Littérature traduite

  • Les résistances paysannes du XVIII e siècle face aux notables comme lutte des classes sans merci. L'analyse magistrale qu'en donne le grand historien britannique E. P. Thompson, inédite en France, montre comment la victoire décisive de la propriété individuelle contre les solidarités traditionnelles et les droits coutumiers. En 1723, le Parlement anglais adopte une loi terrible, le Black Act, qui punit de pendaison le braconnage des cerfs dans les forêts royales et les parcs seigneuriaux. La peine de mort est bientôt étendue au simple fait de venir y ramasser du bois ou de la tourbe. Cet épisode s'inscrit dans la longue histoire de la résistance paysanne face à la montée d'une conception de plus en plus exclusive de la propriété, qui grignote peu à peu les anciens droits d'usage coutumiers, et réduit les plus faibles à la misère. Il illustre la violence de la domination sociale dans l'Angleterre du XVIIIe siècle, où l'oligarchie règne par la loi du profit et la corruption. L'analyse magistrale qu'en donne le grand historien britannique Edward P. Thompson montre comment s'impose, dans l'arène juridique, l'individualisme possessif face aux droits collectifs. Elle fait revivre la brutalité du pouvoir des notables, et la détermination des braconniers, perdants magnifiques : la " guerre des forêts " est aussi une lutte de classes sans merci.

  • En 1630, le duché de Milan connaît une grave crise de succession. Pour contrôler les rouages de l'État, le Sénat va utiliser la terreur suscitée par l'épidémie de peste qui ravage la région. Ainsi sera érigée la Colonne Infâme, afin de remémorer le procès des « propagateurs de peste ». Un siècle plus tard, alors qu'il travaille à son "Histoire de l'État de Mantoue", Pietro Verri prend conscience de cette ignominie. Il s'attelle à la rédaction de ses "Observations" : il démonte les témoignages, met au jour les obscurités de la procédure et fait de son ouvrage un vibrant plaidoyer contre la torture.

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