• "Ce pourrait être ici ou ailleurs. C'est en Grèce à l'heure d'une crise que la société ne supporte pas."
    Deux inconnus se rencontrent dans un train en direction d'Athènes.
    L'un déverse brutalement son quotidien : les étrangers et la pauvreté ont littéralement envahi son quartier, Victoria, et il a même imaginé une « solution finale » au problème. Victoria dont le passé resurgit à travers quelques monologues entrecoupant son récit.
    Peur, résignation ou apathie, l'autre voyageur oscille, quasi silencieux, entre voyeurisme et politiquement correct.

    Yannis Tisrbas est né en 1976 à Athènes où il vit. Victoria n'existe pas est sa première oeuvre.

    « Un texte dense, à la puissance langagière bluffante. » Démosthène Kourtovik, Ta Nea
    « Sur la réalité de l'Athènes d'aujourd'hui, ce petit livre s'impose comme fort et prometteur de l'avenir littéraire de son auteur. » Kostas Agorastos, Bookpress

  • « Debout devant le miroir des vestiaires, je scrutais d'un oeil morne la silhouette longiligne et dégingandée qui me faisait face. En quelques mois, j'avais poussé à la vitesse d'un bambou sauvage bien arrosé. Mes yeux vert-gris, seule caractéristique physique que je trouvais en moi acceptable (contrairement au reste qui était d'une banalité affligeante), paraissaient perdus au milieu de cette figure qui n'en finissait pas. Comme d'habitude, je me trouvais très moche. Ce n'était pourtant pas là le sujet de mon inquiétude. Cette fichue puberté, que j'avais presque oubliée à force de l'attendre, me rattrapait soudain au pire des moments. Comme si la vie n'était pas assez difficile, voilà qu'elle se dressait, obstacle inéluctable, entre moi et le but que je m'étais fixé. »Lise a 15 ans, une mère superficielle et une volonté farouche de devenir championne de gymnastique. Parviendra-t-elle à atteindre le but qu'elle s'est fixé ?Nathalie Somers nous livre ici le superbe portrait d'une demoiselle de fer.Manon Brunet, jeune sabreuse pleine de talent, qui a brillé avec l'équipe de France aux Jeux olympiques de Rio, a préfacé l'ouvrage. Pour reprendre ses mots : parfois, ce sont « les défaites qui donnent leur saveur aux victoires ». Souhaitons-lui, avec Lise, les belles victoires qu'elle mérite.

  • F20

    Anna Kozlova

    Mention spéciale du Prix Russophonie 2015
    Prix du Bestseller national russe 2017
    Youlia est en apparence une jeune fille banale, comme on en rencontre des milliers dans les banlieues dortoirs des grandes villes, pourtant sa famille s'avère pour le moins dysfonctionnelle, entre un père riche mais colérique, qui manque de brûler vives sa femme et sa fille quand il découvre l'infidélité de la première, une mère dépressive et irresponsable qui laisse ses filles livrées à elles-mêmes, et une soeur, Anioutik qui, très jeune, reçoit le diagnostic de F 20, soit celui de schizophrénie. Avertie par le comportement de sa soeur, Youlia pose bientôt un diagnostic similaire sur elle-même, mais parvient plus ou moins à le masquer à son entourage en puisant allègrement dans les réserves médicamenteuses d'Anioutik. Alternant entre des phases d'apathie, de manie, assaillie régulièrement par des voix qui tantôt la rudoient, tantôt la conseillent, mais toujours l'angoissent, Youlia parvient tant bien que mal à grandir, avec la volonté farouche de goûter comme tout le monde aux plaisirs de l'existence, malgré le mal qui la ronge.
    L'histoire racontée par Anna Kozlova est poignante et narrée dans une langue dynamique. Ignorant délibérément toute considération psychologique, l'auteur nous fait percevoir la complexité des situations par des actions exposées sans fard et parfois brutalement, parfois avec drôlerie. La crudité de certains épisodes lui permet alors de souligner et de rendre sensible la détresse morale de l'héroïne.

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