• À Port-au-Prince, la violence n'est jamais totale. Elle trouve son pendant dans une « douceur suraiguë », douceur qui submerge Francis, un journaliste français, un soir au Korosòl Resto-Bar, quand s'élève la voix cassée et profonde de la chanteuse, Brune.
    Le père de Brune, le juge Berthier, a été assassiné, coupable d'être resté intègre dans la ville où tout s'achète. À l'annonce de la mort de ce père qui lui a appris à « ne jamais souiller son regard », la raison de sa fille a manqué basculer. Six mois après cette disparition, tout son être refuse encore de consentir à la résignation.
    Son oncle Pierre n'a pas non plus renoncé à élucider ce crime toujours impuni. Après de longues années passées à l'étranger, où ses parents l'avaient envoyé très jeune - l'homosexualité n'était pas bien vue dans la petite bourgeoisie -, il vit reclus dans sa maison, heureux de rassembler ses amis autour de sa table les samedis.
    Aux côtés de Brune et de Pierre ; d'Ézéchiel, le poète prêt à tout pour échapper à son quartier misérable ; de Nerline, militante des droits des femmes ; de Waner, non-violent convaincu ; de Ronny l'Américain, chez lui en Haïti comme dans une seconde patrie, et de Francis, Yanick Lahens nous entraîne dans une intrigue haletante. Au rythme d'une écriture rapide, électrique, syncopée, comme nourrissant sa puissance des entrailles de la ville, elle dévoile peu à peu, avec une bouleversante tendresse, l'intimité de chacun. Tout en douceur, elle les accompagne vers l'inévitable déroute de leur condition d'êtres humains. Russell Banks l'affirme dans sa préface à l'édition américaine de Bain de lune : « Ce qui est indéniablement vrai des personnages de Lahens l'est indéniablement pour chacun d'entre nous. »

  • Un jeune sous-lieutenant, après avoir servi en Angola pendant vingt-sept mois, rentre au pays où il ramène un tout jeune orphelin. Il va élever cet enfant noir, qui a survécu à la destruction de son village et au massacre des siens par l'armée portugaise, comme son propre fils. Plus de quarante ans plus tard, le vétéran et sa femme font le trajet depuis Lisbonne pour rejoindre la vieille maison de famille, dans un village reculé, quasi abandonné, quelque part au pied des montagnes. Dans trois jours, conformément à la tradition, on tuera le cochon. Comme chaque année, leur fille, leur fils adoptif, son épouse les rejoignent pour l'occasion. Or ce jour-là, l'animal ne sera pas le seul à se vider de son sang.

    L'écrivain portugais a renoncé à parler comme un livre, mais il n'est pas question pour lui d'écrire comme on parle. Il invente un parler qui ramasse en lui tout le savoir-faire de l'écriture et la fait oublier.
    Hédi Kaddour, Le Monde

  • L'argile n'est autre que la terre glaise, ou la terre des potiers. Humide, elle devient épaisse, pâteuse et malléable. Selon sa composition, elle sera blanche, grise, verte, jaune, rouge...
    Ses propriétés ont été découvertes par les hommes de manière empirique, probablement en observant les animaux : ainsi, les chevaux malades des sabots les trempent dans les boues argileuses. De même, les éléphants en avalent pour se purger ou s'en enduisent le dos. Les hommes ont donc posé des cataplasmes d'argile sur leurs membres douloureux pour se soulager, ils ont aussi pris de l'argile par voie interne. Peu à peu, ils ont affiné leurs connaissances et ont utilisé l'argile de plus en plus largement, à fins des thérapeutiques.
    Ce Clin d'oeil explique les différentes propriétés de l'argile - pouvoir de fixation, pouvoir d'absorption, pouvoir anti-carentiel, pouvoir revitalisant... Il présente ensuite les différentes façons de l'employer (voie externe, voie interne) et les principales indications dans lesquelles son efficacité n'est plus à démontrer - détoxication, action adoucissante sur les inflammations (colites, entérites...), action cicatrisante en cas d'ulcère, ou encore, en cataplasme, acné, eczéma, plaie infectée, brûlure, tendinite...
    Après la lecture de ce Clin d'oeil, chacun aura dans sa pharmacie de base cette poudre magique, qui permet de soigner en douceur nombre de petits bobos mais aussi de maux plus importants.

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