• « Au premier abord, elles sont invisibles. Et puis, un beau jour, vous commencez à les remarquer... »
    Pupa, une ex-gynécologue acerbe au corps tout fripé, décide d'offrir à ses deux amies des vacances luxueuses dans un spa à Prague. Beba, une ancienne infirmière aux cheveux blonds et aux seins énormes, est la reine des lapsus et cite constamment des poèmes qu'elle n'a jamais appris. Kukla, une grande femme élégante, a été veuve plus souvent qu'à son tour. Pendant leur séjour, ce trio étonnant de vieilles sorcières vivra de folles aventures dans un décor de massages, de mousse, de jeux de hasard : elles croiseront un jeune masseur dont le membre est perpétuellement au garde-à-vous, un Américain richissime, un mafieux russe ruiné et un médecin spécialiste de la jeunesse éternelle...
    Avec Baba Yaga a pondu un oeuf, Dubravka Ugresi? réécrit le mythe slave de Baba Yaga - une sorcière mangeuse d'enfants - pour évoquer le devenir des femmes âgées. C'est un roman érudit, hilarant et plein d'autodérision.

  • La cuillère

    Dany Héricourt

    'objet brillant est sagement posé sur la table de nuit. Seren devrait prêter attention à son père, étendu sous le drap: sa mort vient de les surprendre tous, elle et ses frères, sa mère et ses grands-parents, mais c'est la cuillère en argent ciselée qui la retient: elle ne l'a jamais vue dans la vaisselle de l'hôtel que gère sa famille au Pays de Galles. À l'aube de ses dix-huit ans, la jeune fille pourrait sombrer, mais les circonstances aiguisent sa curiosité. L'énigme que recèle l'objet, avec son inscription incisée, la transporte. Elle se met à dessiner passionnément (la cuillère) et à observer toute chose de son regard décalé. Un premier indice sur sa provenance la décide à traverser la Manche, à débarquer en France et, au volant de la Volvo paternelle, à rouler. La cuillère pour boussole.
    Beaucoup d'égarement, une bonne dose d'autodérision et un soupçon de folie l'aideront, dans son road-trip loufoque, à se confronter à ce peuple étrange qui confond Gallois et Gaulois, avant de découvrir en Bourgogne un château chargé d'histoire(s).

  • Imaginons un écrivain, solitaire perché au sommet d'une montagne, redescendre peu à peu parmi les vivants, en l'espèce les citadins. Bientôt, il s'installe lui-même en ville. Il continue de vendre ses ouvrages mais pas assez. Il se tourne vers l'Université, cherche à travailler dans le département de Lettres. Puis, de guerre lasse, il se lance dans la publicité. Cet écrivain, c'est toi. Et c'est à toi que Lars Iyer, lui-même professeur d'Université mais pas encore publicitaire, s'adresse. Il dresse ton portrait, toi qui consultes Wikipedia et tweetes une pensée bien sentie sur l'une des préoccupations du moment. Tu n'en restes pas moins prostré devant la page blanche du "Nouveau document" que tu viens d'ouvrir. Tu n'es rien si tu ne vends rien. Tu n'es qu'un maillon dans le marché de l'écrit et, plus encore, dans la mondialisation. Tu dois avaler un cadavre, celui de la littérature. Dans un monde où il n'y a plus rien contre quoi s'opposer, la littérature a perdu deux piliers : la tragédie et la révolution. Mais pour les écrivains d'aujourd'hui, elle n'inocule pas moins son virus, qui serait de tout voir, ressentir, aimer à travers son prisme, à l'exemple du narrateur du Mal de Montano de Vila-Matas. Mais depuis ?À ceux qui ne peuvent s'empêcher de griffonner des mots ou de les taper, Lars Iyer donne quelques tuyaux : résister au chef-d'oeuvre (nécrophilie), reconnaître son rôle (imposture) et, surtout, assumer son idiotie (autodérision). C'est remarquablement envoyé, incroyablement piquant et... hautement stimulant.

  • Le livre-témoignage, spécialement pour les quarantenaires ! Offrez-vous une bonne crise... de rire en découvrant le journal intime d'un homme-ado cynique et désabusé de 40 ans (dans 23 heures, 23 minutes et 34 secondes... non, 15 secondes !).
    Journal intime d'un homme qui doit devenir adulte, Bordel de merde j'ai 40 ans retrace une année pleine de rebondissements et d'humour chez un tout jeune quarentenaire. Les réunions copro ? Un ennui. Les gosses ? Trop de bruits ! Les impôts ? Il est trop tard pour fuir... Cynisme et absurdités sont au rendez-vous : prendre de la bouteille, ce n'est pas toujours la panacée !
    "Il y a une seule chose qui me console. L'avantage d'avoir plus de 40 ans, c'est que l'on a fait toutes nos conneries avant l'ère d'Internet, donc il n'y a aucune preuve de tout ça.""Un de mes potes m'a dit que j'étais totalement immature. Ce à quoi je lui ai répondu : " C'est celui qui le dit qui l'est ! " Paf
    , dans les dents !"

  • "SAVOIR : vivre en famille, vivre en milieu scolaire, choisir sa voie professionnelle, se marier, concevoir, vivre avec un enfant, vivre au travail, penser, planter les choux, dire non, perdre, manger, recevoir, terminer un livre.
    Enfin un manuel de savoir-vivre qui aborde avec une accablante lucidité les différentes phases de nos existences. La vie (surtout celle des autres) n'en sera pas plus glorieuse, mais vous la jugerez plus drôle, en attendant la mort.
    "

  • Mollux est un garçon passionné de mousses au chocolat et collectionneur de dictionnaires, où il dégote à tout-va des surnoms pour tout ce qui bouge. Ainsi, la plupart de ses profs sont affublés de noms d'animaux étranges, tandis que son père, qui ne lui a parlé qu'à deux reprises, répond au sobriquet de Sauf2fois.
    Mais voici qu'un jour, l'adolescent surprend ce dernier dans son salon en compagnie d'un invité pour le moins inattendu : un paon! Et quand l'incroyable volatile, puis Sauf2fois, finissent par mystérieusement disparaître, Mollux se lance dans une enquête plus que loufoque, aidé - mais pas toujours - de l'impayable Procopé, son seul ami ici-bas.
    Un roman résolument drôle où, entre autres désastres, vous croiserez pas mal de foldingues, quelques bêtes à groin ou à cornes et des créations culinaires à vous mettre en grève de la faim...

  • Le narrateur de cette histoire a décidé de mettre fin à ses jours et de disparaître dans l'océan. Sur la côte normande, il s'accorde quelques heures de sursis, s'installe dans un restaurant, commande un plateau de fruits de mer et entame une innocente conversation avec une femme assise à la table voisine. Entre le grand amour, toujours incertain, et le grand plongeon, sans cesse différé, se tisse un roman en équilibre, virtuose dans l'autodérision et l'humour noir... où l'on apprendra qu'à trop attendre de se jeter à l'eau, on ouvre la porte à l'aventure.

  • Gabriel Robichaud propose un troisième recueil de poésie dont le titre est bien sûr un clin d'oeil et un hommage au classique Acadie Rock de Guy Arsenault. Le poète-comédien nous amène faire un « tour de l'Acadie » hors du commun et c'est un plaisir de prendre place dans le siège du passager et de laisser défiler le territoire sous nos yeux amusés. Parce que l'autodérision guette à chaque détour avec, en fin de parcours, l'arrivée d'un manifeste clamant haut et fort une identité sans équivoque.

  • Johanne traverse une grave crise face au vieillissement. Elle remet en question ses choix de vie : sa carrière de comptable, ses multiples amants, beaucoup plus jeunes qu'elle, son divorce, ses relations problématiques avec son fils homosexuel et sa fille anarchiste.

    Un crâne, qui figure parmi ses nombreux objets personnels, devient son confident, une sorte de fétiche un peu bizarre... cela n'est pas sans inquiéter son fils et sa fille qui se demandent si leur mère n'aurait pas besoin de voir un psy. Non seulement Johanne traîne-t-elle Gaston (nom attribué à ce crâne) partout où elle va, causant parfois de grands malaises, elle établit en plus de curieuses relations avec un collègue de bureau, des personnes sans domicile fixe et la veuve d'une victime de guerre.

    Le farfelu, l'absurde, le réalisme et différents niveaux de réalités se côtoient dans ce roman. Patricia Portella Bricka a le souci du mot juste, une écriture élégante, et un humour aux accents méditerranéens, teinté d'audace et d'autodérision.

  • Jonathan Roy revient en force avec un second recueil de poésie qui se déploie autour de l'image de la savèche (mot acadien désignant un papillon de nuit) pour transporter le lecteur dans l'univers contestable du Web. Il y remet en question le sens donné à la génération Y tout en construisant de poème en poème une prosodie qui lui est unique. Jonathan Roy compte sans aucun doute parmi les jeunes poètes les plus marquants de la production courante.

  • Gilles et Laurianne vivent ensemble depuis trente ans, lorsqu'une rupture inattendue brise le couple, qui semble pourtant si solide. Laurianne n'a pas le choix, son mari l'ayant laissée pour Christine, elle doit se refaire une nouvelle vie. Commence alors une remise en question totale, non seulement d'elle-même en tant que mère et épouse, mais de sa vie de couple tout entière. Car au fil des ans, elle s'est souvent oubliée pour les siens. Désormais seule, Laurianne ne se connaît plus, ne sait plus se faire plaisir; elle se questionne, elle doute...

    Gilles a-t-il eu raison de croire que l'herbe serait plus verte chez le voisin? À cinquante ans, pourra-t-elle s'abandonner à un nouveau partenaire, après trois décennies d'une fidélité à toute épreuve? Saura-t-elle encore plaire à son âge, surtout que beaucoup d'hommes de sa génération, selon elle, préfèrent les femmes plus jeunes?

    Mais au fait, que pense Gilles de tout ceci?

    Roman au style solide et juste, Hier et Aujourd'hui nous fait entrer intimement dans la nouvelle vie d'une femme dont les observations, toujours teintées d'humour et d'autodérision, sont lucides et réalistes. Ce texte offre en arrière-plan un examen détaillé de notre société et de ce que sont devenues les relations entre les hommes et les femmes. Un bon roman, sans prétention, de lecture agréable!

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