• "Voici donc, au jour le jour, trois années de cette vie singulière qui commença pour moi le 17 juin 1940, avec le refus du discours de Pétain puis l'embarquement à Bayonne sur le Léopold II. J'avais 19 ans. Après deux années de formation en Angleterre dans les Forces françaises libres du général de Gaulle, j'ai été parachuté à Montluçon le 25 juillet 1942. Destiné à être le radio de Georges Bidault, je fus choisi par Jean Moulin pour devenir son secrétaire. J'ai travaillé avec lui jusqu'à son arrestation, le 21 juin 1943. Ces années, je les raconte telles que je les ai vécues, dans l'ignorance du lendemain et la solitude de l'exil. J'ai choisi pour cela la forme d'un journal, qui oblige à déplier le temps et à fouiller dans les souvenirs. Les conversations que je relate ont pris spontanément la forme de dialogues. Qu'en penser après tant d'années ? J'ai trop critiqué les souvenirs des autres pour être dupe de mes certitudes : là où finissent les documents, commence le no man's land du passé, aux repères incertains. Mais s'il est dans la nature d'un témoignage d'être limité, il n'en est pas moins incomparable : instantané du passé, il permet de faire revivre les passions disparues. J'ai consacré beaucoup de temps et de soins à traquer la vérité elle seule donne un sens à une telle entreprise pour évoquer le parcours du jeune garçon d'extrême droite que j'étais, qui, sous l'étreinte des circonstances, devient un homme de gauche. La vérité est parfois atroce."
    Daniel Cordier


  • Nous retrouvons le commissaire Erlendur et ses adjoints Elinborg et Sigurdur dans un récit au rythme et à l'écriture intenses et poignants, aux images fortes et aux personnages attachants et bien construits.

    La mémoire est comme toujours chez Indridason le pivot de ce roman haletant, qui hante longtemps ses lecteurs. Les trois policiers sont appelés sur un chantier après la découverte d'ossements humains, un homme et un nourrisson, enterrés là à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Pendant ce temps, Eva, la fille d'Erlendur, appelle son père au secours. Il la retrouve à grand peine dans le coma et enceinte. Le bébé ne peut être sauvé. Erlendur va à l'hôpital tous les jours rendre visite à sa fille inconsciente et lui raconte son enfance à lui et la disparition de son frère mort de froid dans une tempête de neige. L'enquête nous est livrée en pointillé dans un magnifique récit, violent et émouvant, qui met en scène, à la fin de la Seconde Guerre, une femme et ses deux enfants.
    Une femme victime d'un mari cruel qui la bat, bat ses enfants et va essayer de se venger, après avoir découvert la tendresse auprès d'un soldat anglais de la base militaire voisine.
    Arnaldur Indridason est né à Reykjavik en 1961. Diplômé en histoire, il est journaliste et critique de cinéma. Il est l'auteur de 6 romans noirs, dont plusieurs sont des best-sellers internationaux. Il vit à Reykjavik avec sa femme et leurs trois enfants. Il est l'auteur de La Cité des Jarres.

  • Paris, 1939. Ravic, chirurgien allemand émigré en France pour fuir le régime nazi, opère dans la clandestinité pour le compte d'un médecin français qui ne maîtrise plus son métier. Hanté par les sévices qu'il a subis en Allemagne, il déambule dans la capitale, à la veille de l'Occupation, risquant chaque jour d'être expulsé. Lorsqu'il rencontre Jeanne, jeune chanteuse exilée comme lui, il reprend un temps goût au bonheur, mais les ombres du passé ne lâchent pas prises si facilement.Arc de triomphe est le portrait d'un homme qui, derrière son cynisme, cache un profond humanisme, opérant sans distinction grandes dames et prostituées, petites gens et hauts fonctionnaires. C'est aussi un grand roman d'amour et, surtout, le tableau saisissant d'un monde sur le point de basculer dans l'obscurité.Traduit de l'allemand par Michel Hérubel.

  • Qui a provoqué la chute de Jean Moulin ? Qui a livré d'Estienne d'Orves ? Qui est le traître à l'origine du démantèlement du réseau du musée de l'Homme ? Qui se trouve derrière la souricière qui entraîne l'arrestation de Geneviève de Gaulle ? Quelles sont les méthodes des Allemands pour infiltrer les maquis ? Quel est le rôle des agents recrutés par les services allemands dès juin 1940, les fameux « VM » ?
    Pour expliquer les coups terribles portés à la Résistance, Fabrice Grenard a consulté les dossiers constitués par les services secrets à la fin de la guerre et récemment déclassifiés. Il a rassemblé pour la première fois des informations et des documents inédits sur les agents qui ont travaillé pour l'occupant en infiltrant la Résistance. Ainsi, il raconte la traque des résistants par la police de Vichy, par l'Abwehr, par la Sipo-SD dont fait partie la Gestapo et par l'administration militaire allemande. La plupart de ces affaires n'ont cessé d'alimenter des polémiques et n'ont pas livré tous leurs secrets, comme le drame de Caluire, pour lequel Jean-Pierre Azéma propose ici une mise au point.
    Cette enquête palpitante enrichit à la fois l'histoire de l'occupation allemande et de la Résistance sur un aspect rarement abordé.

  • Pendant l'Occupation, Louis Calaferte a onze ans. Il raconte la guerre telle que la voit, telle que la vit un enfant.

    "Ils parlent. Ils tapent sur la table. Ils reniflent. Ils se grattent dans les poils. Ils se grattent la tête. Ils se renversent sur leurs chaises. Ils mettent leurs pouces dans leurs bretelles. Ils font semblant, mais ils ne sont pas bien. Ils griffent de l'ongle le bois de la table. Ils parlent. Ils se comprennent. Et pourtant, c'est quoi 14, c'est quoi l'Armistice, c'est quoi Daladier, c'est quoi les Boches, c'est quoi Hitler, c'est quoi la politique, c'est quoi le Taureau du Vaucluse, c'est quoi Chamberlain, c'est quoi le pape, c'est quoi la guerre ?
    - C'est quoi, la guerre ?
    - Occupe-toi de ta soupe. Mange."

  • Sous l'Occupation allemande, le marché de l'art a été florissant. Les marchandises affluent, certaines issues des spoliations des familles juives. Une semaine après l'entrée des troupes allemandes dans Paris commence la saisie des oeuvres d'art leur appartenant.

    Le gouvernement de Vichy oblige les galeristes juifs à céder leurs tableaux aux administrateurs provisoires, tandis que les autorités occupantes en confisquent une partie. Dès lors, l'hôtel des ventes de Drouot, qui a interdit « de manière absolue » son entrée aux Juifs, ne désemplit pas. Les ventes des objets d'art atteignent des prix records. Après une longue enquête en Europe et aux États-Unis, et grâce à des archives jusque-là inexploitées, Emmanuelle Polack dresse un tableau précis du marché de l'art sous l'Occupation. Sous sa plume se déploie une galerie impressionnante de protagonistes - marchands, commissaires-priseurs, antiquaires, experts, courtiers, acheteurs, conservateurs. Pour comprendre le rôle de chacun, on entre dans le lieu de leurs activités - appartements, galeries, salles de ventes aux enchères, palaces, banques. Une faune d'intermédiaires peu scrupuleux profite sans retenue de la confiscation des oeuvres d'art. On découvre le destin tragique de galeristes juifs victimes de l'« aryanisation » du monde de l'art. Après la guerre, peu de sanctions seront prises. Aujourd'hui, de nombreuses oeuvres n'ont toujours pas été restituées à leurs propriétaires. Elles sont les témoins silencieux de l'Histoire. Un livre essentiel sur une page sombre de l'histoire française.

  • « Les Mémoires de Serge, plus que le récit minutieux et détaillé de sa vie - qu'il ne fait d'ailleurs pas -, sont l'exposé critique des événements historiques et sociaux auxquels les hommes de ce temps ont dû s'affronter, et dont il convient de tirer des leçons pour que, plus avertie et donc plus assurée, la marche vers un objectif ou un idéal sans doute jamais assuré se poursuive. Il s'agit de rendre compte et, ce faisant, de se rendre compte. »
    - Jean Rière

  • « Ma très chérie. Nous voici en route pour X. Aucune idée. Tous les tuyaux circulent, Allemagne, Pologne aussi bien que Pyrénées. On verra bien... Ça peut être très long. Mais on reviendra. Je ne crains qu'une seule chose, c'est de vous voir nous rejoindre. » 27 mars 1942, jeté du premier convoi Drancy-Auschwitz.

    Ce recueil de 130 lettres témoigne de l'internement et de la déportation des juifs en France entre 1941 et 1944. Une persécution dont l'été et le printemps 1942 constituent le tournant, avec la grande rafle du Vél'd'Hiv. Les internés, leur famille, de simples témoins disent leur angoisse, leurs préoccupations quotidiennes, leur incompréhension. Ils tissent un récit à plusieurs voix, issues de la France entière et convergeant vers le camp de Drancy, antichambre de la déportation et de l'extermination.

  • Le récit haletant d'une brève mais violente période de la vie du général de Gaulle qui, du 28 mai au 5 juin 1940, résista aux Allemands sur la Somme à la tête de cinq cents chars.À partir du 28 mai 1940, la 4e division cuirassée du colonel de Gaulle participe à l'offensive d'Abbeville, sur la Somme, qu'elle mène jusqu'à l'épuisement. Le 5 juin, le général (à titre provisoire) de Gaulle devenait sous-secrétaire d'État à la Guerre et à la Défense nationale. C'est cette brève, mais violente période de sa vie qui est ici mise en lumière. Pour y parvenir, l'auteur a mené une enquête minutieuse en France et en Allemagne afin de regrouper les rares textes contemporains et de recueillir plusieurs centaines de témoignages, tant auprès de ceux qui servaient avec de Gaulle qu'auprès de l'ennemi. Vif, contrasté, rapide, surprenant, ce récit nous emporte des centres de décision au terrain, du PC même du Général à celui de son adversaire. L'image qui se dégage est celle d'un chef solitaire et énergique, mais aussi celle d'un homme sourd à tout conseil, jaloux de son autorité, plus attaché aux données stratégiques de la guerre qu'aux conditions imposées du combat.
    Un ouvrage original, sans complaisance, dont les informations sont puisées aux meilleures sources.

  • 6 juin 1944. 176 jeunes volontaires, avec à leur tête le commandant Kieffer, sont les premiers et les seuls Français à fouler les plages de Normandie. Qui sont ces jeunes hommes entraînés durement depuis des mois en Grande-Bretagne qui s'emparent du casino de Ouistreham avant de libérer la ville ? Pour la première fois, certains d'entre eux se racontent.

    Au crépuscule de leur vie, les vétérans du Commando Kieffer livrent leurs souvenirs. Ils ont tous en commun d'avoir sacrifié leur jeunesse pour défendre leur pays. Ils ont abandonné leur métier, renoncé au confort d'un foyer, quitté leurs amis, leur famille, parents, frères et soeurs. Les uns ont traversé les mers, les autres franchi les Pyrénées pour répondre à l'appel du général de Gaulle et rejoindre l'Angleterre. Devenus commandos de la France libre, ils ont connu le baptême du feu en Normandie, surmonté leurs doutes, affronté toutes les peurs. Certains ont vu mourir leurs camarades, d'autres ont été grièvement blessés, laissés pour morts sur la plage.

    C'est cette expérience de la guerre, intime et souvent enfouie, que ces vieux soldats ont accepté de livrer à Stéphane Simonnet. Modèles de courage et de modestie, ces combattants, devenus héros de la Seconde Guerre mondiale, nous captivent et nous touchent.

  • Né en 1902 à Dresde, dans une famille juive, Hans Sahl, journaliste, essayiste, poète, romancier, critique, est témoin d'une apocalypse. Fuyant l'Allemagne en 1933, il trouve un refuge provisoire à Prague, à Zürich puis à Paris. Au cours de ce long exode, ses compagnons d'infortune ont pour nom Anna Seghers, Erwin Piscator, Kurt Tucholsky, Willi Münzenberg ou encore Arthur Koestler, Thomas Mann, Bertolt Brecht, Walter Benjamin. Nombre d'entre eux subiront l'internement dans les camps français avant d'émigrer aux États-Unis.
    Dans cette « iconographie de l'exil », Sahl livre ses réflexions sur la nature de la littérature d'émigration. Loin d'être un jeu d'esprit, ce nouvel exercice de survie restaure l'unité perdue entre l'homme et l'oeuvre. Dans Survivre est un métier, la forme fragmentée rend compte de la situation toujours instable et précaire de l'émigré. L'analyse y succède au récit pur, le poème à la lettre ou au portrait.

  • Il fallait sans doute le recul des ans, et celui de l'observateur étranger, fin connaisseur de la France, pour obtenir tant d'informations inédites et produire une biographie de François Mitterrand qui fasse à ce point référence. Correspondant de la BBC à Paris pendant les années Mitterrand, Philip Short brosse le portrait d'un homme aux talents et aux défauts exceptionnels, d'un esthète machiavélien qui pendant ses deux mandats a conduit la France dans la modernité. Homme de contradictions, François Mitterrand fut à la fois le dirigeant d'un mouvement de résistance décoré par Vichy, un jeune parlementaire conservateur et l'artisan de l'Union de la gauche. Imposant les communistes au gouvernement, il fut le fossoyeur du Parti communiste français. Féroce opposant à de Gaulle et à la Constitution de la Ve République, il sut cependant user à merveille du système constitutionnel et s'inscrire dans une forme d'héritage gaullien. Tout cela en ayant une vie privée extraordinairement compliquée... Biographe réputé, toujours à bonne distance de son sujet, Philip Short apporte de nombreux détails inédits sur les «deux familles» de Mitterrand, ses maîtresses, son rapport ambigu à l'argent et à ses riches amis. Grâce aux archives américaines, britanniques et françaises, il dévoile également de nombreux épisodes jusqu'ici inédits de ses relations avec Reagan, Thatcher, Kohl, Gorbatchev... Cette biographie menée d'une plume alerte a été saluée par la presse anglo-saxonne.Ancien correspondant de la BBC à Paris, Philip Short est l'auteur de biographies de Mao Tsé-toung (Fayard, 2005) et de Pol Pot (Denoël, 2007).

  • Kadri Raud est une jeune Estonienne qui a émigré en France avec sa mère, à la fin des années quatre-vingt. La mort de sa grand-mère l'amène à s'interroger sur l'identité de son père, né au début de la Seconde Guerre mondiale, dans l'Estonie occupée par les Allemands. À l'histoire de sa famille font écho les lettres envoyées à la grand-mère par Liisi, une amie déportée en Sibérie par les Soviétiques, en 1941, au début d'une décennie de répression pendant laquelle l'Estonie perdit un quart de sa population. Des lettres qui jettent une autre lumière sur un mystère familial dont le tragique rejoint celui de l'Histoire.

  • Original et tendre, le roman de Mick Jackson ne manque vraiment pas de charme. (Alexandre Fillon, Figaro Madame)
    Ce livre est difficile à classer. Il dégage un charme particulier même s'il est un peu déroutant [...] Il décrit le monde fascinant de l'enfance, en particulier pendant la guerre, quand les hommes et les pères sont partis. Le ton est neutre et distant, non exempt cependant de tendresse, d'ironie et de cruauté. (Isabelle Hébert, Lecture Jeune)

  • Appelé pendant la guerre d'Algérie, Edgar Grion y fait son service comme sous-lieutenant. Lors de ses permissions, il se lie d'amitié avec la famille Lénan, des propriétaires terriens du sud d'Alger dont il partage le quotidien, mais pas les opinions. Membre du Parti communiste, il essaye tant bien que mal de garder sa liberté de jugement et d'action dans ce conflit où le manichéisme fait loi.
    Libéré de l'armée, il rentre chez lui, en Bretagne, où il renoue avec sa soeur aînée, qui porte la honte d'une famille ayant collaboré avec les Allemands. Alors que l'Algérie brûle et que les Lénan sont pris dans l'engrenage de la violence, Edgar réalise qu'il aime leur fille Fanny, qu'il a connue encore adolescente. Il décide de repartir à Alger, sans savoir que les autorités militaires sont à sa recherche.
    Un roman sur cette énigme qu'est « la prise de possession de l'homme par l'histoire », où l'on croise Germaine Tillion et Mouloud Feraoun et où la guerre d'Algérie ramène par des chemins inattendus à des chapitres oubliés de la seconde guerre mondiale.

  • Une bataille décisive de la Seconde Guerre mondiale.

  • Une Légion d'honneur à titre militaire, annoncée par le Journal officiel du 5 mai 86 va servir de détonateur, puis de projecteur sur un épisode de l'épuration. Un département de France, la Haute-Saône, dont on ne parle pour ainsi dire jamais a subitement droit à la une de la presse nationale. « L'AFP », « Le Matin », « Le Quotidien de Paris », « Libération », « Antenne 2 », « l'Événement du Jeudi », « Minute » et bien d'autres mettent à jour un des nombreux dossiers de cette période taboue de notre Histoire. L'Histoire sait écrire, à l'occasion, les meilleurs romans policiers. Celui qui se déroule autour de Melisey et Saint-Barthelémy dans le nord de la Haute-Saône résume toutes les lois du genre. Violence, suspense, mystère et rebondissements. Il ne manque ni de crimes, ni d'implications politiques, ni encore de situations frisant l'imbroglio. Récemment, un ancien maître de l'ombre s'est complu à réveiller des vieux fantômes en confiant que dix tonnes d'archives de l'Abwehr et de la Gestapo, compromettante pour bon nombre de personnalités politiques, dormaient d'un injuste sommeil dans une « casemate » des services spéciaux français. Il est d'autres archives qui moisissent dans le secret des caves des forts militaires. Celles-ci ont été établies par la Police Judiciaire, la Sécurité militaire ou les tribunaux militaires français et concernent les épisodes troubles de l'épuration. Elles apportent également des précisions sur ceux qui furent vraiment les « bons » ou les « mauvais » Français. Elles sont bien sûr inaccessibles et donc inexploitées. Voici pourtant une histoire qu'elles auraient pu raconter...

  • L'histoire récente de l'Algérie et de ses évènements, présente dans toutes les mémoires, a rejeté dans l'oubli, l'héroïsme de ces résistants qui dans la clandestinité luttèrent contre les Commissions germano-italiennes. Dans la Zoubia, l'auteur nous narre l'action de ces oubliés de la gloire, et en particulier, un aspect inconnu de cette guerre de l'ombre. Grâce à une géniale astuce. L'ingénieur des PTT La Maïda, père de l'auteur, a mis au point un système d'écoutes ultra-original qui permit de duper longtemps les Commissions de l'Axe. Mais que de trouvailles, de sang-froid, d'abnégation ont été nécessaires. Tout ceci, dans la préparation et les péripéties du débarquement des Alliés. Cet ouvrage en plus du voile qu'il soulève sur les combattants de l'ombre, montrera aux jeunes générations l'action de ces Français épris de liberté, et sera une bonne remise en mémoire pour les autres.

  • Lord et Lady Redesdale n'auraient formé qu'un couple d'aristocrates excentriques comme la Grande-Bretagne en a la tradition si le destin ne leur avait donné six filles (et un seul fils). Six personnages hors du commun que l'Histoire retient sous le nom des « soeurs Mitford » (leur patronyme). « Quand je vois dans le journal une manchette qui commence par les mots "la fille d'un pair..." je sais qu'il sera question d'une de mes filles », gémissait Lady Redesdale. Nancy, l'aînée, fit partie de la jeunesse révoltée des années 20 et acquit un nom comme romancière. Diana rompit un mariage brillant avec le richissime Bryan Guinness pour épouser le leader fasciste des années 30, Sir Oswald Mosley. Unity n'eut de cesse de rencontrer Hitler, s'intégrer aux cercles dirigeants du régime nazi et scandaliser ses compatriotes. Jessica s'enfuit à vingt ans en Espagne avec Esmond Romilly, neveu de Winston Churchill, rêva de s'enrôler dans les Brigades internationales avant de rejoindre les rangs du Parti communiste américain et, durant la période du maccarthysme, devint « la pairesse rouge » pour les journaux de New York et de San Francisco... C'est le roman des extravagantes soeurs Mitford que suit ce récit. Comme dans tout bon roman, on court ici du rire à la tragédie sans jamais passer par la raison. Sauf que tout est vrai, incroyablement vrai. Toute une époque racontée à travers une seule famille.

  • Issu d'une lignée de magistrats, Louis Noguères (1881-1956), après un diplôme d'études supérieures d'histoire, et la rédaction d'un des tomes de l'Histoire socialiste dirigée par Jean Jaurès, a choisi la défense : il a appartenu, pendant plus d'un demi-siècle, au barreau de la Cour d'appel de Paris, et s'y est illustré dans quelques affaires retentissantes, le procès Bajot-Daudet, les affaires Stavisky, entre autres. Député socialiste des Pyrénées-Orientales, il devait, en juillet 40, être à Vichy l'un des quatre-vingts opposants à Pétain et Laval. Et c'est comme parlementaire, et comme résistant, qu'il est devenu le premier président élu par l'Assemblée nationale pour conduire les débats de cette Haute Cour de la Libération qu'il évoque ici en mémorialiste et en historien. Raymond Lindon, avocat général à la cour de cassation, qui a préfacé ce livre, est, notamment, l'auteur d'une histoire de la Haute Cour de Justice jusqu'à la guerre.

  • Kassandra vit en Crète avec sa fille, une adolescente fascinée par les anges, qui jongle aussi bien avec les notes de musique qu'avec les mots. Les certitudes tranquilles de la jeune femme basculent lorsqu'elle rencontre Yann, un éthologue québécois, qui, sans en avoir conscience, exhume un secret de famille remontant à la deuxième guerre mondiale. Ce secret, Kassandra ne parvient pas à l'assumer. Mais elle n'est pas seule : Jean, un concertiste de renom retiré en Crète, veille sur elle et met tout en oeuvre pour l'aider à surmonter son désarroi. Ce faisant, il dévoilera un autre secret, le sien...
    Un roman explorant un pan méconnu de l'histoire des camps nazis. Des personnages tendres, poétiques et émouvants en quête d'amour et de résilience.

  • En 1941, l'Allemagne nazie envahit l'URSS, pillant ou démolissant des chefs-d'oeuvre uniques, saisissant des fonds entiers d'archives et de bibliothèques. Lorsque l'Armée rouge entre dans Berlin, elle est accompagnée de commissaires et d'historiens d'art chargés de repérer les oeuvres qui doivent compléter leurs collections et dédommager l'URSS des énormes pertes qu'elle a subies. Le nazi avait voulu exterminer un peuple et une culture jugés inférieurs ; le communiste se venge. Les Soviétiques ont réussi à cacher cette gigantesque entreprise pendant près de cinquante ans. Le scandale éclate au moment de l'effondrement de l'URSS, lorsque les Russes eux-mêmes révèlent l'existence de trésors inestimables dans les caves de l'Ermitage ou du musée Pouchkine entre autres. Depuis, la presse internationale ne cesse d'évoquer, dans des articles souvent polémiques, le sort des trophées de guerre échoués à l'Est. En Allemagne comme en Russie, la controverse juridique fait rage, et renvoie les deux nations à leur lourd passé. Le dommage causé au patrimoine mondial reste incommensurable ; pourtant, des chefs-d'oeuvre oubliés ou disparus surgissent, comme par enchantement, sur un marché de l'art dont le rôle dans ce désastre culturel doit encore être évalué. C'est cette histoire, toujours d'actualité, que Francine-Dominique Liechtenhan raconte ici, dans un véritable reportage, puisé aux meilleures sources soviétiques, russes, allemandes, mais aussi américaines, anglaises, françaises, autrichiennes et suisses. Un livre d'histoire passionnant mais aussi une enquête minutieuse et sans concessions.

  • La deuxième guerre mondiale. Six ans pour les armées, de 1939 à 1945. Quatorze ans pour les civils. De l'avènement du nazisme en 1933, au Tour de France cycliste en 1947, symbole de  la liesse populaire retrouvée.  C'est précisément  toute l'enfance de l'auteur, ombrée par la croix gammée,  à Boulogne-Billancourt. Famille modeste,  occupation allemande, persécution des juifs, bombardements, restrictions alimentaires, scolarité perturbée,  séjours en zone libre, débarquement allié, péripéties de la Libération, présence américaine. Autant de vécus mêlant peurs et joies. Animé par un désir de transmission, Gilbert Garibal  nous raconte sa guerre puis  son après-guerre. Un ton original. Des scènes vivantes, écrites souvent à l'encre de l'humour. Derrière le pittoresque, se cache une brûlure gardée des années de feu. Il  a fait de  cet accroc à l'âme, une énergie  positive. Pour traverser sa vie. Et mieux saisir la psychologie des hommes.
    Au-delà du témoignage, voici un livre d'émotions, revisitées au présent. Au coeur d'une histoire familiale mouvementée.

  • Un silence gêné règne toujours au Canada sur les liens que des personnages publics ont entretenus avec des idéologies proches du nazisme.

    Durant les années 1930, alors que la faim, la misère, le chômage et les menaces de guerre écrasent le quotidien des classes populaires, Adrien Arcand (1899-1967) prend la tête de groupuscules d'extrême droite qu'il unit sous le signe de la croix gammée. Son programme : faire émerger de la misère existentielle le triomphe du fascisme.

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