• Cynique, Billy Wilder ? On a coutume de le dire. Et grossier, voire vulgaire. Son cinéma est lourd, certes, mais d'une lourdeur littérale. Auteur de quelques-unes des comédies parmi les plus drôles de l'histoire, émule de Lubitsch, il est, par excellence, le cinéaste de la gravité.

    La force du terrestre et la pesanteur sont au coeur de ses films. Les mouvements et les discours, le rire et la politique, tout est affaire de poids dans Certains l'aiment chaud, dans Sunset Boulevard comme dans Un, deux, trois.

    Wilder est moins un satiriste, en vérité, qu'un historien. Tantôt il analyse les origines et les évolutions de la société américaine, tantôt il décrit une Allemagne marquée par le nazisme. Aller de la gravité matérielle à la gravité historique est dès lors la trajectoire de ce livre, qui propose une vision inédite d'une oeuvre fondamentale.

  • Résistant ; arrêté ; condamné à mort puis gracié ; puis déporté dans un camp au bord de la Baltique ; puis évadé ; puis engagé dans les parachutistes britanniques pour ce qui sera, en Hollande, parmi les plus durs combats de la Libération ; à la fin de la guerre Gatti se lance dans le journalisme. Le jour, il court les salles des tribunaux. Fait enquête sur enquête. Mais la nuit, il redescend dans le camp. Il écrit Bas-relief pour un décapité. Une oeuvre (roman ? poème ?) dont il ne reste que quelques pages. Pour tenter de conjurer les démons du camp. En vain. L'enfant-rat porte l'empreinte vive de cet échec comme de l'impossibilité de faire taire la voix qui, obstinément, convoque l'ancien concentrationnaire sur la place des appels du camp. Sur cette place des appels, il n'y a plus d'hommes. Que des chiffres. Des matricules. Dans « L'enfant-rat » aussi. Chaque personnage est un chiffre. Mais c'est pour tenter d'inverser les signes de la défaite. Ce qui dans le camp niait chaque existence devient dans la pièce possibilité d'existences multiples.

  • Qu'est-ce, au fond, que ce « Grand Cataclysme ? » Un jeu ? Sans aucun doute, et même un jeu qui se joue du jeu. Une histoire ? Évidemment, un récit plein d'humour, un drame ironique, une épopée familiale et grotesque dont l'apparente simplicité cache, mal, une interrogation fondamentale que l'on pourrait définir ainsi, dans toute sa crudité philosophique : réalité et vérité sont-ils synonymes ? Silence consterné... Allons, « le Grand Cataclysme » est avant tout du théâtre, une machine à jouer, un texte gigogne fait pour rire et pour rêver ! Jean-Luc Ollivier de Pierrepont

  • Ils ont entre 18 et 25 ans. Ils vont au lycée, à la fac, ils sont en stage, font des petits boulots ou recherchent un emploi... Ils s'appellent Hélène et Laurent, Mathilde et Christophe, Charlotte et Martin... Au lycée, dans la rue, à la maison ou au cinéma, ils sont tout le temps ensemble. Vivre à deux aujourd'hui, qu'est-ce que cela signifie pour les grands adolescents, les jeunes adultes et leurs parents ? - Quitter la maison, l'autorité, le confort, la sécurité financière ? - Vivre l'amour, la tendresse, la liberté, la sexualité ? - Pourquoi les parents sont-ils si inquiets, si peu sûrs d'eux alors que, très tôt, ils ont confié à leurs enfants des responsabilités importantes ? - Aider ses enfants veut-il dire, pour autant, tout accepter au risque de mettre en danger l'équilibre de son propre couple ? En s'efforçant, de respecter le point de vue de chacun, Marie-Françoise Padioleau aborde et analyse toutes les embûches que ce nouveau phénomène de société soulève, alors que les valeurs morales ne sont plus des références, que les interdits tombent. Sans oublier de répondre aux questions pratiques et matérielles. Ce livre offre une double lecture. Il élabore un dialogue dans lequel parents et enfants trouvent, chacun, leur part de bonheur. Dans la vérité et le respect de l'autre.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Il y eut jadis - il y a encore - de hauts lieux de la dentelle : Le Puy-en-Velay, Valenciennes, Alençon, Bailleul, Arras, Lille, Sedan ; en Belgique : Bruges, Malines, Bruxelles, Gand... Tous ces grands centres ne suffisaient pas toujours à répondre à la demande, tant nos ancêtres raffolaient de dentelles : elles enrichissaient les manchettes, les gants, les cols, embellissaient les rabats des prélats et les jabots des princes, paraient les corsages et les manches des grandes dames. Les rideaux de dentelle neigeaient le long des lits et des fenêtres. C'était une orgie de parures vaporeuses. Mais derrière ce luxe, il y avait l'envers du décor, les dentellières exploitées, misérablement payées, rivées à leurs fuseaux de l'aube au crépuscule. À côté des ouvrières en atelier ou en chambre, les dentellières des campagnes connaissaient un sort plus enviable. Elles travaillaient librement sur le seuil de leur « ousteau » et se transmettaient leur savoir de génération en génération. Marie la Dentellière représente toutes ces humbles femmes aux doigts de fée. Elle raconte la vie de son village, le rôle si important qu'y jouaient les béates, ces étranges religieuses qui s'installaient au coeur d'une paroisse pour aider le curé, sonner l'Angélus et apprendre la dentelle aux enfants. Toute la vie pittoresque des communes dentellières d'autrefois revit à travers Marie, qui aime son beau métier, cherche sans cesse à le perfectionner et accède dans sa simplicité à une véritable formation artistique. À la fois document et roman d'une vie, ce livre se lit avec émotion et curiosité.

  • Un recueil de poèmes est une source de rêves Et l'on peut y puiser sans aucune réserve Pour une détente certaine, sûrement méritée, Assis dans le confort pour la mieux apprécier. Vous vous reconnaîtrez dans un des personnages. Et vous prendrez peut-être, pourquoi pas, son image.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Refusé. Tel est le destin d'un homme ne convoitant que des hommes qui aiment les femmes. Cette chasse a priori vouée à l'échec, Rémi la pratique chaque jour. Des proies, il en attrape. Il en consomme à l'infini. Leur nombre est impuissant à assouvir sa faim. À Paris ou à Istanbul, inlassablement, Rémi attend « l'homme à venir ». Mais là ou ailleurs, cet homme ne fait que passer. Rémi saura-t-il l'arrêter ? Alors sa chasse prend valeur de quête. Henri, son père, le bâtisseur, détruit à petit feu par Virginie, la mère épicière ; Nicole, sa soeur morte dont il se sait le spectre, les paysans de la Creuse, les Turcs, les Kurdes, deviennent autant de corps sublimés par les mots pour, au-delà du sexe, rendre un sens à la vie.

  • Au fil de ces nouvelles, Mathilde Manoury trempe sa belle et première plume dans l'encre sympathique du ressenti. Dans un mouvement de l'âme, elle traduit les primes émotions - souvent inoubliables - héritées de l'enfance. Qu'il s'agisse de la peur des autres avec Les jumelles, de l'incompréhension des adultes avec Quarante-deux ou encore des Petits crimes innocents commis en toute impunité par les chérubins qui s'ennuient en vacances au sein de la famille, le style de Mathilde Manoury ne laisse pas le lecteur indemne. Sa véritable force est dans le sentiment.

  • L'avant-sommeil prend sa source dans ces états de conscience, intermédiaires entre la réflexion et le songe, où l'esprit délie ses contraintes juste avant la libération nocturne. Alors, l'étrange devient naturel, l'illogisme licite et l'irrationnel familier. Cette expérience, pratiquée quotidiennement, donne naissance à une expression condensée en aphorismes, apologues allusifs, courts récits, notations abruptes ou narquoises, dans une prose qui fuit l'abstrait, le vague et l'obscurité.

  • Le jeu amoureux évolue. À vive allure. Les jeunes couples d'aujourd'hui en sont l'illustration. Les situations inédites se multiplient. De nouvelles normes naissent, contradictoires et prégnantes. Dans le décousu, la variété et le spontanéisme de situations amoureuses apparaissent, cependant, certaines lignes de force comme le besoin de fête, l'absence de projet, une certaine allergie au travail, le goût du groupe, l'amour du partage. Et aussi - est-ce bien un paradoxe ? - le besoin d'exister, de se différencier, de ne pas se confondre, la crainte d'être récupéré... La vie à deux prend forme dans la complexité d'une vie sociale et d'un environnement étrange ; et passent les premières amours, les unions juvéniles, le jeu de miroir. Commence alors une certaine dialectique pour conserver son identité en s'inscrivant dans le désir de l'autre. Aventures amoureuses, dimensions nouvelles de la vie de couple, résistances et difficultés de trouver et poursuivre un chemin malgré les modes et les idéologies, tout dans ce livre met en relief l'ardente demande d'amour, présente au centre de toute relation humaine ; tout nous dit que, le plus souvent, l'espoir se substitue à l'absurde. Ce livre est un livre de jeunes, leur livre, leur voix. Il s'adresse à tous les adultes qui disent encore nous n'y comprenons plus rien, voire ils en reviendront. À tous, il propose de construire, ensemble, un pont entre les évolutions étonnantes d'une vie à deux, et celles d'une évolution collective. Cet ouvrage, réalisé par une équipe qui sait écouter, entendre, questionner, témoigne que c'est chose possible ; pour nous, en ces pages, c'est même, en partie, réalisé.

  • Le Poireau en feutre : ce titre est amusant, et, pour le moins, inattendu ! Il donne le ton général de ce recueil où la fantaisie langagière s'en donne à coeur joie. Jean Michel Reboul aime jouer avec les mots, les triturer, les faire rebondir. On pense à « la poésie, plaisir physique », selon Belaval. Il y a, bien sûr, derrière cette ironie, un chant second qui est celui d'un moraliste lucide, avide de se hâter d'en rire, de peur Certains textes « Komavek », par exemple sont des réussites dans le genre surréalisto-épique (si l'on peut dire !). D'autres, comme « Hlderlin », ont un pouvoir démystifiant assez terrible. Chaque poème, en définitive, contient une charge décapante assez remarquable, souvent plus percutante que chez un Queneau.

  • Les poèmes d'Hélène Rozenberg sont comme l'essentiel d'un journal de bord : une revendication de son intégrité par une femme, qui réclame la transformation des usages, de l'histoire, des lieux communs des rapports. Bien obligés de « cracher » sur « le sang caillé de nos pères » afin d'obtenir égalité, justice, sérénité ! Mais ce sera un long combat... Au niveau de la naissance de l'enfant, devant l'épidémie guerrière, devant l'amour si difficile, dans l'apaisement visionnaire d'un Désert qui réconforterait, Hélène Rozenberg essaie, à son propre compte, de balayer les couches d'interprétations erronées, le mensonge, de réveiller l'esprit, c'est-à-dire la critique et le besoin de liberté. Une angoisse, une panique, non-littéraires sont là aussi.

  • De l'homme-enfant à Superman, du coeur d'artichaut au Don Juan patenté, du faux cynique au vrai timide, du célibataire endurci au multidivorcé ou du libertin convaincu à l'amoureux transi, l'homme est à la fois multiple et unique en son genre. Mais, surtout... indispensable au bonheur des femmes. Il s'agit donc pour elles de le choisir, puis de réussir leur O.P.A. sentimentale. Alors comment dénicher l'oiseau rare et l'apprivoiser dans un monde où les règles du jeu de la séduction évoluent sans cesse ? Ce Guide pratique propose aux femmes un véritable mode d'emploi amoureux selon l'homme choisi et l'objectif poursuivi : un soir, une nuit ou... la vie. Une approche pragmatique de la vie amoureuse devrait permettre aux femmes d'utiliser au mieux leurs ressources sans jamais tuer le romantisme. L'auteur, une jeune femme moderne, dynamique, livre aux femmes tous les secrets du bonheur à deux dans les années quatre-vingt-dix !

  • « Poèmes zimpromptus », le troisième recueil de Michel Deville, s'empare de toutes sortes de trucages qui font rire : le jeu de mots, de sons, le calembour, le contresens, les ruses sur l'étymologie, la contrepèterie. La verve du poète ne se lasse pas d'appuyer sur le grotesque automatique des rimes. Avec un plaisir de potache pasticheur, il subtilise à notre patrimoine certains « grands vers » à qui il tord un cou trop solennel. Ses fables d'aujourd'hui ou d'hier, son bestiaire humanisé, ses « conseils » apparemment tout timides, ses récits tendres ou mélos ont beaucoup de finesse et de fraîcheur. Michel Deville s'impose comme un de nos meilleurs poètes comiques.

  • Cent poèmes comme les cent pas de l'attente, comme un hymne à la Femme, comme une lettre ouverte à une histoire passion particulière mais dans laquelle chacun pourra se reconnaître, qui aura un jour aimé de toute son âme. Cent mouvements d'humeur qui visitent tour à tour l'amertume, la déception, la solitude, la renaissance, la colère, l'autodérision et l'espoir toujours d'une fuite en avant comme juste retour des choses possibles.

  • Les cris entendus dans la jungle de l'enfance ne meurent jamais. Ils se perpétuent dans le calme des nuits où se damnent les errants d'une histoire ancienne. Les soupirs longs comme des sourates de ferveur s'attachent aux images d'un autre âge. Je reprends alors la marche des rêves dans le jardin où poussent des pensées nouvelles dans l'aube fleurie d'un printemps. Le petit garçon qui trottine dans l'allée ensevelie, babouches aux pieds, n'est plus moi. Il a perdu son corps sans grâce, trop lourd dans le sarrau bleuté bricolé par les mains d'une aïeule maladroite.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Un révolutionnaire se trompe de leader, un roi mage se trompe d'étoile, une jeune épousée de mari, un homme pense avec le cerveau d'un autre : avouez que c'est drôle, Monsieur, comme les choses arrivent ! De confusions mentales en quiproquos burlesques les personnages de René Bragard se débattent dans les situations inextricables qu'ils ont, pour une large part, eux-mêmes créées ; l'auteur les observe, entre ironie et tendresse, et il conduit, sans fioriture, l'action à son dénouement obligé. Situées dans les lieux, les époques et les milieux les plus divers, qu'elles soient oniriques, tragiques, ou cocasses, les huit nouvelles de ce recueil trouvent leur unité dans la relation de ces chasses au destin, logiques et absurdes. Observateur détaché, René Bragard sourit. Le lecteur aussi, aimablement contraint par l'auteur à jouer le jeu ; ses atouts-maîtres : l'habileté de la construction dans un genre aussi rigoureux que la nouvelle, et la séduction d'un style qui alterne avec bonheur le mode « parlé », plein de faîcheur et de jeunesse, et l'élégance classique. Reconnues par le Jury, ces qualités ont fait attribuer à René BRAGARD, nouvelliste, le prix Jean Reverzy 1988. Une excellente cuvée !

  • C'est une entrée fracassante - moitié langue verte, moitié langue courtelinesque - qu'André Valtier fait en littérature avec Faut des principes. Son roman désarçonnera et charmera à la fois ses lecteurs qui trouveront qu'en manière de principe, l'auteur fait étalage de tous les cynismes, mais qu'à la longue son style pimpant et haut en couleur finit par donner à ses audaces quelque chose d'infiniment tendre et d'attachant. Ainsi, on découvrira qu'André Valtier ou son héros Victor - faux chauffeur de taxi, véritable brigand - prêche une morale qui ne court pas les rues. Selon lui, il serait légitime que ceux qui ont volé fussent à leur tour volés par des gens Plus malins qu'eux. Un autre de ses principes serait qu'un Père fasse perdre son innocence à sa fille Plutôt que le premier venu. Morale ahurissante, morale à rebours ou satire sans pitié, l'art d'André Valtier est tel que nous ne le saurons jamais. Pince-sans-rire, il nous adresse des clins d'oeil énormes qui ne l'empêchent nullement de mêler la passion à la lucidité. On découvrira que l'écrivain possède une écriture aussi taquine, familière et pétulante que les personnages dont il nous conte les rocambolesques aventures. Rare est sa maîtrise, qui lui permet de s'affirmer dès son coup d'essai comme le Voltaire de la langue verte.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • - Boule en verre ? marc de café ? les taches d'encre ? les épingles ou tout simplement les cartes ? - Rien du tout, fait l'autre en allumant une cigarette. Là, je flaire le flic. C'est pas que je sois mal avec eux. Je suis déclaré à la Préfecture, enregistré, paré. Jamais d'ennuis jusqu'ici. Mais avec les cézigues, on ne sait jamais. Suffit d'un qui ait des embarras gastriques ou des besoins d'argent pour garnir le soulier de Noël de sa dame. - Peut-être vous êtes-vous trompé d'adresse ? d'étage ? je suggère sans conviction, en balançant une nouvelle ration d'encens dans les cassolettes, dans le vague espoir que l'odeur intimidera le monsieur. - Non grommelle-t-il, je me gourre pas. Je me gourre jamais quand j'ai une conversation à avoir avec quelqu'un.

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