• C'est décidé, Tom, Luna et leurs parents descendront le canyon de la Tara en raft. Une belle étape de plus dans leur vie nomade. Pourtant, malgré les paysages monténégrins époustouflants, la complicité familiale et la présence rassurante de Goran, leur guide serbe, la tension envahit peu à peu le canyon et le drame frappe, sans appel. Du haut de ses 15 ans, Tom prend de plein fouet la violence du deuil et de la solitude. Dans l'errance qu'engendre le délitement de sa famille, il découvre la grande douleur, celle qui fissure les barrières et ouvre les portes à ceux qui savent s'engouffrer dans la détresse d'autrui. Mais, en dépit du chaos, Tom ne peut s'empêcher de retracer les événements et le doute s'immisce : ne sont-ils pas les victimes d'une Histoire bien plus grande que la leur?

    Patrice Gain est né à Nantes en 1961. Professionnel de la montagne, ingénieur en environnement, il est déjà l'auteur de trois romans aux éditions Le mot et le reste : La Naufragée du lac des Dents Blanches (Prix du pays du Mont-Blanc 2017 et Prix « Récit de l'Ailleurs » des lycéens de Saint-Pierre et Miquelon 2018), Denali (Prix Lire Élire Nord Flandre 2018) et Terres fauves (finaliste du Prix des Libraires 2019).

  • Derrière les dangers mortels que représentèrent, lors de la dernière guerre, les meutes des sous-marins allemands écumant les mers pour intercepter et tenter d'anéantir le trafic maritime allié à destination de l'Angleterre, se profile l'inflexible silhouette de leur chef suprême Karl Dönitz, grand ordonnateur de la Bataille de l'Atlantique, aussi redouté de ses adversaires qu'adulé de ses hommes qui le surnommaient « Le Lion ». Combattant fanatique, patriote jusqu'à l'aveuglement, ce fut lui que Hitler désigna pour lui succéder à la tête de l'Allemagne en déroute. Condamné pour crimes de guerre au procès de Nuremberg, mais toujours révéré par l'immense majorité de ses anciens marins, Karl Dönitz demeure, plusieurs années après sa mort, une figure hautement ambiguë et controversée. Alors quel homme fut-il exactement ? Quels furent sa place et son rôle réels dans le tragique déroulement du dernier conflit mondial ?Fondée sur des archives inédites de la Kriegsmarine, cette biographie, la première à lui être consacrée, ne laisse rien dans l'ombre. Elle apporte notamment, de manière exhaustive, nombre d'informations révélatrices tant sur la guerre des U-Boote que sur la tactique et le comportement de leur chef implacable, détruisant par là bien des idées reçues.

  • Au coeur de ce petit livre engagé, Christiane Hessel Chabry restitue les mots du Palestinien Nasser, à Gaza, enregistrés en janvier 2009 sous les feux de l'opération israélienne Plomb durci, et qui, mieux que tout rapport officiel, font foi sur les crimes de guerre perpétrés alors. Nostalgie de rencontres, de regards, d'un invincible goût de la vie affleurant sous les massacres. Bref, d'une liberté inespérée qui a poussé Christiane Hessel Chabry à vouloir écrire ce nom : Gaza.

  • La hache

    Alain Gerber

    Un sous-lieutenant français se trouve affecté avec trois autres soldats dans la zone occupée par l'armée d'un pays imaginaire qui pourrait être situé en Europe de l'Est, sans doute de confession orthodoxe, car il y a un pope au village. II est logé dans une ferme où habitent un fermier, sa femme et sa fille adolescente. Un crime de guerre a eu lieu dans cette région, mais on ignore quels en sont les coupables. L'officier passe son séjour entre l'ennui de cet exil, dans un lieu peu hospitalier, avec les autochtones dont il ne parle pas la langue et les soldats placés sous ses ordres avec lesquels il n'a rien de commun. Il imagine qu'un jeu de séduction s'instaure avec la jeune fille, bien vite interrompu par le père qui pour couper son bois manie une hache au fer étincelant. Peu à peu se révèle la vérité sur ce qui s'est passé dans ce village, avec la découverte d'un charnier.
    Connue toujours chez Alain Gerber, l'intrigue a moins d'importance que la psychologie extrêmement subtile des personnages, la narration jouant sur les non-dits, les ellipses, les silences. Rien n'est clairement révélé, tout est suggéré, laissant au lecteur le soin de combler les vides du récit. Tout cela servi par un style inimitable, que porte une écriture belle et limpide.

  • « La manière dont l'Allemagne traite ses habitants [...] n'est pas plus notre affaire que ce n'est celle d'un autre gouvernement de s'interposer dans nos problèmes. » Les mots de Robert Jackson, procureur en chef américain au procès de Nuremberg, sont sans ambages : la répression des crimes racistes commis par les nazis ne saurait ouvrir la voie à un examen international de l'ordre racial qui prévaut alors aux États-Unis. D'où la définition particulièrement corsetée du crime contre l'humanité adoptée en 1945. À partir d'une enquête sur les lawyers qui, outre Atlantique, ont jeté les bases du procès, impulsé et conduit les débats, Guillaume Mouralis propose une relecture passionnante de Nuremberg. Il révèle le faisceau de contraintes professionnelles, sociales et culturelles qui ont lourdement pesé sur ce moment expérimental. Il s'interroge finalement sur son legs. Comment a-t-il été mobilisé par les luttes afro-américaines pour les droits civiques ou celles, utltérieures, contre la guerre du Vietnam ? Et comment ces appropriations militantes ont-elles marqué l'émergence d'un dispositif judiciaire international ?

  • Pour la première fois dans l'histoire de la justice pénale internationale, une juridiction dispose d'un véritable régime de réparation aux victimes des crimes internationaux les plus graves : génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre. Mais comment « réparer » des violations massives des droits de l'homme ? Comment restituer, indemniser, compenser et réhabiliter les survivants ? Est-ce seulement possible ? Réparer l'irréparable n'est pas le moindre des défis de la Cour pénale internationale. Au lendemain de l'anniversaire des dix ans de sa création et à la veille de la révision de son Statut, le moment est venu de faire le point sur l'une de ses innovations majeures.
    Le but de cet ouvrage est double : d'une part, présenter et expliquer de manière complète et panoramique le régime de réparation de la CPI. D'autre part, évaluer et analyser de manière normative l'efficacité et la justice d'un système qui, comme tout pari ambitieux, rencontre naturellement un certain nombre de difficultés. Satisfaisant à la fois les exigences du droit technique et les enjeux conceptuels, politiques, voire philosophiques, cet ouvrage est écrit dans un style clair et pédagogique, synthétique et structuré, qui s'adresse autant aux étudiants et aux chercheurs en droit, relations internationales, criminologie et philosophie, qu'aux professionnels et au grand public.

  • Tribunal

    André Georgi

    Marko Kova´c, ancien chef d'une unité d'élite de l'armée serbe appelée « les Loups », est incarcéré à La Haye dans l'attente de son procès devant le Tribunal pénal international. Il est accusé de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité perpétrés pendant la guerre en Bosnie. Au terme d'une longue enquête, Jasna Brandic, des forces spéciales internationales, a réussi à mettre la main en Albanie sur un témoin capital pour l'accusation. Le jour de l'audition tant attendue par les familles des victimes, rien ne se passe comme prévu. Malgré son découragement et au péril de sa vie, dans une ex-Yougoslavie loin d'être apaisée, Jasna décide de suivre une nouvelle piste pour apporter des preuves irréfutables devant le Tribunal.

  • L'opinion publique africaine sur la Cour pénale internationale (CPI), laquelle applique le droit pénal international à deux vitesses, et l'assentiment de l'Union africaine (UA) à son égard, qui projette l'instauration d'une cour qui garantirait ses intérêts, ont inspiré le présent ouvrage. Les débats actuels des médias et des arènes politiques méritent que la communauté scientifique africaine et africaniste se mobilise.

    La CPI est le premier tribunal pénal permanent et universel capable d'« exercer sa compétence à l'égard des personnes pour les crimes les plus graves ayant une portée internationale » (Statut de Rome de la CPI, article 1). Les procédures ouvertes au sujet des violations majeures commises depuis 2004 concernent principalement celles des pays africains. De ce fait, l'opinion africaine s'interroge sur l'impartialité de la CPI, déclarant qu'elle oriente ses poursuites vers les Africains (faisant preuve de « négrophobie »), tout en protégeant les Blancs (« leuchophilie »). Ces contestations appellent à quelques clarifications sur les fondements juridiques réels, voire historiques, des procédures engagées devant la CPI.

    Cet ouvrage collectif explore la position de l'Afrique sur la CPI en tentant de faire le point sur les « flétrissures » historiques non assumées ainsi que sur la pointe d'acharnement occidental vis-à-vis de l'Afrique. Il vise à faire connaître cette crise profonde qui secoue la CPI et le continent africain et qui provoque une levée de boucliers.

    Joseph Tchinda Kenfo, Ph. D. en histoire des relations internationales de l'Université de Yaoundé I (Cameroun), est analyste de commission à l'Office de consultation publique de Montréal et chercheur au Centre d'analyse et de prospective sur les Afriques (Montréal). Il est aussi cofondateur et directeur du Centre africain de recherche pour la paix et le développement durable (CARPADD) à Montréal.

    Alphonse Zozime Tamekamta, Ph. D. en histoire des relations internationales de l'Université de Yaoundé I (Cameroun), est enseignant et chercheur à Thinking Africa (Abidjan), de même que membre du Groupe de recherche et d'information sur la paix et la sécurité (Bruxelles) et du Réseau francophone de recherche sur les opérations de paix (Montréal). Il est également cofondateur et directeur adjoint du Centre africain de recherche pour la paix et le développement durable (CARPADD). Il est actuellement enseignant-assistant au Département d'histoire de l'École normale supérieure de Yaoundé (Université de Yaoundé 1).

  • Sécurité et paix. Dignité et grandeur. Ardeur et vaillance. Travail et prospé­rité. Santé et bonheur. Voilà les voeux auxquels ont toujours aspiré les populations congolaises. Forts du soutien spirituel de leurs ancêtres, ainsi que par devoir moral envers les Martyrs de l'Indépendance, les Congolais doivent s'impliquer davantage dans un élan patriotique et dans une dynamique collective en vue du bien-être social. Les jours, les semaines, les mois et les années à venir doivent mettre fin à leurs lamentations et permettre le début d'une merveilleuse aventure humaine, en vue de l'émancipation dans la liberté. Qu'ils agissent donc ensemble pour l'amélioration matérielle et le progrès intellectuel, apports essentiels en vue d'un Congo compétitif et véritablement indépendant
    Pourquoi ce désintérêt de la communauté internationale, pourtant très intéressée par les ressources congolaises comme le coltan indispensable à la fabrication des téléphones portables ? Ce mutisme est-il dû au simple manque de considération humaine ? À moins que ce soit à cause de l'implication avérée des pays occidentaux dans des conflits armés dans la partie orientale du Congo-Kinshasa où, sans aucune impunité, les corps, les organes génitaux et reproduc­teurs des femmes sont devenus des objets de satisfaction sadique de certains hommes. Les grandes puissances sont-elles cyniquement indifférentes, quand il s'agit du sort des femmes noires ? Doit-on rester insensible lorsque le corps féminin, qu'il soit africain ou non, est honteusement chosifié, utilisé comme armes de guerre, ou livré inhumainement en spectacle ?

  • Ils sont quatre garçons. Quatre jeunes âgés de dix à quatorze ans. Quatre enfants soldats partis en patrouille. Il y a trois jours, ils ont quitté leur unité. Ils ont voulu remplir leur gourde à un puits et sont tombés sur leurs ennemis. Leur chef a tiré quatre balles. Pourtant, il y a cinq ca­­davres près du puits.

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