• La transmission maternelle est la terre d'éveil de l'identité de l'enfant et, pour une fille, le relais de la féminité et de la reproduction de la vie. Elle correspond à une plaque tournante importante rarement étudiée comme telle.

    L'auteur met en évidence la complexité de ce processus à l'oeuvre tout au long de la vie. Concernant différemment le garçon et la fille, les conditions de la transmission maternelle exigent de prêter attention dans le même temps à deux versants du champ féminin - fonction maternelle et position féminine - qui  peuvent s'intriquer entre eux de manière subtile ou s'exclure réciproquement comme des contradictions.

    Jean Marie Forget s'intéresse à cet entre-deux et aux différents écartèlements de la position subjective féminine que rencontre tout être de parole à sa naissance, qu'il soit garçon ou fille, dans le rapport à sa mère. La transmission particulièrement délicate du féminin et du maternel, à différentes étapes de la vie, est abordée spécifiquement.

  • Les migrations ont évolué, elles concernent aujourd'hui de nombreuses femmes jeunes qui deviennent mères en exil de façon très périlleuse.  Les conditions d'accueil en France s'étant durcies, les vulnérabilités se cumulent et se potentialisent, engendrant la précarité, l'exclusion, voire la violence.

    Les femmes exilées n'ont pas de « pathologies » particulières, mais elles expriment leurs souffrances de façon parfois singulière. Le travail psychique de la grossesse et de l'enfantement peut être entravé, bouleversé par la solitude, le traumatisme, et les conditions de vie.

    Avec des références ethnopsychiatriques et des concepts pluriels (médicaux, psychologiques, anthropologiques, philosophiques), les auteures rendent compte d'une expérience clinique innovante auprès de femmes qui enfantent en exil. A l'articulation du psychique, du culturel et du politique, elles nous livrent une réflexion profonde et sensible sur les conditions nécessaires pour accueillir et écouter ici les souffrances de ces mères venues d'ailleurs.

  • Dans la pratique du soin et de l'accompagnement, les acteurs sont régulièrement confrontés à la question de l'intimité qui interpelle autant les professionnels que les personnes soignées ou accompagnées. En effet, le respect de l'intimité ne saurait se limiter à la seule observation de règles de bonnes pratiques, de recommandations institutionnelles ou encore de principes déontologiques. Il relève d'un questionnement permanent soulevé par les tensions éthiques du quotidien : comment concilier le respect de la pudeur de ce patient et la réalisation de sa toilette intime ? Quel impératif de sécurité pourrait justifier la surveillance vidéo de la chambre de cette résidente ? Quelles sont les informations sur la vie de cette personne strictement nécessaires à son accompagnement ? Comment prendre en compte la vie sexuelle et affective de cet adolescent en situation de handicap ? Comment respecter les secrets et la vie privée de cette personne vulnérable à l'aube du développement du dossier médical partagé, de l'e-santé, de la télémédecine ?

    À l'initiative de l'Espace de réflexion éthique des Pays de la Loire (EREPL), cet ouvrage interdisciplinaire éclaire sans tabou les enjeux éthiques de l'intimité, toujours susceptible d'être menacée à l'hôpital ou en institution.

  • « Les femmes infertiles m'ont tout appris. Leur souffrance, leurs symptômes, les paradoxes de leur désir d'enfant m'ont offert une expérience clinique inattendue à laquelle le discours universitaire ne m'avait pas préparé. Parfois, même souvent, elles conçoivent sans traitement, au-delà de tout espoir thérapeutique. Me rappelant ainsi que rien n'a d'effet sur le corps si la dimension du sujet humain et le mystère de la vie ne sont pas respectés. Leur refus de concevoir témoigne que l'objectivité scientifique et la matérialité de la société de consommation éloignent de la vie au lieu de la servir.

    L'être humain souffre toujours de ses limites et de son impuissance mais aussi de ses excès qui le précipitent dans l'illusion du bonheur par le comblement du manque. Ces nouveaux symptômes interfèrent avec les influences sociétales pour décider de l'avènement de la vie. Aujourd'hui, les femmes me conduisent plus loin encore. Leur témoignage ouvre sur l'universel. Car tout être humain peut entendre, quel que soit son sexe, qu'il lui est possible un jour de se retourner sur sa vie pour changer son destin... » J. R.

  • Pourquoi les femmes choisissent-t-elles encore de devenir mère ? Faut-il refonder la maternité et la parentalité ? Sur quelles bases ? Pourquoi ce livre ? Déclarons-le d'emblée : son objectif est ambitieux. Les auteures, mères, grands-mères, femmes de plusieurs générations, professionnelles amenées à côtoyer des mères... invitent à repenser ce qu'on appelle la maternité. Le discours traditionnel, pétri de moralisme et de glorification, n'a plus guère d'audience, m ême s'il ressuscite chaque année, rengaine obligée, à l'occasion de la f ête des mères. Les femmes doivent aujourd'hui en inventer un autre qui tienne compte de l'émancipation féminine et de la condition maternelle.

  • Des professionnels confrontés sur le terrain au déni de grossesse explorent les différents enjeux de ce symptôme et offrent un panorama complet du sujet.

    Les auteurs de cet ouvrage ont tous rencontré ces gestations particulières, qui, loin s'en faut, ne se résument pas aux cas exceptionnels de « néonaticides » faisant l'objet de procès largement médiatisés. Ils font part de leurs découvertes pour nous aider à comprendre ce symptôme déroutant et à accompagner ces femmes qui, parfois jusqu'à la naissance, dénient leur grossesse.

  • La prégnance du corps comme objet de recherche mais également sa place grandissante dans le discours contemporain - jamais traitement du corps n'a connu un tel engouement - ainsi que la fréquence et la diversité des événements et phénomènes de corps nécessitent un examen minutieux. Cet ouvrage pluridisciplinaire (philosophie, sociologie, psychopathologie, psychanalyse) concentre études et réflexions sur les pratiques et usages du corps dans notre modernité considérés comme des traces de la subjectivité de notre époque et du lien social contemporain.

  • La stérilité est une douleur. Elle est une question à notre mémoire. Elle est réponse de notre corps. Nés de femmes stériles devenues fécondes, leurs enfants sont « enfants de la mémoire ». En écoutant les femmes venues consulter pour stérilité, l'auteure entourée de gynécologues a constaté que celle-ci n'était généralement pas liée à des causes organiques ou que, si tel était le cas, elle s'accompagnait d'empêchements psychiques. Son travail en tant que psychanalyste a consisté à découvrir avec elles ces inhibitions, ces paralysies.

  •  « Je ne l'ai plus vue depuis des semaines.

    Un jour, elle est venue, croyant avoir rendez-vous avec moi. Elle s'était trompée de jour, d'heure, de semaine.

    Je n'étais pas là ce jour-là.

    Elle est repartie.

    Elle m'a sonné, longtemps après.

    Elle est là devant moi, à quelques mètres, et sa détresse m'affecte.

    Ça a recommencé. Ça recommence.

    Elle le sent. Elle le sait. 

    Moi aussi je le sais, puisque je suis à ses côtés depuis des années.

    Elle sait que je le sens. Et elle a raison. Je vois se rouvrir les abîmes sous ses pas. Le moment où ça bascule, ça dérape. Elle ne veut pas retrouver l'angoisse qui donne envie de mourir. Elle me scrute et elle pleure. Elle essaye de s'accrocher à mon regard et moi je sens qu'elle glisse. Je ne dis pas grand-chose. Mais c'est déjà trop. Est-ce que je serais comme ses collègues, à penser qu'elle devrait arrêter de travailler ? Elle me soupçonne tout à coup.

    Je lui propose qu'on se revoie demain.

    Elle accepte. » D. B.

    Dans des récits, sortes de croquis de séances, ou d'entre-séances, Danielle Bastien rend compte de son travail quotidien de psychanalyste. Elle restitue une atmosphère, donne du relief au désespoir, à la douleur, aux questions sans réponses des humains, femmes et/ou hommes qui s'adressent à elle. Avec Kate, Bill, Carmen et les autres, l'ouvrage nous fait découvrir les dimensions du féminin, du maternel et des couples qui sont au coeur de sa pratique psychanalytique.

    Mise en vente le 10 septembre 2015.

  • A l'heure où un couple sur six rencontre des difficultés pour procréer, les médecins proposent leur arsenal de réponses à travers l'AMP (Assistance Médicale à la Procréation) souvent mal connue. L'originalité de ce livre est d'en présenter de l'intérieur les coulisses avec le brouillage des repères et le caractère pathogène qu'elle induit. Il s'adresse aux professionnels, aux personnes infertiles, mais bien au-delà à l'ensemble du corps social qui ne peut ignorer ces sujets sensibles et complexes.

  • La honte de soi entraîne un effondrement narcissique qui déchire en mille morceaux, comme un éparpillement, le regard, le désir de l'autre. Créer des liens dans ces circonstances particulières, c'est aussi pousser la porte de la honte, où l'intime est mis à mal, détruit, oublié. C'est s'engager avec quelqu'un qui ne demande plus rien, qui a rompu tout lien d'appartenance, de tendresse, de soin, c'est accueillir du mal de vivre. Par son regard, sa voix, sa présence, son désir, le psychanalyste donne du corps à cette rencontre. Les premiers rendez-vous, les heures et les jours, servent de petits cailloux de reconnaissance : peu à peu le patient trouve prise dans le réel.

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