Littérature générale

  • L'armée des ombres

    Joseph Kessel

    • Hatier
    • 21 Mars 2012

    OEuvre en extraits longs, en lien avec le thème « Agir dans la société » du nouveau programme de français en 3e.
    Résumé
    Dans un roman construit comme un thriller, Joseph Kessel retrace le parcours de ces hommes et de ces femmes - incarnés ici par Philippe Gerbier, Le Bison, Lemasque, Mathilde, Petit Jean - qui ont choisi la voie difficile de la Résistance au péril de leur vie.
    Un des chefs-d'oeuvre de l'écrivain et le roman-symbole de la Résistance.
    L'auteur
    Fils d'émigrés juifs, Joseph Kessel (1898-1979) a été engagé volontaire durant la guerre de 1914-1918, puis résistant pendant la Seconde Guerre mondiale. Son oeuvre de journaliste et romancier se signale par son goût de l'aventure et son engagement.
    L'édition Classiques & Cie collège
    Soigneusement annoté, le texte est associé à un dossier illustré, qui comprend :
    - un guide de lecture intitulé « Un roman engagé sur la Résistance », avec des repères, un parcours de l'oeuvre et un groupement de documents,
    - une enquête documentaire, « Pourquoi et comment est née la Résistance ? ».

  • Black manoo

    Gauz

    Black Manoo, junkie abidjanais sans papiers, déboule dans le Belleville des années 90 avec deux guides : Lass Kader, son meilleur ami dealer, et Karol, sa belle, avec qui il ouvre un bar clandestin.
    Avec eux, on explore les coulisses d'un quartier ahurissant et les stratégies d'un immigré tout juste débarqué à Paris pour s'y enraciner, entre rituel et petits boulots.
    Le destin de Black Manoo pourrait ressembler à cent mille autres mais ne ressemble à aucun.
    Dans ce roman-monde qui fait de chaque lieu, de chaque personnalité, le creuset d'un univers, Gauz réunit les deux veines qui ont fait son succès : l'observation sociale et le destin de personnages aux marges des lois. Au-delà, il invente un style littéraire d'une concision électrique, aussi dense et intense que la plus rageuse des musiques.

  • Nommé curé d'un petit bourg rural, le jeune et séduisant Roland Charvaz n'a manifestement pas la vocation. Le beau sexe le préoccupe davantage que la salvation des âmes. Pour sa part, Mathilde, la jolie épouse du docteur de Salignac, mère d'un petit garçon, n'a jamais connu la passion amoureuse avant l'arrivée de l'ecclésiastique. Dès leur première rencontre, c'est le coup de foudre et les deux amants se lancent dans une liaison torride, à l'insu de tous, évidemment. Leur destin bascule lorsque la nouvelle domestique du curé découvre cette relation coupable. Scandalisée, elle menace de révéler la vérité au mari trompé et à l'évêché. Mais elle meurt subitement. Une rumeur troublante concernant son décès amène les autorités à ouvrir une enquête. Les deux amants se croient à l'abri de tout soupçon. Ils ne savent pas que la servante a laissé derrière elle des indices qui les accablent...

  • Il était une fois, dans les années 60 du siècle dernier, des pays où la politique occupait une place primordiale dans la vie des jeunes gens. Au Chili comme ailleurs, le langage était codé et les slogans définitifs. Mais on est très sérieux quand on a dix-sept ans à Santiago du Chili et qu'on s'attaque au capitalisme avec un succès mitigé. On peut monter une opération contre une banque pour financer une école et utiliser toute la logistique clandestine pour trouver du lait en poudre pour empêcher un bébé de pleurer ; chanter Blue Velvet en plein hold-up pour que les clients présents dans la banque n'aient pas peur ; se tromper d'explosif et rentrer à pied ; préférer la musique américaine à la dialectique marxiste pour séduire les filles ; apprendre le taekwondo qui rend les Coréens du Nord invincibles et trouver contre leur champion des solutions créatives... En état de grâce littéraire, Luis Sepúlveda nous raconte ces histoires irrésistiblement drôles et tendres en hommage à un temps où on pouvait rêver "d'être jeune sans en demander la permission".

  • L'ore des annes soixante-dix, Paris, Rome, Berlin, les mouvements de contestation ns dans le sillage des manifestations tudiantes de 68 se posent tous peu ou prou en mme temps la question du recours la lutte arme et du passage la clandestinit. S'ils y rpondent par la ngative en France, ce n'est pas le cas en Allemagne ni en Italie, mais pour les trois pays s'ouvre une dcennie de violence politique ouverte ou larve qui laissera sur le carreau des dizaines et des dizaines de morts, sans compter ceux qui, rests vivants mais devenus fantmes, s'en sont alls peupler les annes quatre-vingt de leurs regrets, leurs dpressions ou leur cynisme. Tmoin de cette dcennie de rage, d'espoir et de verbe haut, le narrateur s'veille au dsir et la conscience politique, qui sont tout un, mais quand son tour viendra d'entrer dans le grand jeu du monde, l'espoir de ses ans se sera fracass sur les murs de la rpression ou dans des impasses meurtrires. Il aura pourtant eu, dans un bref entretemps, loisir de s'adonner aux trs profonds bonheurs comme aux grandes dtresses de la politique et du corps aux cts de tous ceux qui, de Berlin Bologne, de Billancourt Rome, de Stammheim Paris, tentrent de combattre les forces mortifres qui, ds la fin de la Seconde Guerre mondiale, s'attachrent faire de l'Europe le continent bout de souffle o nous vivons encore.

  • Dès 1933, Edmund Husserl, d'ascendance juive, se voit rayé de la liste officielle des professeurs d'université. Peu après sa mort, le père Van Breda, alors étudiant à Louvain, rencontre sa veuve en 1938 à Fribourg. Devant la masse de documents qu'il découvre, dont maints inédits et une bibliothèque de plus de 2700 volumes souvent annotés de la main du maître, Van Breda pressent que s'y trouvent les clefs pour retracer la genèse de la phénoménologie. Sa décision est prise : il faut créer un centre d'études dédié à cette oeuvre. Les précieuses archives doivent franchir les frontières du Reich. Van Breda entend coûte que coûte les sauver d'une destruction certaine, par les mêmes moyens dont usent les nazis dans leur entreprise de spoliation. Un périlleux périple commence dans la clandestinité.

    Le père franciscain Herman Leo Van Breda (1911-1974) a 27 ans et vient tout juste d'être licencié en philosophie quand il décide de consulter le fonds d'inédits du philosophe Edmund Husserl, disparu quelques mois plus tôt à Fribourg-en-Brisgau. L'ampleur de sa découverte le conduit à fonder en 1939 les Archives Husserl à Louvain. Son action a permis d'assurer le sauvetage de ce monument de la pensée, menacé par la montée du nazisme. Van Breda dirigera cette institution jusqu'à sa mort.


  • Ni vivant ni mort, Leonardo a disparu.

    Il avait 20 ans et voulait changer le monde, une dictature impitoyable dominait le Brésil. Pour Sofia, sa petite soeur, il était un dieu. Les années ont passé et le vide ne s'est pas comblé. Le père est mort, la mère s'est enfermée dans son chagrin et Sofia, étouffée par cette absence, part à la recherche du disparu. Au cours d'une enquête, qui l'amène sur les chemins de la clandestinité révolutionnaire en lutte contre la dictature, un ami lui fait parvenir un cahier étrange. Il raconte à deux voix une forêt amazonienne à la fois magnifique et mortelle ainsi qu'une vie quotidienne éprouvante dans l'Araguaia, région d'Amazonie choisie dans les années 70 par un groupe d'étudiants utopistes pour créer une guérilla de libération des paysans. Ils étaient une soixantaine, on envoya 10 000 soldats pour les combattre. Il y eut peu de rescapés.
    D'où vient ce carnet, pourquoi tant de mystères sur son origine ? Qui a écrit ce récit déchirant, pourquoi deux écritures mêlées ? Qui l'a fait remettre à Sofia ? Que cache le silence de sa mère ?

    Avec une grande énergie dramatique, dans une langue sèche et concise, Guiomar de Grammont écrit un beau texte émouvant qui interroge le passé d'un pays qui se veut sans mémoire.

  • Comment vivre? Connaître de vrais accomplissements, être libre, et heureux? Et si l'on n'y parvient pas, qui en est responsable? Le travail, la famille, la province avec ses lenteurs, sa régularité et cette façon d'être comme loin de tout?
    Pris dans les contrats et les contraintes d'une vie familiale réglée, Pierre croit avoir trouvé en Laure la figure d'un amour idéal propre à résoudre toutes ses insatisfactions. Et Laure, dans son extrême jeunesse, répond avec élan à la passion de Pierre : ils connaissent ensemble des après-midi secrètes, des moments charnels très forts et les joies équivoques de la clandestinité.
    Ont-ils, enfin, rencontré la «vraie vie»? Ou sont-ils condamnés à ne connaître toujours, en fin de compte, qu'un simulacre de vie, une vie fantôme?

  • Lorsque l'armée du IIIe Reich déferle sur la France, Jules a vingt-cinq ans. Démobilisé, ce jeune instituteur marié et père de deux enfants s'engage dans la Résistance. Malgré la traque de la Gestapo et les pertes humaines, il prend goût au combat.
    Dans la clandestinité, les sentiments n'ont pas leur place. L'amour est un risque trop grand à prendre, pourtant la question se pose : où se trouve son foyer ? Auprès de Marie, son épouse, ou de ses compagnons d'armes ? Si sa présence est légitime d'un côté comme de l'autre, son absence le condamne dans les deux cas.
    Une fois la Normandie libérée et la paix revenue, Jules est allé trop loin pour retrouver sa vie d'avant. La guerre ne l'aura pas épargné, ni lui, ni les siens, et les déchirures sont réelles. L'heure des comptes est arrivée.
    Normandie douce-amère est le premier volume d'un diptyque qui se poursuivra en Indochine puis reviendra en France, dans les pas et les silences de Jules.

  • Bogotá est assiégée depuis des mois. Le gouvernement a fui à Carthagène, la guérilla contrôle le sud de la ville et affronte l'armée et les paramilitaires.
    Tandis que les obus pleuvent sur la ville, deux journalistes étrangers, la belle Islandaise Bryndis Kiljan et le Maltais Olaf K. Terribile enquêtent sur une sombre histoire de trafic d'armes entre la guérilla et l'armée, dont les ramifications les guideront à travers une Bogotá clandestine jusqu'aux clés d'un conflit inextricable.
    Dans une deuxième histoire un jeune homme facile se laisse séduire par des hôtesses de l'air qui vont faire de sa vie un enfer.
    De l'humour à l'érotisme en passant par le suspense, Santiago Gamboa maîtrise les registres les plus divers et montre une fois de plus son originalité irréductible

  • La mort suspecte du curé Charles-Eugène Aubert dans l'hôpital où elle est infirmière va contraindre Rosalie Lambert à se confronter à des souvenirs qu'elle avait jusque-là enfouis. C'est plus de vingt-cinq ans plus tôt, dans le dispensaire où elle exerçait, qu'elle avait fait la connaissance de ce curé si charismatique. Le soupçonnant d'avoir commis des actes allant à l'encontre de son devoir, elle avait dû s'enfuir, laissant derrière elle son grand amour. Alors que ses souvenirs reviennent la tourmenter et se mêler au présent, elle va devoir convaincre les jurés qu'elle n'est pas coupable du terrible crime dont on l'accuse...

  • Samia est encore toute petite lorsqu'elle comprend qu'elle n'est pas la bienvenue dans cette riche famille musulmane où la présence d'une fille est une véritable punition d'Allah.

    Son père la domine, sa mère la rejette et ses deux frères aînés, conscients du traitement injuste dont elle est victime, ne peuvent rien pour elle. Elle est seule au monde, et lorsqu'on daigne s'adresser à elle, ce n'est jamais pour la porter aux nues.

    Elle n'a que seize ans lorsqu'on la marie malgré elle à un employé de son père. Un régime de terreur s'installe alors dans sa nouvelle demeure. Elle se tourne vers son père et sa mère pour obtenir de l'aide, mais elle reçoit toujours la même réponse: elle est une femme, et une femme doit respect et obéissance à son mari en n'importe quelle circonstance.

    Battue et violée à répétition, Samia ne peut s'appuyer que sur elle-même pour se sortir de ce cauchemar qui n'en finit plus. Les années passent et la situation ne fait que se détériorer. De surcroît, l'Algérie a basculé dans l'intégrisme religieux; l'usage du chantage et de la peur est devenu quotidien.

    Samia, maintenant mère de plusieurs enfants, n'a désormais qu'une seule idée en tête: fuir vers la liberté ; fuir pour respecter sa promesse faite à ses petits qu'un jour la lumière et la paix seront au menu tous les jours de leur vie.

    Mais sa route est jonchée de milliers d'obstacles et de dangers mortels...

  • Le glacis

    Monique Rivet

    Laure a vingt-cinq ans lorsqu´au milieu des années 50 elle est nommée, en pleine guerre d´Algérie, professeur de lettres dans un lycée d´une petite ville de l´Oranais. Cette guerre, qu´elle ne comprend pas, la désoriente, puis lui fait horreur. Elle ne comprend pas davantage la société qu´elle découvre, une société cloisonnée où les conformismes se côtoient en toute hostilité et qu´elle choque par la liberté de ses réactions ; d´emblée elle s´y fait des ennemis, au point de se mettre en danger.
    « Le temps où j´ai habité la ville était le temps de la violence. Le temps de ce que le langage officiel déguisait d´un intitulé pudique : les "événements", quand l´homme de la rue disait : la guerre. La guerre d´Algérie.
    Ce pays, je ne lui appartenais pas, je m´y trouvais par hasard. J´y étais de guingois avec tout, choses et gens, frappée d´une frilosité à fleur de peau, incapable d´adhérer à aucun des mouvements qui s´y affrontaient. Cette guerre, je ne la reconnaissais pas, elle n´était pas la mienne. Je la repoussais de toutes mes forces. Si j´avais eu à la faire... - s´il avait fallu que je la fasse, aurais-je pu la faire aux côtés des miens ? » Monique Rivet avait l´âge de Laure quand elle a écrit ce texte, vibrant, sobre et vital, témoin de son regard de femme très jeune sur une guerre que personne ne voulait reconnaître. Ce roman n´a jamais été publié auparavant.

  • Géographie française

    Gabriel Garran

    Le destin commande de vivre, parfois impérieusement. Alors que son père est arrêté puis déporté à Auschwitz et que sa mère échappe de peu à la rafle du Vél'd'Hiv, Gabriel, treize ans, entre malgré lui dans la clandestinité. Ce petit Parisien, fils d'immigrés polonais, qui a grandi entre Belleville et Ménilmontant, entame une vie d'exil dont les étapes s'inscrivent dans la « géographie française » pour échapper à la persécution. Commence alors pour lui le temps de la survie.Passant la ligne de démarcation le jour où les Allemands envahissent la zone libre, il change de nom, se retrouve au rythme de ses déracinements bûcheron, trieur de clous, livreur en triporteur et finit la guerre gardien de chèvres au pied du Vercors.Ce roman de formation dans lequel Gabriel Garran évoque une initiation à la fois affective, littéraire et politique est un magnifique témoignage que nous livre ce grand homme de théâtre.

  • En août 1688, la Rochelaise Adélie Candé arrive en Amérique pour y rejoindre son fiancé. Or, son rêve de devenir une maîtresse de maison respectable, malgré le fait qu'elle soit une bâtarde, s'effondre quand des forbans capturent le navire sur lequel elle vient d'arriver. Adélie choisit alors de s'échapper avec l'un de ses ravisseurs, qui lui promet de l'escorter à Grand-Pré, où l'attend son fiancé. Mais en cours de route, la violence, la nature indomptée et le chame insidieux de son compagnon transformeront peu à peu la vision qu'a la jeune femme du monde. Désormais éprise de deux hommes, déchirée entre la vie qu'elle a toujours voulue et un goût naissant pour l'aventure, elle se battra pour garder le contrôle de son destin.

    Dans ce roman où les aventures et les revirements se succèdent avec rythme, le lecteur découvrira une Acadie déjà menacée par la guerre, alors que les efforts des colons français ne font que commencer à porter leurs fruits. Les personnages nous entraînent à travers les étendues vierges, le long des côtes et dans les maison des habitants.

    Tout un périple où la cruauté, le désespoir et la trahison ne peuvent étouffer l'appétit de vivre d'une battante.

  • Paris, 1943, les persécutions contre les juifs et les rafles s'intensifient. Les parents de l'auteur décident d'envoyer trois de leurs enfants en « vacances », loin de la capitale, pour les protéger. La séparation sera définitive, Raymonde, 3 ans, sa mère et son père sont arrêtés et déportés. Ils ne reviendront pas.
    L'auteur a échappé à la mort mais pas au fardeau du souvenir. À ses petits-enfants, qui le pressaient de questions sur cette période, il peut enfin dévoiler ces deux années de clandestinité, à Baule, dans le Loiret, loin des siens. Il dit aussi, avec une pudeur infinie, la douleur toujours brûlante de l'arrachement à ses parents et à sa petite soeur.
    Jacques Isidore Lévy s'est consacré durant 20 ans à transmettre la mémoire de la Shoah.
    C'est afin de conserver le souvenir des enfants cachés, souvent devenus orphelins après la guerre, et celui de leurs parents, déportés et assassinés, qu'il a milité dans plusieurs associations et rédigé ce témoignage.

  • Hôtel du canal

    Francis Pornon

    Dans les tourments de la guerre, la résistance est aussi celle des coeurs.








    Elle glissa à son oreille :


    - Vous êtes probablement repéré. Je dois vous intercepter. Nous sommes un couple, en route pour Toulouse...


    Calmement, il cueillit son visage entre ses mains et piqua un bécot sur ses lèvres. Puis, comme se ravisant, il plongea longuement ses yeux noirs dans le gris bleu de ceux de Rosette. Alors, il pencha la tête et lui donna un long baiser. Elle voulut recevoir la caresse froidement, les lèvres closes. Mais l´eau de toilette musquée, la tendresse de l´étreinte et surtout le manque d´amour, eurent raison de sa réserve. Elle se surprit à ouvrir la bouche à une langue chaude et humide. Le baiser dura.







    Francis Pornon narre avec élégance et sensibilité une brève idylle de deux inconnus au cours de la 2eme guerre. Dans la tourmente et l´angoisse, la pulsion de vie se révèle la plus forte quand la chair exige de vivre malgré tout.

  • Après avoir quitté leur manoir en ruine et traversé l'Allemagne à pied d'est en ouest, Else et ses quatre enfants sont enfin arrivés à Düsseldorf. Magnus, le frère de son mari, consent à les accueillir, mais n'a d'autre choix que de les abriter dans son sous-sol humide et inconfortable. Comme Else ne veut pas être à sa charge, elle accepte un poste de serveuse dans un restaurant, puis est engagée par les Forces britanniques comme traductrice.

    Alors que la reconstruction de l'Allemagne de l'Ouest s'amorce grâce au Plan Marshall, la veuve de Johan Von Steiner agrandit le cercle de ses amis et connaissances, même si elle tente de cacher du mieux qu'elle le peut ses origines aristocratiques. Et quand un nouvel emploi se présente, cette fois dans des bureaux diplomatiques étasuniens, Else rencontre un homme dont elle tombe amoureuse. Mais à nouveau, le destin s'acharne sur elle, le malheur l'accable. Saura-t-elle une fois encore faire preuve de résilience, qualité essentielle en ces temps difficiles où rien n'est acquis?

    Ce second et dernier tome de la nouvelle série de Janine Tessier nous ramène au coeur du conflit le plus meurtrier de l'histoire, avec ses difficultés, ses horreurs et surtout, ses incalculables séquelles.

  • Berlin, 1942.

    Le baron Johann von Steinert, colonel SS au sein de la Gestapo, et sa femme Else ont invité des proches d'Hitler à la réception qu'ils tiennent annuellement dans leur somptueux manoir, en banlieue de Berlin. En cette année où l'idéologie nazie s'impose avec hargne et violence sur toute l'Europe, les invités triés sur le volet discourent avec verve sur la supériorité de l'Allemagne. Dans leur délire fanatique, ils ne peuvent se douter que deux ans plus tard, la situation ne sera plus la même. Les ennemis avancent vers la capitale allemande et, du manoir, on entend l'écho incessant des bombardements qui mettent Berlin à feu et à sang. La sécurité d'Else et de ses quatre enfants est menacée.

    Alors que les bombes ennemies détruisent leur résidence ainsi que leur usine et que les Russes approchent à grands pas, ils doivent entreprendre un long exode vers l'ouest, à l'autre bout du pays, où devrait les accueillir Magnus, le frère de Johann. Leur pénible parcours de 650 kilomètres sera semé d'embûches, de problèmes, de périls, de dangers, de morts. La faim, la peur de rencontrer l'ennemi ainsi que le froid et le mauvais temps seront leurs fidèles compagnons jusqu'à Düsseldorf.

  • Boston, 1825.

    Patricia se voit contrainte d'épouser un jeune homme fortuné de la bonne société, ce qui ne l'enchante guère. Contrariée, elle se réfugie dans l'amitié d'un commis employé à la banque de son père. Obsédé par l'argent, le prénommé Frank réussit à cambrioler l'établissement où il travaille pendant qu'une tempête de neige s'abat sur la région. Fort de son exploit, le fils de forgeron séduit la belle Patricia avant de s'enfuir vers Londres, où ils planifient de se retrouver incognito. Or, suite au vol qui a placé la banque en grandes difficultés, le père de Patricia accentue les pressions. Lasse, elle accepte finalement une union avec le fils d'un célèbre avocat.

    Lorsqu'elle arrive dans la capitale anglaise pour son voyage de noces, Patricia crée une diversion qui lui permet de fausser compagnie à son nouveau mari. Mais pas de traces de son jeune amant et elle se retrouve en compagnie d'une femme des bas-fonds avec qui elle partage son triste logement. Frank parviendra-t-il à retrouver sa belle dans la capitale anglaise, ou est-il encore en mer à affronter mille et une tempêtes?

  • Moncoutant, France, 1684. Mérance Duvernay, 16 ans, possède un talent de guérison par les plantes. Promise à un jeune médecin prétentieux, elle refuse ce mariage imposé par son père, un pasteur protestant. Accueillie par un maître apothicaire, Mérance deviendra apprentie au sein de sa boutique. Mais, à la mort de son mentor, elle part à la recherche des membres de sa famille, qui ont dû s'expatrier pour survivre en raison des conflits religieux. Se déroulant à l'époque de la révocation de l'Édit de Nantes, lors du Grand Siècle, cette intrigue entremêle avec soin les thèmes des corporations et de la sorcellerie. La Protégée de l'apothicaire se révèle un excellent premier roman de Stéphanie Tétreault, avec ses personnages attachants, ses scènes remplies d'émotion, ainsi que ses notions historiques bien intégrées au récit.

  • Ville de Québec, août 1932

    Pendant que la Crise économique fait des ravages, semant chômage et misère sur son chemin, le quartier Saint-Sauveur est endormi lorsqu'un terrible incendie se déclare dans la maison de Louis et de Florence. Seules la petite Marie et sa mère réussissent à s'extirper des flammes, alors que Louis et son fils Pierre périssent... Florence, qui a grandi dans un orphelinat à la suite du décès de sa mère, est recueillie par sa belle-famille. Mais la reine du foyer, Alexina, est dévastée par la mort de son fils. Elle n'a jamais aimé que lui et déteste d'autant plus l'intrigante qui a volé son coeur, maintenant qu'elle doit lui faire une maigre place sous son toit.
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    Or, la santé mentale de Florence chancèle depuis le drame et elle est placée temporairement dans le trop célèbre hôpital Saint-Michel-Archange. C'est pendant son séjour qu'Alexina, par l'entremise de Jules, son mari soumis, décide qu'ils devront se débarrasser de Marie...

    De son côté, le commerçant Victorin Dufour est amoureux de Florence depuis le premier regard qu'il a, jadis, posé sur elle. Puisqu'elle était mariée avec son commis, le vieux garçon a toujours gardé ses sentiments secrets. Mais la mort tragique de Pierre change tout... Lorsqu'il apprend avec stupeur que Florence se retrouve à l'asile, il décide de tout faire pour lui redonner le goût de vivre. Avec respect, douceur et tendresse, il perce peu à peu la coquille de la femme de ses rêves, jusqu'à ce que ses efforts lui permettent de redevenir elle-même et de quitter pour de bon ces sinistres lieux. Mais une nouvelle atroce concernant sa fille Marie la frappe alors de plein fouet...

    Ce roman, qui accumule les rebondissements et les situations émotives, est teinté de respect, de bonté et de maturité. Grâce à ses ambiances bien dessinées et à ses personnages plus vrais que nature, la plume de Lise Bergeron fait revivre avec justesse la réalité d'un quartier de la ville de Québec et de ses habitants.

  • Une agente russe sort miraculeusement indemne des ruines de l'une des tours du World Trade Center quelques heures après les fameux attentats de septembre 2001. Celle qui se fait appeler Lena était alors sur le point de remettre des documents importants concernant les sites nucléaires clandestins de l'Iran. Autant les Iraniens que les Russes entendent bien se les approprier, les premiers pour conserver leurs secrets, les derniers pour profiter des informations qu'ils contiennent. Mais d'abord, ils doivent faire des pieds et des mains pour retrouver Lena, qui a changé d'identité et s'est évanouie dans la nature. Les deux clans sont prêts à tout, même à enlever le fils de la jeune femme pour qu'il serve de monnaie d'échange si besoin est. Mais qui ira jusque-là? Traquée, Lena ne sait plus qui sont ses ennemis, encore moins ses alliés. Son nouvel amoureux, entre autres, est-il sincère? Avant de le savoir, elle devra vivre l'enfer...

    Ce second roman du Torontois Gaï de Ropraz est dense et truffé d'action. Il dresse sous les yeux du lecteur un univers complexe qui montre tout le souffle littéraire que possède cet auteur. À travers une panoplie de personnages aux fortes personnalités, que l'on retrouve dans différentes parties du monde, le suspense d'un réalisme saisissant mène le bal de la première à la dernière ligne.

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