à l'avènement de la puissance des médias.
    Une investigation palpitante sur les puissances de la fiction et les frontières de plus en plus floues entre la réalité et ses images.

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