• Le colon, figure mitoyenne qui ne se trouve ni dans la position invivable du colonise ni dans celle, indefendable, du colonisateur, est généralement relégué au statut de figurant du récit colonial. Complétant le diptyque de Memmi, Alain Deneault révèle ici l'idiot utile, voire indispensable, de l'accaparement du territoire, une figure qui n'existe qu'en solidarité absolue avec la classe qui le domine, mais dont l'impuissance politique et économique l'autorise à s'identifier, lorsque opportun, au colonisé.

    Le decor ou Alain Deneault campe son personnage : le Canada. Coince entre un passe colonial qu'il veut oublier et un essor republicain sans cesse ajourne, ce territoire qu'on appelle « pays » n'excelle que dans la mediocrite de ses politiques d'extreme centre, mais il livre a la pensee politique un objet d'importance : la condition du colon qui fut celle de la majorite de sa population et qui le reste de mille facons inavouees.

  • Lëd

    Caryl Férey

    • Lizzie
    • 12 Mai 2021

    Lëd (" Glace " en russe) est une immersion dans une Russie de tous les extrêmes. Caryl Férey au sommet de son art.Norilsk est la ville de Sibérie la plus au Nord et la plus polluée au monde. Dans cet univers dantesque où les aurores boréales se succèdent, les températures peuvent descendre sous les 60°C.
    Au lendemain d'un ouragan arctique, le cadavre d'un éleveur de rennes émerge des décombres d'un toit d'immeuble, arraché par les éléments.
    Boris, flic flegmatique banni d'Irkoutsk, est chargé de l'affaire.
    Dans cette prison à ciel ouvert, il découvre une jeunesse qui s'épuise à la mine, s'invente des échappatoires, s'évade et aime au mépris du danger.
    Parce qu'à Norilsk, où la corruption est partout, chacun se surveille.
    Et la menace rôde à mesure que Boris s'entête...

  • On trouvera dans ce petit livre deux textes de B. Traven (1882-1969) traduits de l'allemand par Adèle Zwicker.

    Le premier Le Gros Capitaliste est la version française de Der Groindustrielle, nouvelle extraite du recueil Der Banditendoktor ; on en connaissait une version publiée sous le titre Chaîne de montage, mais traduite de l'américain. Le second Administration indienne et démocratie directe est tiré de Regierung, publié en France sous le titre incongru de Indios, également dans une traduction de l'anglais.

    Paraboles littéraires et politiques, ces nouvelles permettent une première entrée dans l'oeuvre de l'auteur du Trésor de la Sierra Madre et complètent la biographie de Rolf Recknagel, B. Traven, romancier et révolutionnaire reprise en poche par Libertalia en novembre 2017.

    Traven est l'auteur de La Révolte des pendus, Le Trésor de la Sierra Madre, Le Vaisseau des morts et L'Armée des pauvres.Pour suivre la trace du célèbre anonyme, se reporter à la biographie de Rolf Recknagel, B. Traven, romancier et révolutionnaire (B. Traven, Beiträge zur Biografie), traduite par Adèle Zwicker, éditée par L'Insomniaque en 2009, reprise en poche par Libertalia en 2017.

  • Voici enfin le livre accessible et complet que l'on attendait sur la question animale. Clair et bien informé, écrit par un spécialiste de l'éthique, il évite les écueils tant de la propagande que des caricatures journalistiques pour proposer un état des lieux impartial et équilibré sur le problème du statut à accorder aux animaux. Non, tous les défenseurs de la cause animale ne préféreront pas sauver un chien plutôt qu'une personne handicapée. Oui, l'homme se rattache sans contestation possible au règne animal. Mais non, ce n'est pas parce qu'il partage 99 % de ses gènes avec le chimpanzé qu'on peut en déduire qu'il est un singe comme les autres. Et non, considérer qu'il se distingue des autres animaux n'est pas un blanc-seing pour qu'il les maltraite.Mettant au jour les véritables enjeux, parfois vertigineux, de ces questions qui hantent désormais notre actualité, cet ouvrage, tout en faisant montre d'un authentique humanisme, offre au lecteur un bien des plus rares : le moyen de se forger son propre jugement loin des excès manichéens.

  • Mothercloud

    Rob Hart

    • Belfond
    • 5 Mars 2020

    Effrayant hommage à Ray Bradbury, Margaret Atwood ou George Orwell, MotherCloud nous entraîne dans un monde où le Big Business aurait supplanté Big Brother, un monde d'une perversion totale, pas si éloigné du nôtre.Ex-petit patron désormais ruiné, Paxton n'aurait jamais pensé devoir intégrer une unité MotherCloud, cette superstructure de l'e-commerce qui a dévoré la moitié de l'économie mondiale. Pourtant, dans une société n'ayant plus rien à offrir, comment peut refuser un job qui propose non seulement un salaire, mais aussi un toit et à manger ?
    La jeune Zinnia non plus n'aurait jamais pensé rejoindre MotherCloud, mais sa mission est tout autre : une révolution est en marche dont elle est le bras armé. Devenir salariée n'est qu'un premier pas pour infiltrer le système, en percer les secrets. Le détruire.
    Dans cet univers où tout est calculé, paramétré, surveillé, où l'humain disparaît au profit de la rentabilité, où l'individu n'est qu'un algorithme, Zinnia et Paxton réalisent bientôt qu'il est impossible de dévier. À moins d'être prêt à se sacrifier ?
    Car derrière sa façade d'entreprise idéale, MotherCloud est une machine à broyer, impitoyable à l'égard de ceux qui oseraient se rebeller.

  • C'est au XVIIIe siècle que s'élèvent en Europe les premières voix qui dénoncent l'esclavage. Sa condamnation dans le monde entier n'intervient qu'au milieu du xxe siècle. C'est dire si le chemin qui devait mettre fin à une pratique presque aussi vieille que l'humanité a été long et difficile. Mais, illégal, l'esclavage subsiste : exploitation des plus démunis au mépris des lois, travail forcé des enfants, asservissement des femmes... nombreux sont ses avatars modernes, atroces et odieux. Et, aujourd'hui comme au temps de l'abolition, il semble nécessaire de rappeler que l'« esclavage est un attentat contre la dignité humaine » ARISTOTE HARRIET BEECHER-STOWE ALEJO CARPENTIER CÉSAIRE CONDORCET ÉDOUARD GLISSANT HUGO ARTHUR KOESTLER LA BOÉTIE MARIVAUX MÉRIMÉE MONTESQUIEU ABBÉ RAYNAL ROBESPIERRE ROUSSEAU SÉNÈQUE MADISON SMARTT BELL HENRY DAVID THOREAU VOLTAIRE.

  • Succession

    Patrick Cargnelutti

    • Piranha
    • 17 Septembre 2020

    Dans un pays imaginaire d'Afrique centrale, mercenaires, barbouzes, fonctionnaires occidentaux corrompus et chefs de guerre cupides s'en donnent à coeur joie, détruisant impitoyablement un pays et ses habitants. Les hommes droits, comme Egbéblé, chef de village qui veut venger sa fille, ou Pelletier, ingénieur agronome qui fourre son nez où il ne faut pas, ne sont que des pions sacrifiés sur l'autel du pouvoir et de l'argent. Même les exploiteurs et les comploteurs minables, manipulés par plus puissants qu'eux, ne sortiront pas indemnes du coeur des ténèbres, et le lecteur assiste, impuissant et révolté, au délitement de l'âme et du monde.
    Succession est le roman de la folie de l'homme et du pouvoir, de la corruption absolue, celle qui détruit les innocents et fait se déchirer les peuples.

    Patrick Cargnelutti, né en 1957 à Châlons-sur-Marne, vit à Carhaix. Passionné de musique, de littérature et de peinture, il s'intéresse à la politique et à l'écologie. Ancien infirmier en psychiatrie, après de nombreux engagements associatifs, il cofonde en 2013 le webzine littéraire Quatre Sans Quatre et crée l'émission de radio « Des polars et des notes ». Auteur de Peace and Death (Jigal Polar, 2017), il est lauréat du prix Dora-Suarez de la nouvelle 2017 pour « Amin » (Enfantillages, AO).

  • Une amnistie vient d'tre promulgue au Brsil et l'ex-gouverneur de l'tat de Pernambouc, Miguel Arraes, rentre Recife en septembre 1979 aprs quinze ans d'exil. cette occasion, Robert Linhart part enquter dans les rgions sucrires du Nord-Est brsilien : comment les ouvriers agricoles ont-ils vcu ces annes de dictature? O en est le mouvement paysan? Exode des paysans vers les bidonvilles. Progression de la faim avec la monoculture sucrire. Travail des enfants. Trente-cinq ans aprs sa parution en 1980, ce livre reste un tmoignage accablant sur la situation de l'poque et, par bien des aspects, sur celle d'aujourd'hui. Mourir de faim avec tous les documents du monde, contrat de travail assurances, fiches de paye. Mourir de faim pour le "modle exportateur" et les rentres de devises. mesure que je recueillais tmoignages et donnes, la faim m'apparaissait avec une terrible nettet comme la matire et le produit d'un dispositif compliqu jusqu'au raffinement. La faim n'tait pas une simple absence spectaculaire, presque accidentelle, d'aliments disponibles. (...) Ce n'tait pas une faim simple, une faim primitive. C'tait une faim labore, une faim perfectionne, une faim en plein essor, en un mot, une faim moderne. Je la voyais progresser par vagues, appeles plans conomiques, projets de dveloppement, ples industriels, mesures d'incitation l'investissement, mcanisation et modernisation de l'agriculture. Il fallait beaucoup de travail pour produire cette faim-l. De fait, un grand nombre de gens y travaillaient d'arrache-pied. On s'y affairait dans des buildings, des bureaux, des palais et toutes sortes de postes de commandement et de contrle. Cette faim bourdonnait d'ordres d'achat passs par tlex, de lignes de crdit en dollars, marks, francs, yens, d'oprations fivreuses sur les commodities markets (les Bourses de matires premires, o les spculateurs vendent, revendent, achtent, rachtent dix, quinze, trente fois le mme lot de sucre, de cacao ou de coton avant mme qu'il ne soit rcolt, faisant chuter ou s'envoler les cours, toujours de faon concentrer les bnfices et dpossder le petit producteur direct), de transactions foncires, d'anticipations, d'astuces et de bons coups. On n'en avait jamais fini d'entrer dans le dtail de la production de cette faim.

  • «Le tiers-monde n'était pas un lieu. C'était un projet.» Alors que les pays du Sud s'effondrent sous le poids des dettes et des effets délétères de la mondialisation, on oublie trop souvent que les peuples colonisés ayant conquis leur indépendance au XXe siècle s'étaient efforcés de mettre en oeuvre un programme politique axé sur la paix, la justice, la liberté, l'anti-impérialisme et le changement social.
    Quelles ont été les dynamiques culturelles, sociales et politiques à l'origine de ce mouvement décolonialiste dans les pays communément appelés du «tiers-monde»? Comment leur rêve d'émancipation a-t-il pu mener au renouvellement cynique de l'exploitation et des rapports de domination? Les damnés de la terre sont-ils condamnés à demeurer inaudibles en cette ère de néolibéralisme?
    Une histoire politique du tiers-monde relate les événements du point de vue de ces «nations obscures» qui, à partir des années 1950, ont réclamé une place dans la gestion des affaires du monde, tout en se dissociant des blocs de l'Est et de l'Ouest de l'époque. De Bandung au Caire en passant par Abuja, Bali et La Paz, Vijay Prashad pose un regard à la fois rigoureux et personnel sur les grands débats et les figures politiques qui ont marqué le Mouvement des non-alignés, restituant le souffle extraordinaire de libération qui les a animés. Qui, aujourd'hui, portera ces rêves de liberté, d'égalité et de paix?
    Avec une nouvelle postface de l'auteur et un texte inédit d'Omar Benderra sur le mouvement citoyen en Algérie qui a débuté en février 2019.

  • 10 femmes, 10 parcours, 10 vocations d'agricultrices.Elles sont modernes, libres, innovantes, fertiles d'idées, et embrassent leur profession comme on embrasse la vie. Arrivant de tous les horizons, elles sont passées du commerce aux champs, du métro aux récoltes sauvages, de la ville à la roulotte sans regarder en arrière. Elles mettent à profit leur expérience vécue au coeur du système pour en inventer un nouveau, plus résilient, cohérent et luxuriant de vie.Linda Bedouet, paycultrice et maraîchère, part à la rencontre de Nathanaëlle, Lauriane, Stéphanie, Hélène, Amandine, Christel, Juliet, Gaëlle et Delphine pour mettre en lumière les voix des nouvelles paysannes et nous livrer leurs témoignages croisés sur l'agriculture au féminin aujourd'hui en France.Préfaces de Anne-Sophie Pic et Esterelle Payani.

  • La petite ville de Bakerton, en Pennsylvanie, s'est assoupie depuis la fermeture de ses mines de charbon. Mais l'équilibre tranquille de cette communauté bascule lorsqu'un grand groupe industriel, Dark Elephant, propose aux fermiers de louer leurs terres pour en extraire un trésor enfoui : le gaz de schiste. Certains s'empressent de signer les contrats d'exploitation avant même de les avoir lus, d'autres choisissent de préserver leur propriété. Arrivent les ouvriers venus du Texas tout comme un militant écologiste prêt à recruter là des partisans de son combat. Et ceux de Bakerton vont apprendre ce qu'il en coûte d'être dans le sillage de cette nouvelle ruée vers l'or. Ce qui gît dans ses entrailles est une vaste fresque à l'image de l'Amérique moderne et des forces contradictoires qui l'animent - entre cupidité et pouvoir, espoir et désillusion.

  • Un roman coup de poing par la nouvelle voix forte de la littérature indienne
    Rentrée littéraire 2017

    Un roman coup de poing par la nouvelle voix forte de la littérature indienne

    " Tu veux que je comprime la tragédie au format Twitter ? Comment peut-on se glisser ainsi au coeur des ténèbres ? "

    Comment transformer un drame en fiction ? Pourquoi écrire sur une tuerie qui a eu lieu il y a plus de quarante ans en Inde et sur ses quarante-quatre victimes oubliées par l'histoire ?
    À travers les voix aussi diverses que celles des intouchables ou des propriétaires terriens, l'auteur décrit ce massacre, se plaçant sous le patronage de l'irascible déesse Kurathi Amman. Au-delà de l'émotion et de la colère provoquées par ces faits, l'auteur pose la question de la fiction et de ses limites en n'hésitant pas à malmener son lecteur.
    Ce roman tendu, entre rage contenue, lyrisme et humour grinçant, nous donne un aperçu des forces qui ont contribué à la création de l'Inde moderne.
    " Un roman lyrique et sans concession. "

    The Guardian
    " Un roman
    bouleversant
    . "

    The Independent
    " Un premier roman éblouissant et souvent très drôle. "

    The Times

  • Adolescent atteint du syndrome d'Asperger, Sacha porte un regard décalé et candide sur le monde. Retiré de l'école, il vit avec sa mère, médecin humanitaire, qu'il accompagne dans ses missions. À Manille, parti avec son père chercher des hippocampes pygmées dans les eaux limpides des Philippines, Sacha est kidnappé par la jeune membre d'un gang, Nikki, la fille au couteau qui s'est lacéré le visage pour échapper à la prostitution...

  • « Jawau entrouvrit l'oeil et sut alors qu'il était bel et bien en train de rêver. Parce qu'il se trouvait tout contre Gala, à quelques millimètres de la gueule de la lionne qui, allongée sur le flanc, les yeux fermés, respirait doucement. »Jawau et Izia en veulent beaucoup au cousin Hugues, et pour eux, l'ambiance est tendue au refuge de Valrêve. Heureusement, il y a les animaux ! Izia se passionne pour les ânes et Jawau ne voit que Gala, sa lionne. Il nourrit d'ailleurs un désir secret un peu fou... Avec leur ami Kenji, ils se mettent aussi à chercher le fameux trésor des Templiers, mais les obstacles sont nombreux. Noël approche, apportant son lot de surprises : Jawau et Izia découvrent la neige pour la première fois, de nouveaux arrivants sont accueillis au refuge, et pas seulement des animaux...Ce roman comporte un entretien inédit avec Paul de La Panouse, fondateur de la réserve africaine du château de Thoiry.

  • Partout, l'heure est à l'intensification de l'exploitation industrielle des «ressources naturelles». Forêts, eau douce, minerais, sable, rivières, faune sauvage, gaz de schiste, pétrole, terres fertiles, paysages grandioses: tout y passe! La justification de ces efforts est partout la même: cette exploitation est un facteur de croissance essentiel dont il serait fou de ne pas profiter alors que les emplois manquent et que les États sont endettés. C'est le choix de l'extractivisme. Si ce phénomène suscite des débats, ceux-ci ne portent généralement que sur les conditions de l'exploitation de ces richesses: qui va vraiment profiter de ces ressources? Comment ne pas faire trop de dégâts en les mettant à profit? Est-ce le bon moment de les exploiter? Et si, au lieu de se préoccuper de la bonne façon de partager ce «gâteau» (sans trop salir la nappe), on s'interrogeait plutôt sur la pertinence même de le consommer? Avons-nous vraiment besoin d'harnacher de nouvelles rivières, d'exploiter toujours plus de gisements de pétrole et de minerais, d'ouvrir de nouveaux territoires aux touristes, d'intensifier les cultures et l'élevage animal? Ne s'agit-il pas d'une fuite en avant, sur un chemin qui ne mène nulle part, sinon à la destruction pure et simple de notre habitat terrestre et de nos sociétés? Ne pourrions-nous pas vivre aussi bien, voire mieux, sans pratiquer ce type d'exploitation? Si oui, à quelles conditions? Les auteur.e.s s'attaquent à ces questions difficiles en dénonçant la logique de l'extractivisme avant d'en souligner les principales limites physiques. Les effets destructeurs et irréversibles du processus économique sur les ressources naturelles dites «non renouvelables» (énergies fossiles, minerais, etc.) étant déjà à l'oeuvre, les auteur.e.s s'attellent à décrire les alternatives possibles à ce «modèle de développement»: low-tech, transition énergétique, résistance autochtone et philosophie du buen vivir... Ils nous invitent à changer de paradigme pour penser les pistes d'actions nécessaires dans un futur post-extractiviste. Car à force de creuser, nous arrivons bel et bien aux limites de notre unique planète.

  • Mario Mieli (1952-1983) fut l'un des fondateurs du mouvement de libération homo-sexuelle Fuori! et devint très vite la figure de référence du militantisme homosexuel italien. Sa thèse sur l'homo-sexualité masculine est publiée en 1977, chez Einaudi (troisième édition en 2002 chez Feltrinelli). Dans cet essai, Mieli témoigne de son propre vécu, ses désirs, ses fantasmes, ou encore, son séjour dans une clinique pour malades mentaux, convaincu que, pour être authentique, l'engagement politique se doit de faire exploser les frontières entre privé et public, entre le moi et l'autre. Critique formulée d'un point de vue homosexuel et critique du point de vue homosexuel lui-même, le livre avance des propositions théoriques fondamentales, anticipant les travaux de Monique Wittig et de Judith Butler. La perspective d'un possible dépassement des catégories identitaires, de genre et d'orientation sexuelle, dans l'exercice performatif de la transsexualité, fait écho aux aspirations queer du présent, mais avec la fraîcheur et la pertinence propres aux esprits visionnaires. Avec cette présente publication, le public francophone aura enfin accès à un témoignage crucial écrit dans le contexte politique sombre des «années de plomb» par un être aux multiples talents de philosophe, écrivain, dramaturge, poète et acteur, qui n'a peut-être d'égal qu'un Hocquenghem ou un Pasolini, figures de proue dont les temps présents sont singulièrement avares.

  • Depuis 1967, la seconde est l'unité de base du temps social. Dissocié de toute réalité tangible, le temps atomique mondialisé sur lequel reposent les infrastructures militaires, la finance, les structures politiques et les réseaux de communication correspond à un nombre précis de périodes de radiations de l'atome de césium 133. Pourtant, malgré cette course à la précision et au contrôle, l'être humain n'a jamais été aussi aliéné par le régime temporel dans lequel il vit. L'ère du temps étudie l'histoire de notre rapport au temps - temps des relations sociales et des rapports de pouvoir, temps de la valeur, temps producteur et produit des institutions. De l'invention des premières horloges à nos jours, en passant par l'établissement du temps universel standard, Jonathan Martineau retrace l'ascension hégémonique du temps abstrait, qui enchaîne les multiples temporalités sociales aux fins du développement capitaliste.

  • En 1923, laventurier anglais R.J. Fletcher quitte les Nouvelles-Hébrides (elles deviendront plus tard le Vanuatu), laissant là lenfant quil a eu dune Mélanésienne.
    Épuisé, sans le sou, il ne se doute pas que dans une autre vie et sous le pseudonyme dAsterisk, il sera un auteur célèbre pour avoir écrit des lettres scandaleuses dépeignant les Nouvelles-Hébrides comme des « îles dillusion » plus infernales que paradisiaques.
    Presque un siècle plus tard, Pierre Furlan parcourt à son tour lîle dÉpi. Guidé par la petite-fille mélanésienne de Fletcher, il reconstitue lhistoire mouvementée du célèbre auteur sous un nouvel éclairage : celui de la génération qui a connu lindépendance.
    Les événements relatés dans ce récit sont véridiques, comme le sont les lettres de R.J. Fletcher retrouvées et publiées ici pour la première fois.

  • Elfina, douze ans, est orpheline de mère et son père est très souvent absent. Alors qu'elle vit avec sa grand-mère dans un village isolé du
    Paraguay, sa tante Evoala propose de la prendre avec elle et sa famille pour s'installer à Montréal. Elfina n'ira pas à l'école et verra son quotidien se transformer en enfer. Ménage, courses, entretien, elle se retrouve complètement esclave de son oncle, de sa tante et de ses cousins, ignorée, maltraitée. Mais un jour, Elfina va réussir à s'en sortir...
    Les quatre saisons d'Elfina raconte une réalité souvent occultée. Celle des enfants esclaves. L'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) indique que 124 millions enfants et d'adolescents partout dans le monde se voient toujours refuser leur droit à l'éducation. Un rapport fondé sur des recherches menées dans plus de 40 pays sur près de deux décennies...

  • Les nouvelles de ce recueil nous transportent au Québec, en Afrique et au cur des Antilles, derrière le décor exotique et trompeur des hôtels et des plages. Coupeur de canne ou ouvrière en Guadeloupe, travailleur clandestin en République dominicaine, femme de ménage en Martinique, enfant des cités à Paris ou chauffeur de taxi à Montréal, les personnages dÉmeline Pierre nous livrent leur vécu dans des récits troublants où il est question de migrations, didentités et de résistances.

  • Le charbon est une source d'énergie qui a permis la Révolution industrielle qu'a connue l'Europe au xixe siècle. Il reste encore la plus grande ressource pour l'avenir. Il a fallu des millions d'années pour le former. On le trouve sous différentes formes et il a différentes origines, mais toutes sont liées à l'accumulation de végétaux sur de très longues périodes. Dans ce petit livre, les auteurs présentent les diverses facettes du charbon, à la fois décrié et omniprésent dans notre quotidien.

  • Cet ouvrage, réalisé en collaboration avec la Chaire Desjardins en développement des petites collectivités, jette un éclairage nouveau sur plusieurs aspects de l'avenir des territoires ruraux: les transformations socio-économiques; l'évolution de l'exploitation agricole familiale; l'aménagement futur des campagnes. Il intéressera les étudiants en agriculture et en développement régional ou rural ainsi que les nombreux acteurs du développement local en milieu rural. Un outil d'animation de la ruralité.

  • Série de petits ouvrages visuels couleurs qui lèvent le voile sur les arcanes de Mars.
    L'Espace ne pouvant faire l'objet d'aucune appropriation nationale, quels qu'en fût les moyens, le Traité sur l'Espace relatif à son l'utilisation fut signé en 1967. Mais en 2015, sous la pression du lobbying d'un groupe d'entreprises issu de l'industrie minière spatiale, le président des États-Unis Barack Obama a promulgué le « Space Act », un texte de loi allant à l'encontre du Traité sur l'Espace de 1967 en autorisant l'exploitation minière des corps célestes, ce qui inclue les planètes du système solaire.
    Le « Space Act » ne pourrait être qu'une normalisation d'une situation bien antérieure. C'est ce qui semble apparaître si on se base sur les différents clichés mis à disposition par la NASA. Il en ressort que certaines prises de vue pourraient valider le fait même que des industries minières exploitent les ressources minières de la planète Mars depuis fort longtemps.

  • In Desire for Development: Whiteness, Gender, and the Helping Imperative, Barbara Heron draws on poststructuralist notions of subjectivity, critical race and space theory, feminism, colonial and postcolonial studies, and travel writing to trace colonial continuities in the post-development recollections of white Canadian women who have worked in Africa. Following the narrative arc of the development worker story from the decision to go overseas, through the experiences abroad, the return home, and final reflections, the book interweaves theory with the words of the participants to bring theory to life and to generate new understandings of whiteness and development work. Heron reveals how the desire for development is about the making of self in terms that are highly raced, classed, and gendered, and she exposes the moral core of this self and its seemingly paradoxical necessity to the Other. The construction of white female subjectivity is thereby revealed as contingent on notions of goodness and Othering, played out against, and constituted by, the backdrop of the NorthSouth binary, in which Canada's national narrative situates us as the "good guys" of the world.

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