P.O.L

  • Elle voudrait tout y mettre... une âme lucide et apeurée se dissimulant dans une autre, le grand jeu héroïco-comique du désastre intérieur, l'incapacité à dire non, à se fâcher, à refuser, un paysage de charbon, quelques larmes, une grande actrice.Prix du Livre Inter 2012

  • Grand Cirque Déglingue est un récit de l'éternelle enfance avec des personnages proches des Vitelloni de Fellini, qui traînent leur douce folie et leur adolescence attardée dans une ville où tout est déjà tracé.

    Mais, heureusement, il y a Sara qui enchante ce monde gris, Sara qui par sa seule présence ou absence suffit à maintenir l'espoir et l'illusion.  

    Grand Cirque Déglingue appartient au premier mouvement (I Principianti) de la grande oeuvre concertante de Lodoli. L'auteur distille des pages prémonitoires, esquissant les entrées de tous ses récits
    à venir et ainsi qu'il le dit lui-même : "ce voyage de la boue vers la lumière, qui passe et repasse par Rome."

    Une infinité de routes, qui se ressemblent, tournent en rond et divaguent, mais échouent fatalement au même point. On est en hiver à la veille de Noël, nos trois
    "arnarchorêveurs" décident de voler l'Enfant Jésus dans sa crèche : Nous le libérons de son destin et nous l'envoyons jouer avec les autres, ce morveux. Le texte est raconté selon le point de vue des trois protagonistes lunaires pour ne faire qu'une seule voix terrible et fragile, comme la vie et son sacré cirque.

  • Décembre

    Nicolas Bouyssi

    Afin de préparer une opération immobilière de rénovation d'un quartier plutôt mal fréquenté, du point de vue des autorités, le narrateur étudie, pour le compte d'un architecte-promoteur, les comportements de ses habitants. Passablement instable, ce personnage va des uns aux autres, des unes aux autres surtout, glaner des informations, réfléchir, interpréter. Cela l'amène à pénétrer pratiquement par inadvertance un réseau de type mafieux qui cherche à mettre la ville en coupe.

    Comme souvent avec Nicolas Bouyssi on évolue ici dans un monde qui est à la fois le nôtre et préfigure aussi un avenir quasi totalitaire, mais de ce totalitarisme rampant qui s'impose par les drogues médicamenteuses, les loisirs programmés, le travail, l'abrutissement par internet, etc. La révolte ne s'y exprime que par la folie ou la marge, toute tentative d'échapper à ce médiocre meilleur des mondes est vouée à l'échec. Désespérant, sombre, désabusé, ce roman est d'autant plus efficace et impressionnant que l'écriture de Nicolas Bouyssi y atteint une précision presque clinique.

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