• Le jeu video pour soigner ? des résistances envers le jeu vidéo à son utilisation en psychothérapie Nouv.

    Créé dans les laboratoires de recherche américains, le jeu vidéo est devenu en quelques décennies le loisir de millions de personnes de tous âges à travers le monde. Dans le même temps, la multiplication des écrans dans les foyers et l'augmentation continue du temps de jeu vidéo, particulièrement chez les enfants et les adolescents, suscitent de nombreux questionnements et craintes chez les adultes, parents comme professionnels. En effet, quelles conséquences peut-on observer ou attendre d'une pratique régulière ou prolongée notamment sur le développement psychique ?

    En appui de leurs expériences cliniques de thérapie à médiation numérique auprès de populations variées et de leur pratique personnelle du jeu vidéo, Guillaume Gillet et Yann Leroux proposent une synthèse des travaux de la recherche scientifique. A destination des parents et des professionnels, ils conduisent une réflexion sur les a priori couramment rencontrés (dépendance, rapport à la réalité, isolement, violence, rapport au corps, rapport à l'imaginaire...) et sur les enjeux de son utilisation en thérapie.

    En présentant les conditions essentielles à la mise en place, l'animation et le suivi d'un atelier thérapeutique à médiation numérique par le jeu vidéo, ils proposent un véritable manuel pratique et critique pour comprendre le jeu vidéo et l'utiliser dans la relation d'aide.

  • Dans une approche psychanalytique du processus créateur, l'auteure confronte la création artistique à la clinique des médiations thérapeutiques par l'art. Elle explore l'infigurable, transformé en oeuvre par l'artiste ainsi que la résonance universelle des différentes figures du processus créateur.

    Elle s'appuie sur l'histoire de la psychanalyse et sur des artistes contemporains comme Artaud, Michaux ou Almodóvar qui mettent en scène des corps extrêmes ou encore sur l'oeuvre autobiographique de Michel Leiris, Thomas Bernhard, Hervé Guibert. Le processus créateur révèle le lien passionnel de l'artiste à son oeuvre, ainsi que des liens entre maladie et création.

    Selon le fil d'une écriture personnelle, Anne Brun met l'accent sur l'importance de la sensorialité. « Tout se passe comme si l'oeuvre créait son créateur et permettait à l'auteur de se produire lui-même. La création dans cette perspective ne saurait être que création de soi et appropriation des expériences en souffrance, tant pour le créateur que pour le récepteur de l'oeuvre, tout comme pour les patients accueillis dans un cadre référé à la théorie et à la pratique psychanalytique. »

  • L'adjectif « phorique » nous vient du grec ancien (phorein) et veut dire « porter », aussi bien porter un petit enfant qui ne peut se porter tout seul, qu'un objet pour le déplacer d'un endroit à un autre. La fonction phorique caractérise tout ce qui relève explicitement de cette action de portage, soit une partie non négligeable des activités humaines liées aux problématiques de dépendances.

    Pierre Delion revient sur ce concept qu'il a forgé, en écho au concept de holding développé par Winnicott, dans l'élaboration d'une psychopathologie transférentielle spécifique des enfants autistes et psychotiques, concept qui se révèle pertinent pour explorer les fonctions parentales. En s'appuyant sur le développement « normal » de l'enfant, il en mesure toute l'importance dans le soin aux enfants et aux adultes présentant un développement entravé.

    Pour lui, la fonction phorique ne peut être détachée d'une réflexion institutionnelle qui aidera l'équipe soignante à mettre en place les bons opérateurs pour en faciliter l'émergence. Il permet de réélaborer en profondeur la politique de soins psychiques, mais son utilité peut être étendue à toutes les situations de dépendance dans la relation humaine (éducatif, pédagogique, juridique, sociétal...).

  • Des enseignants-chercheurs français reconnus, mais également étrangers (Belgique, Brésil, Canada) traitent des médiations par l'art à partir du référentiel théorique lacanien. Jusqu'à présent, les médiations thérapeutiques par l'art ont été pensées dans le champ psychanalytique à partir de la question de la symbolisation dans une optique postfreudienne (cf. les travaux de l'université Lyon 2 de Anne Brun, René Roussillon, Bernard Chouvier, Edith Lecourt, etc.). Cet ouvrage collectif met au centre de la réflexion et de la pratique la question du non-symbolisable et de l'irreprésentable, ce que Lacan nomme « Réel ». à partir de ce concept central sont abordées différentes questions (médiation, dispositif, création, psychose), mais aussi différents types de médiation (musique, théâtre, marionnettes, écriture).

  • Il s'agit-là de la réédition d'un classique publié en 1967 par les Editions du Scarabée. La préface de Pierre Delion et la postface d'Yves Clot mettent en relief toute l'actualité de la réflexion clinique et politique de François Tosquelles. En rompant avec la tradition esclavagiste de l'hôpital psychiatrique, il a fait du travail non seulement une source d'informations cliniques incomparables mais aussi un moyen pour le patient de reprendre contact avec le monde interhumain. La réédition du texte de Tosquelles sur le travail thérapeutique, au-delà de ses quelques rides conjoncturelles inévitables, est une prise de position sur la psychiatrie d'aujourd'hui, en ce qu'elle ne peut faire l'économie d'une réflexion sur l'engagement du malade mental dans son rapport au monde. Pierre Delion

    François Tosquelles (1912 – 1994), psychiatre catalan, militant engagé, fuit l'Espagne franquiste. Il est l'un des initiateurs de la transformation des hôpitaux psychiatriques à travers l'expérience de Saint-Alban et le promoteur du courant de la psychothérapie institutionnelle.

  • Aujourd'hui les ateliers à médiations contribuent plus que jamais à élargir les modalités de prise en charge des personnes souffrantes. Cette approche singulière nécessite toutefois l'exploration approfondie de certaines notions. Qu'est-ce qu'un atelier ? Qu'est-ce qu'une activité ? L'atelier est-il toujours thérapeutique ? Comment le définir et se repérer dans les différentes pratiques ? à Libourne, dans le sillage de Jean Broustra, la pensée autour des ateliers thérapeutiques d'expression reste dynamique et engagée depuis maintenant plus de 30 ans. L'auteur témoigne de cette expérience et développe des outils à destination de ceux qui animent ou souhaitent animer un atelier. Mise en vente le 6 mai 2010.

  • L'histoire de l'expression, plutôt située classiquement comme un débat philosophique (Aristote, Spinoza et Nietzsche), rejoint l'histoire de la psychiatrie en Europe dans les années soixante-dix. Dépassant la seule ambition de collectionner des oeuvres d'aliénés, au-delà de la fascination réciproque entre génie et folie, l'expression constitue un champ de pratique et de théorie qui a sa légitime part dans le traitement des maladies mentales. Dans le sillage de la psychothérapie institutionnelle, elle a pris son élan en devenant une nouvelle manière de vivre le lien entre société et culture. Elle a ainsi revendiqué sa place dans la pédagogie (F. Oury, A. Stern), dans le changement social (M. Pagès), dans la philosophie et la psychanalyse (JF Lyottard, J. Kristeva) mais aussi dans la littérature et les arts contemporains (de P. Sollers à I. Xenakis). L'expression, sous la forme d'ateliers thérapeutiques, contribue au traitement approfondi des patients psychotiques. Dans un cadre habituellement associatif, elle propose aussi des ateliers de créations pour aider à la citoyenneté par développement du lien socioculturel. Interface entre soin et création, l'expression doit tenir une place privilégiée dans l'esprit d'une véritable politique de secteur, ce à quoi l'auteur porte tous ses efforts.

  • L'art de la marionnette, souvent perçu selon les sociétés dans une perspective récréative, rituelle ou magique, peut aussi avoir des vertus thérapeutiques. Les enfants, très réceptifs à l'imaginaire porté par les petites figurines qu'ils façonnent eux-mêmes, peuvent à cette occasion verbaliser de façon indirecte mais souvent très limpide leur difficulté d'être.

    Pouvoir jouer de sa marionnette, pouvoir être ou faire semblant d'être un autre, jouer de ces identifications multiples, les éprouver en soi procurent de multiples ressentis émotionnels passés ou présents. Avec ses caractéristiques d'objet créé-perdu-retrouvé, la marionnette permet au sujet d'être à la fois lui-même et un autre. Cette ambiguïté des rôles et des fonctions permet au « je » de se décliner sous divers masques, de se cacher ou de se dévoiler, autorisant le sujet à se reconnaître multiple, partagé, animé des désirs contradictoires qui sont ceux de la nature humaine.

    Adeline Monjardet propose un guide complet pour comprendre et pratiquer cette médiation thérapeutique à la fois efficace et ludique. A l'aide d'exemples concrets, puisés dans son expérience d'une vingtaine d'années dans divers lieux soignants et en maison de quartier, elle livre les modalités de création d'ateliers thérapeutiques avec des marionnettes et rend compte des possibilités qu'ils offrent.

  • Accessible à toute personne que l'abord de la folie intéresse, ce livre est le récit d'une expérience de communauté thérapeutique (pour adultes le plus souvent psychotiques), s'inspirant de quelques principes essentiels de la psychothérapie institutionnelle. Il vise à en défendre la pertinence et l'actualité, à contre-courant de la psychiatrie actuelle, dominée par le savoir de la biologie et des techniques comportementales et cognitivistes. Sans récuser l'apport du savoir scientifique quand il est rigoureux, ce témoignage fait valoir que toute approche de la folie est vaine si elle ne donne pas réellement, c'est-à-dire au sein même du dispositif de soins, une place à d'autres dimensions humaines telles que l'incomplétude, le temps, la parole, l'inattendu, l'angoisse, le risque, la responsabilité, certaines transgressions... Licencié en droit et en criminologie, François de Coninck mène des travaux de recherche et d'écriture, en particulier dans les territoires d'outre-langue.

  • Le théâtre s'offre à l'enfant pour jouer de sa présence, explorer des sentiments et se transporter dans le groupe, pour créer des liens en soi, à soi et aux autres accompagnés par la relation de soin et ses entourages.

    L'ouvrage suit l'édification d'un atelier théâtre à objectif thérapeutique et éducatif dans le cadre d'un centre médico-psychologique. Il propose une radiographie longitudinale explorant chaque composante fonctionnelle - la médiation théâtrale, le groupe, le cadre, la relation thérapeutique - en lien avec les missions de l'institution et la demande des parents. À chaque étape, l'auteur propose des récits cliniques relatifs à un enfant ou un groupe et des approfondissements techniques et théoriques.

  • La haine de la psychanalyse et de la psychothérapie institutionnelle, la haine de l'inconscient font rage et engendrent des campagnes de calomnies qui tournent sur Internet et dans de nombreux médias. Le récent plan Autisme en est un symptôme politique accablant. Comment en sommes-nous arrivés là ?

    Des cultures, des civilisations ont pu disparaître sous nos yeux au profit d'une homogénéisation. Rien ne nous dit qu'il n'en sera pas de même pour nos pratiques, marquées par la psychothérapie institutionnelle et la psychanalyse, si nous n'avons pas le souci de les transmettre.

    Transmettre suppose un processus dialectique de dessaisissement chez les uns et de réappropriation/réinvention chez les autres. Encore faut-il aussi qu'il n'y ait pas empêchement, voire interdiction d'une telle transmission, en contradiction flagrante avec l'entreprise de formatage actuelle qui prône une non-pensée.

    L'association La Criée reprend à bras le corps un de ses motifs fondateurs - les enjeux cliniques et politiques du transmettre en psychiatrie - dans un mouvement de mise au travail du Collectif. Les auteurs s'attachent à préciser « l'inestimable objet de la transmission » (Legendre) et à le distinguer de l'enseignement d'un savoir. Cette transmission ne saurait s'opérer sans reste, sans butée sur l'intransmissible et l'impartageable, faute de quoi elle produirait « une bande de clones » (J. Hassoun).

    Ce livre est dédié à la mémoire de Jean Oury

  • La peau, surface vivante et vibratile, réagit tout autant aux évènements physiques et psychiques intérieurs qu'aux facteurs extérieurs liés à l'environnement. En utilisant des analogies entre la peau du corps et l'épiderme pictural qui subit une série de transformations plastiques et imaginaires, Martine Colignon s'aventure avec les patients sur des chemins créatifs qui mettent en évidence et en dynamique le lien entre des productions concrètes et des processus psychiques tels qu'ils se manifestent lors des séances d'atelier.

    Dans une traversée tant littéraire que clinique, tant artistique que psychanalytique, elle ouvre de nouvelles voies de compréhension des mouvements propres à toute aventure créative en milieu de soin, dont notamment la possibilité pour les patients de reformer psychiquement une peau, enveloppe contenante et protectrice capable de soutenir leur élan vital.

  • Dans les différentes problématiques de la psychose, infantile ou adulte, les équipes soignantes sont amenées, à un moment où à un autre, à en revenir au corps de la personne psychotique. Mais de quel corps s'agit-il ? Du corps physiologique, neurologique, endocrinien ? Ne sommes-nous que des " hommes neuronaux " ? Les soignants ne sont-ils que les " biologistes des passions " ? Ou bien sommes-nous encore davantage ? C'est là que la notion d'image du corps vient articuler le corps et l'appareil psychique dans un langage organisateur. Or dans la psychose, cette question insiste, résiste, mais existe. Il est nécessaire de se la poser en la mettant en perspective avec les problématiques institutionnelles.

  • En psychiatrie, prendre des risques, c'est oser porter sur telle ou telle pratique soignante un jugement qui risque de déplaire, c'est oser remettre en question certaines idées reçues, c'est oser utiliser son expérience et sa réflexion pour créer de nouveaux outils de soin, de nouveaux dispositifs non consensuels : cet ouvrage nous pousse à redécouvrir les vertus de l'esprit critique, de la remise en question, du non-conformisme et de l'action. Un bol d'oxygène dans la morosité ambiante !
    Marcel Sassolas est psychiatre, président de l'association Santé mentale et communautés (Villeurbanne).

  • Alors que le monde du travail est soumis aux exigences de la performance et de la   rentabilité, il  n'est pas facile pour les personnes en situation de handicap psychique d'accéder à l'entreprise ou d'y rester. Pourtant, depuis 1991, les efforts uniques et prolongées du Club ARIHM (Club Action et recherche, insertion et handicaps psychiques ou mentaux), dont les pratiques sont orientées vers l'accès des personnes en situation de handicap psychique au monde du travail ordinaire et leur maintien dans l'emploi, confirment que cette ambition reste possible.

    En suivant les parcours de personnes engagées avec eux dans des projets d'insertion professionnelle, les auteurs décrivent les modalités de la méthode d'accompagnement (AMPP®) proposée par le Club ARIHM. Ils mettent en évidence les tensions qui traversent ce champ de l'inclusion, entre les risques du travail pathogène et les espoirs que l'emploi constitue un facteur d'une meilleure santé mentale. Ils analysent les échecs et les perspectives nouvelles ouvertes  par le décret du 27 décembre 2016 relatif à l'emploi accompagné, et montrent qu'une stratégie d'accompagnement des personnes en situation de handicap psychique vers et dans l'entreprise peut contribuer à préserver ou promouvoir une part d'humanité dans le monde du travail.

empty