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    La régression fait partie des processus psychiques qui peuvent se déployer dans des directions différentes, s'entremêlent et se condensent pour se lier, se délier, construire ou détruire. Moteur puissant du fonctionnement psychique, elle est quotidiennement présente dans la simplicité de la vie, inquiétante et énigmatique dans les dérives de la maladie grave, attractive et dangereuse dans les traitements psychiques où règnent le transfert, ses menaces et ses espérances.

    Splendeurs et mise?res, exaltation ou de?re?liction, mais toujours exce?s et de?mesure : la re?gression s'ancre définitivement au corps et à la psyché. Elle ne pourrait e?tre absente de l'appareillage psychique le plus habituel sauf a? entrai?ner des troubles graves : ne plus dormir, ne plus re?ver ? Vivre en étant totalement prive?s de sensorialite? ? Sans l'expe?rience de ce qui ne passe pas par les mots ?

    À partir de leur pratique, les auteurs explorent les diverses formes de cette notion complexe au caractère trompeusement banal et connu. Leurs contributions témoignent d'une mise à l'épreuve de la régression à différentes périodes de la vie (enfance, adolescence, âge adulte) et dans différents champs de la clinique psychanalytique contemporaine.

     

  • L'addiction est au coeur de l'économie psychique contemporaine. Dans un récit qui se veut clair et précis, Thierry Roth s'intéresse particulièrement à des sujets addicts, souvent jeunes, qu'il décrit comme des affranchis du Nom-du-Père, donc des contraintes symboliques. Les conséquences cliniques majeures qui en découlent - prédominance  d'un nouveau type de jouissance, prenant l'ascendant sur le désir, statut différent de l'objet, modifications radicales du rapport à l'autre, à soi-même, à l'autorité, à la sexuation... - constituent un défi pour la psychanalyse du XXIe siècle.

    À partir du champ des addictions, l'auteur explique en quoi nous assistons à des changements structurels - et pas seulement conjoncturels - importants, sans pour autant les réduire au seul champ de la psychopathologie. Les catégories du réel, du symbolique et de l'imaginaire s'y trouvent différemment agencées et ces nouvelles manifestations cliniques impliquent de repenser quelque peu la façon dont les cliniciens peuvent y « répondre ».

  • Les ados, ça cause !

    Marie Springer

    • Eres
    • 26 Septembre 2019

    Si le titre de cet ouvrage précise que « les ados, ça cause », disons plus précisément que « ça peut causer » si nous - adultes - nous les réinscrivons dans un bain de paroles.

    Cet ouvrage part de l'expérience de l'auteure au sein d'une maison pour enfants à caractère social. L'auteur y parle de rencontres : rencontres avec des adolescents pour la plupart déscolarisés, désengagés dans leur vie mais aussi avec des éducateurs, qui eux-mêmes parlent de leur propre rencontre avec ces adolescents. Le livre témoigne de la portée des effets du signifiant et nous rappelle que notre condition humaine quotidienne est d'être des êtres parlants. Son objectif est de faire entendre aux éducateurs que dans leur quotidien il y a une nécessité « à faire parler un adolescent » dans un espace qui met en scène des mots, une parole où l'équivocité de la langue fait loi.

  • Quelle relation y a-t-il entre la psychanalyse, dont la pratique est fondée sur le langage, et la musique, qu'on dit asémantique parce qu'elle nous bouleverse sans jamais articuler de signification précise ? Pourrait-il y avoir quelque chose de musical dans les phénomènes auxquels la psychanalyse a à faire, et spécialement, dans le cas de la mélancolie ?

    En suivant le dernier enseignement de Lacan, influencé par les théories de Jakobson et de Levi-Strauss, Silvia Lippi construit un parallèle entre psychanalyse et free jazz fondés tous deux sur l'improvisation. La notion de rythme permet d'envisager une modalité de la cure qui n'oppose pas le discours maniaque aux exigences d'un ordre symbolique extrinsèque et forcément répressif. Il ne s'agit plus d'interpréter, mais de rythmer : le jazz a montré que des rythmes et des tempos différents n'empêchent pas l'émergence d'un discours commun entre les éléments du groupe.

    L'auteure propose une approche psychanalytique des psychoses, qui repose plus sur l'invention que sur la réparation et rompt avec une conception déficitaire de cette structure clinique. La psychose devient le paradigme de la lutte contre tout pouvoir centralisé, incarné par les différentes figures paternelles et paternalistes de notre société. Avec le rythme, la psychanalyse redevient clairement ce qu'elle n'a jamais cessé d'être : une force d'émancipation.

  • Dans les sociétés africaines, comme chez les Bantous d'Afrique centrale où l'auteur a grandi, une tradition consiste à considérer certains enfants comme des « ndoki » à qui on attribue le pouvoir maléfique de semer le désordre, de nuire à autrui par des actions maléfiques ou de faire mourir n'importe qui par leur seule volonté appelée « Kindoki ». Ainsi, la cause du malheur comme de l'échec personnel est le plus souvent imputée à un autre, le sorcier (enfant ou adulte), supposé avoir le pouvoir de modifier la réalité, de répandre le malheur et la souffrance.

    Derrière le symptôme culturel, les croyances en la sorcellerie dont sont accusés les enfants sorciers, l'auteur montre que peuvent se cacher de véritables structures psychopathologiques ou des conflictualités psychiques qui valent pour tous les enfants à travers le monde. Cet ouvrage a pour but de sortir du relativisme culturel, cette haine douce de la réalité. Il fait le lien entre le singulier de la culture et l'universalité de la subjectivité et, par là, ouvre à une prise de conscience du fondement inconscient à l'oeuvre dans le « traitement » - entre exorcisme et exclusion - des enfants sorciers, considérés comme des enfants sacrifiés ou des fétiches martyrisés. L'auteur rend compte de la manière dont la psychanalyse contribue à éclairer les pratiques sociales au sein des populations migrantes d'origine africaine en France.

  • Cet ouvrage témoigne d'une tresse, celle de la naissance d'un clinicien de génie, ivre de culture, toujours en quête de l'hystérisation du discours.  Cet ouvrage comporte des textes majeurs de Lucien Israël, inédits (ou épuisés). Dans ces écrits cliniques très actuels et riches d'enseignement(s), il se révèle en tant qu'homme et en tant que praticien de la psychanalyse. Toute personne ayant quelque lien avec la psychanalyse y trouvera matière à émerveillement et questionnement.

  • Sous la forme d'un abécédaire, une équipe de soutien en soins palliatifs témoigne de sa pratique. Elaboré à partir d'une supervision assurée pendant plusieurs années par Jean-Pierre Lebrun, cet abécédaire rend compte du travail d'ajustement incessant de détails auquel se soumettent les membres de l'équipe Delta, pour couvrir - palliatif venant de palliare, qui veut dire recouvrir - d'un manteau d'humanité jusqu'à leur dernier souffle, ceux et celles que la vie est en en train de quitter. Dire cette clinique du détail, de la broutille, voire m ême de la bricole, fait émerger l'importance cruciale de ces choses apparemment anodines, mais aussi des frottements, parfois des frictions, m ême des heurts, dans la rencontre entre le patient en fin de vie et celui qui l'accompagne.

  • Des enseignants-chercheurs français reconnus, mais également étrangers (Belgique, Brésil, Canada) traitent des médiations par l'art à partir du référentiel théorique lacanien. Jusqu'à présent, les médiations thérapeutiques par l'art ont été pensées dans le champ psychanalytique à partir de la question de la symbolisation dans une optique postfreudienne (cf. les travaux de l'université Lyon 2 de Anne Brun, René Roussillon, Bernard Chouvier, Edith Lecourt, etc.). Cet ouvrage collectif met au centre de la réflexion et de la pratique la question du non-symbolisable et de l'irreprésentable, ce que Lacan nomme « Réel ». à partir de ce concept central sont abordées différentes questions (médiation, dispositif, création, psychose), mais aussi différents types de médiation (musique, théâtre, marionnettes, écriture).

  • Pour aider un enfant autiste à se développer au milieu des autres, il est essentiel que parents et professionnels mettent en commun leurs réflexions, observations et objectifs. Ils doivent apprendre à se comprendre, à déjouer les quiproquos dus au jargon technique et à échanger sur les situations vécues avec leur enfant.

    Avec cet ouvrage, fruit d'une vie consacrée à l'autisme, Marie Dominique Amy s'adresse aux familles et à tous ceux qui essaient de ne pas se perdre dans le labyrinthe de l'autisme ou dans le mirage de certitudes infondées. Elle propose un véritable manuel de survie en milieu professionnel à destination des parents des enfants autistes.

  • Comment les auteurs, psychanalystes, soutiennent-ils leur pratique concrète avec ces patients - enfants aussi bien qu'adultes - pour lesquels Melman avait introduit le terme de nouvelle économie psychique ? Sans doute la clinique contemporaine impose à l'analyste de « savoir y faire ». Non pas de « savoir faire », au sens où elle demanderait un savoir technique descriptible. Mais de se mettre dans la position éthique d'accepter que les réalités cliniques nouvelles puissent le déranger, d'accepter d'inventer sans trop bien savoir ce qu'il invente. À cette seule condition, il pourra « faire avec » : faire avec ce qui, quotidiennement, vient interroger son désir, et sa responsabilité. À partir de leurs assises théoriques et de leur pratique clinique, les auteurs contribuent, chacun, à élaborer l'éthique qui leur permet de se constituer un lieu d'adresse pour ces sujets en mal de parole.

  • Premier prix dans la catégorie des essais et ouvrages scientifiques décerné lors du Salon du livre Plumes & Ancres sociales (organisé par l'IRTS de Normandie-Caen 2016)

    Le travail des professionnels du champ de l'éducation et/ou du soin consiste avant tout à accompagner des sujets dits « psychotiques » dans des formes d'expression socialement acceptables, au-delà des diktats de la normalisation. Cela exige qu'ils s'adonnent, eux aussi, à un certain délire, que Joseph Rouzel qualifie d'asile poétique, pour ne pas laisser leur champ d'intervention se pétrifier, sous les coups de procédures, protocoles, normes ISO, évaluations par le chiffre... La prise en compte des psychoses demande d'assumer une posture subversive.

    « Ce livre est une sorte d'hommage à la psychose. Alexandre Grothendieck éclaire la pratique éducative et psychanalytique de Joseph Rouzel, autant que Victor et Henriette mettent un point d'orgue à sa `biographie' sur un mode qui fait bouger les lignes... Le clinicien se fait ici passeur du psychotique dont, finalement, nous avons à apprendre. Les noms de psychotiques célèbres ici convoqués, dont la liste peut être élargie, montrent que cette contribution n'est pas qu'un vain mot ou une métaphore gentille. Ils sont de fait si nombreux et leur contribution est telle que nous ne pouvons pas imaginer ce que serait le monde sans eux - dans ce qu'il a de meilleur et dans ce qui nous permet de l'habiter. » Marie-Jean Sauret

  • « Les femmes infertiles m'ont tout appris. Leur souffrance, leurs symptômes, les paradoxes de leur désir d'enfant m'ont offert une expérience clinique inattendue à laquelle le discours universitaire ne m'avait pas préparé. Parfois, même souvent, elles conçoivent sans traitement, au-delà de tout espoir thérapeutique. Me rappelant ainsi que rien n'a d'effet sur le corps si la dimension du sujet humain et le mystère de la vie ne sont pas respectés. Leur refus de concevoir témoigne que l'objectivité scientifique et la matérialité de la société de consommation éloignent de la vie au lieu de la servir.

    L'être humain souffre toujours de ses limites et de son impuissance mais aussi de ses excès qui le précipitent dans l'illusion du bonheur par le comblement du manque. Ces nouveaux symptômes interfèrent avec les influences sociétales pour décider de l'avènement de la vie. Aujourd'hui, les femmes me conduisent plus loin encore. Leur témoignage ouvre sur l'universel. Car tout être humain peut entendre, quel que soit son sexe, qu'il lui est possible un jour de se retourner sur sa vie pour changer son destin... » J. R.

  • Une approche globale des médiations artistiques (art-thérapie et autres activités apparentées au soin), dans le champ de l'aide et du soutien des personnes en souffrance.

    On les nomme : ateliers thérapeutiques à médiation artistique, ateliers d'art thérapie, ateliers psychothérapeutiques médiatisés, ateliers d'expression créative, ateliers d'animation thérapeutique, etc. Est-on sûr de savoir et de comprendre, à partir de ces termes, quelle est la nature du travail engagé ? Quelle est la formation et la place des intervenants ? Quel dispositif est mis en oeuvre ? Quels en sont les objectifs ? Martine Colignon apporte des éléments de clarification salutaires.

  • « La clinique étonne et contraint le praticien. Son délaissement dans le champ de la psychiatrie et de la recherche va de pair avec la primauté actuelle accordée à l'image, où l'entendu ne peut être que négligé.
    Cet ouvrage montre que c'est la psychanalyse qui retrouve le fil des discours psychotiques, au cas par cas. Cette clinique n'est pas celle des symptômes assourdissants, mais celle d'une articulation incessante à la théorie qui la sous-entend et s'en trouve modifiée.

    L'entreprise a pour objet - à partir d'une remise sur ces bases légitimes de ce qui est en jeu dans les psychoses - d'oeuvrer pour l'appréciation des déterminants, des circonstances de déclenchement, de déploiement, et des conditions d'une action thérapeutique raisonnée. On entendra, dans ce qui est écrit, le souci de l'auteur de transmettre cette attitude en faisant appel à son tour au transfert du lecteur - 'qu'il y mette du sien'', comme l'y incitait Jacques Lacan. Il sera alors, à chaque détour du texte, plongé dans l'étonnement d'une nouvelle et authentique clinique. » Jean Bergès

    Par rapport à l'édition originale, cette nouvelle parution comporte quelques ajouts. Un accent particulier a été porté sur la question du transsexualisme, de la manie, de la mélancolie, ainsi qu'à la problématique des pulsions. Trois entretiens présentés en annexe viennent compléter ces considérations cliniques sur les psychoses.

    Marcel Czermak est psychiatre des hôpitaux, psychanalyste, membre de l'Association lacanienne internationale.

     Mise en vente le 16 février 2012

  • Les migrations ont évolué, elles concernent aujourd'hui de nombreuses femmes jeunes qui deviennent mères en exil de façon très périlleuse.  Les conditions d'accueil en France s'étant durcies, les vulnérabilités se cumulent et se potentialisent, engendrant la précarité, l'exclusion, voire la violence.

    Les femmes exilées n'ont pas de « pathologies » particulières, mais elles expriment leurs souffrances de façon parfois singulière. Le travail psychique de la grossesse et de l'enfantement peut être entravé, bouleversé par la solitude, le traumatisme, et les conditions de vie.

    Avec des références ethnopsychiatriques et des concepts pluriels (médicaux, psychologiques, anthropologiques, philosophiques), les auteures rendent compte d'une expérience clinique innovante auprès de femmes qui enfantent en exil. A l'articulation du psychique, du culturel et du politique, elles nous livrent une réflexion profonde et sensible sur les conditions nécessaires pour accueillir et écouter ici les souffrances de ces mères venues d'ailleurs.

  • Les médiations thérapeutiques sont aujourd'hui largement utilisées dans la clinique. Avec l'essor du numérique, les jeux vidéo ont fait leur apparition dans le soin et sont devenus des objets de médiation que les auteurs ont tous expérimentés dans leur pratique.

    Ils développent les enjeux de l'usage des jeux vidéo et de la console dans la séance de thérapie auprès d'enfants ou d'adolescents, en soin individuel ou groupal, institutionnel ou libéral, et analysent la place de la parole dans la partie de jeu partagée. Dans leurs présentations cliniques de jeunes sujets - qu'ils soient, ou non,  habitués, adeptes du jeu vidéo ou joueurs excessifs -, ils montrent que l'important n'est pas le jeu vidéo en lui-même mais bien sa caractéristique de médiation, induisant des effets de transfert et contre-transfert à l'oeuvre dans toutes rencontres thérapeutiques.

    Ce livre, destiné à tous les professionnels de l'enfance et de l'adolescence, en exercice ou en formation, en offrant une vision précise de quelques jeux vidéo et de leurs intérêts en thérapie, ouvre la voie à d'autres possibilités de prises en charge créatives autour du numérique !

  • Depuis les années 1950, les thérapies de groupe d'enfants se sont largement déployées, notamment dans les institutions de soin et dans le secteur médico-social. Leurs dispositifs sont aussi divers que la formation de ceux qui les pratiquent. Au vu de cette multiplicité de dispositifs peu théorisés, ces thérapies ont eu du mal à s'affirmer comme un traitement spécifique et ont souvent été considérées comme une pratique « par défaut ».

    En s'appuyant sur sa longue expérience clinique, Pierrette Laurent montre à quelles conditions le travail psychique en groupe d'enfants peut devenir psychothérapique. Comment les liens créés dans et avec le groupe viennent dénouer et transformer les symptômes des enfants pour favoriser la reprise de leur dynamique de pensée ? Quelle est la fonction de l'analyste de groupe ? Quelles sont les articulations nécessaires entre groupes thérapeutiques et institutions dans lesquelles ils se déroulent ?

    À partir de nombreuses vignettes cliniques, cet ouvrage apporte des outils méthodologiques, théoriques et pratiques à destination de tous les professionnels qui conduisent des groupes thérapeutiques d'enfants.

  • En 1986, le psychanalyste Didier Anzieu confirmait que sa mère avait été Aimée, cette femme dont Lacan écrivit la folie dans sa thèse. Par la grâce de cette identification, des noms pouvaient sortir comme de l'ombre, des lieux, des dates venaient prendre leur place ; ainsi s'ouvrait la possibilité d'une lecture enfin critique de la seule monographie clinique jamais écrite par Lacan.
    L'ouvrage comporte les documents d'époque. On y trouve aussi la correspondance Allouch/Anzieu qui accompagna l'écriture du livre. Le dernier mot revient à Anzieu en sa postface.

  •  « Qu'est-ce qu'une pensée ? La pensée d'une pomme est-elle mot ou fruit ? Fruit, il sera d'Ève ou de Cézanne. Mot, il s'écrira ou se prononcera à voix haute. Un geste, une chute engageront des pensées plus complexes, comme la peur de l'Apocalypse et la loi de la gravitation. La première femme avait déjà fait le geste inverse, de bas en haut, pour cueillir le fruit de la connaissance. Étrange métrage des pas d'un Virgile, qui permet à l'homme de connaître ce qu'il arpente : sa mère d'abord, puis la terre et l'enfer.

    Expériences sensitives, accès d'abstraction, fantaisies d'artiste ou jaillissement délirant, tout sort d'une même fabrique mentale. "Replongez-vous, pensées, au fond de mon âme", disait Richard III.

    Quand le silence d'une séance décide l'analyste à poser la question d'usage : "À quoi pensez-vous ?" l'analysant étendu sur le divan commence une phrase, puis s'interrompt : "Pourquoi me demander à quoi je pense ?" L'analyste hésite un instant : "Tant que vous ne vous entendrez pas le dire, me le dire, vous ne le saurez pas."

    Entre impensé et impensable, la pensée émerge et s'évanouit, se forme clairement ou défaille. De la formule d'un rêve à l'invention d'un nombre imaginaire, de l'obscurité d'une pensée du corps à l'écriture qui épouserait les pensées qu'elle fait naître, nous verrons les pensées sortir de l'ombre de l'insu. » S.R.

  • Que se passe-t-il dans une séance psychanalytique avec un enfant, avec la famille ? L'auteur développe ses outils de travail que sont les concepts et les modes d'écriture (transcription des séances notamment) pour répondre à cette question. Les concepts sont définis dans leur contexte théorique et appliqués à la pratique dans la séance et dans l'écriture de la séance. Comment les utiliser ? En séance même, leur connaissance donne à la fois les moyens différentiels de situer la (les) structure(s) de l'enfant en jeu (psychotique, névrotique...) et d'en tenir compte dans le maniement du transfert. Les modalités spécifiques de la structuration de l'enfant apparaissent dans l'écriture de la séance qui pointe les accidents du discours comme éléments cliniques et trans-férentiels significatifs.

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    Préface de René Schaerer

    En cancérologie et en soins palliatifs, poussés par une forte attente sociétale, les psychologues sont aujourd'hui invités à rencontrer les malades et les proches afin de les aider à articuler une parole claire, rationnelle et raisonnée, au plus près du discours médical. L'approche psychanalytique soutenue dans cet ouvrage consiste à effectuer un pas de côté vis-à-vis de cette posture de soin qui force la vie psychique.

    Il arrive que la maladie grave et la menace de mort deviennent l'occasion d'une parole autre sur soi  et d'une véritable transformation subjective. A contrario, certains malades, notamment en fin de vie, refusent de produire tout effort de mentalisation et préfèrent rester tranquilles ; il est alors tout à fait important de respecter cette ultime volonté. Mais le plus souvent, plus modestement, la pratique psychanalytique quotidienne aide le patient à retrouver sa parole et à se dégager du bain médico-technique qui tend à gommer les moindres variations subjectives.

    Les auteurs de cet ouvrage donnent à ce travail de construction de sens toute la valeur qui lui revient. Dans cet écart entre ce qui a été communiqué au patient et ce que lui-même en dit, vient justement se loger la part désirante, qui lui permet, autant que possible et parfois jusqu'au moment de sa mort, de rester vivant avec la maladie.

    Mise en vente le 7 mai 2015.

  • La parole oubliée

    Karima Lazali

    Cet ouvrage explore les différentes modalités d'un nouage, entre corps, parole et inconscient, dans la cure analytique mais aussi dans le champ social.

    Une même question insiste tout au long de l'ouvrage : comment et surtout à quelles conditions opère une cure analytique ? En d'autres termes, qu'est-ce que parler pour la psychanalyse (et en psychanalyse) et par quels tours et détours dans le trajet du parlant se produit la transmission du savoir inconscient vers le réel du corps ? Et, partant de là, comment penser le potentiel politique de la parole et ses effets au un par un et dans le lieu social ? Pour y répondre, l'auteur visite l'envers de ce décor, à savoir les lieux de panne de la parole qui ouvrent à différentes formes de ravages, meurtres et autres destructions à l'échelle du psychisme singulier et du collectif.

  • Michel Lemay nous livre ici un témoignage exceptionnel. Il présente sur un mode personnel et engagé les principales approches thérapeutiques susceptibles d'aider des enfants et des adolescents en difficultés psychiques à atténuer leurs souffrances et à retrouver des forces pour créer.

    Comme dans les deux volumes précédents de cette trilogie, où il transmet ses expériences basées sur plus de cinquante ans de travail en pédopsychiatrie et en éducation spécialisée, en France puis au Canada, l'auteur montre, avec de nombreux exemples cliniques, la nécessité d'avoir une vision globale, intégrative, historique et critique des principales approches thérapeutiques. Il le fait avec clarté et rigueur, tout en exprimant ses inquiétudes et ses désaccords par rapport aux tendances actuelles à rechercher des résultats immédiats par des thérapies centrées sur le symptôme, souvent discontinues et basées sur des positions trop réductionnistes et simplistes.

    Le lecteur ne trouvera pas là des réponses toutes faites. Il est invité à penser par lui-même en réfléchissant à sa propre histoire professionnelle.

    Ce volume, qui peut être lu séparément, fait partie de la trilogie Forces et souffrances psychiques de l'enfant :
    Tome 1 : Le développement infantile
    Tome 2 : Les aléas du développement infantile
    Tome 3 : Approches thérapeutiques : espoirs et inquiétudes

  • Le concept de parentification est largement utilisé dans le champ thérapeutique et social, et néanmoins très mal connu. L'objectif de l'ouvrage est de décrire précisément ce phénomène et de proposer des critères d'identification à partir de situations cliniques et de la recherche. Qu'est-ce qu'un enfant parentifié ? Quels sont les éléments organisationnels et éthiques qui concourent au processus de parentification ? Peut-il être source de maturation ou est-il principalement source de souffrance ? La complexité rencontrée dans la clinique avec les enfants et les familles nécessite de répondre clairement à ces questions car le maintien d'un flou conceptuel risque aussi bien de gommer la gravité de certaines situations que d'en dramatiser d'autres qui ne l'exigent pas.

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