• Dans une approche psychanalytique du processus créateur, l'auteure confronte la création artistique à la clinique des médiations thérapeutiques par l'art. Elle explore l'infigurable, transformé en oeuvre par l'artiste ainsi que la résonance universelle des différentes figures du processus créateur.

    Elle s'appuie sur l'histoire de la psychanalyse et sur des artistes contemporains comme Artaud, Michaux ou Almodóvar qui mettent en scène des corps extrêmes ou encore sur l'oeuvre autobiographique de Michel Leiris, Thomas Bernhard, Hervé Guibert. Le processus créateur révèle le lien passionnel de l'artiste à son oeuvre, ainsi que des liens entre maladie et création.

    Selon le fil d'une écriture personnelle, Anne Brun met l'accent sur l'importance de la sensorialité. « Tout se passe comme si l'oeuvre créait son créateur et permettait à l'auteur de se produire lui-même. La création dans cette perspective ne saurait être que création de soi et appropriation des expériences en souffrance, tant pour le créateur que pour le récepteur de l'oeuvre, tout comme pour les patients accueillis dans un cadre référé à la théorie et à la pratique psychanalytique. »

  • Une approche globale des médiations artistiques (art-thérapie et autres activités apparentées au soin), dans le champ de l'aide et du soutien des personnes en souffrance.

    On les nomme : ateliers thérapeutiques à médiation artistique, ateliers d'art thérapie, ateliers psychothérapeutiques médiatisés, ateliers d'expression créative, ateliers d'animation thérapeutique, etc. Est-on sûr de savoir et de comprendre, à partir de ces termes, quelle est la nature du travail engagé ? Quelle est la formation et la place des intervenants ? Quel dispositif est mis en oeuvre ? Quels en sont les objectifs ? Martine Colignon apporte des éléments de clarification salutaires.

  • Des enseignants-chercheurs français reconnus, mais également étrangers (Belgique, Brésil, Canada) traitent des médiations par l'art à partir du référentiel théorique lacanien. Jusqu'à présent, les médiations thérapeutiques par l'art ont été pensées dans le champ psychanalytique à partir de la question de la symbolisation dans une optique postfreudienne (cf. les travaux de l'université Lyon 2 de Anne Brun, René Roussillon, Bernard Chouvier, Edith Lecourt, etc.). Cet ouvrage collectif met au centre de la réflexion et de la pratique la question du non-symbolisable et de l'irreprésentable, ce que Lacan nomme « Réel ». à partir de ce concept central sont abordées différentes questions (médiation, dispositif, création, psychose), mais aussi différents types de médiation (musique, théâtre, marionnettes, écriture).

  • Découvrez une formation à l'éveil musical grâce à la musicothérapie et développez en douceur les capacités cognitives de votre enfant ! Les bienfaits de la musique sur le corps et l'esprit sont connus depuis l'Antiquité mais des études scientifiques récentes révèlent que l'éveil musical est fondamental pour le développement de l'enfant. Il favorise l'acquisition du langage, permet une meilleure coordination des mouvements et participe à son ouverture sur le monde. Laissez-vous guider par l'auteur, musicothérapeute confirmé et faites-vous plaisir en accompagnant votre enfant dans la découverte des sons et en partageant avec lui de vrais moments de complicité et de plaisir.- 60 activités à découvrir avec votre enfant de la période prénatale à 10 ans - 35 pistes à écouter en lien avec les activités proposées soit 1 heure de musique enregistrée et disponible sur Internet pour une utilisation totalement nomade.

  • Peut-on soigner par la danse ? Peut-on donner à la danse une place dans l'arsenal thérapeutique ? A-t-elle la capacité de mobiliser la sphère psychique de l'individu qui « entre dans la danse » ? Quel corps la danse met-elle en mouvement ? Comment s'élabore-t-il et comment, par son intermédiaire, le sujet se construit-il du même coup, et avec lui l'espace, le temps et les nuances de la présence qui fondent la relation et les interactions ? Si, nous dit l'auteur, la danse n'est pas thérapeutique en elle-même - pas plus que l'art ou la parole -, elle peut le devenir grâce au dispositif dans lequel elle s'inscrit. Ainsi à partir d'une longue pratique de la danse-thérapie, Benoît Lesage pose, dans cet ouvrage, les fondements théoriques de cette discipline et livre des outils qui permettent de les incarner. A la croisée de l'art, de la création, de la psychomotricité, de la thérapie à médiation corporelle et de la pratique groupale, le parcours interdisciplinaire qu'il propose s'ouvre à la clinique, abordée ici en relation avec diverses populations : personnes psychotiques polyhandicapées, présentant des troubles du comportement et de la communication, autistes, anorexiques, porteuses de handicap sensorimoteur... Au-delà des enjeux cliniques et thérapeutiques évoqués ici, la danse-thérapie hérite de la danse la faculté essentielle et fondatrice de convier les hommes à partager le rythme, les images, le plaisir sensoriel et parfois sensuel, en puisant aux mémoires individuelles et communautaires. Cet ancrage immémorial dans les mythes et dans l'enfance en fait une source dynamique qui peut remettre en marche le sujet... pas à pas

  • Entrevoir la fin de vie autrement par la création accompagnée.

    Dans notre dernière phase de vie, tout semble vain et terminé. La personne malade va mourir. Son équilibre psychique et ses repères vont en être bouleversés. Comment, dans cette ultime étape, le patient va-t-il faire face et intégrer l'idée de la mort ? La rencontre avec la création peut offrir au patient un détour par l'imaginaire, un temps d'expression intime soutenu par l'art-thérapeute. De personne à personne, d'inconscient à inconscient, le patient amorce petit à petit un travail de deuil mêlant le mourant et le vivant.

  • Cet ouvrage pense, dans la continuité, les processus psychiques créateurs mobilisés dans la personnalité de l'artiste comme chez le sujet en souffrance psychique et/ou somatique. La maladie, l'expérience traumatique ne sont pas seulement des événements en soi désorganisateurs mais comportent aussi un potentiel de vie, sont sources de (re)mobilisation créative chez le sujet, quel qu'il soit, homme/femme d'exception comme individu tout-venant. L'engagement du soignant/thérapeute joue éminemment un rôle puissant dans ce processus de restauration du sujet souffrant dans son « psychosoma ».  

  • L'histoire de l'expression, plutôt située classiquement comme un débat philosophique (Aristote, Spinoza et Nietzsche), rejoint l'histoire de la psychiatrie en Europe dans les années soixante-dix. Dépassant la seule ambition de collectionner des oeuvres d'aliénés, au-delà de la fascination réciproque entre génie et folie, l'expression constitue un champ de pratique et de théorie qui a sa légitime part dans le traitement des maladies mentales. Dans le sillage de la psychothérapie institutionnelle, elle a pris son élan en devenant une nouvelle manière de vivre le lien entre société et culture. Elle a ainsi revendiqué sa place dans la pédagogie (F. Oury, A. Stern), dans le changement social (M. Pagès), dans la philosophie et la psychanalyse (JF Lyottard, J. Kristeva) mais aussi dans la littérature et les arts contemporains (de P. Sollers à I. Xenakis). L'expression, sous la forme d'ateliers thérapeutiques, contribue au traitement approfondi des patients psychotiques. Dans un cadre habituellement associatif, elle propose aussi des ateliers de créations pour aider à la citoyenneté par développement du lien socioculturel. Interface entre soin et création, l'expression doit tenir une place privilégiée dans l'esprit d'une véritable politique de secteur, ce à quoi l'auteur porte tous ses efforts.

  • Dans cet ouvrage paru en Allemagne en 1992, qui réunit des articles et des textes de conférences inédits, Gaetano Benedetti réaffirme le choix, qui a été le sien pendant cinquante années de recherche et de pratique cliniques, de donner voix et sens à la " non-existence " du malade schizophrène dans une approche affectivo-relationnelle du monde de la folie, à contre-courant des tendances dominantes d'une psychiatrie et d'une psychanalyse orthodoxes.

  • La peau, surface vivante et vibratile, réagit tout autant aux évènements physiques et psychiques intérieurs qu'aux facteurs extérieurs liés à l'environnement. En utilisant des analogies entre la peau du corps et l'épiderme pictural qui subit une série de transformations plastiques et imaginaires, Martine Colignon s'aventure avec les patients sur des chemins créatifs qui mettent en évidence et en dynamique le lien entre des productions concrètes et des processus psychiques tels qu'ils se manifestent lors des séances d'atelier.

    Dans une traversée tant littéraire que clinique, tant artistique que psychanalytique, elle ouvre de nouvelles voies de compréhension des mouvements propres à toute aventure créative en milieu de soin, dont notamment la possibilité pour les patients de reformer psychiquement une peau, enveloppe contenante et protectrice capable de soutenir leur élan vital.

  • Postface de Pierre Vermeersch

    L'auteur engage la clinique psychanalytique au coeur de la question de l'oeuvre dans son rapport à la structure psychotique et aux perspectives de résolution de certaines de ses manifestations. En s'appuyant sur les écrits cliniques des psychiatres de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, qui anticipent le travail de Lacan, elle brosse le parcours du sujet depuis la souffrance psychotique jusqu'à son essai de résorption par la création dans un travail psychanalytique. Quelles qualifications accorder aux productions de la folie ? Symptômes ? Créations artistiques ? A mi-chemin entre l'esthétique et la clinique ?

    L'auteur s'attache ici à étudier les phénomènes de création permettant aux sujets psychotiques un arrimage pacifié à l'Autre. Elle dresse une généalogie de la fonction de la lettre, en amont d'une part, au coeur de la psychiatrie classique et à travers les concepts historiques tels que phénomène élémentaire, délire, stéréotypie, et en aval d'autre part, à partir d'une analyse de la fonction de l'oeuvre comme restauration du lien social. Prendre en compte cette fonction littérale dans le cadre d'une relation transférentielle offre en effet des perspectives thérapeutiques intéressantes.

  • A I'origine du langage, il y a la langue de l'autre, la langue maternelle. Comment l'enfant, à la différence de Narcisse qui se prend pour sa propre image, qui n'entend que son propre écho, pourra-t-il prendre la parole et dire je ?

    Pour le tout-petit, la parole le fait un tout en lui permettant de se séparer, la parole crée la vie, mais parfois elle tue. Dans les lieux de soins, le thérapeute devra faire venir la mémoire de cette parole de vie ; l'écoute est aussi une parole.

    Alors qui parle à l'enfant, pour lui dire quoi? Et qu'est-ce qui lui parle donc ? La langue, la voix, l'intonation, l'intention ?

    Entre l'espace sonore dans lequel la mère et l'enfant n'ont pas encore besoin de mots, et l'espace-crèche où le petit pourra
    partager des expériences émotionnelles avec des professionnels, quel imaginaire viennent livrer ces étrangers comédiens, conteurs, musiciens... ?

    Comment ces différentes paroles a l'enfant - familiales, culturelles, sociales _ peuvent-elles se rencontrer pour prendre
    sens ?

    Les auteurs de cet ouvrage se sont attachés à réinterroger les grandes idées novatrices qui, en se médiatisant, ont perdu de leur force et surtout de leur sens, devenant parfois pure injonction : ll faut parler aux enfants !.

  • Le port d'attache des deux auteurs - l'un est neuropsychiatre, l'autre est plasticienne - n'est ni la faculté de Géométrie ni l'académie d'Interprétation du dessin d'enfant, mais une clinique de psychiatrie institutionnelle (La Chesnaie, à Chailles dan le Loir et Cher). Leur cheminement improbable s'est à proprement parler effectué de conserve, chacun naviguant en gardant à vue le travail de l'autre. Au départ, une trouvaille de Will de Graaff, relevée par Claude Jeangirard : Dans le dessin d'enfant on voit apparaître des invariants graphiques universels dont la trace subsistera au coeur des oeuvres d'art de tous les temps. Portée à un plus haut degré de généralité, elle s'exprime ainsi : L'objet de ce travail est de comprendre comment l'espace s'inscrit dans la subjectivité - ou manque à le faire dans la pathologie mentale - et comment l'enfant dessinant et l'artiste parviennent à monter ensemble l'homme et l'espace. Ainsi nolisés, les deux navires ne se sont pas refusé des détours dignes de Michel Serres, empruntant aux savoirs (psychanalyse, anthropologie, étude structurale des contes, neurologie, philosophie, psychiatrie...) juste ce qu'il faut pour nourrir une exploration constamment inventive : c'est ainsi que se tendent les voiles au vent de la liberté, autre nom du travail de la pensée.

  • Certains psychotiques ont une production plastique ou d'écriture : machines folles , théories délirantes, etc... Ces constructions, ces systèmes ont en fait pour eux une valeur autothérapeutique. Dans la période contemporaine, la machine est entrée dans la visée de l'esthétique (cf Machines célibataires , rotatives de Marcel Duchamp) en tant qu'oeuvre d'art et elle prend aussi place sur le versant de la clinique comme symptôme. Ce double aspect, esthétique et clinique, sera ici traité en référence aux catégories du champ freudien. Quelle peut être l'attitude du clinicien à l'égard de ces manifestations ? Comment sont-elles prises en compte par la culture ? Quel est sur ce sujet la réflexion des esthéticiens et des critiques d'art ?

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