Arts et spectacles

  • Quel étrange rapprochement pourraient dire l'amateur de tableaux ou de sculpture, le mélomane encore davantage, au vu de ces deux mots. Qu'on leur laisse donc le plaisir de l'émotion de l'oeuvre sans l'encombrer du voisinage d'une science, d'une technique, qui ne leur ont pas forcément laissé le meilleur souvenir. Ce livre, issu d'un colloque entre artistes et chimistes, parrainé par la Fondation de la Maison de la Chimie, témoigne en fait de l'importance de ces deux mots pris ensemble. Car avant l'émotion, avant l'existence, l'oeuvre d'art n'est que matière - le bois du violon, le pigment de la couleur, la substance de la sculpture. Et voilà qui met l'artiste - et non plus l'amateur ou le mélomane - dans sa vraie situation : le médiateur qui, de la matière brute, grâce à son travail, crée l'oeuvre. La prise de conscience de cette réalité transforme notre regard sur l'artiste, car s'il se veut maître de la matière, il est préférable qu'il la comprenne, qu'il sache prévoir ses comportements devant ses efforts et... voilà qu'on retrouve la chimie puis, dans le même mouvement, le chimiste avec sa capacité de prédiction des transformations de la matière, la puissance de ses analyses. Comme un pas de deux davantage que comme un dialogue, les auteurs se dévoilent soit artistes soit chimistes. Les premiers se fascinent pour le jeu des transformations que leur pinceau ou qu'une opération de brutal mélange d'espèces peuvent produire, ou encore s'émerveillent de cette myriade de matériaux (les matières plastiques) que personne ne connaissait avant eux - puisqu'ils viennent d'être sortis des laboratoires de chimie - et s'étonnent des nouveaux objets, des nouvelles oeuvres, qu'en tire leur art. Les autres se font enquêteurs et démasquent derrière les fards égyptiens le souci de la prophylaxie des yeux, restaurent au-delà de leur aspect actuel la réalité des bronzes antiques, admirent les performances de l'empirisme des artistes de l'Antiquité lorsqu'ils osent des transformations thermiques qui conduisent au verre, à la faïence. Et puis il y a la couleur ! Merveille de la perception humaine qui est aussi un grand acquis de la science moderne et particulièrement de la chimie qui en comprend la gamme des variations que leur apporte le vieillissement. Cet ouvrage intéressera toute femme ou tout homme de culture, démontrant la nécessité d'abattre les frontières : le chimiste peut aider l'artiste mais à son tour s'enrichit de comprendre comment les oeuvres traversent le temps. Le lecteur, lui, jettera un regard renouvelé sur l'art et s'apercevra que la connaissance scientifique n'a pas nuit à son émotion... bien au contraire.

  • Marie Curieuse ? C'est nous au matin. Après avoir bu notre café/thé, nous être lavé (pour tout savoir sur cette partie, lire Café, crème, savon et Cie du même auteur), nous pouvons enfin nous habiller. Et là, l'éternelle question : qu'est-ce que je mets ce matin ? Marie Curieuse pousse le vice plus loin, en se demandant quels textiles porter : fibres animales ou végétales ? Mais d'où viennent toutes les couleurs des habits ?

    Une fois habillé, il faut bien sûr passer par la case parfum. Mais qu'est-ce qu'un parfum ? Et pourquoi cela sent-il si bon ? L'auteur, Muriel Chiron-Charrier nous apprend même à distinguer les pierres des pierres précieuses.

    Et comme c'est l'auteur qui parle le mieux de son livre, un petit mot de la part de la créatrice de Marie Curieuse : « La curiosité est une grande qualité. Les enfants en sont bien dotés, mais alors pourquoi perdons-nous, en grandissant, cette faculté à nous questionner et nous émerveiller ? Notre maison est un véritable cabinet de curiosités. Laissez-moi vous emmener dans ce monde fascinant fait d'histoire, de géographie, de chimie, de hasard, qui imprègne notre quotidien. Après avoir lu ce livre, vous ne verrez plus vos pulls de la même façon, votre odorat sera sublimé et votre admiration pour les diamants vous fera faire des folies...»

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