• Les auteurs témoignent d'une pratique clinique avec des travailleurs sociaux et tentent d'en tirer les leçons : il s'en dégage à quel point le management est en train de tuer dans l'oeuf ce qui fait la spécificité du travail social.

    Que dit-on à un patient alcoolique qui vient s'écrouler parce qu'il va perdre sa femme ? À une caissière de supermarché qui ne peut plus suivre la cadence ou ne parvient pas à retourner travailler sans « la boule au ventre » ? Aux parents qui viennent consulter avec un adolescent, le casque sur les oreilles, et qui décrivent une addiction aux écrans et des résultats scolaires en chute libre... ? À un éducateur qui doit faire face à un enfant autiste en crise ? Que dit-on à ces jeunes sujets qui se décrivent harcelés sur Facebook ou abandonnés par un copain et incapables de vivre ? ... Dans le séminaire « Pour une clinique du quotidien », un participant tiré au sort est invité à décrire son service et sa mission, à énoncer sa fonction et à parler d'une situation avec laquelle il/elle rencontre une difficulté, est traversé(e) par une question ou un doute. Le postulat de base est qu'il n'y a pas de « bonne réponse » mais qu'il y a néanmoins quelque chose à en dire, que ce quelque chose rend compte d'une rencontre unique entre un intervenant social et un patient et que, de cette rencontre seule, un soulagement, peut-être, surgirait.

     

  • Les équipes des établissements sociaux, médico-sociaux, sanitaires, scolaires... attendent du superviseur des réponses aux questions qu'elles se posent dans la pratique quotidienne. Comment le superviseur travaille-t-il la demande qui lui est ainsi faite ? Evidemment le superviseur ne peut pas tout. Dans sa position d'extériorité, il met le feu aux poudres, dépoussière l'accumulation des savoirs et des savoir-faire, des préjugés, des yaka, des faukon, éveille chez chacun le désir de savoir, de comprendre, d'agir, de se risquer.

    La posture du superviseur est déterminante. Il est un « tire-bouchon ». Sans cesse il réouvre ce que la pente institutionnelle tend à clore : le questionnement, les énigmes de la clinique, les embrouilles du vivre et travailler ensemble, l'inquiétante étrangeté, l'intranquillité du transfert...

    /> Les auteurs témoignent d'une pensée vivante, en cours d'élaboration, sur cette pratique singulière de la supervision d'équipes. Ils font part de leurs doutes et de leurs tâtonnements en essayant de mettre en tension leur conception de la posture qui, loin d'être figée, se soutient avant tout d'une pratique clinique.

  • Comment faire penser en utilisant délibérément la capacité du rire à déconstruire avec légèreté les fausses évidences et les idées reçues, et de l'appliquer par privilège (mais non exclusivement) aux pratiques sociales et relationnelles ? Dans ses activités de formation, de supervision et d'analyse de la pratique, l'usage de l'histoire drôle fut pour l'auteur un modus operandi constant : ce livre est une tentative pour appliquer à un public plus large cette forme de maïeutique, non sans risque en l'absence de l'échange vivant au sein d'un groupe. Chaque histoire drôle « dans le raccourci et le rire qu'elle entraîne, pousse (le lecteur) à des sauts logiques, déplace les enjeux, et dissout dans le même temps quelque aporie où il s'était fourvoyé » (Georges Gaillard)

  • Comment lutter contre la démotivation et l'usure professionnelle et favoriser une qualité d'accueil des jeunes enfants en crèche ? En améliorant la qualité du travail en équipe...

    À partir du vécu des professionnels de la petite enfance dans leur travail, décrits par les travaux de chercheurs et de psychologues qui sont allés à leur rencontre, cet ouvrage ouvre des pistes de prévention, voire de remédiation, devant les difficultés évoquées. L'ensemble des auteurs, même s'ils ont des angles d'approche différents se retrouvent sur une même piste dans la prévention de la souffrance au travail : celle du travail collectif et des temps pour penser ensemble.

  • Alors que leur mission est de soigner, quels rapports les soignants entretiennent-ils avec la mort ? Ce livre permet d'approcher et de rendre intelligible différents modes, souvent non-conscient, de gestion de la mort par les soignants. Grâce à des analyses contextualisées, on comprend pourquoi la mort est apaisée dans certains services et intolérable dans d'autres, pourquoi certaines morts sont plus difficiles que d'autres pour les soignants ou encore pourquoi certaines spécialités useront de la violence entre collègues, d'humour noir, quand d'autres privilégieront le collectif et le dialogue.

  • Dans le cabinet de l'orthophoniste, Léa entre, inquiète, parce qu'elle n'arrive pas à lire en fin de CP, monsieur R. consulte car il ne trouve plus les mots ni ses clefs, Thomas a 3 ans mais il ne parle pas, madame V. vient de quitter l'hôpital et elle ne parle plus, Simon bégaie au collège et à table, Nathan ne veut pas articuler le « je »...

    Où est le lien entre toutes ces histoires, ces symptômes différents ? Qu'ont-ils en commun pour pousser la porte de l'orthophoniste ? Que peut proposer l'orthophoniste ?

    Des orthophonistes présentent leur métier, sa formation initiale, ses modes d'exercice, sa pratique mais aussi leur propre conception de leur fonction, leurs choix professionnels et les références qui les sous-tendent, les théories du langage auxquelles ils souscrivent et les pratiques qui en découlent.

    Si l'orthophoniste connaît le langage et ses sciences, il ne sait rien du patient qui s'adresse à lui avec son symptôme. Chaque rencontre est originale, l'orthophoniste est à l'écoute de tout ce qui parle sans forcément se dire. Il se laisse surprendre par un coup d'oeil, une mimique, un geste, une réflexion qui pourrait sembler anodine ou décalée. C'est donc du patient, de sa manière d'aborder son symptôme et des possibilités de s'en défaire dont il va être question tout au long de cet ouvrage.

  • Psychanalystes et travailleurs sociaux peuvent-ils s'associer dans une recherche qui enseignerait les uns et les autres ? Ont-ils seulement un champ commun où viendrait se coaguler l'objet d'un savoir inédit ?

    Il existe bien un cousinage intelligible entre le psychanalyste et le travailleur social, une communauté de destins qui autorise des liens imprévus entre la pratique du divan et celle du terrain. Ces liens, il est possible de les tisser à condition cependant de déchirer les clichés, de ne pas s'imaginer que la clinique psychanalytique vise des profondeurs que d'autres pratiques ne pourraient atteindre, ou que le désir de l'analyste est par essence plus authentique.

  • Une recherche participative pour penser les effets de la violence conjugale et sociale, sur les femmes et sur leurs enfants, et les pratiques d'accompagnement social qui favorisent à la fois une écoute de ces enfants ainsi que la restauration personnelle et parentale des adultes.

    L'originalité de cette recherche-action est d'aborder la violence conjugale et sociale, du point de vue des professionnelles qui partagent le quotidien des femmes et de leurs enfants dans un centre d'accueil. Par la description vivante et l'analyse de situations concrètes, l'ouvrage est à la fois un saisi « sur le vif », et une réflexion en profondeur sur l'accompagnement professionnel. Les auteurs portent l'attention sur des dimensions insuffisamment pensées dans ces situations : l'impact des diverses violences sur les femmes en tant que mères et la souffrance des enfants.

  • L'équipe pluridisciplinaire d'un CAMSP - établissement médico-social qui reçoit de jeunes enfants malades, souffrant de divers troubles ou porteurs de handicap, et leurs familles - témoigne de son travail spécifique à travers les histoires d'Anaïs, Mathis, Robin et des autres enfants accueillis.

    Cet ouvrage transmet une expérience de la rééducation, de la réadaptation, de
    l'accompagnement familial et social, des soins psychothérapeutiques dans un CAMSP à partir d'un travail à plusieurs. Celui-ci est toujours orienté par la singularité de l'enfant, son histoire, les demandes et l'extrême souffrance des parents, les aléas de la maladie ou du handicap, les espoirs et les
    désespoirs qui se succèdent.

     

  • Aujourd'hui les ateliers à médiations contribuent plus que jamais à élargir les modalités de prise en charge des personnes souffrantes. Cette approche singulière nécessite toutefois l'exploration approfondie de certaines notions. Qu'est-ce qu'un atelier ? Qu'est-ce qu'une activité ? L'atelier est-il toujours thérapeutique ? Comment le définir et se repérer dans les différentes pratiques ? à Libourne, dans le sillage de Jean Broustra, la pensée autour des ateliers thérapeutiques d'expression reste dynamique et engagée depuis maintenant plus de 30 ans. L'auteur témoigne de cette expérience et développe des outils à destination de ceux qui animent ou souhaitent animer un atelier. Mise en vente le 6 mai 2010.

  • Une pratique de la parole dans le champ de l'aide sociale : quels concepts, quels actes, quelles conséquences, quel pronostic ?

    L'auteur donne une légitimité, conceptuelle et historique, aux pratiques d'aide des services sociaux, dans le respect de l'histoire des « usagers ». La parole est le vecteur fondamental des échanges et des entretiens, et la psychanalyse, comme science fondamentale, reste indépassable pour comprendre les mécanismes en jeu dans la manière dont peut être vécue toute aide sociale.

    En effet, il y a un savoir, une compétence, dans la manière d'user de la parole qui peut rendre un don - matériel, en argent, en démarches administratives - bénéfique ou maléfique ! Cette réédition s'avère salutaire au regard du succès actuel des sciences comportementales et des neurosciences, qui pensent se passer d'une analyse approfondie des effets de la parole, et font fi des effets d'aliénation que toute « aide » produit (qu'elle soit légitime, autorisée par la loi, voulue par un État) ainsi que du malaise que peut rencontrer un acteur social dans sa mission.

  • Qu'est-ce que condamner ? Loin des stéréotypes juridiques et médiatiques, ce livre offre les outils pour comprendre une pratique, le système dans lequel elle s'inscrit et les normes qui la façonnent.

    Destiné à devenir une référence en sociologie de l'administration de la justice pénale, ce livre est construit sur le double sens du mot « condamner » : l'action qui oriente l'ensemble du système pénal et la pratique spécifique des juges des tribunaux correctionnels auprès de qui l'auteur a mené une recherche sur la justification de leur action.

  • Comprendre l'émergence et le développement exponentiel des groupes d'analyse de pratiques aujourd'hui dans les évolutions du monde du travail, repérer la place qu'ils occupent, les rôles qu'ils jouent, les contextes organisationnels dans lesquels ces groupes se multiplient ou au contraire sont empêchés, tels sont les principaux enjeux de cet ouvrage collectif.

  • L'analyse clinique de la pratique - ou supervision - est un travail oral. La confidentialité concernant tous les propos personnels qui y sont émis en est une des règles fondamentales. Les professionnels de l'éducation - rééducateurs de l'Éducation nationale ou professionnels de l'éducation spécialisée - qui se sont exprimés ici, sans rien trahir de cette règle, ont risqué la mise en visibilité de leur parole, de leurs difficultés ou de leurs doutes, alors qu'ils se confrontent quotidiennement à des enfants et des jeunes en grande souffrance. Ils ont souhaité témoigner de l'aide importante, nécessaire, que leur apporte l'analyse clinique de la pratique quant à leur engagement professionnel. Dans ce cadre, le superviseur qui les soutient témoigne aussi de son positionnement et de sa place.

    Cet ouvrage est une première : il présente le cheminement et le compagnonnage au fil des années d'un superviseur et de professionnels de l'éducation. Il met ainsi en série une chaîne de solidarité qui va de la supervision aux interventions sur le terrain. Ce faisant, il donne à lire la spécificité et la rigueur qui président à ces interventions éducatives. 

    Mise en vente le 5 novembre 2015.

  • Entre la recherche clinique et la clinique de la recherche, cet ouvrage explore et décrit une certaine façon d'être chercheur, une conception particulière du travail scientifique dans laquelle l'implication et la distanciation se combinent en permanence. Cet ouvrage rend compte du travail du chercheur. Il décrit les ficelles du métier. Il raconte également une aventure intellectuelle et institutionnelle au sein du laboratoire de changement social : trois générations de chercheurs apportent ici leur contribution à la construction d'une orientation scientifique singulière qui prétend combiner deux postures a priori étrangères l'une à l'autre : une démarche méthodologique d'inspiration clinique, une démarche théorique inscrite dans les sciences sociales.

  • Comment faire pour que le placement soit réussi, qu'il soit accepté par les enfants et par les parents et que ceux-ci ne soient pas disqualifiés ? Pour placer un enfant, il faut le déplacer ; pour le transplanter, il faut le déraciner, l'arracher à sa famille, à ses frères et soeurs, à ses amis, à son quartier, le plonger dans un univers inconnu, étranger, angoissant. Comment faire pour que la rupture ne soit pas un traumatisme supplémentaire ? Comment l'accueillir, avec ses souvenirs douloureux, ses colères, sa violence, sa peur, comment faire pour que le placement ne soit pas une tragédie, pour que l'enfant se tranquillise, se stabilise, retrouve des repères, reprenne confiance en lui et dans les autres, et recouvre l'enfance qui lui a été volée ?

  • Devenu une référence dans les secteurs de l'action sociale, médico-sociale, de la santé et de l'éducation, cet ouvrage est un outil de réflexion et d'action pour tous les professionnels.

  • Martine Bodénant est éducatrice spécialisée. Elle a exercé durant une trentaine d'années dans un centre d'accueil d'urgence pour mères et enfants en crise conjugale et familiale.

    Dans un récit à la première personne, elle raconte comment elle et son équipe ont répondu par leur travail éducatif aux questions posées par la violence au quotidien. En se tenant au plus près de son vécu de professionnelle, de ses doutes, de ses erreurs et prises de conscience, elle témoigne de son métier et de ses engagements syndical et féministe.

    Elle inscrit son cheminement dans les logiques et les contradictions institutionnelles particulières, mais aussi dans un contexte politique, social et idéologique où la question de la violence conjugale et donc des relations hommes/femmes mobilisent fortement la société civile.

    En rendant hommage au travail en équipe et aux femmes, enfants, hommes, qui, loin de se réduire à leurs difficultés, lui ont permis de grandir psychiquement, elle montre combien la part subjective - idéaux, pensées, croyances - est présente dans la relation éducative et comment les instances de parole - analyse de pratique, supervision - permettent de donner du sens à sa pratique professionnelle et de construire des projets au plus près des besoins et des désirs des publics accueillis.

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