• Prix maison de la presse 2020Certains rendez-vous contiennent le combat d'une vie.
    Septembre 2018. Pour Joséphin, l'heure de la justice a sonné. Dans ses yeux, le visage de sa mère...
    Mars 1967. Marie-Pierre Ladouceur vit à Diego Garcia, aux Chagos, un archipel rattaché à l'île Maurice. Elle qui va pieds nus, sans brides ni chaussures pour l'entraver, fait la connaissance de Gabriel, un Mauricien venu seconder l'administrateur colonial. Un homme de la ville. Une élégance folle.
    Quelques mois plus tard, Maurice accède à l'indépendance après 158 ans de domination britannique. Peu à peu, le quotidien bascule et la nuit s'avance, jusqu'à ce jour où des soldats convoquent les Chagossiens sur la plage. Ils ont une heure pour quitter leur terre. Abandonner leurs bêtes, leurs maisons, leurs attaches. Et pour quelle raison ? Pour aller où ?
    Après le déchirement viendra la colère, et avec elle la révolte.
    Roman de l'exil et de l'espoir,
    Rivage de la colère nous plonge dans un drame historique méconnu, nourri par une lutte toujours aussi vive cinquante ans après.
    À propos de
    Et soudain, la liberté :
    " Singulier et attachant. Un ouvrage né d'une promesse du crépuscule. "
    Olivia de Lamberterie,
    Elle " Un hymne à la vie, une vie dont on se souvient longtemps après avoir refermé le livre. " Françoise Dargent,
    Le Figaro

  • La nuit

    Elie Wiesel

    • Minuit
    • 25 Février 2016

    Né en 1928 à Sighet en Transylvanie, Elie Wiesel était adolescent lorsqu'en 1944 il fut déporté avec sa famille à Auschwitz puis à Birkenau. La Nuit est le récit de ses souvenirs : la séparation d'avec sa mère et sa petite soeur qu'il ne reverra plus jamais, le camp où avec son père il partage la faim, le froid, les coups, les tortures... et la honte de perdre sa dignité d'homme quand il ne répondra pas à son père mourant. « La Nuit, écrivait Elie Wiesel en 1983, est un récit, un écrit à part, mais il est la source de tout ce que j'ai écrit par la suite. Le véritable thème de La Nuit est celui du sacrifice d'Isaac, le thème fondateur de l'histoire juive. Abraham veut tuer Isaac, le père veut tuer son fils, et selon une tradition légendaire le père tue en effet son fils. L'expérience de notre génération est, à l'inverse, celle du fils qui tue le père, ou plutôt qui survit au père. La Nuit est l'histoire de cette expérience. » Publié en 1958 aux Éditions de Minuit, La Nuit est le premier ouvrage d'Elie Wiesel qui est, depuis, l'auteur de plus de quarante oeuvres de fiction et de non-fiction. Aux États-Unis, une nouvelle traduction, avec une préface d'Elie Wiesel, connaît depuis janvier 2006 un succès considérable. C'est cette nouvelle édition que nous faisons paraître.

  • Sur les camps des déportées Nouv.

    Le 22 avril 1945, Yvonne Oddon est libérée du camp de Mauthausen. Le 28 juin 1945, elle témoigne au Muséum national d'Histoire naturel. Ce récit, écrit à chaud, saisit par sa rigueur factuelle. Yvonne Oddon décrit sans fard les conditions de vie inhumaines des prisons de la Wehrmacht et des camps de Ravensbrück et Mauthausen.

    Par-delà la souffrance, c'est aussi la vie quotidienne des prisonnières qu'elle tâche de retranscrire, tout particulièrement celle des femmes. En dépit des atrocités, la dignité des prisonnières demeure, des solidarités se nouent, graines de résistance semées au comble de l'horreur. Le désespoir est finalement absent de ce récit car la bibliothécaire est habitée par une autre préoccupation : l'urgence de témoigner.

    /> Née à Gap en 1902, Yvonne Oddon devient bibliothécaire au Musée d'ethnographie du Trocadéro en 1929. Elle participe en 1940 à la fondation du Réseau du musée de l'Homme, l'un des premiers organismes clandestins de résistance dont fut également membre Boris Vildé. Arrêtée en 1941, elle est incarcérée, avant d'être libérée du camp de Mauthausen en avril 1945. Elle effectue par la suite diverses missions, notamment pour l'Unesco, et participera à la création du Conseil International des musées.

  • Aucun de nous ne reviendra est, plus qu'un récit, une suite de moments restitués. Ils se détachent sur le fond d'une réalité impossible à imaginer pour ceux qui ne l'ont pas vécue. Charlotte Delbo évoque les souffrances subies et parvient à les porter à un degré d'intensité au-delà duquel il ne reste que l'inconscience ou la mort. Elle n'a pas voulu raconter son histoire, non plus que celle de ses compagnes ; à peine parfois des prénoms. Car il n'est plus de place en ces lieux pour l'individu.

    « Une voix qui chuchote, déchirante. Un chuchotement à fleur de vie et d'horreur. Cette voix une fois entendue vous obsède, ne vous quitte plus. Je ne connais pas d'oeuvre comparable à celle de Charlotte Delbo, sinon Guernica, sinon le film Nuit et brouillard, même pudeur, même déchirure, même atroce tendresse, chez cette femme, chez Alain Resnais. Cette douloureuse et bouleversante incantation est de ces livres rares qui laissent soudain le lecteur en pays étranger à lui-même. » (François Bott, L'Express, 1970)

    Aucun de nous ne reviendra est paru aux Éditions de Minuit en 1970.

  • UNE CONNAISSANCE INUTILE
    Alors vous saurez
    qu'il ne faut pas parler avec la mort
    c'est une connaissance inutile
    Une connaissance inutile est le troisième ouvrage de Charlotte Delbo sur les camps de concentration. Après deux livres aussi différents par leur forme et leur écriture que Aucun de nous ne reviendra et Le Convoi du 24 janvier, c'est dans un autre ton qu'on lira ici Auschwitz et Ravensbrück. On y lira plus encore une sensibilité qui se dévoile à travers les déchirements. Si les deux précédents pouvaient apparaître presque impersonnels par leur dépouillement, dans celui-ci elle parle d'elle. L'amour et le désespoir de l'amour - l'amour et la mort ; l'amitié et le désespoir de l'amitié - l'amitié et la mort ; les souffrances, la chaleur de la fraternité dans le froid mortel d'un univers qui se dépeuple jour à jour, les mouvements de l'espoir qui s'éteint et renaît, s'éteint encore et s'acharne...

    MESURE DE NOS JOURS
    Et toi, comment as-tu fait ? pourrait être le titre de ce troisième volume de Auschwitz et après. Comment as-tu fait en revenant ? Comment ont-ils fait, les rescapés des camps, pour se remettre à vivre, pour reprendre la vie dans ses plis ? C'est la question qu'on se pose, qu'on n'ose pas leur poser. Avec beaucoup d'autres questions. Car si l'on peut comprendre comment tant de déportés sont morts là-bas, on ne comprend pas, ni comment quelques-uns ont survécu, ni surtout comment ces survivants ont pu redevenir des vivants. Dans Mesure de nos jours, Charlotte Delbo essaie de répondre, pour elle-même et pour d'autres, hommes et femmes, à qui elle prête sa voix.

    Les deuxième et troisième volumes de la trilogie Auschwitz et après sont respectivement parus en 1970 et 1971 aux Éditions de Minuit.

  • Cet ouvrage retrace les phases essentielles de l'affaire Eichman, depuis la capture du criminel de guerre en Argentine jusqu'à son exécution en Israël, en 1962. Annette Wieviorka, historienne et auteure de nombreux essais consacrés à la mémoire de la déportation, analyse les conséquences retentissantes de ce procès sans précédent.
    Le 11 avril 1961, à Jérusalem, s'ouvre le procès d'un ancien dignitaire nazi : Adolf Eichmann, responsable logistique de la " Solution finale ", retrouvé l'année précédente en Argentine et enlevé par les services secrets israéliens. Au-delà d'un " Nuremberg du peuple juif ", il s'agit pour Israel de donner au monde une lecon d'histoire.
    Était-il légitime d'enlever Eichmann ? Devait-il être jugé par un tribunal israélien ? Ses droits fondamentaux furent-ils bafoués ? Quelles furent ses responsabilités réelles dans le génocide des Juifs ? Et sa vraie personnalité : haut fonctionnaire loyal, antisémite fanatique, exécutant discipliné, ou simple rouage de la " banalité du mal ", comme l'a suggéré Hannah Arendt ?
    De l'arrestation d'Eichmann, en mai 1960, jusqu'à son exécution dans la prison de Ramla, le 31 mars 1962, Annette Wieviorka retrace les phases essentielles d'un événement qui fit entrer la Shoah dans l'Histoire. Elle examine aussi les polémiques qui s'ensuivirent quant à l'appréciation des degrés de responsabilité dans la nébuleuse administrative nazie.

  • 1868, Sarthe. Victor est le cadet d'une famille de brigands qui enchaîne les menus larcins. Jusqu'au jour où une agression tourne mal : il se voit contraint par son paternel de se laisser accuser du meurtre commis par son frère. À tout juste seize ans, il est incarcéré au Mans puis au bagne de Toulon. Le début de son calvaire pénitentiaire sonne le glas d'une vie de malheur. Jusqu'à sa rencontre avec Léopold Lebeau, un prisonnier communard idéaliste et indomptable, avec qui il se lie d'amitié.

    1872, arrivée en Nouvelle-Calédonie. Les forçats envoyés au bagne de La Nouvelle, à Nouméa, partagent les conditions sordides et les punitions éprouvantes d'une détention placée sous la férule de gardiens sans pitié. Un monde de privations et de violences inhumaines rythme leur quotidien, où la cruauté des règles édictées par l'administration pénitentiaire est la norme. C'est alors qu'un audacieux projet d'évasion voit le jour...

    Franck Chanloup est né au Maroc en 1970. Après quelques années passées en France, il décide d'émigrer en Nouvelle-Calédonie pour raisons professionnelles et se découvre un grand intérêt pour le voyage et l'histoire, trop méconnue, de ce territoire. Passionné de littérature depuis toujours, captivé par des auteurs tels que John Fante, Jonathan Safran Foer ou Pat Conroy, Franck Chanloup est blogueur littéraire, et signe ici son premier roman.

  • « Je suis une fille de déportée. En relisant ces mots, j'ai un sentiment d'étrangeté et d'irréalité. Ma mère a été déportée. »Comment dire cette enfance singulière, ces parents qui parlaient avec un accent, ces toutes petites familles déracinées, ces traces de la Shoah sur la deuxième génération qui n'a pas connu les camps, mais a grandi dans le traumatisme de cette tragédie ?Danièle Laufer a recueilli les témoignages d'une vingtaine de femmes et d'hommes, comme elle nés de survivants des camps nazis. Tous ont estimé que l'heure était venue pour eux de parler afin de transmettre la mémoire de ce qui les a « à la fois détruits et construits ».Avec une grande sensibilité, elle a tissé ensemble leurs histoires, leurs émotions et les siennes. Venir après se lit comme le roman de vies hantées par des fantômes, où surgit malgré tout la joie d'être là.

    Danièle Laufer est née en 1951 et a passé son enfance au Maroc. Fille d'une juive allemande déportée dans les camps, elle suit son père à Paris au divorce de ses parents quand elle a 16 ans. Devenue journaliste, elle a passé sa vie à raconter celle des autres, en faisant des incursions dans l'intimisme à l'occasion d'un livre sur sa mère, de documentaires, ou de son dernier doc paru en 2017. Elle a un grand talent pour tisser un lien entre son histoire et celle des témoins qu'elle interroge.

  • Voyage à Pitchipoï raconte la tragédie d'une famille juive, en France, pendant la guerre, une tragédie qui fut celle de millions d'autres familles. En 1942, l'auteur de ce livre avait six ans. Sa famille fut arrêtée, par des gendarmes allemands et français, et dispersée. Le narrateur et sa petite soeur furent d'abord confiés à des voisins jusqu'à ce que le maire du village fasse appliquer la décision du capitaine S-S, Commandeur de la région et responsable des mesures de répression antisémite : L'accueil d'enfants juifs dans des familles françaises est indésirable et ne sera autorisé en aucun cas. Les deux enfants furent alors enfermés dans une prison, puis transférés au camp de Drancy, où la petite fille tomba malade, par malnutrition. Pendant toute cette période, ils restèrent sans nouvelles de leur mère, qui avait miraculeusement réussi à s'échapper et n'avait pas été reprise, malgré les portes qui s'étaient souvent fermées lorsqu'elle avait demandé de l'aide. Après des mois de vie clandestine, à la Libération, ils retrouvèrent leur maison. Ils ne devaient jamais revoir leur père.

  • La médaille

    Danielle Steel

    • Lizzie
    • 14 Mai 2020

    1940, dans un village de la région lyonnaise. Gaëlle de Barbet assiste horrifiée à l'arrestation de sa meilleure amie par la police française et voit le commandant allemand réquisitionner la demeure familiale. Son père est tué par l'occupant et sa mère sombre peu à peu dans la folie.
    Gaëlle s'engage alors corps et âme dans la Résistance et sauve de nombreux enfants juifs des griffes des nazis. À la fin de la guerre, accusée à tort d'avoir collaboré, elle part tenter sa chance à Paris. Des années plus tard, sa petite-fille livre son propre combat pour que Gaëlle soit reconnue comme l'héroïne de guerre qu'elle fut dans sa jeunesse...

  • « Mais justement, s'il est question de mort, parlons de la vie : c'est urgent. » En 1958, Jacques Lusseyran s'installe en Virginie pour y devenir enseignant. Là, il convoque ses souvenirs, de sa déportation en 1944 à Buchenwald au présent américain.
    Dans la continuité chronologique d'Et la lumière fût (réédité avec succès par Le Félin en 2008), Jacques Lusseyran poursuit le récit de son existence, en élargissant toutefois l'expérience personnelle à une pensée plus vaste et forgée au fil d'un noble empirisme. Les thèmes évoqués vont du silence, à la poésie, en passant par la mémoire, l'enseignement et l'auditoire ou encore la notion de liberté intérieure.
    Comme une succession de longs aphorismes, les chapitres et la langue sont précis, faits de généreuses apostrophes au lecteur - une invitation à contempler la simplicité.
    Le monde commence aujourd'hui demeure une somptueuse leçon de résilience et un chant d'amour à la vie, dont la quête a lieu partout, tout le temps, du vestibule de l'enfer aux immensités américaines.

  • Paris, avril 1943.Émile attend. Sa mère est infirmière à la Pitié-Salpêtrière. Si elle ne rentre pas de la nuit, il sait ce qu'il doit faire : partir avec Puce, son épagneul, et prendre le train jusqu'à Chartres où il retrouvera sa tante Jeanne. À 4 heures du matin, sa décision est prise : il quitte les lieux. Sur le quai de la gare, Mado répète son texte en secret : « Je m'appelle Madeleine Germain, je suis née le 12 mars 1931, je m'appelle... » Le train est à quai. La Gestapo patrouille. Les deux enfants sont en danger...Un roman d'amitié et d'aventure au coeur de la seconde guerre mondiale !

  • À la fois étude et document, la réédition d'un ouvrage majeur le premier consacré à ce sujet en France dédié au retour des déportés en 1945. Un nouveau titre de la collection " Archidoc ", essais abordables au format pratique pour rendre intelligibles les plus grandes questions de notre Histoire. 1945, la guerre est finie. Pour certains, l'attente commence. Celle d'un proche, d'un parent disparu sans laisser de trace. Lorsque les Alliés libèrent les camps, c'est sur l'horreur du système nazi qu'ils ouvrent les portes. Nul n'imaginait l'ampleur et le sens véritable de la " Solution finale ".
    Au ministère des Prisonniers, Déportés et Réfugiés, Olga Wormser-Migot coordonne pendant " neuf mois mortels " les recherches de personnes déportées. Vingt ans plus tard, elle s'en fera l'historienne en publiant ce livre qui retrace " la découverte au jour le jour, d'aout 1944 à mai 1945, de la réalité concentrationnaire ". C'est elle, notamment, qui révèle les atrocités du Struthof, recueille les premiers témoignages d'Auschwitz, fait connaître " l'aventure du Lutetia ".
    Devenu un classique, ce travail pionnier raconte " comment on ne savait rien, ou si peu ", et permet de " comprendre les incroyables difficultés rencontrées par les femmes et les hommes dont le seul souci était le destin de ceux qui avaient été transportés vers l'Est ", écrit Annette Wieviorka dans sa préface.

  • Anus mundi, l'anus du monde : un médecin SS avait ainsi qualifié le camp de concentration et d'extermination d'Auschwitz. Un homme a vécu là durant cinq années et raconte ce qu'il a vu. Arrivé avec les 728 premiers déportés politiques polonais le 14 juin 1940, Wieslaw Kielar (1919-1980) sera à la fois le témoin et la victime des punitions arbitraires qui rythment la vie du camp. Il détaille la terrible hiérarchie installée par les nazis entre les prisonniers, le développement du camp, les nouveaux arrivants, la routine des exécutions qui vont s'accélérer durant la dernière année de sa détention. Tout est décrit aussi objectivement que possible. Son témoignage a la précision d'une mémoire qui a été marquée au fer rouge de l'horreur et qui ne peut oublier ni les potences, ni les coups, ni l'entassement des morts, ni les SS, ni « l'organisation », c'est-à-dire la vie quotidienne dans l'enfer. La vérité modeste qu'il transmet fait de son récit un document irremplaçable pour l'Histoire. Il nous est parvenu au moment où de nouvelles générations ignorantes des faits qu'il rapporte ont pu douter de leur réalité, tant ils sont incroyables. Le général Eisenhower l'avait prévu en termes crus : « Écrivez, photographiez, filmez » avait-il dit aux journalistes présents lors de la libération des camps de concentration : « Dans cinquante ans il se trouvera des bâtards pour dire que tout ceci n'a jamais existé ! » Qui aura suivi « la lente descente de Kielar dans les ténèbres concentrationnaires » ne pourra toutefois plus oublier.

  • Venues de toutes les régions de France et de tous les horizons politiques, issues de toutes les couches sociales, représentant toutes les professions, d'âges mêlés mais où dominait la jeunesse, deux cent trente femmes quittaient Compiègne pour Auschwitz, à trois jours et trois nuits de train dans les wagons à bestiaux verrouillés, le 24 janvier 1943.
    Sur deux cent trente, quarante-neuf reviendraient, et plus mortes que vives.
    La majorité d'entre elles étaient des combattantes de la Résistance, auxquelles était mêlée la proportion habituelle de « droit commun » et d'erreurs judiciaires.
    Nous disons « proportion habituelle » parce qu'il est apparu que deux cent trente individus constituaient un échantillon sociologique, de sorte que ce livre donne une image de tous les convois de déportés, montre tous les aspects de la lutte clandestine et de l'occupation, toutes les souffrances de la déportation.

    Le Convoi du 24 janvier est paru en 1965.

  • Avec la pugnacité d'un véritable enquêteur, Yan Pradeau tente dans ce récit à la croisée de l'autobiographie et du roman de comprendre comment on devient Alexandre Grothendieck, mathématicien de génie. Enfant déjà, celui qui est aujourd'hui considéré comme le refondateur de la géométrie algébrique se trouve sur la piste de la découverte du nombre Pi. À l'âge de 20 ans, il résout en quelques mois quatorze problèmes demeurés jusqu'ici irrésolus. De tous les mathématiciens du siècle, il est celui qui s'avère seul capable de généraliser un problème, d'apercevoir avec recul et démonter les liens possibles entre des figures mathématiques. Ce fils d'anarchistes, dont le père a péri à Auschwitz et la mère a succombé à une tuberculose contractée dans les camps, est férocement revêche à toute autorité et farouchement solitaire. En 1966, il refuse la très convoitée médaille Fields. Un temps enseignant au Collège de France, il est à compter de 1973 professeur à l'université de Montpellier. Mais il choisit de rompre rapidement avec le milieu scientifique pour vivre reclus en Ariège au début des années 1990, avant de tirer sa révérence en novembre 2014. Se détachent sous la plume alerte de l'écrivain la silhouette, puissante, de l'homme, son histoire personnelle et ses idéaux, et avec elle un siècle entier. Car Yan Pradeau ne retrace pas seulement la vie du mathématicien : il nous entraîne dans le tourbillon d'une époque, dans des milieux réputés fermés, qui apparaissent soudain dans toute leur vérité sous les yeux du lecteur. Entre le récit d'une vie et la grande histoire gravée sur le papier avec la finesse du burin et la phrase qui claque sans concession tel un couperet, cet Algèbre tient de la saga familiale comme de la grande histoire, depuis les camps de la mort jusqu'à nos jours.

  • « C'était la mort et non le sexe, le secret dont les grandes personnes parlaient en chuchotant, et sur lequel on aurait bien voulu en apprendre davantage. » Cet uppercut à la mâchoire, c'est la première phrase de « Refus de témoigner ». Ruth Klüger raconte son enfance viennoise ravagée, puis sa déportation à onze ans dans plusieurs camps de concentration. Refus de l'oubli, mais aussi refus de témoigner selon les codes de la sanctification des survivants.
    Il est difficile de dire l' « indocilité » du récit dont Ruth Klüger nous fait ici l'abrupt et magnifique présent.

  • Dans ce témoignage étonnant d'humanité et de justesse, Jacques Salmona, d'origine judéo-espagnole, relate ses aventures sous l'Occupation à Paris. Il esquisse par des anecdotes savoureuses, parfois tragiques, son enfance, son entrée dans le mouvement scout des Éclaireurs israélites de France, bientôt transformé en groupe de résistance. Ses souvenirs sont tellement vivaces qu'ils paraissent avoir été écrits "à chaud", sous la menace des bombardements. Les Éclaireurs israélites ont joué un rôle de premier plan dans la prévention, auprès des Juifs parisiens, de la rafle du Vél' d'Hiv', avant de prendre en charge les enfants de déportés, de les cacher et de les placer dans des familles d'accueil. Héros ordinaire, Jacques a échappé de justesse à la Shoah. C'est absolument poignant.

    /> Fils d'immigrés juifs, Jacques Salmona (1923-2015) connaît une enfance difficile mais intègre les Arts et Métiers en 1942. Il participe pendant la guerre à la Sixième, section clandestine des éclaireurs israélites de France, au rôle aussi méconnu que capital. Entré en 1947 chez Degrémont, entreprise spécialisée dans le traitement des eaux usées, il y fera toute sa carrière et en deviendra P.D.G.. À 90 ans, il écrit avec son épouse Lydia ce récit bouleversant, destiné à ses petits-enfants.

  • Elle dit que « le tournesol est la fleur du Rom », qu'elle est une Tsigane qui aime « la pluie, le vent et l'éclair, quand les nuages masquent le ciel ». Elle dit qu'Auschwitz est son manteau et qu'elle ne connaît pas la peur car sa peur s'est arrêtée dans les camps.
    Elle dit que les notes de ses chansons en romani « sont toutes encore en désordre », mais que cela ne l'empêche pas de dire « Oui à la vie ». Elle, c'est Ceija Stojka, la première femme rom rescapée des camps de la mort à témoigner par l'art et par la poésie. Les poèmes de cette autodidacte ont été arrachés aux carnets où se mêlaient dessins, souvenirs de l'horreur, notes journalières et listes de mots allemands dont elle voulait apprendre l'orthographe. Publiés pour la première fois en France, ils révèlent une artiste majeure de notre temps.
    Merci, Ceija, d'avoir tellement donné.

    Ceija Stojka est née en Autriche en 1933 dans une famille rom d'Europe centrale. À l'âge de dix ans, elle est déportée avec sa famille et survit aux camps d'Auschwitz-Birkenau, Ravensbrück et Bergen-Belsen. Quarante ans plus tard, elle éprouve la nécessité de rompre le silence. Débute alors pour cette autodidacte un extraordinaire travail de mémoire, tant dans le domaine de l'écriture que dans celui de la peinture, qui fait d'elle la première femme rom rescapée des camps de la mort à témoigner.

  • Gilles Martinet disait de ce livre que c'était « l'un des meilleurs qu'on ait pu écrire sur la Résistance ». Et il faut bien dire que cette aventure incertaine, celle de la Résistance telle qu'elle fut vraiment, au plus haut niveau, est racontée ici par l'un de ses artisans les plus importants. Claude Bourdet est cofondateur avec Henri Frenay du réseau Combat, il crée et développe le service du Noyautage des administrations publiques et devient membre du Comité directeur des Mouvements unis de Résistance. Enfin, aux côtés de Jean Moulin, il en est membre du Conseil National de la Résistance dès mai 1943 avant d'être arrêté et déporté à Buchenwald.

    Ces mémoires sont une véritable référence pour qui veut comprendre ce que fut vraiment, de l'intérieur, la Résistance française.

    Claude Bourdet, né le 9 octobre 1909 à Paris et mort le 20 mars 1996 à Paris, est un résistant (alias Lorrain, dans la Résistance), déporté, compagnon de la Libération, écrivain, journaliste, polémiste et militant politique français de l'Union de la gauche socialiste (UGS) puis du Parti socialiste unifié (PSU) et du Mouvement pour le désarmement, la paix et la liberté.

  • Un camp très ordinaire

    Maurel Micheline

    • Minuit
    • 4 Novembre 2016

    Micheline Maurel (1916-2009), résistante du réseau Marco Polo, a été déportée en Allemagne en août 1943.
    Elle a passé vingt mois à Neubrandebourg, une succursale de Ravensbrück. C'était, dit-elle, « un petit camp très ordinaire », sans chambre à gaz ni crématoire (on se servait pour cela des installations voisines de Ravensbrück) : un simple bagne pour femmes. Un bagne comme il en existe probablement encore dans le monde. Et c'est pourquoi ce livre n'a pas de date, et nous concerne tous.
    Il nous dit, ce livre, comment vivent dans un camp, du 1er janvier au 31 décembre, des femmes sans nom, sans appui et sans hommes, la vie en robes à croix, la vie tête tondue, sans maquillage, sans savon et sans vêtements de rechange, dehors par tous les temps, battues tous les jours, ne sachant jamais si elles retrouveront le soir leur couverture et si elles auront la force de grimper sur leur châlit.
    François Mauriac dans sa préface écrivait : « Dans un livre comme celui-ci, la protestation de l'âme éclate avec une simplicité et une humilité bouleversantes au point que notre pitié s'écarte de la victime pour aller à ses bourreaux. »
    Paru en 1957, Un camp très ordinaire a obtenu le prix des Critiques la même année.

  • Le récit de l'enfance d'une petite Juive née à Vienne, déportée à onze ans, miraculeusement échappée d'Auschwitz, et qui s'exila à seize ans aux États-Unis. Dans « Perdu en chemin », devenue adulte, Ruth Klüger se confronte au quotidien complexe des années 50. Elle sera de ces femmes qui se battront sans répit pour obtenir ce qui leur paraît le minimum : la dignité, le respect, le droit à l'étude, la simple reconnaissance de soi.
    Prosaïques à dessein, certaines pages fascinent par l'exactitude impitoyable des sentiments qu'elles expriment ; compte rendu et accusation s'interpénètrent. Le lecteur est submergé par l'intransigeance et la sincérité de cette femme à l'intelligence généreuse et souveraine.

  • De la révolution d'octobre 1917 à 1922, la guerre civile russe fait des ravages : millions de morts, épidémies, famine, terreur et déportation. Face aux bolcheviks et aux monarchistes, une troisième force, issue du monde rural, émerge. En mars 1917, mutineries et jacqueries submergent la Russie, le tsar Nicolas II abdique, Lénine et les bolcheviks prennent le pouvoir. Ce sont les Rouges. En décembre, des généraux proscrits commencent à lutter pour le retour du régime tsariste. En un an, du Caucase à la Sibérie, ils sont des centaines de milliers sous les drapeaux de Dénikine, Koltchak ou Wrangel. Ce sont les Blancs. Face à la terreur bolchévique, bandes de pillards et paysans se révoltent à leur tour. Refusant la circonscription et la réquisition de récoltes, ils se déclarent pour la liberté du commerce et contre la dictature de la ville. Ce sont les Verts. À la lumière de documents russes inédits en français, Jean-Jacques Marie revisite le récit d'une guerre civile qui plonge la Russie dans le chaos et voit la disparition d'un monde qu'on croyait éternel.

  • Octobre 1944. Marie et son époux Moïse sont déportés à Auschwitz, d'où ils ne reviendront pas. Du moins est-ce là ce que croit savoir leur petite-fille qui, soixante-dix ans plus tard, décide de retracer le parcours tourmenté de sa grandmère, de sa Roumanie natale jusqu'à l'Italie - refuge illusoire face aux persécutions nazies -, en passant par la Bulgarie et la France. La narratrice se rend tout d'abord à Jérusalem, puis sillonne l'Europe centrale à la recherche d'éléments biographiques.
    À la recherche de Marie J. entrecroise ainsi deux récits : celui de l'enquête haletante de la narratrice à travers différents pays, et celui de la vie romanesque d'une jeune sépharade d'Europe de l'Est dans la première moitié du XXe siècle. À la fois investigation rigoureuse et chronique familiale bouleversante, ce livre raconte une lignée de femmes fortes confrontées à l'une des plus effroyables tragédies de l'histoire européenne.

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