• " Ceux qui se rendront à Katmandou ne reconnaîtront pas ce qui est écrit dans ce livre. [...] Ce livre ne cherche pas à donner une idée de la réalité, mais à s'approcher de la vérité. Celle de Jane, et celle d'Olivier, dont il raconte l'histoire. " René Barjavel Olivier, étudiant en mai 1968, a décidé de fuir la capitale, ses rêves et ses utopies pour conquérir pouvoir et fortune dans le sillage de son père, un homme d'affaires qui organise des voyages pour milliardaires à Katmandou, au Népal. En chemin, il rencontre la jolie Jane, hippie britannique un peu paumée, à la recherche, comme tant d'autres, d'un idéal de vie communautaire dans la ville sacrée. Ils tombent amoureux l'un de l'autre...
    Amours, drogues, illusions perdues. Il est des chemins pour se perdre ou pour se retrouver : les chemins de Katmandou.
    Un grand classique de Barjavel.

  • En quête d'une nouvelle provocation, Céline cherche par tous les moyens à attiser la haine. Il croise Paul Morand, qui lui tient des propos antisémites. "Voilà enfin mon sujet !" s'écrie Céline. Il fait part au chef de presse de la Gestapo de son projet de livre. Celui-ci le conseille sur la manière de servir la propagande antisémite. "Un bon nazi ne cherche pas de références, il les invente."

    Kaminski emploie l'arme la plus redoutable de l'écrivain : la satire. En hissant Céline en personnage de fiction, cruel, imbu de lui-même, sombre et délirant, il met à jour les techniques de falsification propres à la propagande nazie. Réaction à chaud et virulente, cette dénonciation avait valeur d'avertissement. Hélas, à la lumière de ce qui a suivi, elle fut prémonitoire.

    Juif allemand né en 1899, H.-E. Kaminski s'engage en 1917 dans la Luftwaffe. En 1922, il soutient sa thèse en sciences économiques puis publie en 1925 un ouvrage sur le fascisme italien. Il quitte rapidement Berlin pour Paris en 1933. Un voyage en Espagne en 1936 aboutit à Ceux de Barcelone (rééd. Allia 1986, 2003), suivi en 1938 par Bakounine, la vie d'un révolutionnaire et Céline en chemise brune. Après l'invasion allemande, il gagne Lisbonne puis l'Argentine, où il meurt vers 1960.

  • « Après avoir signé plusieurs centaines de fois, si bien que la moquette de ma piaule était recouverte de feuilles blanches avec mon pseudo qui rampait partout, je fus pris d'une peur atroce : la signature devenait de plus en plus ferme, de plus en plus elle-même, pareille, identique, telle quelle, de plus en plus fixe. Il était là. Quelqu'un, une identité, un piège à vie, une présence d'absence, une infirmité, une difformité, une mutilation, qui prenait possession, qui devenait moi. Émile Ajar.
    Je m'étais incarné. » Romain Gary.

  • Ce texte inclassable a d'abord été l'un des plus fulgurants manifestes dada, dont Tristan Tzara s'est inspiré pour son Manifeste Dada (1918). Or, quand il le republie en 1927, Serner le transforme en manuel de savoir-vivre... pour voyous de haute volée ! Ce guide burlesque regorge de conseils avisés en toutes circonstances, que ce soit en charmante compagnie, en voyage ou encore dans l'habillement. Face à une époque de paranoïa aiguë, il s'agit d'instruire l'homme de cour moderne, à savoir l'escroc. Et en somme, de faire l'éloge du cynisme. Serner inflige une thérapie par électrochocs à une humanité dont la folie ne trouve plus de contrepoint que dans la sagesse de l'aigrefin : « Le monde veut être trompé, c'est certain. D'ailleurs, il deviendra sérieusement méchant, si tu ne le fais pas. »

    Né en 1899 à Carlsbad et mort au camp de Theresienstadt en 1942, Walter Serner a d'abord été l'une des plus brillantes figures du mouvement Dada. L'originalité de ses romans, publiés au début des années vingt et devenus des classiques de la littérature moderne, lui a valu le surnom de "Maupassant du crime" et de "Choderlos de Laclos des bas-fonds".

  • Catastrophes

    Pierre Barrault

    Enigmatiques ou délirants, les fragments dont ce livre fantasque est constitué sont, tout comme ce que le physicien Paul Ehrenfest a nommé "la catastrophe ultraviolette", d'évidentes aberrations.
    D'une logique imparable, ils empruntent aux codes du rêve, du cinéma et des séries aussi bien qu'à la physique quantique, dont il n'est ici pourtant jamais question, ou de manière très implicite. On y croise un maître-nageur à huit bras, un certain Lomax, le sosie de François Berléand, un éléphant-machine, un guéridon ou encore Patrick McGoohan dans Le Prisonnier.
    La clarté dans l'inacceptable, l'absurde en ébullition. Le monde est fou ? Quelle jouissive catastrophe !
    Pierre Barrault vit à Nantes. Il a été libraire à Paris. Il est né en 1986, à Beaupréau, dans le Maine-et-Loire. Il est également l'auteur de L'aide à l'emploi (Louise Bottu, 2019), de Clonck et ses dysfonctionnements (Louise Bottu, 2018) et de Tardigrade (L'Arbre vengeur, 2016).

    Pierre Barrault vit à Nantes. Il a été libraire à Paris. Il est né en 1986, à Beaupréau, dans le Maine-et-Loire. Il est également l'auteur de L'aide à l'emploi (Louise Bottu, 2019), de Clonck et ses dysfonctionnements (Louise Bottu, 2018) et de Tardigrade (L'Arbre vengeur, 2016).

  • Cet ouvrage de 1957 fait date. En effet, il marque un tournant capital pour la psychiatrie, qui s'éloigne d'une psychologie mêlée de philosophie pour véritablement se faire médecine totale. À travers l'étude du cas de cette patiente atteinte de délire schizophrénique de persécution, Binswanger découvre la maladie comme résultat d'un processus dont seule l'observation de l'environnement, du contexte et de l'histoire du patient peut mener à la compréhension. Collectant de façon minutieuse et presque exhaustive tous les éléments du passé et du quotidien de Suzanne Urban, le médecin répertorie tant les symptômes cliniques que les données externes au patient. Avec Le Cas Suzanne Urban, Ludwig Binswanger ouvre une nouvelle voie et refonde la façon dont la psychiatrie est envisagée.

    /> Ludwig Binswanger naît en Suisse en 1881. Petit-fils de psychiatres, et entretenant un lien avec Sigmund Freud, d'aucuns auraient pu penser que Binswanger serait resté proche de la pensée de ses pairs. Mais il s'éloigne de la psychanalyse qu'il connaît pour établir une nouvelle méthode thérapeutique qu'il présente sous le nom de Daseinsanalys. Binswanger développe sa pensée dans nombres d'essais dont son ouvrage majeur, Grundformen und Erkenntnis menschlischen Daseins (1942). Il meurt en 1966.

  • Schizophrénie : tout le monde a déjà entendu ce terme qui est passé dans le langage courant sans que l'on sache précisément ce qu'il recouvre. Rien d'étonnant d'ailleurs, car la plupart des travaux sur la schizophrénie revêtent d'emblée un caractère spécialisé.
    Cet ouvrage se propose de répondre aux questions les plus simples que le public se pose à propos d'une maladie qu'il sait grave et stigmatisante : à quels signes reconnaît-on la schizophrénie ? Quels sont les causes, les traitements ? Que peut faire l'entourage pour aider le patient ? Et pour le patient lui-même, comment vivre avec cette maladie ? Faut-il renommer la maladie ?
    Bernard Granger et Jean Naudin mettent en commun leur expérience de praticiens et d'enseignants pour analyser les mécanismes de cette maladie mentale et en détailler les traitements.

    3e édition revue et augmentée

  • Cet ouvrage répond à une nécessité contemporaine : à la dominance techno-scientiste de la médecine et au dogmatisme de nombre d'Écoles de psychanalyse, l'auteur oppose la subversion de la clinique psychanalytique.
    Jean-Richard Freymann reprend tous les tableaux cliniques à l'aune de la conflictualité du discours, pour essayer de rendre compte des enseignements de la pratique. En suivant l'ancienne nosographie, il saisit l'occasion d'un débat avec la psychiatrie d'aujourd'hui pour interroger les limites de nos classifications et ce qu'elles peuvent avoir de précaire.

    Chaque chapitre est organisé autour d'une question à partir de laquelle il revient aux fondamentaux en s'appuyant sur la clinique contemporaine. Il s'interroge sur la place de l'inconscient freudien aujourd'hui, malmenée par le discours dominant des DSM, et les conséquences que cela provoque méthodologiquement, culturellement, et dans la formation des nouveaux « cliniciens ».

  •  « Qu'est-ce qu'une pensée ? La pensée d'une pomme est-elle mot ou fruit ? Fruit, il sera d'Ève ou de Cézanne. Mot, il s'écrira ou se prononcera à voix haute. Un geste, une chute engageront des pensées plus complexes, comme la peur de l'Apocalypse et la loi de la gravitation. La première femme avait déjà fait le geste inverse, de bas en haut, pour cueillir le fruit de la connaissance. Étrange métrage des pas d'un Virgile, qui permet à l'homme de connaître ce qu'il arpente : sa mère d'abord, puis la terre et l'enfer.

    Expériences sensitives, accès d'abstraction, fantaisies d'artiste ou jaillissement délirant, tout sort d'une même fabrique mentale. "Replongez-vous, pensées, au fond de mon âme", disait Richard III.

    Quand le silence d'une séance décide l'analyste à poser la question d'usage : "À quoi pensez-vous ?" l'analysant étendu sur le divan commence une phrase, puis s'interrompt : "Pourquoi me demander à quoi je pense ?" L'analyste hésite un instant : "Tant que vous ne vous entendrez pas le dire, me le dire, vous ne le saurez pas."

    Entre impensé et impensable, la pensée émerge et s'évanouit, se forme clairement ou défaille. De la formule d'un rêve à l'invention d'un nombre imaginaire, de l'obscurité d'une pensée du corps à l'écriture qui épouserait les pensées qu'elle fait naître, nous verrons les pensées sortir de l'ombre de l'insu. » S.R.

  • En 1986, le psychanalyste Didier Anzieu confirmait que sa mère avait été Aimée, cette femme dont Lacan écrivit la folie dans sa thèse. Par la grâce de cette identification, des noms pouvaient sortir comme de l'ombre, des lieux, des dates venaient prendre leur place ; ainsi s'ouvrait la possibilité d'une lecture enfin critique de la seule monographie clinique jamais écrite par Lacan.
    L'ouvrage comporte les documents d'époque. On y trouve aussi la correspondance Allouch/Anzieu qui accompagna l'écriture du livre. Le dernier mot revient à Anzieu en sa postface.

  • Les songes, ces visiteurs nocturnes, vont du rêve le plus banal, bien que toujours obscur, au cauchemar le plus troublant. Le sommeil est riche de ces fantômes de la nuit, que le dormeur s'en souvienne ou non.

    La frontière entre rêve et cauchemar paraît parfois floue et peut être facilement franchie. Le rêveur glisse alors de l'un à l'autre dans des affects partagés entre plaisir fugace et douleur nostalgique. Mais alors, y a-t-il une spécificité du cauchemar ? Est-il simplement un rêve comme un autre qui, bien que de mauvaise compagnie, répondrait aux mêmes règles ? Ou bien est-il un cas limite de rêves qui n'aurait pas les mêmes causes et ne viserait pas les mêmes objectifs ?

    /> Partant de la constatation, comme le fit Freud, que les premières expériences oniriques des enfants sont plutôt de l'ordre des cauchemars, Martine Menès s'intéresse à ce qu'il en reste dans les cauchemars ultérieurs. Et en particulier dans ceux dits traumatiques qui a priori sembleraient ne dépendre que de faits actuels. L'ouvrage est ponctué de récits (rêves, cauchemars) relatés dans le style poétique qui est la narration la plus proche du discours de l'inconscient.

  • Depuis l'aube de l'intelligence humaine ne faisons-nous pas que délirer... poétiquement, dites-vous, pourquoi pas ?
    Serge Rezvani

    Serge Rezvani est poète, romancier, dramaturge, peintre, compositeur de chansons, on lui doit, entre autres, parmi une centaine de chansons « Tourbillon », chanson du film « Jules et Jim » de François Truffaut et « J'ai la mémoire qui flanche », toutes deux interprétées par Jeanne Moreau. Serge Rezvani est l'auteur d'une oeuvre littéraire considérable, comprenant notamment Le Testament amoureux (Stock, 1981), La Cité Potemkine (Actes Sud, 2000) et Le Dresseur (Le Cherche Midi, 2009).

  • Dans cet ouvrage paru en Allemagne en 1992, qui réunit des articles et des textes de conférences inédits, Gaetano Benedetti réaffirme le choix, qui a été le sien pendant cinquante années de recherche et de pratique cliniques, de donner voix et sens à la " non-existence " du malade schizophrène dans une approche affectivo-relationnelle du monde de la folie, à contre-courant des tendances dominantes d'une psychiatrie et d'une psychanalyse orthodoxes.

  • Poppy, mot anglais qui signifie en français : pavot, coquelicot, fait référence à l'opium et à son pouvoir hallucinogène. Poppy aussi, comme dans pop, papa.

    M. Keller, un entomologiste de renom se rend aux urgences : la plaie sur sa jambe s'est aggravée. Son histoire, révélée à petites doses par les différents protagonistes, est racontée avec réalisme, mais Jérôme Élie nous entraîne subtilement ailleurs, au-delà des événements, de « l'ordre des choses », dans un univers où la réalité se fissure, un monde où les repères habituels s'effacent. Les expériences vécues dans les rêves viennent alors ébranler ce que notre raison tient pour vrai. Où est la réalité? Qui peut prétendre la cerner avec certitude et exactitude?

  • Gamer averti, vous pensez connaître tous les jeux de la galaxie ? Joueur débutant, vous n'êtes pas inspiré par les grands noms du genre ? Découvrez une sélection de 50 jeux vidéo originaux, insolites et intelligents à découvrir d'urgence ! L'auteur vous fait voyager dans des univers fantastiques, inquiétants ou décalés où le joueur incarne aussi bien une chèvre qu'un fonctionnaire ou un pixel. À vous de sélectionner parmi ces jeux tous aussi différents qu'extraordinaires, celui qui répondra le mieux à vos envies du moment. Laissez-vous guider dans ces mondes irréels par deux joueurs passionnés et passionnants.

  • Courses folles dans Venise, bals, masques et intrigues au temps de Louis XIV. Un roman trépidant à Venise, où une jeune fille, prisonnière d'un couvent, profitera du Carnaval pour s'échapper.
    Le 2ème tome de la saga des Demoiselles Chéries.

  • Le visiteur

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    Délire ou rêve ? Tout se mêle dans la fièvre d'une femme plongée dans une confusion extrême. Seules restent les sensations du corps offert à son jeune amant Brigitte Guilhot vous jette sans sommation à la figure un érotisme d'une littérature torride. Texte court, mais solaire. Eros et Thanatos au rendez-vous. Une nouvelle noire érotique pour le plus grand plaisir des lecteurs EXTRAIT Il est revenu cette nuit et il m'a retournée d'une main alors que, lourde de ce sommeil sans rêve dont je parle au début, je bavais mon angoisse sur mon poing fermé, la bouche collée au drap souillé, la joue enflammée d'éruptions de fièvre. Puis il s'est assis sur ma figure, il a posé son poids sur mon nez et ma bouche affamée, puis il s'est propulsé de tout son corps, bras et mains et bouche et regard lancés en avant de lui, pour lécher mes plaies et mes escarres, ouvrant ainsi encore et plus les deux globes de chair ferme de son cul par-dessus mes yeux exorbités d'étouffement, et mon nez ivre de lui suffoque tandis que ma langue folle serpente et s'infiltre en lui. A PROPOS DE L'AUTEUR Fille d'une Louve et du Vent, Brigitte Guilhot a vu la nuit au milieu du siècle dernier. Toute petite déjà elle planta ses griffes et sa truffe dans l'humus de l'Écriture et mordit à pleines dents dans la chair des Mots dont elle arrachait la substantifique moëlle pour la grande satisfaction de ses profs de français qui s'emmerdaient beaucoup par ailleurs en corrigeant leurs copies - ce qui ne l'empêcha pas de se faire virer de partout. Auteur d'un roman haletant Soluble, paru en juillet 2014 à L'Ours blanc (qui se trouve être son animal-totem), de romans et nouvelles plus ou moins noirs ou chauds publiés ou non, d'une correspondance de prison avec Hafed Benotman à paraître incessamment sous peu chez Miss Ska, et d'autres billevesées littéraires, elle promène chaque nuit ses yeux rouges dans la cité endormie en chasse d'inspiration et fait ses courses au Franprix le jour.

  • Les deux Camille. Elle et lui. Ils sont disjoints devant Paul qui va décéder. Qu'est-ce que ce complot que le moribond leur a réservé pour sa dernière heure ? Devant sa tombe, c'est l'histoire d'un fou furieux...

  • Gaetano Benedetti est connu au niveau international comme un grand théoricien des psychoses. Il se montre ici en grand clinicien et en superviseur hors pair. à partir de situations cliniques, Gaetano Benedetti, qui supervise un groupe de thérapeutes, reprend et relance une théorisation de la schizophrénie. Son approche, qui vise à analyser des positions cliniques pertinentes, est exceptionnelle dans la mesure où le souci partagé avec les participants de ce séminaire est de soigner.

  • « La rencontre avec ce paradoxe qu'est la personne schizophrène est toujours bouleversante, elle nous stupéfie et nous trouble ; elle nous confronte à la grande question psychiatrique et humaine : qui est cette personne ? Comment entrer en contact avec elle ? Comment modifier, en l'apprenant d'elle, ses vécus et ses comportements mais aussi les nôtres ? Est-il possible que la schizophrénie soit uniquement une maladie au sens médical du terme, qu'elle soit assimilable aux maladies psycho-organiques du système nerveux, à l'épilepsie, à la maladie d'Alzheimer, c'est-à-dire à ces troubles qui, même si on les considère dans leur dimension biographique globale, sont toujours étudiés sous leurs aspects transpersonnels ? Ou bien faut-il au contraire considérer que le mal apparaît et finit dans la personne elle-même, dans sa façon d'être au monde sur ce mode d'existence tragique qui ne peut se produire que de la rencontre avec nous ?

    Après quarante années de rencontre avec des patients schizophrènes, je suis enclin à pencher pour cette seconde hypothèse. Mais ces quarante années d'expérience me disent aussi que cette intuition des causes n'a d'intérêt pour moi qu'au sens "opératoire" du terme, dans le contexte du dialogue : la cause originelle de la schizophrénie ne mintéresse pas ; ce qui m'intéresse seulement c'est d'arriver dans le dialogue au point où le patient comprend les significations de sa psychopathologie et en les comprenant, les transforme. >> G. B.

  • Le livre de Salomon Resnik est un long voyage dans l'univers de la folie. Ce sont les vicissitudes de ces voyages avec des patients psychotiques qui permettent de vivre avec le lecteur les péripéties d'une poësis thérapeutique dans les méandres de l'inconscient.

    Les patients psychotiques chroniques vivent une existence suspendue, comparable à un état d'hibernation. La personne psychotique est particulièrement fragile et sensible et ne peut tolérer ni souffrance psychique (douleur d'être) ni plaisir. Au fond, l'apathie psychotique est une paralysie du "re-senti.

    Dans leur excessive sensibilité, ils se sentent blessés par toutes formes d'impact affectives, dloù la nécessité diune protection. La carapace autistique est paradoxalement l'expression vitale de ce renfermement, où la dévitalisation est la condition pour perdurer. La nature de cette armure est ontologiquement importante. Que sa texture soit de coton, de bois, de verre, de fer ou de glace, elle est un langage en soi. La congélation des sentiments est une régression pré-historique a l'époque glaciaire de l'individu pris dans une indicible détresse. La glaciation est alors une tentative de " rassembler " les morceaux de son moi éclaté. La déglaciation, expression inévitable dlun " changement catastrophique " (Bion), fait, elle, partie du processus thérapeutique de guérison. Le retour à la vie requiert une prise en charge institutionnelle, humaine, compréhensive et efficace.

    Cet ouvrage constitue la synthèse d'un travail psychanalytique et psychiatrique. Depuis cinquante ans, llauteur travaille auprès de patients psychotiques, en individuel et en groupes, dans divers contextes culturels (Argentine, France, Angleterre, Italie). Salomon Resnik continue sa recherche sur l'existence à travers son contact quotidien avec le monde de la psychose.

  • Certains psychotiques ont une production plastique ou d'écriture : machines folles , théories délirantes, etc... Ces constructions, ces systèmes ont en fait pour eux une valeur autothérapeutique. Dans la période contemporaine, la machine est entrée dans la visée de l'esthétique (cf Machines célibataires , rotatives de Marcel Duchamp) en tant qu'oeuvre d'art et elle prend aussi place sur le versant de la clinique comme symptôme. Ce double aspect, esthétique et clinique, sera ici traité en référence aux catégories du champ freudien. Quelle peut être l'attitude du clinicien à l'égard de ces manifestations ? Comment sont-elles prises en compte par la culture ? Quel est sur ce sujet la réflexion des esthéticiens et des critiques d'art ?

  • Ce roman raconte l'histoire envoûtante d'une amitié à sens unique où la toile de fond est celle d'une tragique solitude.

    Choisir Éléonore. L'attendre, couchée en chien de fusil au pied de sa porte close. L'épier. La suivre. La pourchasser. La harceler. Ni les humiliations ni les rebuffades, rien ne détourne Marianne de son obsessive quête. Rien n'altère son illusion d'être aimée.

    Au fil des aventures de Marianne et de ses inventions, Andrée A. Gratton réussit à rendre tangible la solitude et la candeur de son héroïne. Avec un style vif et réaliste, doublé d'un rythme envoûtant, elle nous tient en haleine jusqu'au dénouement troublant qui montre toute l'ampleur que peut prendre une obsession délirante.

    Difficile de refermer ce livre fascinant une fois qu'on l'a commencé.

  • En 1911 paraît l'ouvrage majeur d'Eugen Bleuler Dementia præcox oder Gruppe der Schizophrenien. Sa traduction intégrale, dont Henri Ey disait qu'elle ne verrait jamais le jour, nous parvient enfin. Elle nous éclaire sur les concepts fondamentaux de la schizophrénie : Spaltung, autisme, ambivalence, défaut de modulation affective.

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