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  • Lire l'entretien avec Patrick Ben Soussan (propos recueillis par Audrey Minart)

    Tous les enfants sont des promesses. Ils nous prédisent des jours meilleurs et nous apporteront la félicité... Vraiment ? Les enfants d'aujourd'hui sont désirés comme le salaire mirobolant des footballeurs professionnels, la beauté précieuse des mannequins sur papier glacé, des vacances de rêve aux iles du Levant.

    Tout enfant ne serait-il en fait qu'une imposture ? Et toute enfance, une fable ? Quand donc finirons-nous d'attendre de nos enfants... le bonheur ? Quand donc cesserons-nous de les habiller de rêves et de les vouloir parfaits ? Quand et comment vivre la vie présente, l'instant présent, tel qu'il est, avec son tout-petit ?

    Cet antimanuel de parentalité appliquée se demande s'il est vraiment raisonnable aujourd'hui de fabriquer du bébé pour le bonheur de ses parents. A l'intention de ceux-ci, il énonce quelques simples conseils pour rater leur job de super parents pour le plus grand profit de leur super bébé.

  • Les paradoxes du désir, d'un désir enraciné dans l'inconscient, sont analysés à partir de l'apport de Lacan à cette notion psychanalytique, dans une lecture croisée avec écrivains, poètes, peintres et philosophes. Il y a une aporie dans le désir, due à la conjonction entre la responsabilité éthique du sujet et sa propre perte. Car c'est seulement à partir d'une dépossession - de soi, de l'Autre - d'une absence d'auto-détermination, que le sujet décide de son désir. Mais comment décider de ce qui nous dépasse, autrement dit, assumer ce qui nous oriente à notre insu ? Et comment passe-t-on d'un désir pris dans le symptôme et dans la compulsion de répétition, à la décision du désir ?

  • « Si les récits de mes analysants m'ont appris à créer ce silence en moi qui me permet d'écouter et d'interpréter, ce sont les tableaux de David Malkin qui m'ont poussé à penser et à écrire. Des images ont inspiré ce livre, m'invitant à traverser, d'une façon nouvelle, certains territoires de la psychanalyse. Les formes et les couleurs ouvrent, par un étrange effet de lumière, sur d'autres dimensions qui amènent l'observateur au-delà des apparences vers une expérience visuelle et en même temps spirituelle. »

    En dix chapitres qui sont autant de passages où se croisent l'art, la philosophie et la politique, l'auteur propose un voyage littéraire et une réflexion herméneutique et poétique. D'un discours à l'autre, l'auteur « passe » entre les disciplines et, en revenant à la racine des mots, approche certains concepts psychanalytiques.  Il nous fait rencontrer la dialectique souple de l'inconscient, ses passages qui deviennent forces de subversion analytique du sujet, de la cité (polis) et aussi de la pensée, puisqu'ils opèrent des retournements constants du discours. 

  • La déshabitation des certitudes marque le monde contemporain. Alors que la pratique religieuse proposée en Occident par le judéo-christianisme décroît et que l'intérêt pour les sciences humaines, notamment la psychologie et la psychanalyse, s'est affranchi des illusions et des adhésions excessives, les déçus ont-ils réinvesti la spiritualité ?

    À l'exception d'une frange restreinte de fondamentalistes de toutes obédiences, ce n'est pas la religion qui attire, mais une quête plus profonde, plus risquée, plus vivifiante aussi, à savoir la volonté de comprendre comment se tisse pour chacun le rapport entre sa spiritualité et l'Être censé la motiver.

    L'auteur, attentif à la théologie apophatique, qui ne propose aucune certitude mais interroge par la négative l'espace divin, souligne l'importance du Moi idéal, de l'Idéal du Moi et des questions sur l'origine et la finitude qui jalonnent la nouvelle démarche des chercheurs de déité.

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