Littérature générale

  • « Voilà longtemps déjà que je pratique mon métier, que je le ressens, le surveille comme on surveille une habitude ; il me pénètre, et j'ai pris cette manie d'en chercher les effets en moi et dans les autres, d'en surveiller les manifestations.
    Tout le théâtre, cet état dramatique en moi, cette habitude de penser et de sentir pour les autres, par les autres et à travers moi-même, cette attitude vis-à-vis d'un tiers offert, de ce tiers qu'est le public, et vis-à-vis de moi, ces reflets que j'en fais et dont je suis fait, ce comportement entre le soi que je suis et le moi que je me suis donné, à travers tant de personnages, tout cela est là, sensible, visible en moi, tout le long de ma journée, et je cherche à le penser, à le lier, à le raisonner, et à m'en expliquer l'agencement, les raisons.
    Je veux préciser mes sensations, je note dans mes lectures des reflets de mes états (Proust), j'écris des notes, et la vanité de m'exprimer moi-même me rattrape, me rejoint, me retrouve dans ce moment de ma carrière où j'ai découvert cependant (depuis longtemps déjà) que l'acteur n'est qu'une table d'harmonie. »
    Droits de traduction, de reproduction et d'adaptation
    réservés pour tous les pays.
    Copyright 1954, by Ernest Flammarion.
    Couverture : Louis Jouvet dans le film Carnet de bal en 1937.
    © Keystone/Eyedea Presse.

  • « Il ne faut pas parler de vocation pour les comédiens. Seuls les poètes en ont une.
    Pour nous, la vocation est un mélange extrêmement douteux de toutes sortes de sentiments qui ne sont pas tous nobles, loin de là. Je ne crois guère à la pureté de la vocation, même chez les saints. La vocation est un résultat. Elle résulte de goûts, d'ambitions, de désirs d'autant moins purs qu'ils se manifestent à l'âge de tous les appétits, à l'âge où l'on ne peut juger véritablement ni du métier, ni de soi-même. La vocation n'est que le résultat de la pratique. C'est après avoir fait son métier pendant de nombreuses années, en avoir subi les déceptions, mesuré les difficultés imprévisibles, que s'affirme, se précise une décision qu'on peut appeler alors vocation. La vocation n'est qu'un choix persistant. Les vraies récompenses qu'elle accorde sont toutes intérieures et bien tardives. »

    Droits de traduction, de reproduction et d'adaptation
    réservés pour tous les pays.
    © Éditions Flammarion, 1952.
    DL mai 2009
    Louis Jouvet en 1934.© Studio Lipnitzki/Roger-Viollet.

  • Jean Piat a quatre ans quand il dit sa première réplique et découvre ce bonheur de jouer la comédie qui ne l'a plus quitté. Le théâtre a été sa vie. Il a voulu que ses souvenirs vivent comme un dialogue de théâtre. Toujours sur scène ! Les étapes de sa carrière en trois actes et un épilogue. Confidences sur les coulisses, la vie, l'amour, la mort, sa mère, les femmes, les rôles, la France et même Dieu ! Le tout est pétillant et sérieux, drôle et grave à la fois. Et quelle mémoire ! Il joue dans ce livre son rôle le plus long : soixante-treize ans de plateau ! De la Comédie-Française au théâtre privé... Les plus grands personnages et les plus belles rencontres. Un pur plaisir au service de l'humour et des meilleurs auteurs de notre littérature. Le secret de cette existence réussie : le travail ! Et surtout, comme le disait Sacha Guitry, Jean Piat aura consacré sa vie à « défendre le bonheur, la grâce et la légèreté ». Lumière ! Silence. Le voici qui revient sur scène, rideau levé. Il joue... encore ! François d'Orcival

  • Il est une heure du matin. Fabrice Bertier, acteur célèbre, la soixante heureuse, prospère, féconde...médite. Il est à bout de souffle.

    Est-ce la lecture d'un manuscrit, dont on souhaite tirer pour lui un rôle "sur mesure" qui l'incite à la réflexion ? Journal intime d'un homme découvrant l'amour et la passion à soixante ans... ce récit tel un miroir, renvoie à Fabrice Bertier sa propre image.

    Lui aussi a vécu une grande histoire d'amour, jadis.
    Il en a connu les exigences, les drames et les joies. En quarante-huit heures, Fabrice Bertier revoit toute sa vie.
    Il refait son "parcours du combattant". Et les coïncidences ne s'arrêtent pas là...

    On retrouve tout le charme, l'ironie et l'élégance de Jean Piat, merveilleux comédien, dans ce livre tendre, émouvant et drôle, riche d'une jolie surprise finale et d'une leçon bien encourageante : la soixantaine c'est encore la force de l'âge, la jeunesse du coeur. Et même celle du corps.

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