Les Belles Lettres éditions

  • Un vieil homme s'en retourne au Vietnam, son pays natal, afin de comprendre les drames de son histoire familiale et personnelle. Ni autochtone, ni colonial, c'est lui, Do Thai de son nom de guerre, le Juif français persécuté qui a rallié le communisme avant d'achever sa course en paria du Parti.
    Philippe Papin, historien, épigraphiste, occupe la chaire « Histoire et sociétés du Vietnam classique » à l'École Pratique des Hautes Études.

  • « Faites New York ! », telle est l'injonction qu'adresse, dès 1902, Henry James, son mentor et ami, à Edith Wharton. Avec L'Âge de l'innocence, prix Pulitzer en 1921, la romancière y répond de façon magistrale en dressant le tableau évocateur, subtil et cruel, d'un monde disparu qui est aussi celui de son enfance. Au début des années 1870, au sein du petit univers élitiste et fermé de la bonne société new-yorkaise, Newland Archer s'apprête à épouser May Welland, incarnation « de tout ce à quoi il avait cru et qu'il avait révéré ». L'irruption de la cousine de sa future femme, la mystérieuse comtesse Olenska qui rentre inopinément d'Europe pour fuir un mariage malheureux, va donner une tournure inattendue à ses fiançailles. Alors que la comtesse fascine et scandalise tour à tour New York, Archer voit le mélange de sympathie et de perplexité que lui inspire Ellen Olenska se changer peu à peu en un sentiment plus troublant. Mais il prend également conscience de l'implacable étau dans lequel la société corsetée du « vieux New York » enferme les individus et du sort qu'elle réserve à ceux qui refusent de se conformer à ses règles. Peinture d'un amour impossible, d'une émancipation manquée et d'un monde voué à s'éteindre définitivement au lendemain de la guerre de 1914-1918, L'Âge de l'innocence se teinte d'une flamboyante mélancolie.

  • « Savez-vous où il est, ce métèque ? » Et, avant qu'elle ait eu le loisir de répondre, prise dans son extase, il marcha sur elle et, à brûle-pourpoint : « Eh bien, il est mort ! Voilà où il est ! »
    Elle reprenait conscience et le regardait avec un sourire de pitié indulgente.
    « Mort ! Sur la chaise électrique. Coupable et exécuté ! Et vous savez pourquoi ? »
    Le drame dont voici l'épilogue forme la trame du roman, qui s'ouvre sur l'arrivée d'Angelo, un jeune et beau Sicilien, dans ce Tennessee où Cassie vieillissante veille son mari impotent.
    Un roman de Robert Penn Warren ne se laisse pour autant jamais réduire à une simple intrigue. Les personnages sont à vrai dire nombreux, les situations admirablement mises en place, aussi bien que les paysages ; et le pouvoir de fascination, dans un monde où le temps paraît figé, relève du plus grand art romanesque, celui qui porte la réalité à hauteur du mythe. Amours lavées dans le sang et relents de racisme habitent le roman tragique et envoûtant de Warren.
    Robert Penn Warren (1905-1989) est, comme Faulkner, un écrivain du Sud des États-Unis. La plupart des intrigues de ses romans ont lieu dans deux États : le Kentucky et le Tennessee. Il reçoit en 1947 le Prix Pulitzer du roman pour son plus célèbre roman Les Fous du roi (All the King's Men, 1946), puis le Prix Pulitzer de la poésie en 1957 et 1979. Il est le seul homme de lettres à avoir été récompensé dans ces deux catégories.

  • Quelques mois après la mort mystérieuse de Vera, Everard Wemys se remarie avec Lucy, de vingt ans sa cadette.
    Mais le souvenir omniprésent de Vera, les doutes relatifs à sa mort (accident, suicide, crime ?) font planer sur le couple, qui s'est installé à la campagne dans la grande maison où eut lieu le drame, une ombre noire que ni l'un ni l'autre ne parviendront à chasser.
    Après avoir lu Vera, Bertrand Russell, alors beau-frère d'Elizabeth von Arnim, avoua : « J'ai donné à mes enfants un conseil de prudence : n'épousez jamais une romancière ».

  • Sache que je meurs sans plus de foi qu'un tout petit enfant qui virendrait de naître.

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