Belfond

  • Rédigé en 1941, alors que, émigré au Brésil, Stefan Zweig avait déjà décidé de mettre fin à ses jours, Le Monde d'hier est l'un des plus grands livres-témoignages de notre époque. Zweig y retrace l'évolution de l'Europe de 1895 à 1941, le destin d'une génération entière d'hommes confrontés plus brutalement que d'autres à l'Histoire et à toutes les " catastrophes imaginables ".
    Chroniqueur de l'Âge d'or européen, Zweig évoque avec bonheur sa vie de bourgeois privilégié dans la Vienne d'avant 1914 et quelques grandes figures qui furent ses amis : Schnitzler, Rilke, Romain Rolland, Freud ou Valéry. Mais il donne aussi à voir la montée du nationalisme, le formidable bouleversement des idées qui suit la Première Guerre Mondiale, puis l'arrivée au pouvoir d'Hitler, l'horreur de l'antisémitisme d'État et, pour finir, le " suicide de l'Europe ". " J'ai été témoin de la plus effroyable défaite de la raison ", écrit-il.
    Analyste de l'échec d'une civilisation, Zweig s'accuse et accuse ses contemporains. Mais, avec le recul du temps, la lucidité de son testament intellectuel frappe le lecteur d'aujourd'hui, de même que l'actualité de sa dénonciation des nationalismes et de son plaidoyer pour l'Europe, que la nouvelle traduction de Serge Niémetz restitue dans toute sa vigueur.

  • Kolyma

    Tom Rob Smith

    1956. La mort du " petit père des peuples " a plongé le pays dans le chaos. Tandis que Khrouchtchev entreprend sa politique de déstalinisation, les langues se délient : le temps est venu de régler les comptes. Ex-agent zélé du MGB, Leo Demidov, aujourd'hui repenti, est à la tête d'un département de criminologie. Avec sa femme, Raisa, il a adopté deux fillettes, mais l'aînée, Zoya, hait ce père de substitution. Et elle n'est pas la seule... Car, dans l'ombre, quelqu'un attend son heure, une femme que la colère et le sentiment d'injustice ont rendue ivre de vengeance. Pour sauver les siens, Leo n'aura bientôt plus d'autre choix que de se jeter dans la gueule du loup : le terrifiant goulag de Kolyma...


  • C'est un plaisir rare que cette brillante reconstitution historique doublée d'un polar haletant qui remet en lumière une histoire infamante trop longtemps occultée, une effroyable injustice, dont il est important de prendre conscience : l'affaire Beilis - l'affaire Dreyfus de la Russie tsariste.

    Simon Sebag Montefiore, auteur des Romanov, 1613-1918

    À Kiev, entre 1911 et 1913.
    Un jour de Mars 1911, le cadavre d'un garçon de treize ans est retrouvé dans une grotte d'un quartier déshérité de Kiev. L'enfant est à demi-nu, son corps est lardé de 47 coups de couteau.
    L'Ukraine est alors intégrée à la Russie tsariste et sa population juive soumise aux mêmes règles de ségrégation, interdictions de séjour et humiliations permanentes. Dans ce contexte, les Black Hundreds, organisation violemment antisémite, relancent une vieille rumeur qui voudrait qu'à l'approche des Pâques, les Juifs sacrifient des enfants chrétiens pour mêler leur sang au pain azyme. Et c'est ainsi qu'un coupable est désigné : Mandel Beilis. Ce père de trois enfants, modeste et timide, ouvrier à la briqueterie voisine mène une vie paisible, mais il est Juif.
    Le procès commence et ce qui deviendra l'affaire Beilis va prendre un retentissement extraordinaire, mobilisant bientôt tout ce que le Monde compte de Lumières, de Thomas Mann à H.G. Wells, en passant par l'archevêque de Canterbury, Jane Addams, Sir Arthur Conan Doyle ou Anatole France.
    Et pendant ce temps, une femme jubile, Vera Cheberyak, machiavélique chef de gang, ravie de voir l'attention de l'opinion se détourner de ses propres activités sanguinaires...

  • À la fois roman d'espionnage, histoire d'amour tragique et somptueux tableau du Madrid exsangue de l'hiver 1940, une oeuvre magistrale, sombre et ambitieuse, entre Graham Greene et le Hemingway de Pour qui sonne le glas.
    Dans le chaos qui suit la guerre civile espagnole, Harry Brett, interprète à l'ambassade britannique, peine à reconnaître le Madrid de sa jeunesse. La ville n'est plus qu'un champ de ruines. Chargé par les services secrets anglais d'espionner un ancien camarade de collège lié à la faction extrémiste des nationalistes espagnols, Harry espère secrètement retrouver Bernie, son meilleur ami, fervent communiste porté disparu lors de la guerre civile. Aidé par Barbara, l'ancienne maîtresse de Bernie, et surtout par Sofia, une jeune étudiante en médecine dont il va tomber passionnément amoureux, Harry ignore encore qu'il n'est qu'un pion manipulé par des politiciens sans scrupules... Entre dilemmes, compromissions et ambiguïtés morales douteuses, dans une partie d'échecs où tous les coups sont permis, chacun des joueurs de ce quintet amoureux perdra quelque chose : ses illusions, ses certitudes, ses espoirs, voire la vie, tandis que l'Europe gronde du bruit de l'avancée nazie...

  • Le 27 avril 1938, Géraldine Apponyi, issue de la noblesse hongroise, surnommée " la rose blanche de Budapest " en hommage à sa beauté, épouse Zog Ier, roi des Albanais. De la gloire à l'exil, le destin hors normes d'une reine d'un an, dont la trajectoire lumineuse traverse près d'un siècle d'histoire européenne, du démantèlement des Balkans à la montée des fascismes, de la guerre froide à l'ère postcommuniste.
    Avec l'arrivée de Géraldine Apponyi à la cour de Tirana en 1938, le glamour et la modernité entrent en Albanie. De mère américaine et de père hongrois, de confession catholique et apparentée à toutes les familles royales de la vieille Europe, la " Rose blanche de Hongrie " tombe sous le charme du petit État des Balkans et de Zog Ier, son souverain musulman. Si la rencontre a été arrangée, le coup de foudre surprend la jeune comtesse et le roi dès le premier regard, dès le premier bal.
    Mais, un an plus tard, c'est le drame : l'Italie fasciste envahit l'Albanie et, tandis qu'elle vient de mettre au monde le prince héritier Leka, la reine doit fuir. Commence alors pour elle une vie d'errance, plus de soixante années d'exil qui ne prendront fin qu'en 2002, lorsque Géraldine rentrera triomphalement dans une Albanie délivrée du communisme.
    De l'Empire austro-hongrois à la montée du nazisme, de la guerre froide à la chute du mur de Berlin, Géraldine, reine des Albanais est une superbe fresque historique où l'épopée lumineuse et tragique de l'héroïne se confond avec celle d'une Europe à jamais disparue.
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