• Dès 1925, Zweig pressent l'un des grands bouleversements sociaux de notre siècle : l'uniformisation du monde. Si le concept de mondialisation reste alors toujours à inventer, il examine avec perplexité des sociétés qui gomment progressivement toutes leur aspérités. Avant même l'invention des smartphones, il nous décrit l'avènement de l'instantanéité. Ce culte de l'éphémère joue finalement un rôle central dans l'uniformisation ici dénoncée.

    Dans ce texte saisissant d'actualité, Zweig pose un regard sensible sur une époque foncièrement hostile envers les originaux. Un essai à lire comme le témoignage lucide d'un homme définitivement en rupture avec l'esprit de son temps. Dernier recours pour les individualités récalcitrantes : fuir en elles-mêmes, pour oublier l'oppression du collectif.

    Stefan Zweig (1881-1942), de nationalité autrichienne, est l'un des auteurs de langue allemande majeurs du XXe siècle. Romancier, essayiste et dramaturge, il est l'auteur de plusieurs classiques, comme Amok ou La Confusion des sentiments. S'il rencontre le succès de son vivant, son existence bascule à l'arrivée d'Hitler au pouvoir. Exilé au Brésil et désespéré par la guerre, il se suicide en 1942.

  • Génial et enfantin, lucide et menteur, attachant et insupportable,
    tel est l'éblouissant portrait que brosse Soma
    Morgenstern de son ami Joseph Roth. Une amitié commencée
    à Vienne en 1913, et qui s'achèvera dans un petit hôtel de la
    rue de Tournon, à Paris, un malheureux jour de printemps 1939.
    Émaillé de mille anecdotes sur l'écrivain et sur la vie culturelle
    de l'entre-deux-guerres, à Berlin, Vienne et Paris, ce document
    exceptionnel se dévore comme un roman.

  • Qui Alfred Hitchcock recherche-t-il, à Nice, juste après la guerre ? Pourquoi le coeur d'Iréna, l'adolescente de San Francisco, cesse-t-il un jour de battre, à sa propre demande ? Quel secret un lycéen arrêté et conduit dans un centre de redressement détient-il en ces deux mots rituels : Bientôt Vancouver ? Pourquoi la rentrée dans Mademoiselle Julie de Nina Wolf, la célèbre comédienne, demeure-t-elle sans lendemain ?
    Une lettre -"Quand vous lirez ceci, cela voudra dire que je suis morte."- et la vie du docteur Guersant bascule. Une autre, adressée au courrier des lecteurs d'un magazine de cinéma par un cinéphile au pseudonyme étrange ("Boulevard du crépuscule") et c'est la tragédie.
    Parfois l'irruption d'un drame transforme nos existences vouées aux seconds rôles et les projette, un instant, en pleine lumière. C'est cet instant qu'illustre chacune de ces nouvelles, dix petits films à suspens. Sur ces brèves rencontres, au soleil d'une île bretonne, dans la grisaille d'une chambre d'hôtel ou la pénombre des salles obscures veillent quelques fantômes bien-aimés : ceux de Simenon, de Zweig, de Stevenson, de Pierre Véry, sans oublier celui, adorable, de Mrs. Muir.

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