• La décennie révolutionnaire fut le théâtre d'un conflit politico-religieux passionné dont l'histoire ne retint souvent que les outrances, celles de prêtres pourchassés, d'églises vandalisées et d'un catholicisme malmené et banni. S'il n'a pas lieu de le nier, la question religieuse pendant la Révolution est néanmoins trop ambiguë pour amalgamer antireligion et anticléricalisme. Un gouffre opposa en réalité le fanatisme de quelques-uns de ceux qui dénonçaient les conséquences néfastes de l'intrusion du clergé aussi bien dans le domaine public que privé. Reste qu'en s'attaquant de front à l'Église catholique de France pour la mettre au pas, les révolutionnaires ont froissé une partie de la société en ne prenant pas le poids de l'attachement populaire à l'institution et à ses hommes. Leur volonté de contrer l'influence et la puissance cléricales déboucha sur une crise d'une ampleur rare dont Christine Le Bozec livre, en historienne, les tenants et les aboutissants.  

  • Cent sonnets

    Boris Vian

    Cent infâmes sonnets. C'est ainsi que devait s'appeler ce recueil à l'origine. Il comporte en réalité cent douze sonnets, rédigés au début des années 1940 par le jeune Boris Vian.
    Infâmes, ces poèmes ne le sont pas vraiment... sauf à considérer que les pieds de nez à la poésie, les alexandrins à treize syllabes et les calembours relèvent du sacrilège ! La poésie joyeuse de Boris Vian s'empare de toutes les thématiques chères à l'auteur - le cinéma, le jazz, les surprises-parties, l'anticléricalisme... - avec la même fantaisie langagière, le même humour où point parfois un brin de mélancolie. On y retrouve, en germe, le parolier de génie que deviendra Boris Vian.
    Dans le manuscrit autographe des Cent Sonnets conservé à la BnF figurent des illustrations réalisées à l'époque par Peter Gna, le beau-frère de Boris Vian. Cette édition présente pour la première fois au public le texte avec ces dessins burlesques qui l'ont toujours accompagné dans le plus grand des secrets.

  • Dans ce livre incroyable, Picabia se moque de tout, y dézingue tout. S'il y met à mal les idées, les sentiments, les principes, les conventions, déconstruit la réalité, rit de tout et de rien, et même de lui, c'est que jouer c'est vivre, autant que aimer ou travailler. Un véritable livre de chevet impertinent, construit de fulgurances poétiques teintées de dérision, profondément imbibées de nihilisme qui dérangent autant qu'elles amusent. Sans aucun doute le grand texte de Dada à Paris et le chef-d'oeuvre littéraire de Picabia, dont il est à l'image : brillant, scandaleux, provocateur, désinvolte. Ridiculisant l'art et les artistes, la littérature et les écrivains, les bourgeois et les poètes, rejetant toute forme d'autorité, Jésus-Christ Rastaquouère est exemplaire de l'esprit du moment.

    Peintre, graveur et écrivain français, Francis Picabia (1878-1953) l'un des artistes polymorphes les plus productifs du XIXe siècle. Proche de Braque et Picasso à ses débuts, il fait scandale aux côtés de Duchamp à l'Armory Show en 1913. Suite à ce succès international, il prend une part active dans les mouvements d'avant-garde de l'époque. Polémiste, agitateur et iconoclaste, il anime aux côtés de Tristan Tzara les manifestations Dada à Paris, avant de rompre avec ses comparses en 1921.

  • Vraie fausse biographie du père anonyme de Guillaume Apollinaire, un ecclésiaste passionné de poésie qui proclame la Réalité de l'Âme et de l'Oignon et prêche le pölätüonisme, Le Cardinal Pölätüo est une oeuvre aussi scandaleuse que drôle. Tel un funambule en équilibre sur la corde sensible du blasphème et de l'humour loufoque, Themerson détourne le genre biographique en une fiction subversive d'une intelligence rare et d'un humour décapant. Au détour des pages, on croise les frères Goncourt, Karl Marx, Anatole France ou encore Berkeley. Que du beau monde ! Entre les formules mathématiques prouvant l'existence de trois réalités, des sophismes à en perdre la tête, les chants d'un ivrogne ou la mystérieuse Règle de la Main Droite, quand il est question d'absurde, il y en pour tous les goûts !


  • Fantasme ou réalité, la puissance occulte des francs-maçons ? Voici deux siècles de documents et de témoignages (dont des archives inédites), pour se faire une opinion en toute liberté.
    La franc-maçonnerie, société initiatique vieille de plus de 250 ans, est par essence un lieu de discrétion puisque ses membres prêtent serment de garder le secret sur ce qui s'y dit et s'y fait. Mais un secret n'a d'intérêt que s'il est dévoilé un jour... C'est ce que fait Emmanuel Thiébot avec ce dossier de témoignages et documents souvent inédits.
    Peu de Frères se sont risqués à écrire leurs Mémoires, on s'en doute. Cependant, il existe bel et bien des témoignages du rôle et de l'activité des francs-maçons. Ils viennent des archives des loges elles-mêmes. On peut ainsi assister à l'initiation de l'anarchiste Proudhon en 1847 ou du champion de boxe Djamel Lifa de nos jours, voir Coluche " plancher " devant les Frères d'une loge parisienne en 1986, s'amuser de l'indignation d'une loge bas-normande devant l'achat d'un crucifix pour une école, et plus encore des rapports faits à la police par des infiltrés...
    Tour à tour tolérée, acceptée, choyée par le pouvoir politique en place ou au contraire haïe, voire interdite, la franc-maçonnerie a toujours été un organe vivant de la société française. Il est légitime de se demander pourquoi. On trouvera la réponse dans ce dossier, en même temps que d'autres à ces questions subsidiaires : pourquoi la franc-maçonnerie est-elle une société secrète ? Pourquoi a-t-elle connu un tel succès ? Dans quelle mesure est-elle nuisible à l'ensemble de la société ? Dans quelle mesure est-elle bénéfique ?

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