• Il est des dates qui marquent l'existence minuscule d'un enfant de 9 ans comme elles marquent l'existence de millions d'hommes.

    Le samedi 6 octobre 1973, un événement aujourd'hui oublié frappe les Français de stupeur : François Cevert, 29 ans, jeune surdoué du sport automobile, se tue sur le circuit de Watkins Glen, aux États-Unis. La France de Georges Pompidou, passionnée de progrès et d'automobile, est touchée au coeur.
    Le même jour un autre événement change la face du monde : à 14 heures locales, les armées syrienne et égyptienne lancent leur offensive contre Israël dans le Golan et le Sinaï - la guerre du Kippour commence.
    Quelques semaines plus tard, l'embargo sur le pétrole et le quadruplement des prix de l'essence enclencheront un processus que rien ne pourra arrêter : la crise et avec elle la fin des Trente Glorieuses.
    Au hasard des journaux, des livres, des émissions, des films qui ont marqué l'époque, réapparaissent Pierre Mesmer, Rabbi Jacob, Allende, le courrier du coeur de Elle, et l'admiration pour la vitesse et la modernité.
    C'est un portrait très personnel de la France de cette année 1973 que nous propose Xavier Charpentier, cet enfant de 9 ans qui n'a pas oublié la mort de François Cevert.
    Xavier Charpentier est diplômé de Science-Po. Après avoir enseigné la philosophie, il a créé et dirige une cabinet spécialisé dans les études communautaires, et la recherche de tendances. Il a publié Je me suis bien plu ici, aux éditions Plein Jour en 2015.

  • Lieux secrets, lieux uniques, les maisons que nous avons aimées, puis perdues, ne cessent de hanter nos rêves. Que nous disent-elles ? Et se pourrait-il que le murmure de ces lieux de mémoire, si personnels, trouve un écho en nous tous ?
    Explorant minutieusement cette topographie intime et ses résonances familiales, amicales, amoureuses, Nathalie Heinich ne restitue pas seulement sa propre histoire : elle dessine en creux la forme que prennent les âges de la vie, le passage des générations, les fantômes de l'Histoire, le paysage intérieur et sentimental de notre époque.
    Une « autobiographie par les toits », donc, des années 1950 à nos jours, qui rend justice à la grâce des maisons et à la douleur de leur perte.

  • « Deux femmes ont été violées sur le pont qui enjambe la Seine de Croissy à Bougival. » Le narrateur se rappelle cette phrase lâchée par sa mère, un soir, au dîner, et du tourment qui l'avait saisi. Tout était remonté : les souvenirs troubles de l'enfance, les blagues salaces des copains, les évidences perverses d'un grand cousin sur les besoins sexuels masculins... Le lendemain, la traversée du pont pour aller, comme chaque jour, au lycée avait été vertigineuse. La solitude, les silences, les non-dits, les rumeurs, les demi-vérités, les fantasmes, les traumatismes... Voilà ce qui fait aussi un homme dans son rapport aux femmes. Ce dont il aurait besoin d'être délivré. Ce roman sur l'initiation sexuelle des garçons des Trente Glorieuses raconte ce que souvent les hommes n'osent pas dire.

    Jean Rainscof est né au milieu des années cinquante. Après des études universitaires, il a travaillé, jusqu'à aujourd'hui, dans le domaine de la réflexion prospective et de l'analyse des phénomènes sociaux et politiques. Ce qu'un homme est aussi est son premier roman.

  • En 1949, les éditions Cocorico lancent sur le marché de l'édition pour la jeunesse une collection de petits albums colorés et bon marché qui vont enchanter les enfants du baby-boom : les « Petits Livres d'or », des importations américaines aux couleurs chatoyantes et aux histoires positives et enjouées. Plébiscités par les enfants, les albums connaissent un succès immédiat, et la collection est rapidement imitée par la concurrence. Inaugurant l'usage de l'offset dans l'édition pour la jeunesse, les Petits Livres d'or insufflent à la création d'albums un souffle nouveau. C'est aussi un nouveau circuit économique qu'explore la collection populaire, faisant entrer l'édition française pour la jeunesse dans une logique internationale. L'accueil critique est pourtant contrasté : enthousiaste au lancement de la collection, il est bientôt marqué par l'anti-américanisme d'une partie du monde éducatif. Qui se cache derrière la société « Cocorico », et quels rôles jouent respectivement les maisons Flammarion (éditrice des célèbres « Albums du Père Castor » depuis 1931) et Hachette (l'éditeur de Mickey) dans l'histoire de cette collection ? Quels enjeux porte le livre pour enfants dans la France de la guerre froide ? De l'immédiat après-guerre au milieu des années 1960, l'aventure des Petits Livres d'or fait entrer l'édition pour la jeunesse dans une nouvelle ère, de l'artisanat vers la société des loisirs et de la production de masse.

  • Les temps qui se croisent dans cet ouvrage se situent a plusieurs niveaux : ceux des histoires européenne et chinoise, de l'histoire ancienne et de la modernité la plus contemporaine, ceux aussi de l'histoire et de la littérature - notamment en Chine, ou

  • Les présidents de la République française ont tous fait l'objet de biographies. Mais si elles retraçaient consciencieusement leurs parcours politiques, jusqu'ici elles n'accordaient guère d'attention à leurs épouses. Or, dans le cas de Georges Pompidou, le couple exceptionnellement fusionnel qu'il formait avec Claude, sa femme, nous empêche d'agir de la sorte, d'où le titre de cette double biographie : Les Pompidou. Bien que dotés chacun d'une forte personnalité, ils réussirent à travers mille difficultés à conserver, jusqu'à la fin tragique du Président, l'image d'un couple uni en parfaite harmonie avec cette France des Trente Glorieuses et de la Ve République dont Georges Pompidou fut l'un des grands architectes. Cette biographie passionnante est une véritable plongée dans un siècle de l'Histoire de France, de 1911 jusqu'à nos jours, ainsi qu'une vue inédite sur ce couple si français.

  • « Bonne nuit les petits », « ici Léon Zitrone »... Entre allocutions présidentielles, premiers feuilletons, et « Cinq colonnes à la une », c´est la France des débuts de la ve Républiques qui se raconte à travers l´aventure de l´ORTF. La télévision crée alors un nouveau langage, invente de nouvelles formes de prise de parole, transforme, en se les appropriant, les spectacles, les rituels. C´est à un voyage dans le passé récent que nous invitent Évelyne Cohen et Marie-Françoise Lévy. Comment se construit le JT ? Que font les hommes politiques de ce nouveau média ? Quel pays dévoilent les retransmissions du Tour de France ? Comment le rock entre-t-il au foyer ? Quel imaginaire façonne les grandes séries ? En bref, comment la télévision s´installe-t-elle, alors, dans la vie des Français ? Une histoire culturelle exemplaire pour tous les enfants de la télé que nous sommes. Une analyse forte, érudite. Une séquence « nostalgie ».

  • Les auteurs analysent ici les processus complexes et multiples de libéralisation manifestés dans différents domaines lors de la seconde moitié des années soixante ainsi que leur rôle éventuel dans la dérégulation affirmée ouvertement après 1984. Quelle place les évènements de 1968 et leurs résultats, tels qu'inscrits dans la loi, dans des décrets ou simplement dans les pratiques, occupent-ils dans ce qui constitue un retournement ? Marquent-ils la fin d'un cycle ouvert par la séquence 1936-1946 et dont les bornes ne coïncideraient pas avec celles des Trente Glorieuses ? Sont-ils annonciateurs d'une séquence nouvelle et, dans cette hypothèse, laquelle ? Ouvrent-ils plus largement à l'appréhension de temporalités autres ? Les réponses apportées ici suggèrent une chronologie inédite, où mai 1968 s'impose comme le moment d'une grande bifurcation.

  • La Maison de Wendel, créée en 1704, a déposé en 1985 puis en 2014 ses archives aux Archives nationales. Cette initiative retient l'attention de tous ceux pour qui le nom de Wendel incarne une partie de l'histoire industrielle de la France. Ces derniers fonds ouvrent des perspectives de recherche considérables tant par la durée concernée que par la diversité des sujets qu'ils contiennent. C'est l'occasion pour les historiens de la sidérurgie française de réaliser une première exploration de ces archives à propos du rôle des sociétés du groupe Wendel pendant la période des « Trente Glorieuses » de 1945 à 1975, plus méconnue que d'autres moments de l'histoire familiale. Comment le groupe lorrain réagit-il face aux projets modernisateurs et aux difficultés de l'après-guerre ? Aux menaces qui pèsent sur le financement de cette industrie ? Aux formes nouvelles de la concurrence ? Comment voit-il arriver le désastre financier qui débouche sur l'étatisation de 1978 puis la nationalisation de 1982 ? Les premières réponses à ces questions précèdent une présentation des archives récemment déposées ainsi qu'une table ronde sur les archives d'entreprises.

  • Parvenu à l'âge de la réflexion, Claude Popis dresse un bilan lucide mais sans concession ni désenchantement et délivre un message d'espoir pour les générations futures.

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