• « C'est une vérité universellement reconnue qu'un célibataire pourvu d'une belle fortune doit être en quête d'une épouse. »Élisabeth Bennet a quatre soeurs et une mère qui ne songe qu'à les marier. Quand parvient la nouvelle de l'installation à Netherfield, le domaine voisin, de Mr Bingley, célibataire et beau parti, toutes les dames des alentours sont en émoi, d'autant plus qu'il est accompagné de son ami Mr Darcy, un jeune et riche aristocrate. Les préparatifs du prochain bal occupent tous les esprits...Jane Austen peint avec ce qu'il faut d'ironie les turbulences du coeur des jeunes filles et, aujourd'hui comme hier, on s'indigne avec l'orgueilleuse Élisabeth, puis on ouvre les yeux sur les voies détournées qu'emprunte l'amour.Traduit de l'anglais par Sophie Chiari.

  • Avant de s'imposer comme un immense metteur en scène, François Truffaut a inauguré une nouvelle façon de regarder les films et d'en parler. Ses articles passionnés pour les Cahiers du cinéma en témoignent. Ce livre, devenu une bible pour tous les cinéphiles, rassemble les articles que Truffaut avait lui-même sélectionnés - sur les classiques français, les grands d'Hollywood, mais aussi ses « copains de la Nouvelle Vague » et ses réalisateurs préférés : Bergman, Renoir, Chaplin...
    Le premier de ces écrits, intitulé « À quoi rêvent les critiques ? », analyse l'ambiguïté des relations entre les créateurs et ceux qui les jugent. « Lorsque j'étais critique, écrit Truffaut, je pensais qu'un film, pour être réussi, doit exprimer simultanément une idée du monde et une idée du cinéma. Aujourd'hui, je demande à un film que je regarde d'exprimer soit la joie de faire du cinéma, soit l'angoisse de faire du cinéma et je me désintéresse de tout ce qui est entre les deux, c'est-à-dire de tous les films qui ne vibrent pas. »

  • Pour Virginia Woolf, les livres doivent tenir tout seuls sur leurs pieds : ils n'ont besoin d'aucune exégèse pour être appréciés par leurs lecteurs. C'est vrai mais cela ne l'a pas empêchée - pour notre bonheur - de consacrer plus d'un article à ses confrères auteurs vivants ou morts et à leurs oeuvres. Et quels articles ! On en trouvera ici quelques exemples parmi les plus pertinents en même temps que certaines de ses réflexions sur la lecture et l'écriture. Ainsi défilent pour notre plus heureux plaisir, éclairés par la fulgurante intelligence de la grande Virginia, Robinson Crusoé, David Copperfield, Tchekhov, Lewis Carroll ou encore Thoreau, Conrad et Jane Austen. Ce sublime panorama se termine par ses réflexions relatives à une question qui reste d'actualité : « Est-ce que l'on écrit et publie trop de livres ? ». Celui-ci, du moins, nous manquerait s'il n'existait pas.

  • Je n'écrirais pas ce livre si je ne croyais pas profondément à la vitalité de la France, à son avenir, à la capacité des Français de dire « Assez ! »

  • Longtemps nous avons considéré les animaux comme ceux que la nature avait privés des qualités que nous, les humains, possédons : l´aptitude à raisonner, apprendre, communiquer, s´adapter, décoder, transmettre, enseigner, progresser... Les travaux scientifiques ont pulvérisé cette idée reçue et, depuis la dernière décennie, ils nous surprennent encore plus. Qui sont vraiment les animaux ?
    On les savait joueurs, blagueurs, rieurs, féroces parfois ; on les découvre tricheurs, menteurs, trompeurs, mais aussi aimants, mélancoliques ou encore émotifs, stratèges, sensibles aux intentions d´autrui, capables de respecter une morale ou d´élaborer une culture.
    La très grande ingéniosité des tests et l´extraordinaire diversité des observations scientifiques (éthologie, génétique, psychologie, zoologie, primatologie, neurosciences) nous révèlent les facettes de l´intelligence et de l´identité animales, et prouvent l´absurdité qu´il y a à réduire les compétences de la bête à la seule force de son instinct. Car en dépit des caractéristiques qui fondent l´homogénéité de son espèce, chaque animal est un individu à part entière, un être social unique, complexe, et par là même un sujet de droit.
    Des singes aux léopards, des éléphants aux antilopes, des baleines aux dauphins, l´auteur nous propose une approche de l´altérité qui apporte beaucoup au débat sur l´exploitation et la manipulation animales. Un plaidoyer fort documenté en faveur de la personne animale.

  • Aujourd'hui les musées affrontent les approches les plus désinvoltes et les plus saugrenues. De plus en plus oubliées leurs valeurs identitaires, culturelles et politiques. Allons-nous vers une réalité qui les réduira en entrepôts où puiser des marchandises ?

  • « S'il est une chose dont on ne peut guère me faire grief, c'est le manque de suite dans les idées. Le Voyageur était déjà le titre initial d'un de mes premiers romans, devenu en définitive Le Voyeur et depuis les années 40, je n'ai guère cessé d'arpenter la planète, d'abord agronome de terrain étudiant les fruits tropicaux, bientôt missionnaire de la bonne parole néo-romanesque, croisé d'une littérature à venir volontiers professeur de moi-même. » Alain Robbe-Grillet De la défense et illustration du Nouveau Roman au cinéma et à l'art, du sado-érotisme à l'engagement, ce livre rassemble des articles, conférences et entretiens publiés par Alain Robbe-Grillet pendant plus de cinquante ans d'existence littéraire, dont beaucoup sont aujourd'hui introuvables ou méconnus, voire inédits. Faisant une large place à ses contemporains (Roland Barthes, Albert Camus, Alain Resnais, Nathalie Sarrraute, Jean-Paul Sartre, Claude Simon...) ces textes constituent une somme qui permet de retrouver l'écho des débats et critiques suscités par son oeuvre et par le Nouveau Roman en général, dont il a été, sans conteste, le chef de file le plus voyageur, en même temps que le plus soucieux de faire partager aux lecteurs les exigences et l'évolution permanente. Articles et entretiens réunis et présentés par Olivier Corpet avec la collaboration d'Emmanuelle Lambert

  • Vous n'avez pas le physique de George Clooney mais rêvez de faire carrière dans le cinéma ? Vous avez écrit le prochain hit mondial mais vous ne connaissez personne à Los Angeles ? Ou vous êtes simplement curieux des histoires inavouables d'Hollywood ? Suivez le guide Joe Eszterhas, le scénariste le plus mal élevé d'Amérique.
    Après avoir été journaliste pour Rolling Stone de 1971 à 1975, Joe Eszterhas écrit des scénarios et rencontre le succès dès son deuxième film Flashdance. En 1992 il vend 3 millions de dollars le scénario de Basic Instinct et devient une star incontournable. Grande gueule et redoutable businessman, Eszterhas connaît toutes les ficelles de la machine à films, toutes les anecdotes du milieu.
    Il raconte avec un humour corrosif comment écrire ses premières pages (penser à tout l'argent qu'on gagnera), qui rencontrer (avec qui coucher), vendre son script (très cher), survivre à la production (s'ils tuent votre film, tuez-les), aux réalisateurs, aux acteurs (et aux actrices) et aux critiques... En bref, comment conquérir l'impitoyable jungle hollywoodienne.

  • La poursuite est le nom du projecteur mobile qui accompagne le déplacement des acteurs sur le plateau. Dans ces Poursuites, on trouvera, à travers divers textes écrits sur vingt ans, les échos du mouvement spontané qui, pour un auteur, prolonge et reprend sa participation aux oeuvres : textes, critiques, réflexions sur le théâtre d'aujourd'hui, souvenirs, modes d'emploi, etc. Autrement dit un rêve de théâtre, parallèlement au mouvement qui s'inscrit entre la création des Céphéides (1983) et celle de El Pelele (2003). Collection Les cahiers de l'Odéon

  • Non ce n'est pas la démocratie qui est obscène ! C'est la scène républicaine qu'il faut sauver de l'obscénité, au moment où la politique devient le tout-à-l'ego d'un pays en proie aux tyrannies de l'audimat, de l'émotif et de l'intime.

  • Une opinion très répandue veut que l'évolutionnisme, et plus spécialement le darwinisme, ait révolutionné la conception que l'homme a de lui-même.
    D'une vision anthropocentrique - souvent comparée à la vision géocentrique d'avant Copernic -, on serait passé à une vision décentrée où l'homme n'est plus qu'un animal parmi d'autres. D'un homme créé par Dieu à un homme produit par le hasard et la nécessité. Le tout se serait accompagné d'un épouvantable scandale, et la conception darwinienne ne l'aurait emporté contre l'obscurantisme qu'au prix d'une lutte acharnée.
    Cette opinion, popularisée par les biologistes eux-mêmes, est largement imaginaire. En 1859, lorsque Darwin publie L'Origine des espèces, l'évolutionnisme n'est plus une nouveauté depuis longtemps ; son application à l'homme, non plus. Rien donc qui justifie le moindre scandale. En outre, la thèse de Darwin diffère de ce que nous appelons aujourd'hui " darwinisme " et, très rapidement, profitant de ses imprécisions, chacun l'interprétera à sa manière.
    Le darwinisme qui s'ensuivra ne sera pas, et de très loin, une doctrine homogène, ni dans ses aspects théoriques, ni dans ses applications à l'homme. Quant à l'explication biblique de l'origine de l'homme par la création divine d'Adam - supposée alors universellement admise -, elle avait en fait déjà subi les pires outrages. Diverses religions, plus ou moins sectaires, avaient depuis longtemps concocté des lectures de la Bible assez curieuses, et imaginé des conceptions de l'homme bien " pires " que celle qui consistait à le faire descendre du singe.
    À côté d'elles, Darwin fait souvent figure d'enfant de choeur. Vue de près, la réalité est donc très différente de l'opinion courante pour laquelle un créationnisme religieux se serait opposé à un évolutionnisme scientifique. Et cela est vrai non seulement pour les aspects théoriques, mais aussi pour les applications pratiques assez contestables qu'ont trouvées certaines thèses biologiques, notamment en matière d'hygiène raciale.

  • C´est étrange comme les paysages les plus tristes, ternes, si pathétiquement humains, acquièrent dans leur déroulement, vus de la fenêtre du train qui nous emporte, un intérêt singulier. Les plans successifs s´animent sur le ciel immobile. Tout un décor de théâtre élisabéthain se met en branle, là, sous mes yeux. Et rien ne peut plus tout à fait être désigné comme laid ou vide, pas même les champs sans fin ou les banlieues en grisaille. Alors que la tête de mon horripilante filleule tangue contre ma cuisse - que, dans sa somnolence, elle a dû confondre avec l´accoudoir -, je songe aux précipitations de notre globe dans l´espace, à ses girations terribles, et je me dis que si nous en avions conscience, hurlant notre terreur comme la filleule hurlant à mon oreille à bord d´un wagonnet de montagnes russes, nous prêterions plus d´attention à ce monde et à nous même...

  • > Disponible prochainement L'éloge d'Andy Warhol (1928-1987) que prononce son ami John Richardson éclaire un fait capital et trop souvent passé sous silence : « La connaissance de sa piété secrète change inévitablement notre perception d'un artiste qui a trompé le monde en faisant croire que ses seules obsessions étaient l'argent, la célébrité, le glamour, et qu'il était flegmatique jusqu'à en devenir insensible. Ne prenez jamais Andy à la lettre. L'observateur insensible était en réalité un ange de la mémoire. » Ange de la mémoire et peintre de la vie moderne, dont l'art entretient des rapports plus étroits avec la tradition byzantine qu'avec l'expressionnisme abstrait, plus stimulants avec Baudelaire qu'avec Truman Capote. Sa culture catholique et byzantine, son déracinement, sa fascination pour la culture « camp », son besoin de réussite, son expérience entre la vie et la mort, son humour, sa passion de l'image, lui ont permis d'accomplir ce que presque personne avant ou après lui n'a voulu croiser dans le même tissu. Le noir et la couleur, le positif et le négatif, l'avers et l'envers des surfaces, l'image et l'icône, le double et le simple, l'impermanent et l'éternité, l'illusion du vrai et le pouvoir des apparences, l'ironie et la grâce...

  • Jour après jour, notre regard soutient l'insoutenable des images : guerres, génocides, terrorisme, actes de barbarie, humiliations, injustices extrêmes.
    L'effroi du présent nous devient familier.
    Le monstrueux a même un pouvoir hypnotique. Cette usure et cette sidération n'appellent-elles pas un autre régime d'images ? l'invention d'un regard qui ne soit ni trop proche ni trop lointain, ni obscène ni détaché ? Dominique Baqué examine les représentations de la violence dans le photojournalisme, l'art engagé ou « caritatif », le témoignage amateur, la vidéo trash. Elle s'arrête avec émotion sur le cinéma et sur les oeuvres (photographie, vidéo, installation) qui évitent le piège de la compassion, réveillent les consciences par d'autres stratégies visuelles : l'appropriation, la théâtralisation, le retrait. Elle interroge la responsabilité de ceux qui font et de ceux qui regardent : peut-on « pactiser » avec l'inhumain ? Est-il des situations où l'art doit se retirer ? En définitive, quel rôle doit-il, veut-il et peut-il vraiment jouer ? Avec cette ultime question : en ces temps où de nouvelles violences sont infligées aux femmes, pourquoi l'art reste-t-il quasi muet ?

  • Avec la fin du «siècle de l'automobile» et de l'«ère du pétrole», ce sont aussi la télévision, les industries de programme et les industries culturelles en général qui sont entraînées dans une crise profonde, subissant la désaffection d'une partie croissante de la population. L'ensemble du système consumériste s'avère aujourd'hui caduc. Dès son origine, Ars Industrialis a soutenu que le consumérisme constitue un processus autodestructeur, soumettant les technologies d'information et de communication à l'hégémonie d'un marketing irresponsable et empêchant la formation d'un nouvel âge industriel. Car au cours de la dernière décennie, un autre modèle comportemental est apparu qui dépasse l'opposition de la production et de la consommation, dont le logiciel libre et les licences creative commons sont les matrices conceptuelles et historiques. Ce nouveau modèle constitue la base d'une économie de la contribution. Il permet d'espérer qu'après la domination de la bêtise systémique à laquelle aura conduit le consumérisme, les technologies numériques seront mises au service d'une nouvelle intelligence collective et d'un nouveau commerce social - pour autant qu'émergent une volonté politique et une intelligence économique nouvelles, et que s'engage la lutte pour en finir avec la mécroissance.

  • 10 % des films sortis chaque année réalisent 90 % des entrées. Les mauvais films font de plus en plus d'entrées, les bons de moins en moins. Comme si les spectateurs se satisfaisaient désormais du simulacre de cinéma qui leur est proposé, sous la forme de produits audiovisuels fabriqués avec l'argent de la télévision et pour la télévision. Grâce à l'obstination de quelques-uns, le cinéma est encore un art. Mais pour combien de temps encore ? Et comment en est-on arrivé là ? Si par nature le cinéma est d'un même élan art et industrie, il est aujourd'hui de moins en moins une industrie et de plus en plus un commerce, en ce sens que les opérateurs portent leurs efforts non plus sur le produit, mais sur le marketing. Entre le cinéma majoritaire et le cinéma d'ambition, le courant ne passe plus, la circulation a cessé. Situation aggravée par le renoncement d'une partie des médias, qui paraissent n'avoir d'autre fonction que de relayer et d'amplifier les opérations promotionnelles.

  • Depuis les origines de la littérature québécoise, le genre narratif bref attire les meilleurs écrivains. C'est toutefois au XXe siècle, surtout à partir des années 1940, que la pratique se fait plus courante, plus pressante. C'est pendant cette décennie qu'Yves Thériault lance sa carrière avec ses iconoclastes Contes pour un homme seul, pendant qu'au même moment Alain Grandbois bouscule les formes convenues du récit bref avec Avant le chaos. Viennent ensuite s'ajouter une pléiade d'auteurs qui n'ont de cesse de renouveler les formes et de dire, ce faisant, un Québec en perpétuel bouleversement qui implose littéralement sous la poussée de ces artistes du fragmentaire, de la dérive formelle. Tous contribuent à traduire, sous les angles les plus variés, les états successifs de l'histoire moderne du Québec. Cette étude cherche à illustrer les multiples facettes du phénomène que représente la nouvelle, depuis la Deuxième Guerre mondiale jusqu'à l'aube du troisième millénaire.

  • Plaire ou déplaire - Jean-Pierre Chevènement n´aime pas plaire. Quand il n´est pas content, il le fait savoir. Quand il a une idée en tête, il ne l´a pas ailleurs. Depuis quarante ans, il martèle que la République française a besoin d´autorité et que le modèle doit venir de haut. Sa ligne n´a jamais varié, ce qui lui confère une aura particulière dans notre France post-janvier 2015, brouillée avec ses repères républicains. Première leçon : « L´école est faite pour transmettre le savoir, le sens de notre histoire, le patriotisme, le civisme. Si on se décharge sur l´élève du soin de construire ses savoirs, tout est faussé. » Michel Onfray n´a pas peur de déplaire. Dans son article « Marx augmenté du Coran », il interroge le rapport entre la gauche française et l´islam. « Par anticapitalisme et anticolonialisme, la gauche islamophile se fait anti-sémite et anti-sioniste, misogyne et phallocrate, homophobe, puis théocratique : elle abolit tous les combats qui furent ceux de la gauche issue de la Révolution. » Vertigineux. L´armée française n´a plus peur de plaire ou de déplaire. On mesure subitement son impérieuse nécessité quand les ennemis de la République attaquent le sol national. Elle est à l´honneur dans ce numéro de mai. Mais l´armée française est-elle prête à affronter ses nouveaux enjeux ? Sait-elle s´adapter aux groupuscules terroristes et aux milices fanatiques dans cette « guerre asymétrique » que décrit Renaud Girard, reporter de guerre, qui a vu sur le terrain les militaires évoluer face à l´ennemi ? Oui, répond le général Bentégeat, ancien chef d´état-major des armées. À condition que les militaires et les politiques fassent preuve de confiance réciproque. À condition aussi de dépenser les sommes nécessaires à sa modernisation, rappelle François d´Orcival : « les avions ravitailleurs sans lesquels nos Rafale et Mirage ne pourraient pas bombarder leurs objectifs en Irak ou dans le Sahel ont plus de 50 ans »... Et à condition que « l´Europe de défense ne soit pas l´alibi du déclin », poursuit Christian Malis. Aujourd´hui la guerre mondiale « est en miettes », constate Michel Goya, ancien colonel des troupes de marines : « Sur les quatre cents soldats français tombés au combat, aucun n´a été touché par un projectile issu d´une armée régulière. » Sur le sol français enfin, la lutte contre le terrorisme, rappelle Bernard Cazeneuve, ministre de l´Intérieur, « est un enjeu sécuritaire mais aussi une mise à l´épreuve. Un test pour notre société ». Allons-nous le réussir ? Quitte à déplaire aux ennemis de l´autorité. Valérie Toranian

  • Réformer l´islam - On a beau ne pas partager les convictions d´Éric Zemmour (cette étrange obsession pour la soumission des femmes !), la place qu´a prise le plus dérangeant des essayistes français dans le débat public (notamment avec le Suicide français, 500 000 exemplaires vendus à ce jour) prouve qu´il appuie là où ça fait mal. Le pessimiste, disait Oscar Wilde, est celui qui entre deux maux choisit toujours les deux. Éric Zemmour choisit tout : déclinisme, nostalgie, fascination pour Bonaparte et Robespierre, regrets éternels pour la France de De Gaulle et du Parti communiste, chacun campé dans ses certitudes, la frontière bien tracée et les vaches bien gardées. Mais comment devient-on Éric Zemmour ? Quel est le parcours littéraire de ce prophète de l´Apocalypse ? Quand et comment lui est venue sa révélation mélancolique ? Quels sont les auteurs, les siècles et les textes fondateurs qui l´ont modelé ? La réponse dans ce numéro de la Revue des Deux Mondes. Depuis al-Qaida, Daesh et les attaques terroristes, le monde musulman est confronté à l´interprétation de son texte sacré. Une réforme est-elle possible ? Le philosophe Malek Chebel nous invite à revisiter l´histoire de l´islam. Le défi, nous explique-t-il, est le suivant : « Comment unifier les rangs des musulmans sans devoir choisir entre le repli identitaire ou la guerre sainte comme seuls concepts ? » Autre impasse soulignée par Alaa El Aswany, le célèbre auteur égyptien de l´Immeuble Yacoubian (2), ce pas de deux infernal entre dictature ou islamisme, « les deux faces d´un malheur historique », rendu possible par le wahhabisme. Pour le théologien Ghaleb Bencheikh, « il faut renouer avec l´humanisme d´expression arabe et le conjuguer avec toutes les conceptions philosophiques éclairées du progrès ». Robert Redeker s´interroge sur l´exemple préalable du christianisme : les deux types de réforme religieuse expérimentés en Europe (la réforme protestante fondée sur le « retour à la lettre » et la réforme catholique s´appuyant sur l´administration d´un clergé) sont deux modèles inopérants pour l´islam : revenir au texte littéral, c´est exactement le projet islamiste, et réformer par le clergé n´est pas possible car le sunnisme ne s´appuie pas sur une telle organisation. La réforme ne sera pas un long fleuve tranquille. Et d´ailleurs la réforme de l´islam est-elle la bonne question ? « Imaginons qu´au lieu de réformer l´islam on réforme l´école, propose l´écrivain Leïla Slimani. Et qu´à Alger, à Casablanca, à Tunis ou au Caire, tous les enfants aient droit à l´éducation. Qu´on leur inculque l´art de la dissertation, de la thèse et de l´antithèse... Toute réforme de l´islam est vouée à l´échec s´il n´y a pas des musulmans éclairés pour l´incarner et la faire vivre. » L´exemple de la Tunisie, où la démocratie est à l´oeuvre et résiste courageusement au djihadisme, nous autorise à conclure positivement. Dans cette société et dans bien d´autres, les musulmans ont envie de réforme. Sociale, politique et religieuse. Valérie Toranian

  • Grand entretien avec François Bayrou : « Le saccage de l'école est un crime social » -> Déresponsabilisation du citoyen, prolifération administrative, blocages, trahison du projet éducatif républicain, François Bayrou dresse le portrait d'une démocratie à bout de souffle. Il évoque son amour des livres qui sont « sa drogue et sa substance ». Dossier : Tocqueville, la démocratie face à ses démons -> Tocqueville, homme de gauche par Michel Onfray Pour Michel Onfray, Tocqueville est un homme de gauche, une gauche ni communiste, ni socialiste, ni libérale, une gauche « inassignable », celle d'un Normand attaché plus que tout à la liberté. -> Tocqueville, les Français et les passions démocratiques par Ran Halévi De la royauté à la république en passant par le régime bonapartiste, Tocqueville prend à contre-pied tous les systèmes, analyse Ran Halévi. Si le philosophe approuve l'avènement de la démocratie, il en décrit aussi les dangers (tyrannie de la majorité, de l'opinion...). -> Un passeur entre deux mondes par Brigitte Krulic Brigitte Krulic explique comment et pourquoi Tocqueville, aristocrate de naissance, s'est démarqué des convictions légitimistes de son milieu. -> Tocqueville, le Coran, l'islam et la colonisation par Jean-Louis Benoît Au moment où la France s'engage dans la colonisation de l'Algérie en 1830, Tocqueville étudie l'islam et le Coran. Ses jugements sont sévères, démontre Jean- Louis Benoît. -> Et aussi Jacques de Saint Victor, Laurent Gayard, Jean-Paul Clément, Robert Kopp, Brice Couturier et Frédéric Verger. Littérature -> Inédit. Lila Azam Zanganeh : « Sometimes a start is all we ever get » La romancière franco-iranienne revient sur ses rencontres avec des pays, des animaux, des astres, des textes, des hommes et sur la passion de sa vie : partir. -> « Après nos batailles » par Sébastien Lapaque Sébastien Lapaque croise la réflexion de l'américain Chris Hedges sur la guerre (La guerre est une force qui nous octroie du sens, Actes Sud) avec celle de Maurice Genevoix. -> Journal de Richard Millet Richard Millet a lu et aimé le roman fleuve de Donna Tartt, le Chardonneret (éditions Plon).

  • Quelle place pour l'homme dans un monde qui, de plus en plus, est dominé par la machine ? Est-il toujours la mesure de toute chose ? Ollivier Dyens se propose ici d'examiner l'enchevêtrement de l'humain et de la technologie, qui définit, selon lui, «la condition inhumaine». Il montre que les technologies contemporaines remettent en question non seulement la perception que nous avons du monde, mais aussi les universaux qui nous ont aidés à le rendre cohérent : comment définir le vivant, l'intelligence, la conscience, quand l'homme, enfanté et assisté par la machine, lui ressemble de plus en plus ? Lucide, mais sans s'effrayer, il décrit très clairement cet écart entre la conscience que nous avons de nous-mêmes en tant qu'êtres biologiques et la conscience des «strates infinies du réel» fournie par la vie artificielle. C'est bel et bien par les technologies, au premier rang desquelles le langage, que l'homme est pleinement homme : la réalité technologique, loin de nous faire découvrir un univers insensé, nous propose de lui réinventer un sens qui dépasse la perception biologique que nous en avons. La condition inhumaine nous oblige ainsi à repenser la condition humaine.

  • Revenu du Festival d'Avignon 2005, déçu par des spectacles jugés tonitruants autant qu'indigents, l'auteur lui confronte ses souvenirs du Festival de 1956 avec Jean Vilar, etc. Il s'interroge sur ce qui a changé dans l'art dramatique, mais aussi dans les valeurs collectives et les aspirations. Utilisant la nostalgie comme arme révolutionnaire, il pose le problème des rapports de l'Etat avec l'art.

  • Ces essais interrogent la capacité des êtres humains à mettre au service de leur propre destruction leur potentiel de créativité.

    Des philosophes, scientifiques, artistes et écrivains tentent de répondre à cette question.

  • En s'attaquant à la langue française dans sa dimension politique et culturelle, François Taillandier constate son déclin avec une pointe de nostalgie et beaucoup d'humour, et cherche une autre approche, une troisième voie, pour convaincre de l'urgence qu'il y a à la défendre.

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