• Les mots « terre d'Israël » renferment une part de mystère. Par quelle alchimie la Terre sainte de la Bible a-t-elle pu devenir le territoire d'une patrie moderne, dotée d'institutions politiques, de citoyens, de frontières et d'une armée pour les défendre ?
    Historien engagé et volontiers polémiste, Shlomo Sand a, à grand bruit, dénoncé le mythe de l'existence éternelle du peuple juif. Il poursuit ici son oeuvre de déconstruction des légendes qui étouffent l'État d'Israël et s'intéresse au territoire mystérieux et sacré que celui-ci prétend occuper : la « terre promise », sur laquelle le « peuple élu » aurait un droit de propriété inaliénable.
    Quel lien existe-t-il, depuis les origines du judaïsme, entre les juifs et la « terre d'Israël » ? Le concept de patrie se trouve-t-il déjà dans la Bible et le Talmud ? Les adeptes de la religion de Moïse ont-ils toujours aspiré à émigrer au Moyen-Orient ? Comment expliquer que leurs descendants, en majorité, ne souhaitent pas y vivre aujourd'hui ? Et qu'en est-il des habitants non juifs de cette terre : ont-ils - ou non - le droit d'y vivre ?

  • Barcelone, juillet 1263?: devant le roi d'Aragon, la cour, et devant les personnalités les plus éminentes de l'Église chrétienne, s'engage une Dispute qui va durer quatre jours. Elle oppose Paul Christiani, juif converti au christianisme, à Rabbi Moïse ben Nahman de Gérone (Nahmanide), l'une des plus hautes autorités du judaïsme espagnol. Quatre jours d'une âpre discussion touchant la venue du Messie et sa nature, et au cours desquels va se dévoiler l'endroit de la rupture entre judaïsme et christianisme?: le pouvoir, la souveraineté. Du fond de cette rupture, c'est le sens de l'exil du peuple juif, dépossédé de cette souveraineté, qui devient l'enjeu de l'affrontement. Si le Messie est déjà venu et que les juifs ne l'ont pas connu, leur exil n'est plus qu'une inutile errance, ce qu'il y a de plus vain faisant suite à l'erreur la plus essentielle. Mais si le Messie n'est pas encore venu, le christianisme se trouve relégué au rang de simple puissance politique et sa vérité résumée à l'exercice momentané d'un pouvoir dans le monde.
    Au fil de la dispute, Nahmanide passe ainsi en revue les principaux récits talmudiques et midrachiques relatifs au Messie et expose, avec finesse et humour, la signification concrète visée par chacun d'eux. Mais son livre est aussi un tableau vivant où les réactions des protagonistes qui nous sont rapportées donnent autant à penser que les discours qu'ils tiennent.

  • Cette étude parut à Vienne, en 1923, dans les Monumenta talmudica, ouvrage savant et oecuménique prestigieux. L'auteur y aborde, de manière très didactique, la difficile question du statut des rêves dans le Talmud. Son mérite est d'avoir montré, à travers les textes, combien la société juive, même pharisienne, a été poreuse au monde antique, à ses superstitions, à sa culture. Les maîtres du Talmud n'ont nullement rejeté le savoir gréco-romain?; ils en ont pris acte et l'ont traité (Aristote, Hérodote, Plutarque et Artémidore, l'auteur de l'Onirologie, sont notamment cités dans l'ouvrage). Ils ne se sont guère non plus montrés insensibles aux croyances populaires de la culture environnante. Ils en ont intégré les formes disparates dans leurs discours, qui témoignent aussi de la diversité des jugements propre à la tradition orale du judaïsme. Né en 1884 en Galicie, Alexander Kristianpoller est issu d'une famille de rabbins cultivés. Il suivit à Vienne l'enseignement secondaire du lycée puis entra au séminaire rabbinique. Inscrit par ailleurs à l'université, il obtint un doctorat en philosophie. à l'automne 1942, après que la bibliothèque où il travaillait fut fermée, lui et son épouse sont acheminés vers la région de Minsk. À leur arrivée, ils sont assassinés, avec tous les Juifs du convoi, dans une forêt proche de la ville.

  • Contre toutes les idées reçues, la science révèle l'imbrication des juifs et des chrétiens aux premiers siècles de notre ère. Une somme internationale pour comprendre autrement aujourd'hui.
    Qui est le Jésus de l'histoire ? Comment désigner les premières communautés judéo-chrétiennes ? Quand s'est constitué le pouvoir des rabbins du Talmud ? Quels sont les critères de l'identité juive ? Et chrétienne ? Qu'en a-t-il été de chaque côté de la messianité et de la martyrologie ? Qu'indiquent les regards des littératures patristique grecque, latine et syriaque face au judaïsme ? Réciproquement, des textes antiques juifs face au christianisme ?
    Les meilleurs spécialistes internationaux sont rassemblés ici pour répondre à ces questions controversées. Dire l'essentiel en préservant la rigueur scientifique et embrasser cinq siècles d'histoire en s'attardant sur les notions fondamentales : voici le double objectif de cette odyssée des sources.
    Un traité historique sans précédent pour comprendre autrement aujourd'hui.

  • Une maladie infectieuse appelée Covid-19, inconnue il y a encore quelques mois, a bouleversé nos vies en provoquant une épidémie mondiale nous laissant désarmés. Comment en sommes-nous arrivés là ?

    Quelles réflexions personnelles et collectives se sont imposées sur les causes du mal, notre lien à la vie, à la mort ? Le soin peut-il seul réparer ce monde qui vacille ?
    À partir de son vécu de soignant et de sa grande connaissance des textes de la sagesse juive, Ariel Toledano nous invite à penser cette crise inédite à la lumière des textes de la tradition talmudique et de la Kabbale. Il nous propose ainsi de méditer des paroles de sagesse qui ont aidé tant d'hommes et de femmes à traverser des périodes difficiles. Un texte fort pour penser le « Monde d'après » et faire vivre l'espérance.

  • Des origines à nos jours, ce livre propose une introduction synthétique à la philosophie juive, où l'on retrouve l'histoire, les figures et les concepts du judaïsme. Pour illustrer cette pensée, qui fonde notre culture, le texte s'appuie sur des citations, des définitions et des exemples. Il constitue un outil rare, précis et précieux pour découvrir et comprendre nos racines philosophiques et spirituelles.


    Un texte riche Un auteur spécialiste Une approche pédagogique


  • Qu'en est-il des connaissances médicales dans le Talmud ?

    Quelle influence ont eu les médecins grecs ou romains sur ceux de l'époque talmudique ? Comment ce savoir médical - retranscrit entre l'an 200 et 500 après J.-C. - pourrait-il être précurseur des sciences modernes ?
    Pour répondre à ces questions, Ariel Toledano nous entraîne dans une plongée au coeur de cet océan de connaissances qu'est le Talmud, véritable encyclopédie des traditions du peuple juif, où le médecin est un des acteurs de la société juive de l'époque.
    Anatomie, règles d'hygiène et de nutrition, sexualité, grossesse, naissance, maladies, traitements... les sages du Talmud nous instruisent sur chacun de ces aspects. Bien des fois, leurs observations et leurs conseils nous saisissent par leur intuition, leur justesse et leur modernité.
    Étudier les maladies en fonction de l'atteinte de tel ou tel organe, c'est exactement l'objet de la médecine moderne. Ainsi, le but religieux que poursuivaient les rabbins du Talmud les a guidés sur le chemin des sciences modernes et de la médecine d'aujourd'hui. Une formidable aventure médicale, intellectuelle et humaine que ce livre propose d'explorer.

  • "Un aspect fondateur du judaïsme est le refus de l'idolâtrie, celle du Veau d'or mais plus généralement de tout ce qui fixerait définitivement le sens du monde. Ainsi, la loi écrite, transmise par Dieu à Moïse, est-elle indissociable de la loi orale : Dieu se révèle à travers l'interprétation toujours recommencée de ses paroles. Et le Talmud, mise par écrit de ces multiples interprétations discutées par des générations de rabbins, reste aujourd'hui la source d'une parole vivante.
    « Le monde fut créé en dix paroles », « Il n'est pas bon que l'homme soit seul », « Reçois tout homme avec un beau visage »... : en commentant à son tour un choix des « paroles » talmudiques, Philippe Haddad nous plonge dans l´esprit même du judaïsme et explore les différentes facettes de sa spiritualité."

  • Comment un juif de l'étude peut-il comprendre Auschwitz ? Quelle est la place de la Shoah dans l'histoire millénaire et souvent tragique d'Israël comme dans l'histoire du monde ? Emil Fackenheim - héritier de la pensée de Franz Rosenzweig et de Martin Buber - interroge le Midrach, le Talmud ainsi que la philosophie occidentale. Il montre que seule la tradition juive peut répondre à cette impossible question : malgré le mal, Dieu est-il présent dans l'histoire ? Cette étude courageuse va à la source métaphysique du judaïsme pour trouver le moyen de parler aujourd'hui de la catastrophe d'Auschwitz.

  • Moïse sait qu'il va mourir. Dans quelques heures, sur le mont Nébo, le Prophète qui a libéré les Hébreux de leur esclavage devra remettre son âme à Dieu. Il ne verra même pas la Terre de Canaan vers laquelle il les a guidés depuis quarante ans. Et pourtant il mérite d'y entrer ! Plus que tout le peuple, plus que tous les Prophètes, plus que tous les Sages, plus que tous les prêtres. Sa mort imminente apparaît alors comme triplement injuste : comment pourrait-elle le frapper lui, l'être exceptionnel, oser le faire disparaître en dehors de la Terre promise, et dans la solitude ? À l'ange de la mort qui se présente devant lui, Moïse s'écrie : « Écarte-toi de moi. Il n'est pas question de te remettre mon âme ! » Dans un ultime face-à-face avec Dieu, Moïse va ainsi refuser la mort et se livrer à une discussion passionnée pour faire valoir son droit à l'immortalité. A-t-il réussi ? Nul ne connaît sa tombe aujourd'hui. On sait seulement qu'il a disparu sur le mont Nébo, dans le pays de Moab, en face de Jéricho. Mais qui l'a accompagné ? Qui a creusé sa tombe pour son dernier sommeil ? Qui a recouvert son cercueil de terre ? Qui a procédé à l'oraison funèbre ? Qui a fait les dernières prières ? Est-il réellement mort ? Est-il monté au Ciel ? Et, si c'est le cas, a-t-il ensuite ressuscité ? Les histoires rapportées ici sont toutes extraites du Midrash.Depuis l'époque du Talmud, les rabbins ont imaginé les nombreux dialogues que Moïse aurait entretenus avec Dieu avant de mourir, en les reliant aux questions humaines fonda-mentales. Étonnamment modernes, ils font partie intégrante de la tradition juive.

  • Les rapports entre autorités rabbiniques et théâtre ont toujours été placés sous le signe de l'ambiguïté. Taxé d'outil idolâtre au service des cultes païens à l'époque romaine, l'art scénique est pourtant décrit comme le lieu où les princes de Juda enseigneront « la Torah en public » à la fin des temps dans la Guemara. Au fil des siècles se dégagent de grandes figures de drama-turges juifs comme Ézechiel le Tragique au IIe s. avant J.-C., Yehuda Sommo, premier théoricien de la scénographie au XVIe s., le rabbin kabbaliste Moshé Haim Luzzatto au XVIIIe s., Abraham Goldfadhen, père du théâtre yiddish à la fin du XIXe s. ou encore Théodore Herzl, fondateur du mouvement sioniste au début du XXe s. Tous usent du théâtre non seulement pour transmettre le sacré d'un texte toraïque mais aussi pour comprendre la complexité liée à la condition de l'identité juive dans son rapport au sacré. Avec l'apparition de responsa rabbiniques en 2005 sur le théâtre et l'idée de théâtre cacher se joue une autre dimension sur scène. Une nouvelle possibilité de lecture orthodoxe et féminine apparaît dans un rapport au théâtre comme « Beth Hamidrash », nouveau « lieu d'étude » et d'interprétation d'une parole divine accessible à tous... peut-être pour accélérer la venue des temps messianiques par un appel scénique, comme un cri vers Dieu, Le Silencieux...

  • Traite des huit chapitres Nouv.

    Le premier traité de psychologie écrit au Moyen Âge par le grand philosophe Maïmonide. Un texte précurseur qui s'apparente à un véritable guide de « développement personnel ».
    Le Traité des Huit chapitres occupe une place particulière dans l'oeuvre de Maïmonide. Premier traité de psychologie, ce texte précurseur - rédigé en arabe en 1168 - s'apparente à un véritable guide de « développement personnel ».
    Conciliant sagesses juives, grecques et arabes, ce philosophe, talmudiste et médecin, invite à « écouter la vérité d'où qu'elle vienne ». Curieux de toutes les formes de connaissances, il s'attache à conceptualiser la vertu. Qu'est-ce qu'un homme juste ? Comment exercer son libre arbitre ? Pourquoi a-t-on besoin d'humour, d'imagination, de contemplation ? Comment soigner les maladies de l'âme ?
    Avec cette nouvelle traduction, Ariel Toledano nous propose une version contemporaine et commentée de ce Traité. Elle nous ouvre l'accès à la modernité de ce texte majeur. Une véritable initiation à une éthique de vie intérieure.

  • Histoire des Juifs

    Heinrich Graetz

    J'entreprends de raconter le passé d'un peuple qui date des temps les plus reculés et qui s'obstine à vivre encore ; qui, entré pour la première fois, il y a plus de trois mille ans, sur la scène de l'histoire, n'a encore nulle envie d'en sortir. Or, le peuple dont je vais raconter l'histoire - le peuple hébreu, israélite ou juif - n'a pas vécu dans un isolement paisible et contemplatif, mais il a été incessamment mêlé au tourbillon orageux de la scène du monde, il a lutté et souffert : il a été, dans le cours de son existence plus de trente fois séculaire, maintes fois secoué et frappé, il porte maintes glorieuses blessures et personne ne lui conteste la couronne du martyre..., et ce peuple vit encore.

  • Cet ebook bénéficie d'une mise en page esthétique optimisée pour la lecture numérique.

    Dans ce texte, l'axe principal de la comparaison entre le christianisme et le judaïsme est le rapport au politique. Elie Benamozegh, rabbin et philosophe, remet en question les termes classiques de cette comparaison en expliquant qu'elle a été jusqu'à ce jour mal réalisée dans la mesure où un aspect majeur du judaïsme est resté dans l'ombre. Sa théorie générale tient au fait que, selon lui, le judaïsme est un système double, à la fois un code civil et une morale, une politique et une religion ; le christianisme ayant de son côté annulé en lui le code pour ne garder que la morale.

    EXTRAIT : « En attendant, s'il est quelque chose qui retarde l'avènement de ce grand jour, c'est la supériorité que s'arroge le fils sur son vieux père, - le christianisme sur la religion d'Israël, - en fait de morale. S'il y a un outrage qu'un père ne puisse endurer sans s'avilir, c'est sans contredit celui-là. A la vérité, à la critique, à l'opinion, le devoir et la tâche d'examiner cette prétention, de vider ce procès qui dure depuis des siècles. Bien des fois, hélas ! l'hébraïsme a dû en entendre le reproche ; bien des fois s'est réalisée sur lui la terrible prédiction d'Isaïe : que, dans son martyre séculaire, à la persécution se joindrait la calomnie. Serait-il arrivé le jour de la justice, de l'impartialité, de la bonne critique ? Espérons-le. Déjà des plumes savantes ont travaillé à la grande oeuvre ; déjà l'opinion est émue, ébranlée, et l'on parle, dans la haute critique, de certaines maximes judaïques (telles que la célèbre réponse de Hillel au prosélyte) qui avaient devancé et inspiré le fondateur du christianisme.»

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