• "Quel art, quel empire sur soi-même ne suppose pas cette dissimulation profonde qui forme le premier caractère du vrai courtisan ! Il faut que sans cesse sous les dehors de l'amitié il sache endormir ses rivaux, montrer un visage ouvert, affectueux, à ceux qu'il déteste le plus, embrasser avec tendresse l'ennemi qu'il voudrait étouffer ; il faut enfin que les mensonges les plus impudents ne produisent aucune altération sur son visage."Le propre de l'ironie est le double discours. Sous la forme elle-même ambiguë de l'essai, d'Holbach fait ici l'apologie de l'art singulier de ramper, nécessaire au maintien du courtisan dans la Cour du Roi. Art du maintien, de la bonne façade et du savoir-vivre hypocrite, ramper est une manoeuvre subtile, fondée sur l'abnégation. D'Holbach moque l'intelligence des conventions sociales, tissées d'hypocrisie et d'arrivisme. Car c'est n'avoir que peu d'orgueil et de passion que de devoir revêtir le costume de l'hypocrite pour, au fond, conforter le pouvoir des puissants. La position de l'auteur à l'égard de ces courtisans n'a d'égale que celle des courtisans face à leurs pairs et à leur maître. En décrivant les masques dont doit se revêtir le courtisan, d'Holbach met bas les mécanismes mêmes de la dissimulation et de la pantomime.

  • Non, je n'écris pas cela par complaisance pour mon père. Je l'affirme, toutes les fois que je vois mon père se tromper, et je m'attache à la vérité. (XIV, 7, 3)

  • Le matérialisme a toujours fait problème, étant donné les enjeux idéologiques et donc politiques qu'il a impliqués et qu'il implique toujours. Cet ouvrage tente d'examiner le matérialisme sous ses différentes formes prises au cours des siècles et de justifier ses bases. Ce qui est en jeu, c'est l'existence de la matière, la conception que l'on doit s'en faire, son extension et, bien entendu, notre capacité de la connaître et d'en expliquer les diverses formes, des plus humbles aux plus hautes. Il s'agit aussi de le confronter à différentes questions comme la foi religieuse, l'art, la dimension métaphysique des choses (si elle existe) et, question finale, celle du Sens (avec une majuscule). Il faudra aussi envisager lucidement la question des limites éventuelles de l'ontologie matérialiste, quitte à surprendre et à la rendre plus modeste... mais aussi plus convaincante dans son ordre propre.

  • Ce livre est un outil de travail complet pour l'étude de la patrologie. Tous les auteurs, tous les genres, tous les sujets y sont passés en revue avec méthode. Drobner ne se limite pas aux Pères de l'Église, qui restent le centre de son ouvrage, mais présente avec eux l'ensemble des penseurs et des écrivains ecclésiastiques, des grands hérésiarques et des débats qui ont jalonné les sept premiers siècles du christianisme. Professeurs, chercheurs et étudiants, mais aussi tous ceux que ce sujet intéresse, apprécieront:
    - des introductions précises à la vie et aux oeuvres des écrivains ecclésiastiques
    - des orientations pour la recherche
    - des bibliographies amples, rigoureuses et ordonnées
    - un index thématique complet
    - une carte et des graphiques
    - une présentation claire et un style aisé.

  • Ce tome IV est la conclusion de la publication. Il concerne principalement la foi, l'histoire et les fondements de son discours. Sept concepts fondamentaux et solidaires y sont la matière essentielle : la connaissance de Dieu, la parole de Dieu, la révélation, la foi elle-même, la tradition, l'Écriture et le magistère.

  • Trois romains vont à Ostie pour se baigner et se reposer. Marcus Minucius Felix, avocat, converti au christianisme, a invité ses amis Octave (Octavius), chrétien lui aussi, et Cecilius. En cours de route, Cecilius embrasse une statue d'une divinité, et Octave en fait le reproche à son ami Marcus : « Ce n'est pas bien de laisser son ami dans l'erreur » et de le regarder embrasser de fausses divinités sans l'aider à rechercher la vérité.
    Cecilius est touché par cette remarque, et déclare qu'il est assez grand pour se faire une idée, seul, de ce qui doit être crû, ou non.
    Cecilius demande donc à Marcus de se faire le juge impartial entre lui et Octave ; commence alors une « joute verbale », au cours de laquelle Cecilius va expliquer pourquoi il n'est pas devenu chrétien et continue à croire dans les divinités romaines ; puis Octave va lui répondre, et celui qui aura le mieux parlé sera déclaré vainqueur.
    Une façon agréable de présenter le christianisme, en exposant puis en réfutant les idées fausses véhiculées dans les premiers siècles, à Rome, sur cette religion.

  • Dans cette chronique, l'auteur opère un travail de mémoire. À la fois hommage à toutes les victimes du virus et apologie de la beauté de l'humanité, « Il était une fois le coronavirus » nous met face à la fragilité de notre existence et à l'urgence d'en profiter, et d'en profiter ensemble, unis contre l'adversité. De réinventer l'Histoire en étant de meilleures personnes, des personnes éveillées... après cette épreuve.
    Florent-Alain Bikini-Musini est diplômé de l'université de Strasboug en philosophie, éthique et société et en théologie. Il est également titulaire d'un master sur la sociologie de l'immigration. Il s'est ainsi notamment penché sur les questions liées à l'immigration des jeunes Africains vers l'Eldorado européen. Il voit dans le COVID-19 une synthèse particulièrement flagrante des inégalités sociales et des fractures raciales.

  • « Intrus », « apostats », « schismatiques »... Les qualificatifs dépréciatifs n'ont guère manqué sous la plume des historiens catholiques du xixe siècle pour décrire l'action des évêques constitutionnels, institués par l'Assemblée nationale constituante en 1790 pour prendre la tête de l'Église de France « régénérée ». Catholiques révolutionnaires, fervents républicains pour certains, cet engagement politique leur a été sévèrement reproché après la signature du Concordat de 1801, donnant naissance à une véritable légende noire. Dans le même temps, l'historiographie républicaine a longtemps occulté leur rôle politique en raison de leur état ecclésiastique, jugé incompatible avec la défense des idéaux révolutionnaires. Seule la figure du célèbre évêque de Blois, Henri Grégoire, panthéonisé en 1989, réussit à émerger et retient régulièrement l'attention des chercheurs depuis ces trois dernières décennies. Ce volume, qui rassemble les contributions du colloque organisé à Lyon en juin 2012, propose de nouvelles pistes de recherche sur les évêques « patriotes », afin de replacer leur action dans la longue histoire de l'épiscopat français aux xviiie-xixe siècles : ont-ils « révolutionné » leur diocèse ou, au contraire, maintenu, voire réactivé, d'antiques traditions au nom du primitivisme cher aux Lumières chrétiennes ? Quels ont été leurs échecs et leurs réussites ? Que leur doit l'Église concordataire ? Leur pensée théologique, leurs engagements politiques et leur action pastorale sont ici étudiés à travers une série d'études synthétiques, régionales ou biographiques, au plus près de sources d'époque, loin de l'anathème ou de l'apologie.

  • Pierre Halloix est né à Liège, le 27 décembre 1571. Son père, Lambert Halloix, était « marchand de fer », ce qui nous fournit des indications sur son milieu social. A la fin du XVIe siècle, Liège assistait, en effet, « à la formation du capitalisme moderne ». Le marchand de fer était devenu un entrepreneur de grande envergure, qui fournissait aux artisans les matières premières et se chargeait d'écouler les produits des cloutiers et des armuriers. On a pu ranger ce marchand dans « la bonne bourgeoisie », parmi les « officiers de justice, les rentiers cossus et les propriétaires fonciers ». Plusieurs membres de la famille Halloix étaient d'Église. En 1571, Martin Halloix, un oncle de Lambert, était doyen de la collégiale Saint-Pierre à Liège. A la même époque, une Marie Halloix était religieuse à l'abbaye de Vivegnis. En 1618, décédait, dans ce même cloître, qui n'abritait que des « dames » nobles ou de la meilleure bourgeoisie, une religieuse du nom de Barbe ...

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