• L'histoire tragique des amants de Vérone, devenus des figures mythiques de l'amour et de la jeunesse en lutte contre l'absurdité des conflits familiaux.
    Notions littéraires : les didascalies initiales et le prologue, la structure d'une intrigue théâtrale, les genres théâtraux et leurs registres, les mythesHistoire des arts : l'architecture du théâtre élisabéthain, l'héritage artistique du Moyen Age, les réécritures musicales de l'oeuvre Repères élèves : frise historique et culturelle du XVIe au XVIIe siècle, lexique, notes de vocabulaire, méthode
    OEuvre du rabat : Frederic Leighton

  • Édition enrichie d'Yves Bonnefoy comportant une préface et un dossier sur l'oeuvre. HAMLET Voici l'heure sinistre de la nuit, L'heure des tombes qui s'ouvrent, celle où l'enfer Souffle au-dehors sa peste sur le monde. Maintenant je pourrais boire le sang chaud Et faire ce travail funeste que le jour Frissonnerait de voir... Mais, paix ! D'abord ma mère. Oh, n'oublie pas, mon coeur, qui elle est. Que jamais Une âme de Néron ne hante ta vigueur! Sois féroce mais non dénaturé. Mes mots seuls la poignarderont ; c'est en cela Que mon âme et ma voix seront hypocrites ; Mon âme! aussi cinglantes soient mes paroles, Ne consens pas à les marquer du sceau des actes! (Acte III, scène II).

  • Edition enrichie (Notes, commentaires, repères chronologiques)
    À la cour d'Athènes, Hermia en appelle à la clémence de son père Égée qui veut lui imposer comme mari Démétrius, alors qu'elle aime Lysandre. Pour échapper à son sort, elle se réfugie dans la forêt, bientôt suivie par les autres protagonistes. Là, Obéron, roi des elfes, qui vient de se quereller avec sa femme Titania, fait appel au malicieux lutin Puck et à ses philtres d'amour. De nombreuses aventures amoureuses vont alors se croiser, se faire et se défaire, au gré des sortilèges et des intrigues, mêlant monde classique et monde légendaire.
    Cette comédie à la fantaisie débridée se double d'une saveur parodique et satirique  : les amours heureuses sont-elles possibles sans enchantement  ? Avec Le Songe d'une nuit d'été, Shakespeare donne libre cours à une incroyable liberté d'imagination qui continue à fasciner le public moderne.
     
    Traduction de François-Victor Hugo.
    Édition établie et annotée par Yves Florenne.

  • Gargantua

    François Rabelais

    Peut-on être sérieux et drôle à la fois ? Quelle « substantifique moelle » se cache sous la fantaisie des apparences ? Publié en 1534, deux ans après Pantagruel, Gargantua, qui narre la vie « très horrifique » d'un géant né par l'oreille de sa mère et inventeur du torchecul, est aussitôt interdit. Mais, par-delà la satire, le récit se colore d'humanisme : quelles méthodes d'enseignement adopter pour former l'habile homme ? Quelles doivent être les vertus du prince chrétien, en particulier en temps de guerre ? Puisé aux bonnes sources, le savoir est une gourmandise, tandis que les appétits guerriers, rendus vils et grotesques, sont balayés par une fin utopique.
    Si rire est encore « le propre de l'homme », la langue du XVIe siècle ne nous est plus familière. La présente édition accompagne le texte de Rabelais d'une translation en français moderne, afin que tout lecteur puisse s'y plonger avec l'agilité de Gargantua quand il « nageait en eau profonde, à l'endroit, à l'envers, de côté, de tout le corps, des seuls pieds, une main en l'air tenant un livre ».
    Dossier :
    1. Utopies et perfections de l'éducation humaniste
    2. Idéaux humanistes sur la guerre et la paix

  • Mon nom est Rouge

    Orhan Pamuk

    Istanbul, en cet hiver 1591, est sous la neige. Mais un cadavre, le crâne fracassé, nous parle depuis le puits où il a été jeté. Il connaît son assassin, de même que les raisons du meurtre dont il a été victime : un complot contre l'Empire ottoman, sa culture, ses traditions, et sa peinture. Car les miniaturistes de l'atelier du Sultan, dont il faisait partie, sont chargés d'illustrer un livre à la manière italienne...
    Mon nom est Rouge, roman polyphonique et foisonnant, nous plonge dans l'univers fascinant de l'Empire ottoman de la fin du XVIe siècle, et nous tient en haleine jusqu'à la dernière page par un extraordinaire suspense. Une subtile réflexion sur la confrontation entre Occident et Orient sous-tend cette trame policière, elle-même doublée d'une intrigue amoureuse, dans un récit parfaitement maîtrisé. Un roman d'une force et d'une qualité rares.

  • Du roi je serai l'assassin Nouv.

    Espagne, Andalousie, XVIe siècle. La Reconquista est terminée. Charles Quint règne sur une Espagne réunifiée et catholique.
    Sinan est un enfant qui vit avec sa soeur jumelle, Rufaida à Grenade. Musulmans convertis par nécessité à la religion catholique, sa famille les envoie à Montpellier pour échapper à une Inquisition toujours plus féroce. Là-bas ils tomberont dans une France embrasée par les guerres de religion...

    Mélangeant récit historique et fantasy, Jean-Laurent Del Socorro nous offre une nouvelle fois un grand roman, dans le sillage de Royaume de Vent et de colères avec l'un de ses personnages dans le rôle clef.

  • Istanbul, XVIe siècle. Le jeune Jahan débarque dans cette ville inconnue avec pour seul compagnon un magnifique éléphant blanc qu'il est chargé d'offrir au sultan Soliman le Magnifique.
    En chemin, il rencontrera des courtisans trompeurs et des faux amis, des gitans, des dompteurs d'animaux ainsi que la belle et espiègle Mihrimah. Il attirera bientôt l'attention de l'architecte royal, Sinan : une rencontre fortuite qui va changer le cours de son existence.
    Au coeur de l'Empire ottoman, quand Istanbul était le centre grouillant de la civilisation, L'architecte du sultan est un conte magique où l'on découvre le destin extraordinaire d'un garçon aux origines modestes qui se verra élevé au plus haut rang de la cour.

  • Les politiques

    Aristote

    L'extraordinaire intérêt que notre époque porte aux Politiques d'Aristote n'est pas seulement un effet de la révérence due aux grands livres, mais une marque de perspicacité. Car derrière un texte qui se fixe comme horizon une réalité moribonde à l'époque même d'Aristote - la cité -, le lecteur d'aujourd'hui ne peut s'empêcher de déceler la fondation et donc le fondement de la manière dont nous pensons les rapports des hommes entre eux, et plus généralement le monde des « choses humaines ». La structure et l'histoire des sociétés mais aussi le bruit et la fureur des passions des hommes, leurs ruses et leurs vertus, et jusqu'à l'ombre des dieux sur terre, tout est dans ce texte inépuisable que nous commentons, parfois sans le savoir, depuis vingt-quatre siècles.

  • Nihil ou Totum : sur un coup de dés, Francesco Sacredo, jeune aristocrate vénitien, mise sa propre personne pour tenter de récupérer sa fortune perdue par son père au profit de la comtesse von Wallenstein. Le jeune homme, proscrit et condamné à fuir encore et encore, tâche pourtant de rendre coup pour coup à la comtesse, invisible et lointaine mais toujours sur ses talons.Lorsqu'il revient d'exil à Venise, Francesco Sacredo, jeune patricien de bonne famille, découvre que son père a perdu au jeu la totalité de leur immense fortune. La comtesse Mathilde von Wallenstein, une allemande borgne, sournoise et carnassière, lui a enlevé jusqu'à son dernier sequin. Ulcéré par l'inconséquence paternelle, Francesco accepte, sur un coup de dé, de miser sa propre personne pour tenter de récupérer son bien. Il perd.Mais plutôt que de livrer son corps à la maléfique comtesse comme convenu, il s'enfuit, aussitôt pris en chasse par les impitoyables spadassins de l'Allemande.Aussi cette partita se poursuit-elle grandeur nature, au rythme de la course effrénée de Francesco à travers une Italie du XVIIIe siècle plongée dans un hiver glacial. La mort aux trousses, le jeune homme, réduit à la dernière extrémité, proscrit et condamné à fuir éternellement, tâche pourtant de rendre coup pour coup à son adversaire lointaine et invisible.Roman d'aventures haletant, orchestré par Alberto Ongaro en maestro de l'art de la fiction, La Partita fait penser à un Dumas qui aurait été atteint de paranoïa, et où les élégances vénéneuses de Casanova se doubleraient de l'exubérance rieuse de Federico Fellini.

  • Quest-ce que lhomme ? Quest-ce que lautre ? Comment être sage ? Comment vivre heureux ? Le XVIe siècle ne parvient plus à répondre à ces questions avec assurance. Le traumatisme des guerres de Religion et, avant lui, la découverte du Nouveau Monde ont ébranlé les certitudes. Cest dans ce contexte que Michel de Montaigne sattelle à un projet singulier : dessiner son propre portrait pour mieux « peindre lhumaine condition ».
    Jour après jour, pendant vingt ans, il note ses réflexions dans ses Essais, une uvre aux frontières de lautoportrait, du recueil de morceaux choisis et du traité de morale.
    Ce volume rassemble les passages des Essais les plus représentatifs de la pensée de lauteur sur lêtre humain, le monde et la société.

  • Les "Mémoires d'Alonso de Contreras", découverts à la fin du XIXe, sont le plus beau récit d'aventures sur terre et sur mer vécues par un capitaine de l'ordre de Malte au début du XVIe siècle. Ils nous racontent la guerre de course de galères en Méditerranée, les abordages entre les galions espagnols et les corsaires anglais, les expéditions sous le soleil des côtes barbaresques.
    « Le plus beau roman picaresque connu, parce que vécu. » Fernand Braudel

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    Royaume de France, XVIe siècle. Les guerres de Religion font rage entre le roi Henri III de France, le duc de Guise et Henri de Navarre le protestant.
    Le roi de France se réfugie dans Paris, protégé par la Compagnie du chariot, une bande de lansquenets avec à leur tête Axelle, leur nouvelle capitaine.
    Le roi décide en dernier recours de faire appel au pouvoir alchimique de l'Artbon pour maintenir son pouvoir. Mais peut-on user impunément de la magie de la Pierre d'équilibre ?
    Avec La Guerre des trois rois, Jean-Laurent Del Socorro nous replonge dans l'univers de fantasy historique de son premier roman : Royaume de vent et de colères.

  • Dans son ouvrage paru en France en 1931 et jamais réédité, Sternbeck fait revivre le temps des pirates et des flibustiers du XVIe siècle. Depuis la découverte de l'Eldorado des Amériques jusqu'à l'expédition des Indes orientales en passant par la chasse à l'or dans le Pacifique, il retrace les épopées des figures majeures de la piraterie. Ce sont les voix des capitaines Kidd, Hawkins ou Morgan (le "roi des boucaniers"), comme de l'impitoyable Blackbeard, que l'on entend ici. Sur l'île du Diable ou de la Tortue, à bord du Pelican ou du Golden Hind, les espoirs, les peurs et les combats ne sont pas sans liens avec les intérêts des couronnes européennes. Sous la plume alerte et amusée de Sternbeck, les récits de ces navigateurs extraordinaires forment une histoire de la flibusterie, devenue source d'inspiration pour de nombreux auteurs.
     
    Alfred Sternbeck (1879-1942) a publié plusieurs ouvrages d'histoire, dont Charles II d'Angleterre et La Guerre mondiale en France. Traduction du commandant P. Teillac, capitaine de frégate de réserve.

  • Face aux périls du temps des dictatures, Zweig fait d'Érasme son modèle. L'amour des lettres et de l'art, le commerce civil des esprits, le dialogue persévérant dessinent l'espace d'une tolérance où inscrire idéalement le présent. Le moderne qu'est Zweig met à contribution la psychologie de même que l'anatomie et la généalogie des systèmes. Identifiant dans la théocratie instaurée par Calvin à Genève la matrice des totalitarismes - la Terreur, le communisme soviétique, la dictature raciste -, il défend avec véhémence les valeurs morales. La plume sera sa seule arme. Refusant, ce qu'on lui reprocha vivement, l'engagement militant, il fuit l'Allemagne puis l'Europe avant de se donner la mort au Brésil. Pour lui cependant, le cours des choses n'est pas déterminé une fois pour toutes. Il est fait de retournements inattendus.

  • Entre l´amour et la haine, cette dernière l´emporte parfois. Deux frères, dans l´Angleterre de la fin du XVIe siècle, sont aussi différents l´un de l´autre que peuvent l´être l´eau et le feu. Le premier vient d´être anobli par la Reine pour ses hauts-faits en mer contre les galions de l´invincible Armada de Philippe II. Le second attend son tour, qui ne tardera pas à venir : faisant accuser son frère d´un crime qu´il n´a pas commis, il le fait livrer aux Espagnols qui en font un galérien. Ce sera paradoxalement sa chance. Histoires d´amour, complots, intrigues, vengeance... Le destin, n´ayant pas dit son dernier mot, amènera un jour les deux frères à se recroiser...
    « En matière de roman d´aventures, on tient là un sommet du genre. » Marie Colmant, Cosmopolitan.

  • La mode est à Montaigne - un certain Montaigne du moins, délicat, aux moeurs et aux lumières exquises, avec lequel il ferait bon passer l'été. Mais il en existe un autre, à qui il faut rendre sa violence, sa vivacité, son impatience, ses passions et ses colères sanguines, pour tout dire sa démesure.C'est ce qu'entreprend ici Christophe Bardyn qui, tout en brossant le tableau édifiant d'un xvie siècle embrasé par les guerres de religion, se laisse guider par l'oeuvre du moraliste pour y déceler les indices qu'il y a sciemment dissimulés. Cela donne un portrait audacieux, fourmillant d'hypothèses inédites, hardies et volontiers polémiques. Où l'on découvre que Michel de Montaigne ne serait pas de noble naissance, mais fils de palefrenier ; qu'il n'avait pas tous les atouts de la virilité, mais assez d'esprit pour devenir un amant infatigable, notamment de Marguerite de Valois ; que sa passion pour La Boétie - dont les oeuvres sont ici complètement revisitées - eut sur sa pensée philosophique, politique et religieuse une influence insoupçonnée ; qu'il se cache dans les Essais d'étranges crypto¬grammes qui semblent nous inviter à d'infinies spéculations...C'est un tout autre Montaigne qui surgit alors, plus complexe, plus humain, moins sage, et dont on savoure page après page la vraie religion, en dépit des jugements moraux, sociaux et religieux de son temps : celle de la liberté.

  • Il fait bon lire Clément Marot aujourd'hui.

    Malgré les siècles qui nous séparent du " prince des poëtes françoys ", c'est une voix familière qui nous parle, et qui n'a rien perdu de sa fraîcheur. Valet de chambre de François 1er et de Marguerite de Navarre, Marot est de ces courtisans qui flattent leur mécène en raillant leur propre flagornerie ; fervent défenseur de l'Évangile, il est de ces croyants qui jouent les bouffons pour révéler leur foi ; poète Protée insaisissable, il est aussi bien le traducteur des Psaumes que l'auteur de pièces badines comme l'éloge " Du beau tétin ".
    Il a écrit des rondeaux, des ballades, des épigrammes, des coq-à-l'âne ; il a lancé la mode du blason du corps féminin, et, selon la formule de Boileau, il a " montré pour rimer des chemins tout nouveaux ".
    Ces oeuvres complètes proposent, pour la première fois, une vue d'ensemble des différents écrits de Marot : le lecteur y découvrira une succession d'éditions originales présentées selon le voeu de l'auteur, mais aussi des pièces éparses et des textes demeurés inédits de son vivant.

  • Ce qui caractérise la fin du XVIe siècle, c'est une série de tentatives, d'attitudes, d'essais de nouveaux accords qui préludent à ce qu'interprétera par la suite l'orchestre du baroque au grand complet. Cette période, c'est celle du Maniérisme, située entre la période apollinienne de la Renaissance et celle, dionysiaque, du Baroque. Carlo Ossola l'a minutieusement étudiée dans l'Automne de la Renaissance, en s'appuyant sur des textes de poètes et de critiques, surtout sur des traités d'art de la seconde moitié du Cinquecento (Dolce, Gilio, Paleotti, Comanini, Danti, ainsi que sur Varchi, Vasari et Lomazzo). À cette époque, comme le note Ossola, « les limites des choses s'effacent : la parole se fait couleur, la couleur musique et chaque chose peut en devenir une autre ». Analysant les règles de ces écritures, Ossola met en évidence les normes avec lesquelles elles tentaient de fixer, de sauvegarder, de distinguer une syntaxe qui leur fût propre. L'effort consacré à parcourir l'infinie multiplicité des êtres et des formes est exigé par le désir de parvenir à la reductio ad unum finale. C'est à cause de cette intention, latente ou manifeste, que nous pouvons encore distinguer entre l'« automne de la Renaissance » et la pluralité de perspectives d'où naît le sens du vivant et du provisoire de la civilisation baroque. Publié en 1971, mis à jour et étoffé en 2014, cet essai de référence est une grande fresque sur la fin de la civilisation de la
    Renaissance en Italie.

  • Qui fut véritablement João Bermudes ? Personne ne le sait vraiment. Menacé d'imposture, il amène pourtant, entre les lignes, à la découverte des premiers contacts entre l'Éthiopie et le royaume d'Occident, mais aussi à la lecture des mémoires falsifiées d'un aventurier de la plus belle trempe.

  • Au tout début du XVIe siècle, Nicandre de Corcyre, copiste grec de Venise, se fait admettre dans la suite d'un diplomate envoyé vers Istanbul par Charles Quint. Au retour de l'ambassade, il décide de prolonger son voyage dans les pays occidentaux. Parti d'Italie avec les négociateurs, il remonte jusqu'en Allemagne, rejoint Charles Quint, puis continue seul vers l'Angleterre, où il rencontre une compagnie de mercenaires grecs. Il les accompagne dans leurs guerres en France, puis retourne à Venise.

  • Ce livre révèle un pan méconnu de la culture du premier XVIIe siècle : la part de Byzance dans l'univers mental et intellectuel des lettrés et des savants, et cela à partir d'une étude de cas, celle d'un érudit dont le portrait se dessine, par petites touches, au fil des pages et des chapitres. Il s'agit d'un homme à la personnalité aussi originale qu'attachante : Nicolas-Claude Fabri de Peiresc, qui n'eut que la culture pour épouse. Peiresc fut, en effet, tout à la fois historien, bibliophile, lettré, érudit, collectionneur, ou « amateur » déjà quasi encyclopédique, tel qu'au XVIIIe siècle on l'entendra. Bref, un homme qui veut « savoir tout sur tout », « abrégé de toutes les curiosités du monde », comme le qualifie Rubens. Et c'est aussi, et peut-être avant tout, un extraordinaire passeur de culture, qui transcende toutes les frontières y compris les frontières religieuses. L'originalité ici a été de faire revivre ce lettré à partir d'une bibliothèque, mais non pas une bibliothèque morte, figée, à l'image de la liste - impressionnante - de 4 000 livres (sur les 5 000 qu'il possédait sans doute), dont plus d'une centaine de manuscrits, mais une bibliothèque vivante, une bibliothèque en action. Ainsi sont reconstituées, au quotidien, la vie et la pratique d'un savant dans la première moitié du XVIIe siècle.

  • Dans les dernières années du XVIe siècle, à l'initiative de deux hardis aventuriers, Diego Belloso et Blas Ruis, les Espagnols des Philippines tentèrent de conquérir le Cambodge. Ce fut un fiasco lamentable.
    Ce récit édifiant relate les déroutes des derniers conquistadores, invariablement massacrés, noyés dans des naufrages ou dispersés par les vents aux quatre coins de la mer de Chine. À cinq siècles de distance, cet épisode oublié de l'histoire coloniale devient, à l'insu de son auteur, un savoureux et drolatique moment de littérature picaresque, qui expose sur le mode triomphal les aventures de grotesques fiers-à-bras.

  • 1522. Le Nouveau Monde a trente ans. Les Espagnols, déjà établis à Haïti, à Cuba, à la Jamaïque et au Pérou, brûlent d'étendre leur domination en Amérique centrale. Commence alors une guerre sanglante, appelée à durer plus de vingt-cinq ans. En effet, à la différence du Mexique ou du Pérou où il avait suffi aux conquérants de capturer les empereurs de ces pays pour s'assurer de vastes empires, les Mayas n'étaient pas unifiés si bien que chacune des nations dut être soumise séparément, par la force, puis par la foi : Cortés, mandé par Charles Quint, ne parvint à pacifier la région que grâce aux missionnaires franciscains chargés d'évangéliser ses habitants. À côté des récits de Cortés, Bernal Díaz ou Gómara, les témoignages de ces moines dévoilent un aspect différent, et fascinant, de cette conquête. À travers un choix de textes de l'époque, traduits et présentés par François Baldy, ce deuxième tome de Conquérants et Chroniqueurs raconte l'épopée que fut la découverte des contrées situées au sud du Mexique, le Chiapas, le Guatemala, le Honduras et le Yucatán ainsi que l'expédition de Cortés qui traversa pacifiquement le Petén, depuis le Tabasco jusqu'au Río Dulce, au prix d'énormes difficultés, rencontrant des peuples et des pays alors totalement inconnus.

  • « Francisco Hernández de Córdoba fut nommé chef de l'expédition [...] il s'en alla donner dans une terre inconnue que les nôtres n'avaient pas encore découverte. Il y avait là des marais salants, situés près d'un cap qu'il appela Cap des Femmes parce qu'il y trouva des tours de pierre avec des gradins au sommet desquelles il y avait des chapelles couvertes de bois et de paille contenant des idoles bien rangées qui présentaient un aspect féminin. Les Espagnols s'émerveillèrent devant ces édifices de pierre tels qu'ils n'en avaient jamais rencontrés jusqu'alors, ainsi qu'à la vue des habitants qui étaient richement et élégamment vêtus de petites chemises et de capes de coton, blanches ou colorées, et qui se paraient de plumages, de boucles d'oreille, de broches et de bijoux d'or et d'argent. [...] Poussant plus avant, les Espagnols rencontrèrent des hommes qui, lorsqu'il leur fut demandé quel était le nom du gros village situé près de là, répondirent tectetan, ce qui signifie « je ne vous comprends pas ». Les Espagnols pensèrent que tel était le nom de ce lieu et, déformant le mot, l'appelèrent Yucatán, qui lui est toujours resté. » (Francisco Lopez de Gómara, Histoire générale des Indes)
    À travers les témoignages des grands conquérants et chroniqueurs espagnols du XVIe siècle comme Cortés, Bernal Díaz del Castillo, Gómara, Oviedo, Diego de Landa ou Bartolomé de Las Casas - pour certains traduits pour la première fois en français -, François Baldy nous fait revivre les grandes découvertes et surtout celle du Yucatán (1517-1519).

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