• Dès 1925, Zweig pressent l'un des grands bouleversements sociaux de notre siècle : l'uniformisation du monde. Si le concept de mondialisation reste alors toujours à inventer, il examine avec perplexité des sociétés qui gomment progressivement toutes leur aspérités. Avant même l'invention des smartphones, il nous décrit l'avènement de l'instantanéité. Ce culte de l'éphémère joue finalement un rôle central dans l'uniformisation ici dénoncée.

    Dans ce texte saisissant d'actualité, Zweig pose un regard sensible sur une époque foncièrement hostile envers les originaux. Un essai à lire comme le témoignage lucide d'un homme définitivement en rupture avec l'esprit de son temps. Dernier recours pour les individualités récalcitrantes : fuir en elles-mêmes, pour oublier l'oppression du collectif.

    Stefan Zweig (1881-1942), de nationalité autrichienne, est l'un des auteurs de langue allemande majeurs du XXe siècle. Romancier, essayiste et dramaturge, il est l'auteur de plusieurs classiques, comme Amok ou La Confusion des sentiments. S'il rencontre le succès de son vivant, son existence bascule à l'arrivée d'Hitler au pouvoir. Exilé au Brésil et désespéré par la guerre, il se suicide en 1942.

  • Ce volume apporte une contribution importante au débat sur les interactions entre lAmérique et l'Europe au xxe siècle. Il pose des interrogations sur le sens courant de Américanisation et voudrait offrir de nouveaux et fructueux points de départ pour de futures recherches et discussions. Lapproche choisie utilise la vision la plus large possible de linfluence américaine, englobant lensemble de la sphère micro-économique et abordant non seulement les entreprises, mais aussi la culture des consommateurs et des entreprises en général. Pris comme un ensemble, les différents chapitres de cet ouvrage confirment limportance des États-Unis comme point de référence pour les entrepreneurs et les consommateurs européens. Simultanément, ils apportent un éclairage nouveau sur la complexité du processus d'Américanisation qui fut toujours plus que le simple transfert unilateral ou lexportation d'idées. Ils insistent également sur la multiplicité des effets qui vont du rejet pur et simple à l'acceptation selective traditionelle. Mais avant tout, ils renforcent l'idée selon laquelle l'Américanisation est un phénomène social, qui concerne des populations réelles dans des contextes spécifiques, que ce soit au niveau des entreprises, de l'industrie ou de la société, et dont les motivations s'étendent du simple l'idéalisme aux raisons plus venales.

  • « Américanisation » est un mot entré de plus en plus dans le langage courant qui exprime des réalités fort diverses. Ce volume analyse les rapports entre l'Europe et l'Amérique selon une vision macro-économique large. De l'Espagne à la Finlande, de la Grande-Bretagne à l'Union Soviétique, les différents chapitres de ce livre montrent comment le modèle américain fut une référence autant pour les entreprises qu'aux trois niveaux politique, économique et culturel. Ils abordent pour cela le sujet selon quatre grands thèmes qui sont : les prémices de l'américanisation avant 1945 ; la dimension politique du projet de l'Amérique, les voies spécifiques de l'américanisation, l'enjeu propre des pays de l'Europe de l'Est. Ils présentent une analyse de la première phase du processus d'américanisation durant laquelle l'introduction du système américain de production revêt un caractère exceptionnel. Ils montrent comment dans l'entre-deux-guerres, une moindre présence américaine au niveau politique est compensée par leur intervention sur le double plan de l'économie et de la technologie. Ils insistent sur le tournant majeur que constitue la Seconde Guerre Mondiale après laquelle les États-Unis programment désormais les transferts culturels et technologiques ainsi que de leurs valeurs et de leur modèle d'organisation sociale. Ils insistent sur l'accueil alors réservé à cette démarche, consistant à la fois en un accueil enthousiaste et une très forte résistance. Ce livre montre aussi l'existence de décalages chronologiques dans le transfert des diverses composantes du modèle américain. Dans la plupart des pays européens, le modèle de consommation de masse a pénétré plus vite que les technologies, les modèles d'organisation de la production et de la gestion de l'entreprise. Il confirme également que l'hégémonie américaine se nourrit d'une relation de dialogue avec l'Europe. L'américanisation consiste davantage en une adaptation sélective, en une hybridation qu'en une adoption.

  • Après avoir proposé des ouvertures théoriques dans son premier volume, la collection Fabrica Mundi cherche maintenant à poursuivre son enquête sur les voies de l´américanisation.

    Renversant dès l´introduction l´approche sinocentrique actuellement dominante, il s´agit d´approfondir l´idée centrale selon laquelle la construction de l´espace est un passage obligé pour penser et projeter l´Amérique au sein de l´espace mondial.

    Les mécanismes d´américanisation sont étudiés comme des dynamiques de constructions géographiques, politiques, religieuses et juridiques, qui se confrontent en permanence à des résonances mondialisées. Ainsi, les espaces géographiques posent la question des portes, des passages, des voies qui permettent des projections cartographiques. Les porteurs d´américanisation, comme l´Inca Garcilaso, en définissent les espaces culturels. L´écriture du droit s´organise à travers le rejeu des catégories juridiques entre Ancien et Nouveau Monde. L´histoire de ce continent peut ainsi être désenclavée, et montrer qu´une américanisation se préparait dès le Moyen Âge.

    Dans chacun des cas, l´Amérique est conçue comme un laboratoire pour l´Occident : les processus d´américanisation en oeuvre sont autant de raccordements, de filiations, de symétries des temps et des espaces.

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