• En Amérique latine, depuis le début des années quatre-vingt, deux phénomènes majeurs, l'approfondissement de la crise financière-économique et l'évolution démocratique, ont renouvelé les termes et les enjeux d'un débat désormais généralisé sur les rapports entre pouvoirs centraux, pouvoirs régionaux et pouvoirs locaux. En France, dans la même période, mais dans un contexte politique différent, la discussion puis l'application des lois de décentralisation ont répondu à la volonté des sociétés locales de prendre une plus grande part dans la détermination de leur destin et de celui de leur territoire. Démocratisation et modernisation, modernisation et démocratisation sont ainsi devenues, tant en France (en Europe devrait-on dire) qu'en Amérique latine les mots-clés, les références incontournables pour toute réflexion sur les voies et moyens permettant d'affronter les mutations imposées par la compétition internationale.

  • Au cours des dernières décennies, les administrations locales en Europe, de plus en plus pressurisées, ont fait face à de multiples défis. Il en a résulté une vague de réformes politiques et administratives, visant à alléger cette pression, qui a modifié la gestion des collectivités locales dans de nombreux pays. D'une part, les collectivités locales sont responsables de l'efficience de l'administration, de la délivrance de services de très haute qualité, et de la bonne application de la règlementation. D'autre part, elles sont garantes de la légitimité, de la participation démocratique et de la confiance, tout ceci dans un contexte d'austérité. Cet ouvrage présente les résultats des recherches effectuées dans le cadre d'un projet international sur le service public local dans 31 pays et en tire des leçons pour les décideurs politiques afin de dessiner l'avenir des collectivités locales en Europe. Les auteurs abordent les thèmes de réformes classiques ainsi que les caractéristiques majeures de la gouvernance locale telles que l'autonomie, la performance et la participation. Cet ouvrage vise un public de chercheurs, d'étudiants et de praticiens intéressés par le futur des collectivités locales.

  • Autant la célébration du bicentenaire de 1789 était de nature à mobiliser logiquement l'ensemble des Français dans le partage de valeurs communes, notamment en référence à la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, autant le deux-centième anniversaire de l'an VIII (1799-1800) ne revêt pas une signification à première vue susceptible de justifier un engagement public. La prise équivoque du pouvoir par Bonaparte constitue en effet un événement important pour l'histoire nationale, mais davantage sujet à des réflexions explicatives d'historiens qu'à une célébration publique. Quant à l'une de ses suites, la création des préfets par la loi du 28 pluviôse an VIII, elle pouvait sembler appeler un retour sur son passé de la part d'un grand corps de l'État plutôt qu'un enjeu authentiquement collectif.Pourtant la préfecture de Haute-Normandie et de Seine Maritime a tenu à s'engager avec force dans ce bicentenaire dans la mesure ou occasion lui était donnée de collaborer à un projet susceptible de conférer une portée élargie au légitime retour sur l'histoire de l'institution préfectorale.

  • Les travaux de Claude Bataillon offrent à la communauté des géographes et bien au-delà, une réflexion sur la pérennité des découpages territoriaux comme éléments structurants du système de gouvernement mexicain face à la multiplicité de micro-territoires. Ils apparaissent profondément contemporains d'une question plus immédiate posée au cours de ces deux dernières décennies : celle du devenir et de l'actualité de l'ancrage de l'État à différentes échelles. Les textes qui forment cet ouvrage traduisent les recherches et le débat que cette question suscite. Au Mexique, et en raison de la prégnance de l'État, l'échelle privilégiée a été celle du territoire national dans sa diversité régionale. Les changements partout observables aujourd'hui ont conduit à s'interroger sur les modes de territorialités à l'oeuvre dont les traits les plus fréquemment soulignés sont l'affaiblissement de l'État-nation et le développement des expressions régionales et identitaires. Les mêmes temporalités, un héritage commun, des instruments parfois proches de gouvernement expliquent la présence dans ce livre de situations chilienne, brésilienne et argentine, à l'origine d'un dialogue permanent entre chercheurs.

  • La gestion du territoire est complexe, pluridisciplinaire... et conflictuelle. Chaque acteur public en a sa propre représentation qui, ­combinée à sa conception de l'intérêt général, génère des concurrences institutionnelles, des divergences sur le fond même des politiques à conduire, des antagonismes. Cet ouvrage trouve son origine dans un séminaire entre géographes, politistes, juristes, économistes et décideurs territoriaux qui ont ­cherché à mettre en lumière les interactions des différents niveaux de l'action publique. Les sujets abordés sont divers : le concept de cohésion territoriale au sein de l'Union européenne et son évolution, les rapports entre ­Washington et les États fédérés, la décentralisation italienne, l'importance des régions métropolitaines aux États-Unis, le Grand Paris, la réforme du fédéralisme allemand, la Catalogne et son expérience de réhabilitation urbaine. À partir de ces exemples, les auteurs démontrent que la gouvernance des territoires est une question éminemment géopolitique. Les affrontements qui en résultent compromettent souvent la réussite des politiques publiques et la compétitivité des territoires. Parfois, au contraire, ils font surgir innovation et dynamisme.

  • Au moment où va s'ouvrir au Venezuela une nouvelle période présidentielle, avec l'élection en décembre 1988 de M. Carlos Andrée Pérez, candidat du Parti « Action Démocratique » et qui fut déjà président (1974-1979), la double question de la démocratisation et de la décentralisation est plus que jamais d'actualité. Bien que toujours au premier rang des pays d'Amérique latine pour le revenu per capita, le Venezuela est durement frappé par la double crise de l'endettement et de la baisse des prix du pétrole. À une période de très grands projets de développement où l'État Providence redistribuait la rente pétrolière avec une part pour chacune des régions, a succédé une période de gestion de la crise et de remise en cause de la planification régionale. L'ouvrage coordonné par Jean Revel-Mouroz vise à éclairer ce moment clé des années quatre-vingt, où le discours sur la décentralisation se généralise - non sans ambiguïtés - et où les pouvoirs locaux et leurs assises territoriales se recomposent sous l'impact de la crise économique, sociale, politique. L'ouvrage est l'aboutissement de recherches collectives sur les territoires et les pouvoirs locaux en Amérique latine, avec une approche pluridisciplinaire ; il réunit en effet une dizaine d'auteurs géographes, historiens, juristes, urbanistes. Il résulte enfin d'une coopération entre chercheurs français et vénézuéliens, soutenue tant par le CNRS que par la coopération scientifique des Affaires étrangères, avec le CREDAL comme opérateur pour la partie française.

  • Les Actes de ce volume sont le résultat concret de la rencontre des travaux concomitants et complémentaires de deux équipes, l'une française, l'E.R.A. 757 du C.N.R.S., dirigée par M. Cl. Nicolet, et l'autre italienne, de l'Université de Pérouse (Institut d'Histoire, dirigé par M. F. Coarelli ; Institut d'Archéologie, dirigé par M. M. Torelli). Par un parti-pris de non-conformisme à des schémas traditionnels, l'optique classique de la vision du monde romain a été renversée ; il ne s'agit plus de regarder l'Italie à partir de Rome, mais au contraire de considérer Rome à travers l'Italie, plutôt à travers le regard des Italiens des « municipes ». Le déroulement de ce colloque à Naples, au Centre Jean Bérard, et donc au coeur de cette Italie « périphérique », a voulu être un symbole de cette option.

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