• Ce livre est le fruit d'une rencontre entre un psychanalyste concerné par l'évolution de la société et les accueillants de la structure Dolto, « Le Jardin Couvert », qui fonctionne à Lyon depuis plus de trente ans dans l'esprit de la psychanalyse.

     

    L'enfant vient au Jardin Couvert avec son père, sa mère ou tout autre adulte proche pour rencontrer les autres et apprendre à vivre avec eux dans la sécurité d'une présence familière. Parfois, les familles, préoccupées par des difficultés minimes ou plus sérieuses, viennent y chercher des repères, un éclairage neuf, une direction à inventer. Elles sont assurées d'être entendues dans leur singularité. La demande d'aide, de conseils peut constituer un évitement à s'engager dans ce que, comme parents, ils savent déjà. Les accueillants s'attachent à leur faire découvrir qu'ils ont en eux les possibilités de trouver des solutions adéquates et de s'occuper d'une façon juste de leur enfant.

    Des moments vécus au Jardin Couvert constituent la matière de ce livre. Ils font entendre combien pour grandir, il est important que enfants, parents et accueillants se laissent guider par la parole et par ce que parler implique.

    Dans sa postface « OEdipe empêché », Jean-Pierre Lebrun rend compte conceptuellement, mais de manière accessible à tous, du quotidien au Jardin Couvert, à savoir les effets actuels du néolibéralisme qui modifie en profondeur les liens sociaux et par conséquent les rapports parents-enfants.

  • Comment soigner des adolescents en rupture familiale, sociale, scolaire et/ou culturelle en 2016 ?

    Ce livre en s'intéressant aux jeunes en ruptures, réhabilite le corps de l'adolescent, ses manifestations et ses symptômes, dans leur articulation signifiante avec les bouleversements psychologiques propres à cette période. Il s'appuie avant tout sur une pratique de soins pour décrire les problèmes de santé qui surviennent au moment de l'adolescence.

     

  • Le jeu est sur le devant de la scène depuis plus d'une décennie avec l'invasion des jeux vidéo, des jeux télévisés, des jeux de rôle grandeur nature, des jeux d'énigmes en groupe... La culture du jeu s'est introduite dans l'univers sérieux des adultes jusqu'à leur lieu de travail.

    Entre liberté et contrainte, illusion et réalité, l'usage des serious games favorise t-il la créativité en entreprise ? Quelles sont les conséquences du jeu sur le travail, l'équipe et la santé lorsque celui-ci devient obligatoire dans un dispositif de formation managériale ? La compétition fait-elle partie du jeu ? Sous couvert du jeu, les conflits éthiques peuvent-ils être gommés ?

    A partir d'une enquête approfondie dans le cadre de la formation de managers, Lydia Martin explore à la fois le dispositif, le rôle des formateurs et l'expérience des utilisateurs. Elle analyse le jeu à ces différents niveaux pour comprendre les enjeux qui le sous-tendent, mais aussi les conditions qui favorisent l'attitude ludique comme celles qui sollicitent l'anesthésie de la pensée et de la responsabilité dans l'exercice du métier de manager.

     

  • Le sujet est accordé a son monde, tout comme son monde est accordé à lui. Cet accord se signifie a lui, sans qu'il en soit pleinement conscient, comme la source de ce plaisir apaisant et apaisé qu'il trouve précieux dans sa vérité d'evidence.

    L'angoisse va venir rompre ce familier. Elle va battre en brèche l'unité logique de cet univers. Une crise peut en effet surgir, les coordonnées du paysage se brouiller, la pente devenir traitresse, l'appui du pied se dérober, le ravin se révéler abîme et un invisible nous y attirer... Le phobique, angoissé d'un genre particulier, va inventer sa parade. Il va donner un contour (le vide, l'espace, les animaux...) à la peur qui le saisit, car l'angoisse est une peur sans contour.

    Cet essai étudie le parcours de la phobie, souffrance énigmatique, depuis sa découverte psychiatrique par Westphall (1872) jusqu'à sa reinterprétation par Freud et les psychanalystes d'aujourd'hui. Confrontée à la psychanalyse comme à l'art, la phobie éclaire en retour les mécanismes fondamentaux du psychisme. Faisant appel aux paroles mêmes de sujets phobiques, cet ouvrage illustre cliniquement les voies de la guérison de cette peur le la peur.

  • La technique du packing (enveloppements thérapeutiques très encadrés) peut se révéler extrêmement utile pour les soins des enfants autistes et psychotiques, voire pour certaines anorexiques, à condition d'en peser précisément les indications. Cet ouvrage vise à donner une information objective sur cette technique en partant d'expériences multiples et en prenant en compte la complexité de telles problématiques. A côté des points de vue cliniques et thérapeutiques exprimés, il livre des hypothèses de compréhension de l'autisme tenant compte des aspects à la fois corporels et psychiques.

  • Après avoir exercé une dizaine d'années comme psychologue clinicienne dans un service d'accueil téléphonique, l'auteure a conçu et expérimenté un dispositif d'entretien clinique à distance via internet qui s'approche le plus possible du cadre classique. Son but n'est pas de remplacer la consultation dans le bureau du psychologue, mais d'augmenter les possibilités d'une écoute clinique, dans des situations où, pour diverses raisons, elle est limitée.

    Comment adapter la consultation d'un psychologue à la relation assistée par ordinateur, tout en préservant la dimension symbolique de l'échange dans un espace tiers ? Qu'en est-il de la place du corps et du regard en visioconsultation ? Comment travailler avec la réalité psychique à distance, sans tomber dans le piège d'une relation en miroir ? Qu'en est-il des processus transféro-contre-transférentiels apparaissant dans ce cadre ?

    Lise Haddouk présente ici la méthodologie et les spécificités de ces entretiens qui allient les apports des nouvelles technologies à ceux de la théorie psychodynamique. Son travail s'inscrit dans le champ de la cyberpsychologie (psychologie du numérique) à la frontière de la psychologie cognitivo-comportementale, des neurosciences et de la psychologie sociale qu'elle enrichit en intégrant l'apport de la psychologie clinique d'inspiration psychanalytique.

  • Les réfugiés, ceux qui font la une de l'actualité, ne cessent de lutter pour une vie meilleure, et leurs déplacements peuvent s'étendre sur des durées très longues marquées par l'incertitude et la précarité. Arrivés dans le pays qui traite leur demande d'asile, ils se trouvent encore en « suspension territoriale », dans un entre-deux entre pouvoir rester et devoir repartir.

    Alexandra Felder s'intéresse aux trajectoires singulières de construction de soi en exil, à travers les activités des demandeurs d'asile qui se révèlent être de puissants vecteurs de résistance. Résistance à la réduction de soi à un statut de « demandeur », à l'assignation à la place d'étranger en quête d'un statut de citoyen. Dans l'activité partagée avec autrui, le sujet exilé transforme sa situation et lui-même. Il s'approprie des manières de faire, diversifie les temporalités par les rythmes des activités, noue des relations sociales et développe des interactions, réactualise des schèmes d'action. En cela, il participe à une construction commune du monde avec autrui.

    Ainsi sans sous-estimer le poids des contraintes, des déterminations sociales majeures ici, l'ouvrage montre que l'important n'est pas seulement le traitement qui est fait aux réfugiés, mais ce qu'ils font eux-mêmes de ce qu'on fait d'eux.

  • Sans équivalent, cet ouvrage à la fois théorique et très pratique part de l'intérêt du jeu libre dans la vie des enfants d'aujourd'hui pour arriver au cadre ludique comme technique d'installation des espaces de jeu dans lesquels les adultes ont une place spécifique.

    Si jouer c'est grandir, bien jouer, c'est bien grandir. L'auteur défend la place du jeu comme dynamique de développement dès le plus jeune âge, vecteur de rencontres et de partages. Elle pose les bases des bonnes conditions du jeu, à partir de la définition du concept novateur de cadre ludique, pour les enfants en collectivités et les adultes qui les accompagnent : organisation matérielle, utilisation des lieux, choix des jeux et jouets.

  • A partir de situations cliniques, l'auteur développe une approche rigoureuse du mode d'existence schizophrénique. Il s'agit avant tout d'un travail de clinicienne qui se soutient de la nécessité d'aborder la psychose telle qu'elle se manifeste. Pourtant même si la logique langagière de la schizophrénie nous parait étrangère, elle est infiniment plus proche de nous que nous le croyons.

    Danielle Roulot est psychiatre à La Borde

  • La psychanalyse est une recherche du monde extérieur, inévitablement conflictuelle, mais dans un effort d'échange avec le monde extérieur. Cet espace intérieur, Salomon
    Resnik le conçoit comme un espace pour vivre, sentir, penser, imaginer, rêver. Transcendant les oppositions catégorielles dedans/dehors, corps/esprit, l'espace mental donne sens, forme, luminosité à la vie.

    Or vivre son intériorité et la multiplicité de son être est difficile à assumer et on observe dans les vécus psychotiques un aplatissement de cet espace qui peut alors être rempli de vide, de fumée ou même de connaissances. La profession de psychanalyste consistera, nous dit Resnik, à utiliser son propre appareil mental, son propre espace mental pour aller à la rencontre de l'affectivitë discordante ou barrée de l'autre.
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    Salomon Resnik, nous invite ici, comme il l'a fait avec son public de l'Université à pénétrer dans l'espace qui se crée entre lui et ses patients, à la recherche de suggestions, de réflexions qui puissent donner sens à la vie mentale. Problèmes théoriques, histoires cliniques sont enrichis par la présentation d'oeuvres de Magritte, De Chirico, Van
    Gogh et de dessins de ses patients, qui rendent le lecteur sensible à une expérience sensori-perceptive et esthétique de l'inconscient.

  • "Depuis des années, les bébés sont entrés dans ma vie : bébés de l'observation, avec lesquels je fais connaissance au cours des séminaires que j'anime, ou bébés que je rencontre en consultation avec leurs parents. En même temps ces bébés restent pour moi mystérieux, chaque fois a découvrir, avec eux, chaque
    fois, une nouvelle aventure commence. A partir de l'observation du nourrisson, Rosella Sandri nous entraîne dans le monde passionnant des premieres formes de vie psychique et relationnelle du bébé.

    La méthode d'observation qu'elle pratique, est celle introduite par Esther Bick, psychanalyste d'origine polonaise, ayant travaillé notamment en Grande Bretagne. Dans la première partie du livre, a travers une réflexion méthodologique, l'auteur s'interroge sur les fondements de l'observation, la capacité d'attention et de
    rêverie qui la caractérisent, et la dynamique du groupe-séminaire qui lui donne l'espace nécessaire a son élaboration. Dans la deuxième partie du livre, le theme central est représenté par la construction de l'espace psychique avec, en toile de fond, le lien entre l'observation du bébé et la psychanalyste. La reconnaissance
    du monde psychique du bébé, qui émerveille les professionnels de la petite enfance et les parents, intéresse également les psychanalystes, car elle éclaire les niveaux plus primitifs du fonctionnement psychique. Dans les derniers chapitres, Rosella Sandri retrace d'une part une géographie de l'espace psychique interne a partir de l'observation du bébé, et d'autre part ouvre de nouvelles pistes de réflexion pour le travail psychanalytique avec des adultes. La "matiere première" de ce travail est constituée principalement par des rêves, dans lesquels on retrouve des "parties bébé du patient qui étaient en attente de pouvoir se développer, ou, parfois, de pouvoir s'exprimer pour la premiere fois au sein de la relation thérapeutique.
    L'observation du nourrisson apparaît ainsi une des voies les plus suggestives pour comprendre le monde du bébé et, dans la clinique, pour s'approcher de la "partie bébé" de chaque patient.

  • « On parle d'eux,
    on parle sur eux,
    on leur parle beaucoup, on tente parfois de parler avec eux...
    "et si au lieu de leur parler, nous apprenions à nous taire
    (Deligny) »
    B. M.


    Ancien éducateur, compagnon de route de Célestin Freinet et de Fernand Oury, Bernard Montaclair, docteur en psychologie, a lancé et dirigé le service d`action éducative en
    milieu ouvert de Caen. puis l'école d'éducnteurs spécialisés de Caen-Hérouville. avant de poursuivre son chemin dans la psychothérapie et l'écriture..

    Dans cet ouvrage, il met à profit son expérience professionnelle et personnelle pour livrer au lecteur des exemples vécus qui deviennent des supports de réflexions sur la fracture sociale, lïllétrisme, la marginalité_ le handicap. la maltraitance, etc. et sur les réponses des institutions aux problèmes qu`elles cherchent à résoudre. Chemin faisant, il témoigne d`une éthique personnelle alliée ît une grande humanité. Il apporte également un éclairage instructif sur la place et le rôle des psychologues en institution éducative.

    Présence chaleureuse, écoute, bien-veillance", ces qualités qu'il illustre si bien ne sïmprovisent pas. et leur pratique suppose formation appropriée et soutien attentif. Elles demeurent, par delà les techniques, les clés plus que jamais d'actualité de l'intervention sociale.

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