• Le chant des revenants

    Jesmyn Ward

    • Belfond
    • 7 Février 2019

    Seule femme à avoir reçu deux fois le National Book Award, Jesmyn Ward nous livre un roman puissant, hanté, d'une déchirante beauté, un road trip à travers un Sud dévasté, un chant à trois voix pour raconter l'Amérique noire, en butte au racisme le plus primaire, aux injustices, à la misère, mais aussi l'amour inconditionnel, la tendresse et la force puisée dans les racines.
    Jojo n'a que treize ans mais c'est déjà l'homme de la maison. Son grand-père lui a tout appris : nourrir les animaux de la ferme, s'occuper de sa grand-mère malade, écouter les histoires, veiller sur sa petite soeur Kayla.
    De son autre famille, Jojo ne sait pas grand-chose. Ces blancs n'ont jamais accepté que leur fils fasse des enfants à une noire. Quant à son père, Michael, Jojo le connaît peu, d'autant qu'il purge une peine au pénitencier d'État.
    Et puis il y a Leonie, sa mère. Qui n'avait que dix-sept ans quand elle est tombée enceinte de lui. Qui aimerait être une meilleure mère mais qui cherche l'apaisement dans le crack, peut-être pour retrouver son frère, tué alors qu'il n'était qu'adolescent.
    Leonie qui vient d'apprendre que Michael va sortir de prison et qui décide d'embarquer les enfants en voiture pour un voyage plein de dangers, de fantômes mais aussi de promesses...
    Grand prix des lectrices de ELLE 2019
    Prix AMERICA 2019

  • Blues pour l'homme blanc

    James Baldwin

    • Zones
    • 27 Août 2020

    James Baldwin a écrit cette pièce en 1964 en réaction à l'assassinat de son ami Medgar Evers, militant des droits civiques, abattu devant son domicile du Mississippi le 12 juin 1963 par un suprémaciste blanc.
    L'accumulation des meurtres racistes aux États-Unis (dont celui de quatre jeunes filles noires dans un attentat à la bombe contre une église baptiste de Birmingham, Alabama, le 15 septembre 1963) constitue l'arrière-plan de ce cri de révolte scénique. La quasi-impunité qui suit ces actes sera l'élément déclencheur de ce travail.
    C'est aussi le meurtre atroce en 1955 de l'adolescent Emmett Till qu'il décide d'évoquer : " Dans ma pièce, écrit-il, il est question d'un jeune homme qui est mort ; tout, en fait, tourne autour de ce mort. Toute l'action de la pièce s'articule autour de la volonté de découvrir comment cette mort est survenue et qui, véritablement, à part l'homme qui a physiquement commis l'acte, est responsable de sa mort. L'action de la pièce implique l'effroyable découverte que personne n'est innocent [...]. Tous y ont participé, comme nous tous y participons. "

  • Meurtres en Alabama.

    Birmingham, Alabama, 1963. Le corps sans vie d'une fillette noire est retrouvé. La police s'en préoccupe de loin. Mais voilà que d'autres petites filles noires disparaissent...
    Bud Larkin, détective privé bougon, alcoolique et raciste, accepte d'enquêter pour le père de la première victime.
    Adela Cobb, femme de ménage noire, jeune veuve et mère de famille, s'interroge : " Les petites filles, ça disparaît pas comme ça... "
    Deux êtres que tout oppose. A priori.

    Sous des airs de polar américain, Alabama 1963 est avant tout une plongée captivante dans les États-Unis des années 1960, sur fond de ségrégation, de Ku Klux Klan et d'assassinat de Kennedy.
    Rentrée littéraire 2020

  • Côté ghetto

    Jill Leovy

    • Sonatine
    • 19 Octobre 2017


    Une histoire vraie du meurtre en Amérique.

    Dans la lignée de l'oeuvre de David Simon ( The Wire), une oeuvre magistrale de journalisme littéraire, élu meilleur document de l'année par le New York Times et le Washington Post.
    South Central, Los Angeles. Le Ghetto. À la fois un lieu et un destin. Un quartier où les jeunes, noirs pour la plupart, sont souvent plus en sécurité en prison que dans les rues, où les plus violents sont les héros, et les victimes laissées pour compte.
    Sauf peut-être par quelques hommes, qui considèrent encore ces victimes comme des fils, des frères, des êtres humains à part entière. Ces hommes, ce sont les policiers du district qui, dans le marasme ambiant, s'accrochent comme ils le peuvent pour donner un sens à leur métier, luttant tout autant contre le meurtre que contre une administration déconnectée de la réalité.
    Ainsi lorsqu'un jeune du quartier, Bryant Tennelle, est abattu sur un trottoir, non loin de son domicile, l'inspecteur John Skaggs, en dépit des moyens dérisoires dont il dispose et de la résignation ambiante, va tout faire pour éviter que ce jeune garçon ne soit qu'un nom de plus inscrit sur la liste annuelle des milliers d'assassinats non résolus de jeunes Afro-Américains.
    À partir de ce simple fait divers et de milliers d'heures de témoignage, Jill Leovy nous livre un document criant d'humanité. Pourquoi un jeune Noir a-t-il quinze fois plus de chance de se faire tuer qu'un Blanc aux États-Unis ? C'est toute la " peste américaine " qu'elle dissèque avec ce portrait intime et bouleversant, fait de morts absurdes et impunies, de proches dévastés et d'enquêteurs acharnés mais démunis.
    Une analyse forte et humaine, un livre coup de poing, aussi dévastateur que le plus réaliste des romans.

  • Balèze

    Kiese Laymon

    " Profondément original et bouleversant, Balèze déconstruit tous nos préjugés sur la condition des Noirs aux États-Unis. " LA Times L'un des meilleurs récits de 2018 selon le New York Times
    Partant de son enfance dans le Mississippi, passée aux côtés d'une mère brillante mais compliquée, Kiese Laymon retrace les événements et les relations qui l'ont façonné. De ses premières expériences de violence et de racisme jusqu'à son arrivée à New York en tant que jeune universitaire, il évoque avec une sincérité poignante et désarmante son rapport au poids, au sexe et au jeu, mais aussi à l'écriture. En explorant son histoire personnelle, Kiese Laymon questionne en écho la société américaine ; les conséquences d'une enfance passée dans un pays obsédé par le progrès mais incapable de se remettre en question.
    Récit intime qui met en lumière les échecs d'un pays, Balèze est un formidable acte de défi et de courage.
    - Andrew Carnegie Medal for Non-Fiction

  • Au-delà du récit convenu, centré sur ses seules grandes figures héroïques, Black America retrace la lutte des Afro-Américains, en redonnant toute leur place aux actrices et acteurs anonymes mais essentiels de cette histoire inachevée. Une grande fresque appelée à devenir une référence incontournable sur cette question centrale de l'histoire des États-Unis.
    Martin Luther King, Malcolm X, Rosa Parks. Dans la mémoire collective, ces trois noms résument trop souvent à eux seuls le long combat des Noirs américains pour l'égalité, la justice et la dignité. Au-delà du récit convenu centré sur ces grandes figures héroïques, ce livre retrace la lutte des Africains-Américains, depuis l'émancipation des esclaves en 1865 jusqu'au mouvement Black Lives Matter aujourd'hui, en redonnant toute leur place aux acteurs - et aux actrices - anonymes mais essentiels de cette histoire inachevée.
    Proposant une analyse globale des mouvements de revendications noirs, l'auteure décrit avec talent la longue sortie de la ségrégation dans l'ancien Sud esclavagiste et les luttes radicales engagées par les Noirs pour y mettre un terme. Mais elle raconte aussi une histoire moins connue : celle de l'" apartheid américain " dans le Nord et l'Ouest et des mobilisations quotidiennes des Africains-Américains pour l'amélioration de leurs conditions de vie.

  • Le premier livre sur l'identité afro européenne !
    Comment les Européens d'origine africaine jonglent-ils avec leurs
    multiples identités ? C'est avec cette question que Johny Pitts,
    né d'une mère européenne et d'un père afro-américain, parcourt
    Paris, Bruxelles, Amsterdam, Berlin, Stockholm, Moscou, Marseille,
    Lisbonne...
    Dans cette Europe des invisibles, il interroge des Afropéens pour
    savoir comment ils vivent au quotidien leur double identité - noire
    et européenne. Son essai fait entendre leurs voix auxquelles s'ajoute
    celles des écrivains Noirs dont il suit les traces (comme James Baldwin,
    Frantz Fanon...). Johny Pitts démontre la nécessité de sortir des
    clichés du " nigga " (l'homme Noir du ghetto) et du " king " (hipster,
    rappeur, footballeur Noir qui a réussi). Il montre avec brio qui sont les
    afro-européens d'aujourd'hui et comment ils se forgent de nouvelles
    identités.
    Un document inédit, illustré de nombreuses photographies prises par
    l'auteur, et qui s'inscrit dans un projet plus vaste (www.afropean.com).
    Ce livre a reçu le Prix Jhalak 2020, un prix prestigieux britannique.

  • Le manifeste d'une travailleuse du sexe afroféministe pour la liberté des corps et le droit à une sexualité décomplexée.
    Après la vague MeToo et la libération de la parole autour de la sexualité féminine, de nouvelles voix du féminisme pro-choix s'élèvent. Bebe Melkor-Kadior est l'une d'entre elles.
    À seulement 24 ans, c'est son expérience déjà étendue de travailleuse du sexe et sa vision inclusive de la condition des femmes qui l'ont amenée à développer sa philosophie de vie :
    les grands principes qui président à l'art d'être une salope ; une critique acerbe de notre société " coincée du cul " ; un plaidoyer pour l'éducation sexuelle des plus jeunes et l'avènement d'une masculinité positive.
    Au fil du texte, l'auteure pose les fondations de son monde idéal : une société où le sexe ne serait plus un tabou mais un sujet comme un autre, enseigné à l'école pour former des citoyen.ne.s éclairé.e.s.
    Un témoignage incarné, qui trace les contours d'une pensée féministe inédite, qui bouscule, en accord avec son temps.

  • " À terre. À terre tout de suite. J'ai dû aller trop vite. Non, tu n'allais pas trop vite. Je n'allais pas trop vite ? Tu n'as rien fait de mal. Alors pourquoi me contrôlez-vous ? Pourquoi suis-je contrôlé ? Fais voir tes mains. Les mains en l'air. Lève les mains. "
    L'attaque est préméditée, assumée, d'une violence intolérable. Ou bien c'est simplement la langue qui fourche sans qu'on s'en rende compte, et le racisme parle à travers notre bouche. Citizen est un livre sur les agressions racistes.
    Pour dire cette réalité, Claudia Rankine choisit une forme qui n'appartient qu'à elle : tour à tour poésie, récit ou pamphlet, Citizen décrit les expériences les plus intimes, les plus ténues pour y greffer ce que dépose en nous le flux de la vie quotidienne – propos saisis dans le métro, conversations, blagues, coupures de journaux, captures d'écran -, dans un vaste collage d'images et de voix. Une symphonie parfois dissonante où les mots les plus simples sont portés par une extraordinaire énergie poétique.
    Traduit de l'anglais (États-Unis) par Maitreyi et Nicolas Pesquès.

  • Sadiatou vit au Burkina Faso. Tous les jours, Sadiatou part à l´école sur le vélo de son grand frère. Un jour, elle revient avec une pintade offerte par le directeur de l´école.Hélas, papa Honoré décide qu´on va la manger. Grâce à la complicité et aux ruses de son grand-père, Sadiatou va éviter le pire !Découvre le quotidien d'un enfant dans chaque coin du monde au travers d'histoires réalistes, ancrées dans la culture de son pays.

  • La trajectoire, les errances, les rêves et les désenchantements de Poncia, petite-fille d'esclaves, depuis son enfance à la campagne jusqu'à l âge adulte dans les favelas du Brésil. Poncia habite sur les terres de son ancien maître qu occupent de nombreux Noirs même après l Abolition de l esclavage, par manque de perspectives. Mais la jeune fille décide de tenter sa chance en ville, où elle vient grossir les rangs des favelas.





    L'histoire de Poncia retrace la vie de nombreuses femmes Noires brésiliennes anonymes leurs douleurs, leurs angoisses, leur solitude. Mais ce qui frappe surtout, c'est leur détermination à vivre et à se reconstruire. Dans L histoire de Poncia, le peuple Noir brésilien est dépossédé de la liberté mais n est nullement dépossédé de conscience. Le cri de ces personnages résonne et embrase le ciel : « Au bout du petit matin » comme dirait Aimé Césaire...

  • Ville noire, ville blanche plonge avec force au coeur de l'Amérique urbaine et transforme un rapt d'enfant sur fond de racisme en un roman fascinant de vérité. Un livre magistral porté à l'écran avec dans les rôles principaux Samuel L. Jackson et Julianne Moore.
    Par une lourde soirée de juin, une jeune femme blanche, les mains en sang, l'air hagard, traverse en titubant une zone d'immeubles lépreux, et se réfugie à l'hôpital. Faute de parvenir à lui faire raconter ce qui lui est arrivé, l'interne de garde aux urgences la confie à Lorenzo Council, inspecteur de police, et Noir, comme les adolescents qu'il s'efforce à la fois de contrôler et de protéger.
    Ainsi s'ouvre
    Ville noire, ville blanche, qui a pour cadre la ville de Dempsy, une banlieue déshéritée de la mégapole new yorkaise à majorité noire. À force d'attention et de patience, le policier réussit à apprendre de la blessée qu'elle s'appelle Brenda Martin et qu'elle vient de Gannon, la ville blanche qui jouxte les tours de Dempsy. La jeune femme rentrait chez elle en voiture lorsqu'elle a été arrêtée par un inconnu noir. Celui-ci l'a éjectée de sa Toyota au volant de laquelle il s'est enfui. Avec, sur le siège arrière, Cody, quatre ans, le fils de Brenda... Council relève dans le récit et le comportement de la jeune femme des contradictions. Ses collègues de Gannon se posent moins de questions, et Dempsy est aussitôt envahie par une armée de policiers qui organisent le blocus de la cité. Entre les deux villes voisines, la blanche et la noire, le contentieux est déjà lourd, et Lorenzo Council sait que la cité explosera s'il ne résout pas rapidement cette affaire. Il fait appel à l'aide officieuse de Jesse Haus, jeune journaliste ambitieuse, blanche, qui, très vite, soupçonne Brenda de ne pas avoir tout dit. Flairant un scoop, elle entreprend dès lors de gagner la confiance de la jeune mère.

  • Le nouveau monde a eu un prophète et un apôtre. Il a été aussi un martyr. L'Amérique est inimaginable sans Luther King. Cette biographie intime restitue son rêve dans toute sa réalité.
    Alors qu'on vient de commémorer les 50 ans de son assassinat, cet essai biographique revient sur l'itinéraire intellectuel, spirituel et politique du pasteur noir américain Martin Luther King Jr. S'appuyant sur de nombreux textes encore inédits en France, il tente de reproduire le plus fidèlement possible l'existence et la pensée d'une figure unique de l'Amérique du xxe siècle, prix Nobel de la paix en 1964.
    D'où Martin Luther King Jr. venait-il, quel élève était-il, et quel genre de pasteur devint-il ? Fut-il vraiment l'auteur de tant de livres et de discours ? Quelles étaient ses ambitions politiques ? Avait-il une vocation de martyr, de prophète ? Enfin, quel héritage a-t-il laissé, et à qui ?
    Au fil de pages très bien documentées, s'esquisse un portrait contrasté, loin des hagiographies habituelles, où l'étudiant plagiaire cède la place à un orateur et un stratège politique hors pair ; où le mari infidèle s'efface derrière l'infatigable militant ; où l'interlocuteur privilégié des puissants dialogue passionnément avec les plus humbles et les plus démunis.
    Un livre nécessaire, pour découvrir le vrai visage de Martin Luther King Jr., et peut-être le vrai visage de l'Amérique.

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