• Pierre le Grand ou la naissance de la Russie moderne.Pierre le Grand est une des figures les plus extraordinaires de l'histoire de la Russie. Né en 1672, tsar de 1682 à 1725, il a modernisé son empire à marche forcée, réformé tout à la fois l'armée, l'État et l'Église, créé de toutes pièces une marine de guerre et initié une véritable révolution culturelle dont la Russie actuelle est l'héritière. Parmi les premiers chefs d'État à nourrir une vision géopolitique globale, il a porté ses ambitions conquérantes vers la mer Noire et la Baltique, mais aussi vers la Sibérie, l'Asie centrale et la Perse, et jusqu'à l'Inde et l'Amérique du Nord.
    Thierry Sarmant, d'une plume brillante et passionnée, s'appuyant sur les travaux les plus récents des chercheurs russes, allemands, français et anglo-saxons, brosse avec brio la vie de ce géant bâtisseur - dont Saint-Pétersbourg reste assurément le plus bel écrin - en le confrontant notamment à ses " collègues monarques " à la charnière des xviie et xviiie siècles, Louis XIV, Guillaume d'Orange ou encore Frédéric-Guillaume de Prusse. Ce faisant, il s'interroge aussi bien sur les troubles de l'identité russe que sur les ressorts de l'occidentalisation du monde et livre une biographie de haut vol appelée à demeurer une référence incontournable.

  • Naissance de la liberté, une autre histoire du XVIIIe siècle13 février 1689. Réunis au palais de Whitehall, les membres du Parlement d'Angleterre procèdent à l'intronisation de Guillaume d'Orange et de son épouse Marie. Une révolution est à l'oeuvre : lue devant le couple princier, la Déclaration des droits réaffirme solennellement les privilèges parlementaires menacés par les empiètements de la prérogative royale. Appelé à séduire l'Europe des Lumières, le modèle politique anglais a vu le jour.
    4 juillet 1776. Par la voie de leurs représentants au Congrès de Philadelphie, les colons britanniques rompent les amarres avec la mère patrie. L'acte de naissance des États-Unis d'Amérique, la Déclaration d'indépendance, fait voler en éclats le modèle politique conçu sur les rives de la Tamise et pose les fondements de la république.
    Tournée contre l'absolutisme, cette nouvelle manière d'appréhender la chose publique a tôt fait de trouver des adeptes sur le Vieux Continent. " Nulle autorité politique qui, créée hier ou il y a mille ans, ne puisse être abrogée dans dix ans ou demain ", observe Denis Diderot. Un ordre immémorial vacille. Il ne tardera pas à trouver son nom de baptême : l'Ancien Régime. Edmond Dziembowski en explore les soubresauts avec talent et livre une synthèse magistrale, sans précédent, racontant cet autre Grand Siècle, celui des révolutions, qui prit source en Angleterre et s'acheva en France, en passant notamment par les États-Unis.

  • Les résistances paysannes du XVIII e siècle face aux notables comme lutte des classes sans merci. L'analyse magistrale qu'en donne le grand historien britannique E. P. Thompson, inédite en France, montre comment la victoire décisive de la propriété individuelle contre les solidarités traditionnelles et les droits coutumiers. En 1723, le Parlement anglais adopte une loi terrible, le Black Act, qui punit de pendaison le braconnage des cerfs dans les forêts royales et les parcs seigneuriaux. La peine de mort est bientôt étendue au simple fait de venir y ramasser du bois ou de la tourbe. Cet épisode s'inscrit dans la longue histoire de la résistance paysanne face à la montée d'une conception de plus en plus exclusive de la propriété, qui grignote peu à peu les anciens droits d'usage coutumiers, et réduit les plus faibles à la misère. Il illustre la violence de la domination sociale dans l'Angleterre du XVIIIe siècle, où l'oligarchie règne par la loi du profit et la corruption. L'analyse magistrale qu'en donne le grand historien britannique Edward P. Thompson montre comment s'impose, dans l'arène juridique, l'individualisme possessif face aux droits collectifs. Elle fait revivre la brutalité du pouvoir des notables, et la détermination des braconniers, perdants magnifiques : la " guerre des forêts " est aussi une lutte de classes sans merci.

  • Paul Ier

    Alain Blondy

    La tragédie d'un tsar fou.L'Histoire et les Russes se sont empressés d'oublier Paul Ier. Fils illégitime de la grande Catherine II, il fut pourtant tsar de Russie de 1796 jusqu'à sa mort, en 1801. Homme fantasque, marqué sa vie durant par les stigmates d'une enfance douloureuse, il n'accéda au pouvoir qu'au décès de sa mère, après avoir été tenu à l'écart de tout pendant quarante-deux ans.
    Prenant le contrepied du règne précédent, il réforma le pays et durcit la politique à l'égard de la noblesse. Ses mesures, nombreuses et vétilleuses, mécontentèrent à la fois la cour, l'armée et le peuple. À l'extérieur, il se brouilla avec ses alliés, notamment l'Angleterre, en raison de sa marotte qui lui fit se proclamer maître de Malte.
    Passé maître dans l'art de se faire des ennemis, Paul Ier fut sordidement assassiné par un groupe d'officiers de son entourage, dans la nuit du 21 mars 1801. Ce tsaricide, dû à la lassitude de la haute société russe, apparut aussi comme le résultat d'une sourde manoeuvre de l'Angleterre.
    Se fondant sur de multiples sources, Alain Blondy ressuscite le destin shakespearien de ce tsar mal aimé dont les actes traduisirent autant son désir névrotique de revanche que son génie à tisser sa propre apocalypse.


  • La révolution, 150 ans plus tôt qu'en France.

    Cent trente-quatre ans avant les États-Unis, cent cinquante ans avant la France, l'Angleterre accomplit sa double révolution politique et sociale. Cet événement a eu une portée considérable, en facilitant l'accouchement d'un monde moderne caractérisé notamment par son régime parlementaire, son hostilité à l'arbitraire et son attachement irrévocable à la propriété privée.
    Par son talent et sa profondeur, Bernard Cottret renouvelle les perspectives et éclaire notre présent, au moment où l'Europe elle-même est entrée dans l'âge du soupçon. Un livre qui permet de mieux comprendre notre voisin le plus proche et pourtant le plus dissemblable.
    " Bernard Cottret est à la Révolution anglaise ce que François Furet était à la Révolution française. Il en connaît les moindres aspects, tout en renouvelant la lecture de l'évènement dans une oeuvre remarquable. "
    Le Figaro Histoire


  • La première histoire globale de la captivité tragique des Bourbons.

    Le 10 août 1792, l'émeute parisienne renverse le trône fragile de Louis XVI. Trois jours plus tard, la famille royale est enfermée au Temple, dans un donjon édifié au xiiie siècle. Dans ce lieu sinistre périront successivement le roi, sa femme Marie-Antoinette, sa soeur Madame Élisabeth, tous trois guillotinés ; et enfin son fils, le dauphin " Louis XVII ". Seule survivante, la fille du couple royal, Marie-Thérèse de France, sera finalement libérée le 19 décembre 1795, après une détention de plus de mille jours. Entre-temps, le Directoire a remplacé la Convention et les thermidoriens tentent de terminer la Révolution en faisant oublier la Terreur.
    Pour la première fois, un historien se penche sur l'histoire globale de cette captivité. Nourri de nombreuses archives encore inexploitées, Charles-Éloi Vial raconte avec un sens rare de la narration le quotidien des captifs et brosse le portrait de l'ensemble des protagonistes du drame, la famille royale au premier chef, mais aussi les geôliers, les employés, les gardes et les visiteurs, sans oublier les figures politiques souvent rivales à l'instar d'Hébert et de Robespierre. Ce récit prenant interroge enfin la Révolution, et plus précisément la Terreur, sur l'antinomie entre la grandeur de ses principes et certains de ses actes. Un grand livre d'histoire sur un lieu d'histoire et de mémoire, qui incarne et marque l'origine de la guerre entre les deux France.
    Archiviste paléographe, docteur en histoire, Charles-Éloi Vial est conservateur à la Bibliothèque nationale de France. Après un remarqué Les Derniers Feux de la monarchie. La cour au siècle des révolutions (Perrin, 2016), sa biographie de Marie-Louise a été couronnée en 2017 par le prix Premier Empire de la Fondation Napoléon.

  • Une histoire inédite des favoris de l'Ancien Régime au XIXe siècle.Un favori est celui qui partage l'intimité du prince et exerce sur lui un ascendant inaccessible aux ministres. Participer presque quotidiennement à la vie privée du monarque, être l'objet de sa tendresse révélée par des gestes affectueux et une correspondance intime, habiter sous le même toit et parfois dans un appartement voisin du sien, disposer d'un accès direct auprès de sa personne et l'interdire à d'autres, exercer des charges de cour jusque-là réservées aux nobles titrés et se voir combler de faveurs qui donnent à sa promotion un caractère exceptionnel sont les signes visibles de l'élection à cette place enviée. Tellement enviée que la mémoire collective n'a jamais été bienveillante à leur endroit, et qu'ils ont été soustraits à la recherche historique. Et pourtant leur nombre, la personnalité exceptionnelle de quelques-uns et leur importance dans l'Histoire méritent d'en saisir l'émergence et d'en identifier le rôle. Jean-François Solnon brosse avec maestria le portrait d'une vingtaine d'entre eux - Buckingham, Cinq-Mars, Menchikov, Potemkine, Godoy et Disraeli notamment - et nous fait pénétrer dans les coulisses les plus secrètes des cours européennes.

  • "Thierry Sarmant met en oeuvre toutes les palettes de son talent pour brosser le tableau haut en couleur du monde au début du XVIIIe siècle", Le Figaro Histoire. Versailles, 1er septembre 1715. Louis XIV s'éteint. Ainsi finissent le " Grand Siècle " et la " prépondérance française ", ainsi commence le " siècle des Lumières ". Que signifient ces notions pour le reste du monde ? Les esclaves emmenés vers l'Amérique savent-ils qui est Louis XIV ? Que valent les " Lumières " pour la Perse séfévide, l'Inde moghole ou le Japon d'Edo ? Kangxi, l'empereur de Chine qui fut l'exact contemporain du Roi-Soleil, vit-il jamais en lui autre chose que le roitelet d'un lointain pays tributaire ? Autour de l'année 1715, en observant les relations que la France et l'Europe tissent avec les autres continents, Thierry Sarmant nous entraîne dans un fascinant voyage, de Versailles à Saint-Pétersbourg, d'Ispahan à Constantinople, de Delhi à Mexico. Un voyage qui éclaire l'essor de l'Occident vers une hégémonie mondiale.

  • Un voyage enchanté au coeur de la cité de Rome entre Ville éternelle et capitale de religion. Après une décadence de près d'un millénaire, voici le récit des deux siècles - 1450-1660 - par lesquels Rome redevint la Ville éternelle et rayonna à nouveau en Occident d'une splendeur incomparable. Ce qu'il a fallu d'énergie, de ténacité, parfois de démesure aux grands papes Borgia, Della Rovere, Médicis et Farnèse pour opérer ce redressement et ce renouvellement urbain est aujourd'hui difficile à imaginer. A cette grandiose résurrection politique, intellectuelle, spirituelle et surtout artistique resteront associés les noms de Bramante, Raphaël, Michel-Ange et Titien, mais aussi d'Ignace de Loyola, Philippe Neri et Charles Borromée. Saint-Pierre de Rome incarne à elle seule cette époque inégalée.

  • D'après les archives des tribunaux de l'Inquisition, les itinéraires extraordinaires de milliers d'hommes et de femmes qui ont franchi, aux XVI e et XVII e siècles, la frontière militaire, religieuse, culturelle, qui séparait l'islam de la chrétienté, les " renégats " convertis de gré ou de force.
    Aux XVIe et XVIIe siècles, des centaines de milliers d'hommes et de femmes, convertis à l'islam, sont devenus des " renégats " La plupart furent emmenés en captivité un soir de défaite, après une razzia ou victimes de la course " barbaresque " en Méditerranée ou sur l'Atlantique. Certaines conversions furent volontaires. C'est l'histoire extraordinaire de ces milliers de destins, archivés par l'Inquisition, que retracent Lucile et Bartolomé Bennassar.

  • Washington

    François Guizot

    La biographie critique du premier des américains par le principal homme politique libéral français. Mieux encore que Charlemagne, Cromwell ou Napoléon, George Washington (1732-1799) a incarné le grand homme par excellence aux yeux du plus illustre historien français du premier XIXe siècle, François Guizot. Aussi ce dernier, qui fut également homme d'État, lui a-t-il consacré un essai biographique paru en 1840 avec un succès immédiat. Ce portrait informé et attachant du général en chef puis premier président des États-Unis durant deux mandats est l'occasion d'une réflexion toujours actuelle sur les fondements de la jeune république, sur l'esprit de liberté dont elle est issue, sur l'imprégnation religieuse de la société, aussi sur les causes du succès de la révolution américaine comparé au mauvais sort de la révolution française. Présentation et notes de Laurent Theis

  • James Cook

    Anne Pons

    La première biographie française d'un des plus grands marins du monde, par un écrivain dont la mer est l'élément d'inspiration.

    Réalisées entre 1768 et 1779, les trois circumnavigations du capitaine Cook, le plus illustre navigateur et cartographe qu'ait produit l'Angleterre, marquent le début des grandes explorations scientifiques du siècle des Lumières. Déterminé à se rendre là où non seulement " aucun homme n'était encore allé mais aussi loin qu'il était possible d'aller ", accompagné de nombreux savants et artistes, il rapporta de ses voyages une masse d'informations sur les moeurs et les coutumes des populations indigènes les plus méconnues du globe, en particulier l'Océanie. Il mit un point final au mythe de la Terra australis et releva de nombreuses cartes des terres qu'il découvrit ou localisa, dont la Nouvelle-Zélande, la côte orientale de l'Australie, la Nouvelle-Calédonie, l'archipel des îles Tonga, les Nouvelles-Hébrides et les îles Sandwich. Fidèle aux instructions du roi George III, l'homme que Louis XVI citera en exemple à Lapérouse avant son tour du monde tenta d'entretenir les meilleures relations avec les naturels jusqu'à ce que son épuisement et une santé vacillante aboutissent à sa mort violente sur une plage de Hawaï.

  • La grande synthèse attendue sur la "Première Guerre mondiale", qui a marqué le début du déclin de la France et consacré l'Angleterre comme première puissance mondiale.

    Consacré au conflit le plus emblématique de la rivalité franco-britannique au XVIIIème siècle, l'ouvrage associe l'histoire militaire et diplomatique à une analyse de la culture politique des puissances belligérantes. Son ambition est de montrer que la guerre de Sept Ans, loin de limiter ses effets au bouleversement de l'ordre européen et à la domination maritime et coloniale britannique, s'est également traduite par des mutations politiques capitales en France, en Grande-Bretagne et dans les colonies d'Amérique.
    Après une première partie qui expose les enjeux et les caractéristiques d'un conflit né en Amérique et qui s'est ensuite étendu à l'Europe et au reste du monde, l'étude aborde les premiers mois de la guerre, souvent négligés par l'historiographie, qui voient la France dans une position militaire favorable et l'Angleterre, alors en difficulté sur les champs de bataille, en proie à une grave crise politique. Les premiers revers de l'armée de Louis XV en Allemagne marquent le terme de ce " moment français ". Examinées dans une troisième partie, les victoires britanniques en Amérique (perte du Canada français) et dans le reste du monde sont replacées dans le contexte politique et idéologique qui les a vu naître. L'ouvrage s'attache notamment à décrire la politique de William Pitt, principal responsable de la guerre au sein du Cabinet britannique, et celle de son rival, le duc de Choiseul. L'étude s'achève par une partie qui examine les bouleversements des rapports de force ainsi que les effets de la guerre sur les opinions et la politique des puissances combattantes. Un chapitre aborde un aspect de la guerre peu traité jusqu'alors : l'effort de propagande mené par la France, la Prusse et la Grande-Bretagne.
    Les mutations de la culture politique en Europe et en Amérique du Nord constituent le fil rouge de l'ouvrage. Contestant la position traditionnelle de l'historiographie soutenant que la guerre de Sept Ans n'aurait suscité que de l'indifférence, l'ouvrage s'attache à décrire la vague de patriotisme qui se développe en France et d'en souligner les enjeux fondamentaux. À la fin de la guerre, un patriotisme de type radicalement nouveau, mobilisant des Français qui ne se considèrent plus simplement comme les sujets du roi, mais comme des citoyens, a vu le jour. La monarchie, défaite, ne s'en relèvera. C'est le commencement de la fin pour l'Ancien-régime.

  • Best-seller en son temps,Le Roman d'une impératrice, dans lequel, dit l'auteur, la fiction n'a aucune part, est un ouvrage foisonnant et méticuleux, retraçant en 18 chapitres l'itinéraire prodigieux de cette petite princesse d'Anhalt-Herbst, modeste et cultivée, devenue grande-duchesse de Russie, puis impératrice en 1762, par le tour de force de la destitution de son mari Pierre III, suivie de sa mort. Se fondant largement sur les écrits de Catherine, qui se reconnaissait elle-même « graphomane », l'auteur livre un portrait très complet de cette personnalité hors du commun, à la fois figure centrale de l'Europe et, dans son pays, la « matouchka » plus russe et orthodoxe que beaucoup de ses proches. Même s'il est sous le charme de son héroïne « une femme extraordinaire et une grande souveraine », Waliszewski n'ignore pas ses parts d'ombre : cruelle, despotique, incapable de réformer. Surtout, il fait entendre la voix même de l'impératrice, joyeuse, puissante et passionnée. Le succès du livre, utilisé par tous les biographes ultérieurs de Catherine, provoqua la controverse : comment un Polonais pouvait-il consacrer un travail si considérable à une souveraine qui avait anéanti sa patrie ?

  • En 1630, le duché de Milan connaît une grave crise de succession. Pour contrôler les rouages de l'État, le Sénat va utiliser la terreur suscitée par l'épidémie de peste qui ravage la région. Ainsi sera érigée la Colonne Infâme, afin de remémorer le procès des « propagateurs de peste ». Un siècle plus tard, alors qu'il travaille à son "Histoire de l'État de Mantoue", Pietro Verri prend conscience de cette ignominie. Il s'attelle à la rédaction de ses "Observations" : il démonte les témoignages, met au jour les obscurités de la procédure et fait de son ouvrage un vibrant plaidoyer contre la torture.

  • Sous la monarchie, les interventions nécessaires à la santé du roi étaient assurées par les praticiens attachés à sa personne et étaient pratiquées sur place, les contraintes logistiques étant inexistantes. Un « Service à la suite de la chambre » groupait ces hommes qui formaient une élite professionnelle et connaissaient par ailleurs parfaitement les usages de la Cour. C´est avec le regard d´un ancien chirurgien que l´auteur décrit le fonctionnement de cette véritable Maison médicale du Roi de 1682 à 1789. On connaît les incidents de la santé de Louis XIV à travers le Journal tenu par ses médecins ; d´après les mémoires du temps, Louis XV et Louis XVI n´ont eu que rarement recours à leurs praticiens. Mais ceux-ci, conseillers du roi qui les soutint toujours, ont oeuvré sans relâche à moderniser les conditions d´exercice de la médecine et de la chirurgie. Indépendants des hiérarchies universitaires, les membres de la Maison médicale du roi sont à l´origine de réformes qui s´étendirent à tout le royaume, préfigurant ainsi une politique nationale de santé.

  • Christine de Suède

    Jean DES CARS

    • Perrin
    • 14 Août 2014

    Les douze souveraines dont Jean des Cars a choisi de raconter les vies sont autant de mythes qui enflamment les mémoires et parlent à la postérité par leur destinée et leur contribution décisive à l´histoire du monde : Catherine de Médicis, Elizabeth Ire d´Angleterre, Christine de Suède, Marie-Thérèse d´Autriche, Catherine II de Russie, Marie-Antoinette, Victoria, Eugénie, Sissi, l´impératrice Zita, Astrid reine des Belges et Elizabeth II.

    Leurs noms sont ancrés dans nos sensibilités. Leurs vies, longues ou brèves, et celles des peuples qu´elles conduisaient ou incarnaient furent jalonnées de grandeurs et de tragédies, d´intrigues de palais, de bonheurs et de souffrances qui expliquent la fascination qu´elles n´ont cessé de susciter.

    Reines en titre placées à la tête de l´État, épouses de monarques ou régentes, elles ont marqué leurs époques, forgé des ententes, ourdi des complots, affronté des luttes successorales, déclenché des guerres, recherché ou obtenu la paix, rayonné par leur action, leur intelligence ou simplement leur charme qui est une valeur essentielle de la monarchie. Mariées ou non, de moeurs sages ou amoureuses aux liaisons connues, voire supposées, certaines furent plus que reines par l´étendue et la diversité des territoires relevant de leurs couronnes.

    Sans elles, notre histoire eût été différente et, osons le prétendre, moins passionnante.

  • Dans cet ouvrage, Michel Vovelle a voulu aborder le problème de la Révolution non au niveau des concepts, mais à celui des pratiques : en suivant l'activité révolutionnaire depuis ces expressions les plus spontanées, à la base, jusqu'aux différents niveaux d'élaboration d'une opinion et d'une classe politique.

  • Par un éminent spécialiste, le récit et l'explication d'un événement qui a changé la face du monde.

    Cent trente-quatre ans avant les Etats-Unis, un siècle et demi avant la France, l'Angleterre accomplit sa révolution religieuse, politique, sociale. A mi-chemin entre la Renaissance et l'âge industriel, cet événement fut de toute première importance pour l'histoire des mondes modernes, en facilitant l'accouchement d'une société caractérisée par son régime parlementaire, son hostilité à l'arbitraire, son attachement irrévocable à la propriété privée et ses profondes réticences face aux prélèvements fiscaux.
    Dès les premières années du XVII e siècle, les frémissements de ce changement se firent sentir, et le mouvement s'amplifia avec l'avènement de Charles I er en 1625, son exécution en 1649, le protectorat de Cromwell et, en 1660, la restauration des Stuarts dans une Grande-Bretagne profondément transformée par la conquête, encore provisoire, de l'Ecosse et de l'Irlande.
    Par son insistance sur la durée, cette approche originale renouvelle les perspectives et éclaire notre présent, au moment où l'Europe elle-même est entrée dans l'âge du soupçon. Elle permet ainsi de mieux comprendre notre voisin le plus proche et pourtant le plus dissemblable.

  • Catherine la Grande Nouv.

    La biographie référente de la plus grande souveraine de la Russie.
    Princesse allemande d'Anhalt-Zerbst, née à Stettin en 1729, la future Catherine II est envoyée en Russie à l'âge de 16 ans dans l'éventualité d'un mariage avec le grand-duc Pierre, fils de la tsarine en titre, Elisabeth, elle-même fille de Pierre le Grand. Elle sait séduire cette dernière, entre dans l'Eglise orthodoxe en troquant son prénom de Sophie pour celui de Catherine et finit par épouser Pierre en 1745. Celui-ci est peu populaire car, né en Allemagne, il a toujours rejeté la culture de son pays d'adoption. À l'inverse de son époux, Allemand d'inclination, Catherine parle parfaitement le russe et sait donner des gages à la haute aristocratie. Devenu tsar au décès d'Elisabeth en janvier 1762, Pierre III a tôt fait de comprendre que sa femme intrigue contre lui, laquelle le prend de vitesse et le fait déposer en juillet. Emprisonné, il mourra peu après dans des conditions mal élucidées, et on suspectera longtemps Catherine de l'avoir fait assassiner.
    De ce moment commence un règne de trente-quatre ans particulièrement brillant. D'une capacité de travail inépuisable, l'impératrice fait développer les voies fluviales et construire des canaux. Grâce à son époux morganatique, Grigori Potemkine, elle réussit à frayer un passage vers la mer Noire et ses Détroits, un rêve que chérissait déjà Pierre le Grand. Sous son long règne, le territoire de l'empire ne cesse de s'agrandir aux dépens de ses voisins, tandis que Catherine cherche à harmoniser l'administration selon des principes rationnels, puisés dans la philosophie occidentale, mais elle néglige les différences régionales, ethniques et religieuses. Elle développe le commerce avec l'étranger en multipliant les contrats économiques bilatéraux. Ses efforts pour créer une bourgeoisie urbaine se soldent par un échec et se révèlent profondément injustes envers les éternels laissés-pour-compte du régime : les serfs. S'en suivent d'incessantes révoltes paysannes, notamment celle de Pougatchev, et des insurrections des minorités sises en marge de l'empire. L'expansion vers le sud réussit grâce aux actions militaires ; les conquêtes, fixées par des traités, sont reconnues par la majorité des puissances occidentales. A l'ouest, les trois partages successifs de la Pologne profitent le mieux à la Russie. Au total - et ce n'est pas le moindre de ses paradoxes -, l'impératrice, portée aux nues par Voltaire, Diderot ou Grimm, avec lesquelles elle était en relations épistolaires suivies, aura marché sur les brisées de Pierre le Grand en mettant au plus haut le régime autocratique, régime en principe honni par les représentants des Lumières. À sa mort en 1796, celle qui fut très tôt appelée Catherine la Grande laissait un empire puissant et opulent comme jamais, qu'aucun pays, tant en Europe qu'en Asie, ne pouvait ignorer. Non sans de profondes fragilités toutefois, lesquelles se révéleront tout au long du XIXe siècle. Jusqu'à l'épilogue de la révolution d'Octobre.

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