• En partant de la nature pour poser des questions sur l'existence, Kathleen Dean Moore, philosophe et naturaliste, nous offre la plus belle des réponses : l'amour de la vie pour elle-même. Parcourant l'Ouest américain, des côtes sauvages de l'Oregon aux rivages de l'Alaska, ce recueil s'appuie sur l'observation de phénomènes naturels pour nous replacer dans l'immensité du monde, mais aussi, tout simplement, auprès de nos proches. Avec respect, amour et délicatesse, chacun de ces brefs récits est l'occasion de se recentrer sur l'essence même des choses et de saisir la cristallisation de chacune de nos émotions pour mieux nous connaître nous-mêmes.

  • L'Usine, un gigantesque complexe industriel de la taille d'une ville, s'étend à perte de vue. C'est là qu'une femme et deux hommes, sans liens apparents, vont désormais travailler à des postes pour le moins curieux. L'un d'entre eux est chargé d'étudier des mousses pour végétaliser les toits. Un autre corrige des écrits de toutes sortes dont l'usage reste mystérieux. La dernière, elle, est préposée à la déchiqueteuse de documents. Très vite, la monotonie et l'absence de sens les saisit, mais lorsqu'il faut gagner sa vie, on est prêt à accepter beaucoup de choses... Même si cela implique de voir ce lieu de travail pénétrer chaque strate de son existence ?
    Dans une ambiance kafkaïenne où la réalité perd peu à peu de ses contours, et alors que d'étranges animaux commencent à rôder dans les rues, les trois narrateurs se confrontent de plus en plus à l'emprise de l'Usine. Hiroko Oyamada livre un roman sur l'aliénation au travail où les apparences sont souvent trompeuses.

  • Méchantes blessures

    Abd Al Malik

    • Plon
    • 22 Août 2019


    Méchantes blessures est un roman qui, avec poésie, analyse le rêve de faire peuple d'une certaine jeunesse française éprise de culture et issue des banlieues et de l'immigration.
    Et si notre vie n'était que le résultat d'une succession de traumatismes ? Et si tout ce qui est vrai pour un être l'était également pour une ville, un pays ou un continent ? Alors les différentes blessures qu'inflige l'existence aux individus s'apparenteraient aux crises que connaissent de tout temps les nations.
    Kamil n'est pas seulement un rappeur esthète, musulman et noir aux racines congolaises, né à Strasbourg et assasssiné à Washington, en plein jour, dans le parking d'une boîte de strip-tease, il est aussi l'incarnation d'une certaine idée du génie français. Méchantes blessures raconte la vie et la mort de ce Français du XXIe siècle.
    Dans ce récit subtilement tissé, entre roman noir, conte philosophique et spirituel, Abd Al Malik imprègne durablement l'esprit et transmet par son écriture sa vision d'un avenir commun.

  • La mise en oeuvre d'un revenu universel d'existence et la promotion de l'écologie sociale sont les deux réponses les plus adéquates pour surmonter les crises que nous traversons et assurer la relève de notre société. L'alternative au statu quo ou au repli nationaliste sous le seul prétexte de reconstituer une souveraineté industrielle disparue, est l'écologie sociale. Il faudra engager une transition écologique et énergétique radicale au niveau européen et permettre le changement d'échelle de l'économie sociale et solidaire. Mais le passage à une autre société plus tempérante, plus respectueuse des personnes et de l'ensemble du vivant suppose que nous changions aussi notre regard sur le travail. Reconnaissons que notre société s'est lourdement trompée en préférant systématiquement les biens aux liens, la valeur économique à la valeur sociale.
    Dans plusieurs pays occidentaux, la proposition d'un revenu universel d'existence ou d'un revenu de base est réapparue avec la crise du Covid. La réponse sociale française est insuffisante et reste arrimée aux cendres d'un monde qui se consume sous nos yeux. L'accès au chômage partiel est conditionnel et de surcroît réservé aux salariés. Il est loin de couvrir les besoins de tous, notamment des indépendants, dont la propagation de l'épidémie et les décisions de confinement du gouvernement ont brutalement réduit les revenus à néant. Un revenu universel et inconditionnel réparerait cette injustice. Qui peut affirmer que d'autres crises sanitaires mondiales liées aux conséquences écologiques du néolibéralisme n'auront pas lieu à court terme ?
    S'il faut bien sûr prévenir ces crises en reconstituant une réponse sanitaire efficace, il faut nous prémunir de leurs conséquences économiques et sociales tragiques. Le revenu universel et inconditionnel est l'antidote social à la répétition de ces crises sanitaires.
    Il est enfin un outil incomparable d'émancipation. On peut aujourd'hui avoir un emploi et un salaire sans vivre décemment, sans être véritablement libre ni maître de son destin. En libérant chacun d'une dépendance exclusive au revenu qu'il tire de l'emploi, le revenu universel donne une capacité de négociation et de choix à chaque individu. En ce sens, il permet l'exercice d'une citoyenneté intégrale, y compris dans l'ordre économique.
    L'émancipation sociale passe par cette pratique individuelle de la liberté. Nous ne fabriquerons pas de société plus coopérative, moins égoïste et moins cupide sans donner davantage d'autonomie et de liberté à chaque citoyen.

  • L'un l'autre

    Peter Stamm

    C'est la fin de l'été dans une petite bourgade suisse. Une famille heureuse rentre de vacances en Espagne. Astrid, Thomas et leurs deux enfants s'apprêtent à reprendre le cours d'une existence paisible. Rien ne laisse présager le départ de Thomas dans la nuit.
    Commence alors pour lui une longue errance dans les montagnes, vers une autre vie. Les heures, les jours passent. La police est avertie et commence, malgré le peu d'éléments dont elle dispose, son enquête. Si les enfants ne paraissent pas prendre la mesure des événements, la disparition de Thomas plonge Astrid dans un profond désarroi qui prend la forme d'un déni, d'un espoir insensé. Elle attend que son mari rentre car, elle en est persuadée, il reviendra.

  • Quel est le point commun entre Joker, Friends, Le Seigneur des anneaux ou Star Wars ? Tous sont des classiques de la culture pop. Tous nous ont enthousiasmés et divertis. Ils font désormais partie de nous, de notre imaginaire, de notre langage.

    Pourtant les tenants de la grande culture, la « vraie », affectent de les mépriser, les jugent niais ou inconsistants. « Plutôt Phèdre que Netflix ! » Plutôt Racine que la Casa de Papel. Ne peut-on aimer l'un et l'autre ? Opposer les deux, n'est-ce pas ignorer la vertu pédagogique du divertissement ?

    L'anneau de Gollum nous rappelle celui du berger Gygès inventé par Platon pour s'interroger sur la nature humaine : Un acte vertueux est-il réellement possible ? Orange is the new black nous fait réfléchir au sens de la justice en compagnie de Socrate et d'Aristote. L'histoire d'amour de Jack et Rose à bord du Titanic nous permet de comprendre ce que Levinas nomme « la véritable rencontre avec autrui. » Chacun de ces immenses succès populaires nous pose au moins une grande question philosophique.

    In pop we trust est donc un cri de ralliement. Une invitation à considérer la profonde sagesse de nos mythes contemporains et à en tirer tous les enseignements. Un manuel de philosophie, pour le bac ou pour la vie, autant qu'un manifeste du Gai savoir.

  • Dans ce nouveau livre, Jiddu Krishnamurti, nous invite à reconsidérer notre vie et à nous interroger sur nos choix quotidiens. Un texte inédit de ce penseur hors du commun.
    QUI ETES-VOUS ? QUE FAITES-VOUS ? QUE VOULEZ-VOUS ?
    Krishnamurti, l'un des grands philosophes de notre temps, mène une réflexion vigoureuse sur les sujets qui font l'existence : l'amour, l'éducation, la liberté, le chagrin, la famille, la solitude.... et révèle la profondeur de questions simples : " Qu'est-ce que l'ennui ? " ou " Peut-on exister sans compétition ? ". Lu par des millions de personnes de tous horizons, Krishnamurti montre qu'il n'y a pas de chemin, pas d'autorité supérieure, pas de gourou à suivre, et qu'en fin de compte la façon dont nous vivons nos vies relève de notre propre responsabilité.
    " L'un des cinq saints du xxe siècle " Time Magazine
    " Krishnamurti m'a profondément influencé " Deepak Chopra

  • Décider. Changer. Se réinventer. Agir. Expérimenter.
    Réussir. Oser. Rêver. Gagner. Découvrir. Exiger. S'engager.
    Penser. Croire. Grandir. Appartenir. S'éveiller.
    Nous avons parfois besoin de retrouver un sens à notre vie, de lui redonner souffle et équilibre.
    Et si un livre avait le pouvoir de vous faire découvrir un monde nouveau ?
    Et si, grâce à la magie des mots et d'une histoire, vous commenciez un nouveau chapitre de votre vie ?
    Aleph est ce livre. Aleph est un voyage qui pourrait bien changer votre existence.

  • Pourquoi le monde existe-il ?

    Jim Holt

    Partant de la question la plus fascinante de tous les temps, " Pourquoi y a-t-il un monde plutôt que rien ? " Jim Holt embarque le lecteur dans une incroyable enquête existentielle.
    De la philosophie à la physique quantique, nombre d'intellectuels et de chercheurs tels que Leibniz, Hawking, Kant, Hegel ou Sartre, ont cherché à expliquer l'origine du monde. Jim Holt revient sur les théories qui ont émergé au cours des siècles et partage les échanges qu'il a eus avec de nombreux scientifiques et penseurs auxquels il a posé la question qui l'obsède ;
    Parmi les personnes interviewées, on trouve John Updike, David Deutsch, Adolf Grünbaum, John Leslie, Derek Parfit, Roger Penrose, Richard Swinburne, Steven Weinberg, Andrei Linde et Martin Amis.
    Avec humour et intelligence, Jim Holt nous invite à une réflexion profonde sur le plus grand mystère de l'univers.
    Critiques :
    " Il aurait pu n'y avoir rien. Cela aurait pu être plus facile. Au lieu de cela, il y a quelque chose. L'univers existe et nous sommes ici pour nous interroger à ce sujet. [...]. Dans
    Pourquoi le monde existe-t-il ?, Jim Holt, écrivain élégant et plein d'esprit, se lance à la recherche de réponses... Holt retrace le raisonnement derrière chacune d'elles avec soin et clarté ; une clarté telle que chaque idée semble parfaitement sensée, même si elle fait tourner la tête d'incrédulité. "
    - Sarah Bakewell,
    New York Times, auteure de
    Comment Vivre ? Une vie de Montaigne en une question et vingt tentatives de réponses." Jim Holt nous repose la question que Stephen Hawking a posée il y a longtemps sans pouvoir y répondre : pourquoi l'univers subit-il toute cette peine d'exister ? "
    - Ron Rosenbaum,
    Washington Post" J'ai lu
    Pourquoi le monde existe-t-il ? par Jim Holt et j'ai eu buzz existentiel. " - Bruce Springsteen

  • Entretiens

    Confucius

    Le Maître a dit : Qui ne connaît son lot ne saurait être un homme de bien ; qui ne connaît les rites ne saurait tenir son rang ; qui ne connaît le sens des mots ne saurait juger les hommes. (Chapitre XX, Le bon roi Yao

  • Au soir de son départ à la retraite, monsieur Takewaki s'effondre dans la rue, les bras chargés de fleurs. Il est admis en soins intensifs à l'hôpital. A son chevet se succèdent bientôt médecins, infirmières, amis et proches, les remords autant que les regrets. Mais, bientôt, alors qu'il s'enfonce dans un profond coma, son esprit l'entraîne hors de son corps, dans une échappée belle à la redécouverte de son ancienne vie, à la poursuite des ombres qui ont composé son existence. En dépit de son immobilité forcée, et tandis qu'il perçoit les échos des conversations, il reconstitue peu à peu le sens d'une existence pleine d'émotions, au point de revenir au jour même de sa naissance. Pour renaître, à nouveau.
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    Asada Jirô, né à Tokyo en 1951. Disciple de Mishima, il s'engage dans les forces d'autodéfense après le suicide de l'écrivain. Il reçoit en 1997 le prestigieux prix Naoki pour son roman Le Cheminot. Cet écrivain prolifique excelle dans des registres très divers : romans historiques, fictions, nouvelles, essais. Plusieurs de ses romans, dont Le Roman de la Cité interdite - paru aux éditions Picquier - sont des best-sellers.Aux éditions Picquier : Le Cheminot, Le Roman de la Cité Interdite

  • La philosophie n'est pas une discipline abstraite et intellectuelle, réservée aux seuls spécialistes. Bien au contraire, depuis Socrate, elle vise à éclairer notre existence de manière aussi indispensable que salutaire, en s'adressant à chacun de nous, tels que nous sommes, avec nos engagements et nos aveuglements, nos désirs et nos peurs. Retrouver la dimension méditative de la philosophie, allier l'art de l'attention à l'art du questionnement, voilà le chemin qu'ouvre ce livre unique et précieux. Les grandes questions de la philosophie ne sont plus alors des haltes imposées sur l'autoroute de la culture générale, mais des expériences fondatrices, personnelles et universelles à la fois.

  • Apparu à la face du monde le soir du 16 octobre 1978 au balcon de Saint-Pierre de Rome, Jean-Paul II était bouleversant dans sa simplicité et impressionnant dans sa force. Il était là, devant nous, sur nos écrans, ce pape qui venait d'être élu à 58 ans. On sentait le poids de cette nouvelle charge tombant sur ses épaules.Mais jamais dans l'Église on n'avait vu quelqu'un incarner à ce point le charisme de Pierre. Pierre s'appelait Simon, et Jésus, « la pierre angulaire », a changé son nom à dessein. Pour bâtir son Église, il lui fallait la force et la disponibilité d'un disciple prêt à devenir « le rocher de l'unité ». C'est justement ce qui m'a toujours frappé dans la personne de Jean-Paul II : la clarté de la foi, la solidité des fondations. Oui, on peut dire que Jean-Paul II a entendu et mis en oeuvre la consigne de Jésus à Pierre : « Fortifie tes frères dans la foi ! »Voilà donc le regard personnel que je propose : Jean-Paul II, c'est Pierre au tournant du nouveau millénaire.Cardinal Philippe Barbarin

  • Dans la lignée du succès de Découvrir la Bible en un week-end, cet ouvrage propose un parcours à la fois simple et précis dans les évangiles et les Actes des Apôtres en quelques demi-journées.Sa singularité consiste à mettre en lumière l'originalité de chaque évangile en appréhendant le contexte historique et spirituel dans lequel chaque livre a été écrit. Cet opuscule vous ouvre à l'éclairage particulier que chaque évangéliste a apporté sur la vie de Jésus et les tout débuts de l'Église. Toujours désireux d'être le plus pédagogique possible, il vous propose de nombreux repères historiques, géographiques et lexicaux pour lever les zones d'ombre que vous pourrez rencontrer. En trois séquences, à l'aide de lectures guidées et de commentaires inspirés, vous serez ainsi sensibilisés à une nouvelle manière de lire l'Évangile, enthousiasmante et profonde.

  • En quoi croit-on aujourd'hui ? Peut-on choisir sa religion ? Peut-on être amis si on n'a pas la même religion ?Prophètes, rites, textes sacrés, symboles, fêtes, athéisme... un livre sans jugements ni préjugés pour expliquer la place des religions dans nos vies quotidiennes et l'empreinte qu'elles laissent sur le monde.

  • « Lorsqu'il est dit que le thème particulier de notre temps et la mission des générations actuelles consiste en une tentative énergétique pour ordonner le monde à partir du point de vue de la vie, il y a un sérieux risque d'être mal compris. [...] On a vécu pour la religion, pour la science, pour la morale, pour l'économie ; on a même vécu pour servir le fantôme de l'art et du plaisir ; on n'a juste jamais essayé de vivre délibérément pour la vie. Heureusement qu'on l'a toujours plus ou moins fait, mais non délibérément ; chaque fois que l'homme s'en est aperçu, il en a eu honte et a ressenti un étrange remords. Ce phénomène de l'histoire humaine est par trop surprenant pour ne pas mériter une méditation. » Paru en 1923, soit bien avant sa célèbre Révolte des masses (1930), Le Thème de notre temps est l'un des textes les plus prophétiques d'Ortega y Gasset (1883-1955).

  • Vous disposez de deux heures pour découvrir le Nouveau Testament : ce petit guide vous fournira les repères historiques, géographiques et théologiques pour en apprécier toute la saveur. Au fil des pages, vous trouverez des réponses aux questions primordiales :
    Que sait-on de l'existence de Jésus et des étapes de sa vie ?
    Comment est-on passé de Jésus à l'écriture du Nouveau Testament ?
    Quel rôle l'Ancien Testament joue-t-il pour le Nouveau ?
    Clair et pédagogique, ce livre est complété par des encadrés thématiques, des cartes géographiques et un lexique de soixante entrées.

  • Il n'existe pas d'humanité sans musique. Celle-ci vient à chacun en le précédant, en lui ouvrant son mode d'existence et en lui donnant forme et rythme. Nos affects, nos désirs et nos pensées sont musicaux. L'existence est musicale. La musique constitue donc notre condition, si bien qu'elle est plus antérieure et plus intérieure à nous que nous-mêmes. Toutefois, comme nous, elle est sans origine assignable et sans commencement. Ceci n'est donc pas un livre de musicologie. Pour le lire, nulle expertise n'est requise, seulement l'expérience d'exister. Nous sommes par ailleurs nécessairement pris dans l'Histoire faite de catastrophes mais aussi de marques d'espérance. Que dit alors très concrètement la musique de nous, de nos existences actuelles et du présent ? Et comment dans ces conditions recevons et entendons-nous notre être-musical ?

  • Pourquoi y a-t-il des gauchers et des droitiers ? Y a-t-il des gauchers dans tous les pays du monde ? Gaucher, est-ce héréditaire ? Comment savoir si on est un vrai gaucher ? Les gauchers sont-ils meilleurs en sport ? Biologie, vie quotidienne, histoire, sports, arts... un ouvrage indispensable sur les gauchers à mettre entre toutes les mains !

  • En 1938, lorsque le philosophe Étienne Souriau dresse l'inventaire des différents modes d'existence qui peuplent le monde, une classe d'êtres retient particulièrement son attention : les êtres virtuels.
    Ce sont toutes les potentialités qui accompagnent les existences comme des dimensions d'elles-mêmes, ce qu'elles pourraient être si... Ce ne sont pas de simples possibles, car les virtuels existent à leur manière. Le problème, c'est qu'ils manquent de réalité, comme s'il n'y avait pas de place pour eux dans le monde réel.
    Celui qui veut les faire exister davantage, leur donner « plus » de réalité n'est pas seulement un créateur, c'est un avocat. Il lutte pour leur « droit » à exister davantage, à occuper légitimement une place dans ce monde. Toute création n'est-elle pas un plaidoyer en faveur des nouvelles existences qu'elle crée ?
    N'est-ce pas le problème de toutes les existences, dès lors qu'elles sont privées du droit d'exister de telle ou telle manière ? C'est l'interrogation qui parcourt ce livre, au croisement de l'existence, de l'art et du droit.

  • Lucille Bordier a seize ans. Elle est emportée, intrépide, excessive dans ses enthousiasmes comme dans ses déceptions. Vite lassée de sa position de femme de chambre au service de la jeune Mathilde de Gisors, elle décide de prendre en main les rênes de son destin. D'ailleurs, les opportunités ne manquent pas sous le règne de Napoléon III : la naissance des stations balnéaires, l'émergence des palaces, les sirènes de l'Amérique nourrissent ses rêves de réussite... Pourtant une rencontre malveillante anéantit ses ambitions et précipite sa disgrâce. Reste alors la famille et une drôle d'idée nichée dans un recoin de son imagination : celle d'ouvrir un café pour dames, où l'on servirait du chocolat et des gourmandises et que l'on appellerait « À l'heure gourmande ». Révolutionnaire ? Peut-être... Mais rien n'est impossible quand on a, chevillé au corps, autant d'espoir que de courage.

  • Étrange parcours que celui du Logos qui, de Héraclite à nos jours, tend à s'effacer, dans ce monde actuel, tout entier voué à la science, au tout numérique. Cette vision héraclitéenne de la totalité s'est estompée, transformée qu'elle fut déjà dès les premiers siècles de notre ère dans sa postulation religieuse, puis dans la modernité, et s'est perdue dans un monde où, science et technique prenant leur envol, l'homme avait comme horizon de « devenir comme maître et possesseur de la Nature ». Michel Blay analyse cet état qui nous laisse de plus en plus en déshérence ; et dans un monde où « Dieu est mort, et c'est nous qui l'avons tué », comment ne pas sombrer dans cette illusion d'un homme tout-puissant, dans lequel même le psychique est traité à l'aune des neuro-sciences où l'homme a perdu sa complétude et ne pense même plus à la chercher ? Ne serait-ce pas la poésie, elle seule, « dans ces temps de détresse » qui offrirait une voie pour retrouver sa voix ? Certes « Il n'y a pas de paradis » nous dit André Frénaud. « Était-ce l'aube, ou le soir déjà perce ? Qu'avions-nous espéré que nous allons cherchant ? »

  • Le communisme (son écroulement, sa disparition) et la guerre (son retour, sous le motif du « droit »), telles sont les sources de ce petit livre de questions. Ce qui est dit, c'est que l'humanité comparaît, qu'elle est la comparution - l'exposition de tous à la vérité la plus nue du politique, qui est d'être ce qui intéresse dans le « commun » chaque ponctualité d'existence. De ce qui a lieu entre les hommes, le communisme s'est voulu la résolution. Son échec comme le retour de la guerre nous exposent à l'inconnu. Autrement dit, à la tâche de déterminer à nouveau cet espace entre les hommes (inter-esse, voisinage de tous avec tous) où reposent (en brûlant) le jeu et l'enjeu, la possibilité même de ce qui, par-delà la clôture des prophéties et la nostalgie des entités perdues, ferait événement pour la communauté des hommes : la communauté de l'existence reçue comme partage. Collection « Détroits » dirigée par Jean-Christophe Bailly, Michel Deutsch et Philippe Lacoue-Labarthe

  • "On trouvera ici une réflexion sur le paraître, que la philosophie a coutume, depuis Platon et jusqu'à Heidegger et acolytes, d'opposer à l'être, ou à ce qui existe (le réel). On s'étonnera que cet essai se recommande néanmoins, pour affirmer au contraire leur identité, du philosophe chez lequel la tradition a cru trouver pour la première fois une telle distinction : Parménide.
    Mais il ne faut pas oublier que Platon appelait déjà son entreprise philosophique propre, dans le dialogue qu'il consacrait à Parménide, un « parricide » de ce dernier. Et parricide il y a bien, car il s'agit chez Platon, pour des questions essentiellement morales, d'accorder l'existence, outre à l'être, à l'autre, c'est-à-dire à ce qui n'existe pas. Paradoxalement, les interprètes actuels de Parménide, voulant retrouver celui-ci avant qu'il ne fût supprimé par le platonisme, n'ont pas su se contenter du lapidaire et inactuel « ce qui est est », et y ont prétendu voir une distinction entre l'existence et l'être, ou encore entre l'apparaître et la vérité.
    Un parricide n'a donc vraisemblablement pas suffi à faire taire la sentence parménidienne qui invite à faire bon accueil à l'existence ; on en refait régulièrement le rituel. Cet essai propose d'aller à rebours."

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