• Luce : « vagabonde » ; Adèle : « voleuse » ; Émilienne : « vicieuse ». Trois mots, qui valent rappel à l'ordre, réquisitoire, sanction. Ou comment le langage, le système éducatif, la psychiatrie et l'institution judiciaire construisent le féminin, en lui opposant des contre-modèles. Dans les années 1950 et 1960, une adolescente a tôt fait de virer « mauvaise fille » : un flirt, une sortie au bal ou au café, voire une simple fugue de quelques heures peuvent suffire à enclencher l'engrenage judiciaire, qui la conduit devant le juge des enfants. Beaucoup seront ensuite placées en internat, hospitalisées, ou emprisonnées. Un mécanisme que Véronique Blanchard dévoile à travers l'analyse de centaines de documents exhumés des archives du tribunal pour enfants de la Seine. Les voix des jeunes filles qui en surgissent racontent autant de trajectoires brisées, de rêves réprimés et de révoltes indomptées. Elles nous plongent dans les coulisses de la fabrique du genre et des inégalités. Car si les lois ont évolué, si les regards portés sur le genre ont changé, si les adolescentes d'aujourd'hui ne portent plus les mêmes prénoms, certains mécanismes, eux, perdurent : ces voix n'ont aujourd'hui rien perdu de leur force subversive.
    Véronique Blanchard est historienne. Responsable du Centre « Enfants en Justice » de l'École nationale de Protection judiciaire de la jeunesse, un lieu consacré à l'histoire de la justice des enfants, elle est co-rédactrice en chef de la Revue d'histoire de l'enfance « irrégulière », et co-auteure, avec David Niget, de Mauvaises filles. Incorrigibles et rebelles (Textuel, 2015).

    Véronique Blanchard est historienne. Responsable du Centre «?Enfants en Justice?» de lÉcole nationale de Protection judicaire de la Jeunesse, un musée consacré à lhistoire de la justice des enfants, elle est également la co-rédactrice en chef de la Revue dhistoire de lenfance «?irrégulière?» (RHEI), et co-auteure, avec David Niget, de Mauvaises filles. Incorrigibles et rebelles (Textuel, 2015).

  • Tout commence quand Arthur, dix ans, trouve de la crème glacée au fudge dans la neige, et que trois petits voyous, les RJ, lui cassent la gueule. Arthur se sauve et se réfugie dans une école désaffectée, où il tombe sur Choukri, alias Barbe bleue, dandy schizophrène et premier citoyen de la commune d'Hochelaga. Là vivent du monde qui veulent changer le monde. Avec Styve Taillefer, Arthur se met à revendre ses médicaments dans la cour d'école; ensemble, ils se lancent dans le trafic de pilules pour financer la révolution. La vie se transforme: le mois de mars rallonge, des barricades de neige hautes comme des maisons apparaissent dans les rues du quartier, on creuse un tunnel sous la commune et on joue au golf sur les glaces du fleuve. La police va finir par s'en mêler, c'est sûr, mais rien ne peut plus les arrêter.

    L'évasion d'Arthur ou La commune d'Hochelaga, c'est des enfants, des poqués, des anars, des malades, qui prennent leur vie en main et exigent l'impossible; c'est le roman comique d'un écrivain à l'esprit contestataire et à l'optimisme radical.

  • Des enseignants-chercheurs français reconnus, mais également étrangers (Belgique, Brésil, Canada) traitent des médiations par l'art à partir du référentiel théorique lacanien. Jusqu'à présent, les médiations thérapeutiques par l'art ont été pensées dans le champ psychanalytique à partir de la question de la symbolisation dans une optique postfreudienne (cf. les travaux de l'université Lyon 2 de Anne Brun, René Roussillon, Bernard Chouvier, Edith Lecourt, etc.). Cet ouvrage collectif met au centre de la réflexion et de la pratique la question du non-symbolisable et de l'irreprésentable, ce que Lacan nomme « Réel ». à partir de ce concept central sont abordées différentes questions (médiation, dispositif, création, psychose), mais aussi différents types de médiation (musique, théâtre, marionnettes, écriture).

  • « La clinique étonne et contraint le praticien. Son délaissement dans le champ de la psychiatrie et de la recherche va de pair avec la primauté actuelle accordée à l'image, où l'entendu ne peut être que négligé.
    Cet ouvrage montre que c'est la psychanalyse qui retrouve le fil des discours psychotiques, au cas par cas. Cette clinique n'est pas celle des symptômes assourdissants, mais celle d'une articulation incessante à la théorie qui la sous-entend et s'en trouve modifiée.

    L'entreprise a pour objet - à partir d'une remise sur ces bases légitimes de ce qui est en jeu dans les psychoses - d'oeuvrer pour l'appréciation des déterminants, des circonstances de déclenchement, de déploiement, et des conditions d'une action thérapeutique raisonnée. On entendra, dans ce qui est écrit, le souci de l'auteur de transmettre cette attitude en faisant appel à son tour au transfert du lecteur - 'qu'il y mette du sien'', comme l'y incitait Jacques Lacan. Il sera alors, à chaque détour du texte, plongé dans l'étonnement d'une nouvelle et authentique clinique. » Jean Bergès

    Par rapport à l'édition originale, cette nouvelle parution comporte quelques ajouts. Un accent particulier a été porté sur la question du transsexualisme, de la manie, de la mélancolie, ainsi qu'à la problématique des pulsions. Trois entretiens présentés en annexe viennent compléter ces considérations cliniques sur les psychoses.

    Marcel Czermak est psychiatre des hôpitaux, psychanalyste, membre de l'Association lacanienne internationale.

     Mise en vente le 16 février 2012

  • Grand Cirque Déglingue est un récit de l'éternelle enfance avec des personnages proches des Vitelloni de Fellini, qui traînent leur douce folie et leur adolescence attardée dans une ville où tout est déjà tracé.

    Mais, heureusement, il y a Sara qui enchante ce monde gris, Sara qui par sa seule présence ou absence suffit à maintenir l'espoir et l'illusion.  

    Grand Cirque Déglingue appartient au premier mouvement (I Principianti) de la grande oeuvre concertante de Lodoli. L'auteur distille des pages prémonitoires, esquissant les entrées de tous ses récits
    à venir et ainsi qu'il le dit lui-même : "ce voyage de la boue vers la lumière, qui passe et repasse par Rome."

    Une infinité de routes, qui se ressemblent, tournent en rond et divaguent, mais échouent fatalement au même point. On est en hiver à la veille de Noël, nos trois
    "arnarchorêveurs" décident de voler l'Enfant Jésus dans sa crèche : Nous le libérons de son destin et nous l'envoyons jouer avec les autres, ce morveux. Le texte est raconté selon le point de vue des trois protagonistes lunaires pour ne faire qu'une seule voix terrible et fragile, comme la vie et son sacré cirque.

  • Psychanalyste au sein d'une équipe éducative de la Protection judiciaire de la jeunesse, Danièle Epstein livre une réflexion sur l'embrigadement djihadiste guettant des adolescents déstructurés, qui, à l'issue d'un acte délinquant, ont à rendre des comptes à la Justice.

    Trauma, errance, violence, exil sont ici abordés à travers la présentation de cas, des analyses  théoriques et  institutionnelles qui témoignent d'un combat clinique dans l'ordre judiciaire : faut-il donc « mettre au pas » ces jeunes quand l'enjeu de leur vie est de « prendre pied » en s'enracinant dans un monde habité de liens, de mémoire et de projets ?

    Garantir l'espace psychique en institution est un combat, une lutte permanente pour que la clinique ne se laisse pas incorporer dans l'ordre judiciaire, pour que la logique institutionnelle n'écrase pas la logique du Sujet. Loin de décrire un mode d'emploi normatif ou de souscrire à une exigence de transparence informative, l'auteur montre comment les jeunes adressés par le juge peuvent ne pas rester objets de la demande judiciaire, et s'engager dans une démarche qui leur est propre.

    Là où le quotidien prend la couleur de l'échec, de la menace et de la peur, l'objectif est de permettre à ces adolescents de s'inscrire dans une re?alite? psychique et sociale vivante et vivable. Ce souci éthique nécessite la cohérence de l'équipe éducative, utilement soutenue par une écoute analytique.

  • Au coeur d'une campagne présidentielle qui place la question de la sécurité au premier rang des préoccupations sociales, à l'heure où vient à l'assemblée le projet de loi Sarkozy sur la prévention de la délinquance, cet ouvrage tente, de façon synthétique et très didactique, d'éclairer le débat public. Accessible à tous publics, il donne au lecteur des clés pour démasquer les manières irrationnelles ou idéologiques qui président généralement à l'élaboration des stratégies de prévention et de répression, et pour les analyser d'une façon à la fois plus efficace et plus humaniste. Jacques Faget est chercheur au CNRS (CERVL), enseignant à Institut d'études politiques de Bordeaux et aux universités de Paris V, Barcelone, Padoue et Sion.

  • Cet ouvrage, élaboré collectivement et avec la participation des enfants et des jeunes, propose une vision d'acteurs de la société civile pédagogique, panoptique et exhaustive pour servir de référence, non seulement à l'ONU, mais plus largement aux institutions publiques, aux organisations, associations et professionnels de l'enfance et à l'ensemble des citoyens, dans la perspective d'une amélioration effective de la situation de tous les enfants en France au regard de leurs droits.

  • Australie, dans les années 1960. Le narrateur, jeune métis aborigène, sort d'un court séjour en prison suite à un cambriolage. Livré à lui-même, il erre entre les bars jazz, où il risque de retrouver ses mauvaises fréquentations, et les plages où flâne la jeunesse dorée locale. Il se heurte de nouveau aux multiples barrières entre lui et les blancs, lui et les Aborigènes, lui et une société dans laquelle il ne trouve pas ses repères. Australie, dans les années 1960. Le narrateur, jeune métis aborigène, sort d'un court séjour en prison suite à un cambriolage. Livré à lui-même, il erre entre les bars jazz, où il risque de retrouver ses mauvaises fréquentations, et les plages où flâne la jeunesse dorée locale. Il se heurte de nouveau aux multiples barrières entre lui et les blancs, lui et les Aborigènes, lui et une société dans laquelle il ne trouve pas ses repères. Dans une librairie, il tombe sur un exemplaire d' En attendant Godot de Samuel Beckett, qui lui fera l'effet d'un électrochoc... Parcours initiatique entre spleen urbain et retour à la brutalité du bush, Chat sauvage en chute libre est un roman politique, mais aussi l'histoire d'une rédemption.

  • La Fouine est un phénomène. Sa vie vaut tous les romans.
    Avec plusieurs millions d'albums vendus, autant de fans sur les réseaux sociaux, une exposition médiatique conséquente, il est un des artistes de musique urbaine les plus populaires. Son différend avec le rappeur Booba a enflammé la toile. Le cinéma le courtise.
    Originaire de Trappes, Laouni Mouhid, pour son contrôleur judiciaire, a tout connu : la galère, la délinquance, la prison. Son père transmet à ses sept enfants son amour de la musique. On écoutait Brel, Brassens, Gainsbourg, Coltrane et Billie Holiday dans le salon familial. Laouni apprendra tôt à chanter et à jouer de plusieurs instruments. Sa mère, trop vite disparue, lui inculque des valeurs fondamentales. Mais la famille implose. S'ensuivent expulsions et déboires. Laouni sombre.
    Avant que La Fouine n'obtienne gloire, argent, reconnaissance et qu'il ne vive sous le soleil de Miami, il aura été balloté de foyers en maisons d'arrêt. Il aura aussi forgé des amitiés fraternelles. Ce récit est l'autobiographie intimiste et inédite d'un artiste qui se livre sans tabou, avec une lucidité, une sincérité et une autodérision étonnantes. Du ghetto au gotha, des quartiers disciplinaires aux plateaux télé, des mandats de dépôts aux trophées, ce « drôle de parcours » constitue un témoignage passionnant et débordant d'humanité.
    Un document que Laouni Mouhid a souhaité écrire avec deux journalistes, scénaristes et écrivains : Karim Madani, spécialiste des cultures urbaines et Christian Séranot, spécialiste des questions judiciaires et sociétales.

  • Quand on rêvait

    Clemens Meyer

    • Piranha
    • 2 Avril 2015

    Tombeau d'une jeunesse détruite. Un roman sur la force des amitiés à l'adolescence, la perte de l'identité, la grâce de l'échec. Écrit dans une langue à la fois violemment quotidienne et puissamment hypnotique.

    Après les jeux de l'enfance vient le temps des bagarres : Rico, Marl, Paul et Daniel grandissent à Leipzig durant les années du Grand changement, entre vols de voiture, alcool et peur, entre rage et destruction.
    Ils errent toutes les nuits dans les rues, font la fête, volent, se cognent contre les murs. Ils sont libres mais ont du mal à retenir la vie. Dans une langue directe, sensible, authentique et pleine de rage, ce roman est l'histoire de la promesse, du rêve, d'une vie meilleure possible.

    Quand on rêvait a été adapté au cinéma par Andreas Dresen, lauréat du grand prix du jury de la Berlinale en 2002. Le film a été sélectionné en compétition officielle de la 65e Berlinale et est produit par Michael Haneke.

  • Un jeune homme, Cédric Poitras, accumule les mauvais coups depuis son entrée au secondaire : cours séchés, vols à l'étalage, alcool... rien ne semble l'arrêter.
    À bout de nerfs, ses parents l'expédient chez son grand-père paternel, propriétaire d'un centre de ski en Colombie-Britannique, le mont Renard. Là, son aïeul ne lui épargne aucune tâche, en plus de l'obliger à passer ses soirées sur Internet pour obtenir son diplôme.
    Bientôt, il s'intéresse, malgré lui, à la bonne marche de la station et aux mystérieux problèmes qui s'y manifestent depuis peu. Avec l'aide de ses amis, Chuyên, Tantine Jé, Stanislas et Blanche, la jolie monitrice, il aidera son grand-père à affronter la menace qui plane sur la montagne.

    Dans la même veine que son précédent roman, «24 heures de liberté», Pierre-Luc Bélanger livre ici une autre histoire pleine de péripéties et de rebondissements.

  • L'objet de cet ouvrage n'est pas de protéger l'avenir professionnel du juge des enfants mais de revendiquer la mission qu'assume la justice des mineurs dans l'apprentissage de la loi pénale et dans la transmission des règles fondamentales que sont l'interdit de l'inceste et l'interdit de la violence, enjeux de société de première importance. Faire vivre ce va-et-vient entre la violence, l'émotion, la réflexion et la décision judiciaire est essentiel pour que chacun mesure ce que représenterait pour les enfants un repli de l'institution judiciaire sur ses seules fonctions classiques : la répression et l'arbitrage des conflits. L'auteur a choisi pour cela d'intégrer à sa réflexion de nombreux extraits des dossiers. Ils donnent à entendre les mots que les enfants et les parents mettent sur les expériences extrêmes qu'ils ont pu vivre, et montrent leur cheminement commun avec le juge des enfants tout au long des audiences successives. À distance des procès largement médiatisés, les citoyens sont ici invités à pénétrer dans l'atelier d'un juge des enfants et à découvrir comment celui-ci peut rendre la justice auprès d'enfants en danger ou d'adolescents délinquants.

    Laurence Bellon, magistrat, est vice-présidente au tribunal pour enfants de Lille.

     

  • «S'intégrer, c'est pourtant simple», «Être intégré, c'est se faire discret», «Certaines cultures s'intègrent mieux que d'autres», «L'immigration menace l'identité française», «La langue est un puissant facteur d'intégration», «L'intégration passe par le mariage mixte», «L'intégration, c'est la reconnaissance sociale»...
    Autant d'idées reçues que nous entendons fréquemment et qui son ici analysés par Azouz Begag.

  • Les assertions gratuites ou contradictoires sur l'importance et l'évolution de la délinquance polluent un débat nourri de statistiques que chacun manie à sa guise et où l'État détient le monopole des sources et du traitement.
    Voici un ouvrage qui apporte une perspective scientifique dans la mesure de la délinquance. Après une histoire des méthodes de mesure et de leurs mutations contemporaines, les auteurs font apparaître les grandes évolutions de la délinquance : augmentation du vol de masse avec l'essor de la consommation depuis les années 1960 ; augmentation du vol avec violence et montée d'une petite violence expressive à partir du milieu des années 1980 - années de fracture sociale ; flambée, depuis les années 2000, d'une répression davantage concentrée sur la défense de l'ordre public (trafic de produits prohibés, immigration irrégulière) que sur la sécurité du citoyen.
    Il plaide enfin pour trois évolutions majeures : une mesure de la délinquance analysée sur le temps long ; une mesure qui ne soit plus le monopole du pouvoir et qui combine différents types de données ; une relance urgente de la mesure de la délinquance financière et de celle des élites.
    Un diagnostic indispensable pour comprendre la situation actuelle de la délinquance.

  • Johanne traverse une grave crise face au vieillissement. Elle remet en question ses choix de vie : sa carrière de comptable, ses multiples amants, beaucoup plus jeunes qu'elle, son divorce, ses relations problématiques avec son fils homosexuel et sa fille anarchiste.

    Un crâne, qui figure parmi ses nombreux objets personnels, devient son confident, une sorte de fétiche un peu bizarre... cela n'est pas sans inquiéter son fils et sa fille qui se demandent si leur mère n'aurait pas besoin de voir un psy. Non seulement Johanne traîne-t-elle Gaston (nom attribué à ce crâne) partout où elle va, causant parfois de grands malaises, elle établit en plus de curieuses relations avec un collègue de bureau, des personnes sans domicile fixe et la veuve d'une victime de guerre.

    Le farfelu, l'absurde, le réalisme et différents niveaux de réalités se côtoient dans ce roman. Patricia Portella Bricka a le souci du mot juste, une écriture élégante, et un humour aux accents méditerranéens, teinté d'audace et d'autodérision.

  • Des attentats aux émeutes en passant par la délinquance et l'incivilité ordinaires, que fait la police ? Voici le livre blanc de la sécurité en France, réunissant les grands acteurs et les meilleurs spécialistes. Une synthèse indispensable. Organisé à l'occasion des 25 ans de la Direction centrale de la sécurité publique, le colloque " La police de sécurité publique en France " a réuni, le 18 octobre 2018, au Conseil économique, social et environnemental à Paris, des universitaires, des hauts fonctionnaires et des policiers de terrain, autour d'une double interrogation : quels enjeux et quelles ambitions pour la sécurité publique de demain ?
    Rassemblées ici, les contributions présentées au cours de ce colloque projettent ainsi, et pour la première fois, la lumière sur la plus importante direction active de la police nationale, direction forte de près de 67 000 agents qui, au quotidien, 7 jours sur 7, et 24 h sur 24 h, assurent la protection de près de 27 millions de personnes sur le territoire français.
    À l'heure où la sécurité demeure, à juste titre, l'une des préoccupations majeures des Français, cet ouvrage écrit par des spécialistes et des acteurs de la sécurité, intéresse chacun d'entre nous.
    Préface de Christophe Castaner, ministre de l'Intérieur Avec les contributions de : Jean-Marc Berlière ; Paul Bogaert ; Marie-France Caramico ; Thierry Delville ; David Fasquel ; Robert Gelli ; Nicolas Kada ; Pascal Lalle ; Frédéric de Lanouvelle ; Audrey Leblanc ; Éric Morvan ; Serge Morvan ; Didier Perroudon ; Laëtitia Philippon ; Olivier Renaudie ; Sonia Rodrigues ; Christophe Soullez ; Mathieu Zagrodzki.

  • Dans l´imaginaire collectif, le criminologue est un être étrange qui pourchasse des tueurs en série. Bien que cette représentation ne soit pas totalement erronée, elle ne constitue pas l´essence du travail du criminologue. En fait, ce professionnel peut être impliqué dans chacune des étapes du système de justice, à savoir : 1) le support aux enquêtes ; 2) le traitement des criminels violents ; 3) l´évaluation des risques de récidive; 4) le suivi de criminels lors de leur réinsertion sociale ; 5) le support aux victimes d´actes criminels. L´auteur met en lumière les activités d´un criminologue impliqué dans la protection du public, mais respectant également les droits des criminels.
    Jean Proulx est professeur titulaire à l´École de criminologie de l´Université de Montréal, dont il est l´actuel directeur.

  • Un homme entre dans un bar. Il cherche une place et aperçoit un garçon. L'homme se revoit aussitôt à vingt ans: même visage, mêmes cheveux, même blouson de cuir, même regard. Comment est-ce possible? L'image d'une jeune fille le hante. Elle s'appelait Teresa. Elle était très attirante. Il ne l'a pas revue depuis vingt ans.

  • L´ étendue des expérimentations locales dans le domaine de l´intervention psychosociale auprès des jeunes et de leur famille est largement méconnue. Pourtant, si l´on innove, c´est pour répondre à la nécessité souvent criante de s´adapter à l´environnement de travail et à la clientèle. Or, lorsque les pratiques originales restent dans l´ombre, les intervenants courent le risque de passer à côté de trouvailles utiles et de reproduire les erreurs du passé. Ce livre décrit une trentaine d´initiatives en cours dans le réseau des centres jeunesse du Québec.

    Les auteurs sont des praticiens et des universitaires dont la collaboration a permis de trouver des solutions prometteuses pour offrir aux jeunes en difficulté un soutien individuel et familial adéquat.

  • Joug

    Fred Albarane

    • Iggybook
    • 27 Novembre 2016

    Pourquoi un garçon choisit-il la violence, tandis qu'un autre la subit en silence, supportant l'insupportable, voire l'inavouable ? Voici l'histoire hallucinante, un rien sulfureuse, de Christie, jeune garçon névrosé, victime d'un harcèlement sans nom, lequel tourne à l'obsession, devient passionnel et finit par prendre une tournure inattendue. Les gamins sont ici livrés à eux-mêmes, en proie à une mutation qu'ils ne comprennent pas et pour cause ; on sent la blessure ouverte du père manquant qui claque à chaque page. Les fondations sont absentes, les corps vacillent en tous sens et tout est bon pour garder l'équilibre. Malgré tout, Christie fait preuve de résilience. Les brimades finissent par cesser et le Soleil pénètre peu à peu sa vie. Mais l'orage n'est jamais bien loin... Attachez vos ceintures, ça va secouer. Voilà un récit qui cingle, qui cogne, qui brûle. La narration est légère, mais les faits sont lourds et les dialogues bruts de décoffrage. Le tout assaisonné de beaucoup d'humour et d'ironie ; l'auteur prend ici grand plaisir à régler ses comptes...

  • Trois jeunes partagent leurs expériences difficiles de passage à la vie adulte. Ils s'ouvrent sur leurs problèmes de santé mentale, de maltraitance parentale et de consommation. Ils se racontent rétrospectivement dans le premier chapitre de cet ouvrage en soulignant leurs besoins de soutien et l'importance de se raccrocher à l'espoir d'un avenir meilleur pour réussir à se mobiliser positivement. Ces jeunes sont ou ont été membres d'un réseau d'entraide de type « par et pour », dont les auteurs font mention à plusieurs reprises dans ces actes de l'événement franco-québécois Paradoxes - Colloque sur la transition à la vie adulte.
    La première partie de ce livre est consacrée au regard que portent des jeunes en difficulté sur leur transition. En participant à des projets de recherche-action et cliniques, ils s'expriment au moyen de la photographie, de scénarios de films autobiographiques, de la musique et d'une bande dessinée. Dans la seconde partie, des chercheurs et des professionnels rapportent le point de vue de praticiens sur les améliorations qu'il serait bon d'apporter à l'offre de service pour mieux les aider, l'intervention en situation de parentalité précoce, les politiques pénales et les sorties de délinquance en France, de même que la santé des jeunes Français en difficulté. Des scientifiques expliquent ensuite, dans la troisième partie de ces actes, les résultats de leurs études sur la violence subie au cours de l'enfance et la violence subie dans les relations amoureuses, le soutien social offert aux adolescentes hébergées en centre de réadaptation, les entrées et sorties de délinquance en France, la construction identitaire et l'adaptation de jeunes universitaires de la diversité sexuelle, puis le vécu d'adolescents des Premières Nations.
    À travers ces perspectives croisées, les auteurs révèlent à quel point les jeunes vulnérables et en difficulté ont besoin de relations d'attachement saines et sécurisantes pour bien se développer. C'est dire toute l'importance que peuvent avoir leurs proches et les professionnels dans leur vie, ceux qui créent de bons liens avec eux et les aident à traverser au mieux cette période de vie mouvementée.

  • En 1955, Jean Genet rencontre Abdallah Bentaga, un jeune acrobate, avec lequel il vit sa plus belle et dramatique histoire d'amour. Il lui dédie « Le Funambule », un long poème amoureux, mais aussi une réflexion sur les voies de la création : variations sur une dramaturgie du cirque, du théâtre et de la danse. Dans « L'Enfant criminel », dont l'édition originale de 1949 fut censurée, l'auteur raconte son passage après ses premiers larcins dans des maisons de correction de l'assistance publique et dévoile « le mystère de ces bagnes pour enfants ».

  • Jean Genet évoque son itinéraire qui fit d'un enfant de l'Assistance publique injustement soupçonné d'un vol et placé dans une maison de correction celui qui, dans sa souffrance, choisit d'être ce dont on l'accuse : « Je me reconnaissais le lâche, le traître, le voleur, le pédé qu'on voyait en moi. » « Journal du voleur » est l'évocation d'un destin délibérément choisi « dans le sens de la nuit » pour exploiter « l'envers de la beauté » par l'écriture et son flamboiement. C'est grâce à l'éclat de cette parole que Jean Genet élabore un monde cohérent, le sien, reposant sur la constante inversion des valeurs et centré sur la mort.

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