• Depuis la Seconde Guerre mondiale, le "réfugié" préfère en général l'appellation de "nouvel arrivant" ou d'"immigré", pour marquer un choix, afficher un optimisme hors pair vis-à-vis de sa nouvelle patrie. Il faut oublier le passé : sa langue, son métier ou, en l'occurrence, l'horreur des camps. Elle-même exilée aux États-Unis au moment où elle écrit ces lignes dans la langue de son pays d'adoption, Hannah Arendt exprime avec clarté la difficulté à évoquer ce passé tout récent, ce qui serait faire preuve d'un pessimisme inapproprié. Pas d'histoires d'enfance ou de fantômes donc, mais le regard rivé sur l'avenir. Mais aux yeux de ces optimistes affichés, la mort paraît bien plus douce que toutes les horreurs qu'ils ont traversées. Comme une garantie de liberté humaine.

    Née en 1906, Hannah Arendt fut l'élève de Jaspers et de Heidegger. Lors de la montée au pouvoir des nazis, elle quitte l'Allemagne et se réfugie eux Etats-Unis, où elle enseigne la thoérie politique. À travers ses essais, tels que La Condition de l'homme moderne, Les Origines du totalitarisme, Eichmann à Jérusalemou encore Le Système totalitaire, elle manifeste sa qualité d'analyste lucide de la société contemporaine. Elle meurt en 1975.

  • Boat-People

    Sharon Bala

    Traduit de l'anglais par Véronique Lessard et Marc Charron

    Résumé
    Mahindan et son fils de six ans accostent en Colombie-Britannique avec cinq cents compatriotes réfugiés, portés par le rêve de laisser derrière eux la guerre au Sri Lanka et d'entamer une nouvelle vie. Or le bruit court que parmi les « boat-people » se cachent des membres d'une cellule terroriste. Emprisonné, soumis à des soupçons et des interrogatoires, Mahindan voit son passé resurgir et leurs chances d'obtenir le droit d'asile se dissiper. Inspiré de faits vécus et narré tour à tour par Mahindan, son avocate réticente Priya et Grace, l'arbitre canado-japonaise qui doit décider de son sort, Boat-People replace la crise actuelle des migrants sous le signe de la compassion. Récit d'une grande force où chaque décision est aussi question de vie ou de mort.

    Extrait
    « Le capitaine stoppa les machines et le bateau s'immobilisa, placide. Au-dessus d'eux, un bruit d'hélice. Mahindan vit un hélicoptère couper le ciel, une feuille rouge peinte sur son ventre. Il y avait maintenant trois bateaux, tous trois encerclaient le cargo : leur comité d'accueil. Sur le pont, les gens faisaient signe des deux mains. Le drapeau rouge et blanc claqua, dissipant tout doute.
    Mahindan agrippa son fils. Sellian frissonna dans ses bras, de peur, d'excitation, il n'aurait su le dire. Bientôt Mahindan tremblait lui aussi, ses aisselles moites. Il claquait des dents.
    Leur nouvelle vie. Elle ne faisait que commencer. »

    Échos de presse
    « Ce premier roman explore avec force les questions relatives à l'immigration... Profondément émouvant et nuancé, Boat-People interroge le prix qu'un État est prêt à payer lorsque la sécurité publique mène à la perte de vies humaines. »
    Booklist

    « Boat-People est un livre parfait pour notre époque, une lecture indispensable pour mettre en contexte les questions que nous sommes peut-être plus enclins à ignorer. »
    Robert Wiersema dans le Toronto Star

    L'auteure
    Sharon Bala est née à Dubaï, a grandi en Ontario et vit maintenant à Saint-Jean de Terre-Neuve. Boat-People, son premier roman, publié en anglais en janvier 2018, est vendu dans le monde entier et traduit en allemand, en arabe et en turc. The Boat People est lauréat du Harper Lee Prize for Legal Fiction 2019 et a été finaliste pour plusieurs prix dont le Canada Reads 2018, le Amazon Canada First Novel Award 2018, le Margaret and John Savage First Book Award 2019, le Thomas Raddall Atlantic Fiction Award 2019 en plus de se retrouver sur la liste longue du Aspen Words Literary Prize 2019.

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