• Par leurs formes qui varient dans le temps et d'une région à l'autre, les bouteilles de vin racontent une histoire passionnante.

    Cet ouvrage novateur le montre avec beaucoup de science et de verve. Jamais les vins n'auraient pu vieillir à l'abri de l'air et de la lumière et jamais la personnalité des terroirs et des millésimes n'aurait pu se révéler avec autant d'éclat sans l'invention de la bouteille.

    La révolution date du Ier siècle de notre ère, c'est la mise au point de la canne à souffler. Au début du XVIIe siècle, les productions européennes, trop fragiles, ne peuvent servir à déplacer des liquides à longue distance. C'est alors qu'un pays importateur, l'Angleterre, réalise la bouteille en verre épais et noir, élaborée dans un four chauffé au charbon. Les mêmes Anglais découvrent au Portugal les vertus du liège qui permet un bouchage hermétique et de confier aux bouteilles du vin de qualité, de les coucher, les transporter et les conserver. Bientôt ils inventent encore le champagne mousseux que les Français ne confectionneront qu'à partir de la Régence.

    Les bouteilles d'outre-Manche sont en oignon, en poire, puis cylindriques à épaules plus carrées. Les françaises, elles, sont plutôt ovoïdes, à épaules tombantes, tant en Champagne et en Bourgogne qu'à Bordeaux où, au XIXe siècle, s'impose la forme cylindrique à épaules carrées. À côté de ces deux grands modèles, certains vignobles en ont imaginé d'autres : la flûte rhénane, la fiasque paillée de Toscane, le bocksbeutel en forme de gourde de Franconie, le clavelin du Jura, la petite bouteille à col allongé du Tokaji ou du constantia sud-africain, etc.

  • Journal

    Hélène Berr

    Agrégative d'anglais, Hélène Berr a vingt-et-un ans lorsqu'elle commence à écrire son journal. L'année 1942 et les lois anti-juives de Vichy vont faire lentement basculer sa vie. Elle mourra à Bergen Belsen quelques jours avant la libération du camp. Soixante ans durant, ce manuscrit n'a existé que comme un douloureux trésor familial. Ce n'est qu'en 1992 que Mariette Job, nièce d'Hélène Berr, décide de reprendre contact avec le fiancé d'Hélène,  Jean Morawiecki. En 1994,  il décide de  lui faire don du manuscrit. Ce témoignage éclairé et d'une qualité littéraire exceptionnelle en fait un document de référence. Il a obtenu un très grand succès critique et public. « Au seuil de ce livre », écrit Patrick Modiano à propos du Journal d'Hélène Berr, «  il faut se taire maintenant, écouter la voix d'Hélène et marcher à ses côtés. Une voix et une présence qui nous accompagneront toute notre vie. »

  • En ce dimanche matin, 7 décembre 1941, alors qu'Honolulu se réveille sous un grand soleil, le capitaine de corvette japonais Mitsuo Fuchida se dirige vers l'archipel d'Hawaii aux commandes de son bombardier. Une escadrille de plusieurs centaines d'avions entre dans l'espace aérien de l'île d'Oahu, sans être repérée par les forces américaines : il est presque 8 heures, la bataille de Pearl Harbor commence.

    Le plan est parfait, la cible idéale : détruire la flotte américaine du Pacifique et supprimer la possibilité d'une riposte. L'assaut est lancé simultanément sur les bases aériennes et sur la rade de Pearl Harbor. L'effet de surprise est garanti : «Raid aérien sur Pearl Harbor. Ceci n'est pas un exercice !»
    Pearl Harbor, c'est la bataille qui précipite les États-Unis dans la Seconde Guerre mondiale. En moins de deux heures, l'attaque japonaise coûte la vie à 2 340 soldats américains.

    Passé le choc initial, les États-Unis déclarent la guerre au Japon. C'est le temps de la mobilisation générale et de la préparation de la revanche. Heure par heure, Hélène Harter retrace l'agression qui marqua le tournant de la guerre du Pacifique.

  • « Si les Allemands nous arrêtent, moi, je survivrai parce que je suis fort, mais vous, non. » Ces paroles prononcées en 1943 par son père, assassiné à Auschwitz, Serge Klarsfeld ne les a jamais oubliées. Les vivants sont comptables des morts, se convainc celui-ci. Dès lors, Serge Klarsfeld se fait la promesse d'obtenir le jugement et la condamnation des principaux responsables nazis de la déportation, notamment ceux qui ont sévi en France. Il revient dans ce livre sur le combat de sa vie, et sur celui de Beate, son épouse allemande, pour que justice soit rendue et que nul n'oublie.
    Distribution de tracts, manifestations, sit-in, tentatives d'enlèvement, coups d'éclat - ainsi Beate gifl ant le chancelier Kiesinger, en novembre 1968, « pour qu'on reparle de son passé nazi » -, la « méthode Klarsfeld » prouve leur obstination à débusquer ces anciens criminels qui occupaient encore des postes offi ciels en toute impunité. Grâce aux articles de L'Express rassemblés ici par le soin de l'auteur, nous redécouvrons sous les plumes aussi prestigieuses que celles de Raymond Aron, Jacques Derogy, Éric Conan, Fred Kupferman ou de Beate Klarsfeld elle-même, la traque d'Eichmann, Mengele, Lischka, Brunner et, bien sûr, de Klaus Barbie, jugé à Lyon en 1987.
    Sans les actions et les ouvrages des Klarsfeld, René Bousquet, Paul Touvier et Maurice Papon n'auraient pas eu à rendre des comptes à la justice française. Sans eux, la notion même de crime contre l'humanité ne serait pas ce qu'elle est devenue.
    Un document pour l'histoire, la mémoire et la justice.

  • «Sans Dunkerque, il n'y aurait pas eu le 6 juin 1944.» Prince de Galles.

    Mai 1940. Les armées alliées sont prises en étau au nord de la ligne Boulogne-Sedan et contraintes de se replier vers Dunkerque, où 400 000 hommes s'entassent dans l'espoir de s'échapper par la mer. Estimant la bataille perdue, le gouvernement britannique lance l'opération Dynamo : le rembarquement des troupes débute le 26 mai 1940, Winston Churchill est alors certain que seul un nombre réduit d'hommes sera sauvé. Pourtant, au prix de très lourdes pertes, les soldats français contiennent les Allemands dans les faubourgs de la ville et luttent pied à pied afin de couvrir les opérations de rembarquement. Au total, ce sont près de 348 000 combattants alliés qui sont évacués sous le feu incessant des bombardements ennemis. Côté anglais, c'est un incroyable succès ; côté allemand, une occasion manquée de terrasser la Grande-Bretagne dès 1940.

    C'est à la résistance acharnée de l'armée française que l'on doit la réussite du rembarquement de plus de 240 000 soldats britanniques, qui permit à l'Angleterre de poursuivre la guerre contre l'Allemagne nazie. Telle est la thèse de cet ouvrage qui, à l'appui d'archives et de témoignages, balaie les clichés les plus éculés sur cette bataille et rend un hommage tardif mais mérité aux combattants français de 1940.

  • Le 5 juillet 1962, l'Algérie devient officiellement indépendante. Ce jour-là, à Oran, un massacre, expéditif, fulgurant même, a lieu. Pendant plusieurs heures, des Européens sont pourchassés à travers la ville par des soldats algériens et des civils en armes. Les forces de l'ordre françaises, fortes de 18 000 hommes, restent consignées dans leurs casernes, obéissant aux ordres du général Katz. Assassinats et enlèvements : près de 700 Européens sont victimes des tueurs. Les morts musulmans, victimes d'une épuration aussi sauvage que hâtive, n'ont jamais été décomptés avec rigueur.

    S'appuyant sur une somme considérable de documents et de témoignages, Guillaume Zeller remet en perspective ce drame oublié qui permet de comprendre ce que fut la guerre d'Algérie dans sa complexité.

  • Ce sont les victoires d'Italie et d'Égypte qui ont porté le général Bonaparte au pouvoir et c'est une défaite en Belgique qui l'en a chassé définitivement. Autant dire que le génie politique est chez lui inséparable du génie militaire.
    Celui-ci fascine le monde depuis deux siècles et a inspiré d'innombrables études, depuis les essais de haute stratégie jusqu'aux travaux pointus sur les unités ou les héros oubliés. Mais personne n'a jusqu'à présent cerné avec rigueur et hauteur de vue ce qu'implique une évocation totale de Napoléon chef de guerre : comment a-t-il appris son métier, qui l'a formé, quelles ont été ses lectures ? Comment a-t-il remporté ses premières victoires, par quels moyens a-t-il organisé sa propagande, comment savait-il se faire aimer et craindre à la fois par ses hommes, maréchaux comme simples grognards ? Quelle part prenait-il à l'organisation de l'armée, comment finançait-il la guerre ? Était-il indifférent aux souffrances des autres et à l'hécatombe de morts et de blessés ? Comment s'informait-il sur l'état de ses forces et sur les dispositifs de l'ennemi ? Pourquoi a-t-il mal compris la guerre navale et surtout la « petite guerre », c'est-à-dire la guerre de partisans (Espagne, Russie) ?
    En répondant à ces questions, et à bien d'autres, Jean Tulard dévoile les traits d'un Napoléon finalement peu ou mal connu. Il montre brillamment qu'en dépit de faiblesses Napoléon figure bien parmi les plus grands capitaines de l'histoire, les Alexandre et les César.

  • Dans une épigramme adressée à sa femme, Martial écrivait : « Je veux bien que tu sois une Lucrèce pendant le jour tout entier, mais c'est une Laïs qu'il me faut la nuit. » Ce vers décrit tout le paradoxe de l'érotisme féminin dans l'Antiquité romaine.

    Comme une même femme ne pouvait pas être tout à la fois le parangon de la chasteté et une amante dépravée, Virginie Girod montre que les femmes furent classées en catégories et comment leur statut social encadrait leur vie sexuelle en fonction de règles morales établies par les mythes politiques romains et par la religion. La femme mariée, la matrone, se trouvait cantonnée dans un rôle reproducteur dénué de sensualité. C'était aux prostituées (esclaves, affranchies ou plus rarement libres) qu'il incombait de distraire sexuellement les hommes.
    Alors, le corps féminin érotique et le corps féminin reproducteur étaient-ils deux choses résolument différentes ? Comment les femmes vivaient-elles la sexualité au quotidien ? Quelles pratiques étaient autorisées ou non et pour qui ? Les grandes figures féminines de l'Empire telles que Messaline ou Agrippine la Jeune étaient-elles représentatives de la vie quotidienne de toutes les Romaines ? Finalement, les Romains étaient-ils des débauchés prêts à toutes les transgressions pour leur plaisir ou ont-ils posé les jalons des normes qui ont régi, des siècles durant, la sexualité occidentale ?
    À l'aide d'une documentation considérable, Virginie Girod répond à ces questions pour apporter une nouvelle réflexion sur la condition de la femme romaine.

  • Souvent considéré comme « le plus grand président américain du XXe siècle », Franklin Delano Roosevelt (1882-1945) demeure un modèle pour ses successeurs et une référence en temps de crise ou de conflit international. Quand il entre à la Maison-Blanche en 1933, une Amérique en plein désarroi vit les heures les plus sombres de la Grande Dépression. Douze ans plus tard, c'est en commandant en chef des forces armées d'un pays rassemblé et victorieux qu'il prête serment pour la quatrième fois.
    Alors que les États-Unis deviennent la première puissance mondiale, sa capacité à susciter l'adhésion de ses compatriotes et son sens du « moment politique » lui assurent une série sans précédent de victoires électorales. Il est l'artisan de réformes durables : protection sociale, régulation de l'activité financière, modernisation de la présidence et redéfinition du rôle de l'État fédéral - son héritage est considérable.
    Président de crise puis président de guerre, il parvient à convaincre les Américains, isolationnistes jusqu'à Pearl Harbor, d'assumer leurs responsabilités internationales. Mais « le sphinx de la Maison Blanche » reste une énigme : patricien traité de populiste ; homme du mouvement paralysé dans sa chaise roulante ; communicateur inventif ayant le goût du secret, voire de la manipulation ; promoteur d'un New Deal dont on se demande encore s'il a vraiment mis fin à la crise ; leader du monde libre contre l'Allemagne nazie mais accusé de complaisance envers Staline à Yalta - paradoxes et controverses ne manquent pas.

  • Depuis juillet 1953, après trois années d'un conflit dévastateur et sanglant, il y a deux Corées. Celle du Nord, où règne une dictature héréditaire et ubuesque qui condamne ses vingt-deux millions d'habitants à la misère et à l'isolement. Et celle du Sud, qui s'est hissée au 12e rang des économies les plus développées de la planète et constitue désormais un des pôles les plus actifs de la démocratie numérique et de la mondialisation culturelle. Endoctrinement fanatique à Pyongyang, libéralisme triomphant à séoul ; aujourd'hui, on ne parle plus de la Corée qu'au superlatif : modèle ou repoussoir, miracle ou tragédie.
    Mais si la Corée d'aujourd'hui fait de plus en plus parler d'elle, celle d'hier, avant la guerre (1950-1953) et la colonisation japo-naise (1910-1945), demeure largement méconnue. On ignore que la péninsule fut un creuset d'innovation scientifique et technique, un centre intellectuel et religieux, auquel on doit aussi bien la mystique bouddhiste que la pâte à papier, l'imprimerie sur caractères mobiles ou la céramique céladon. Régulièrement ravagée par les invasions et par les guerres, constamment menacée par ses deux puissants voisins, la chine et le Japon, qui ont cherché à l'asservir ou à la coloniser, la Corée a su s'adapter pour préserver son identité culturelle et imposer son autonomie politique.
    Du premier royaume de Joseon fondé, selon la légende, en 2333 avant Jésus-Christ aux deux États qui se partagent aujourd'hui la péninsule, en passant par l'âge d'or du roi Sejong (XVe siècle) et l'invention de l'alphabet coréen, toujours en usage, l'histoire de la Corée est une épopée, qu'il reste à découvrir. elle en vaut la peine.

  • Le château de Fontainebleau est méconnu au regard de ses splendeurs et de ses richesses. Au coeur d'une immense forêt, magnifique terrain de chasse, il a été résidence royale ou impériale un demi-siècle avant le Louvre et cinq siècles avant Versailles. Chaque époque, presque chaque règne, y a laissé son empreinte. Le château a été une des grandes scènes où se sont joués tantôt le drame et tantôt la comédie du pouvoir.

    C'est ici que François Ier accueille Charles Quint, que Louis XIII est baptisé, que Louis XIV révoque l'édit de Nantes, et que Louis XV épouse Marie Leszczynska. «Voilà la vraie demeure des rois, la maison des siècles», s'exclame Napoléon Ier, qui tente d'y rétablir la vie de cour, avec ses divertissements fastueux, chasses à courre, bals, concerts, en compagnie de Joséphine, d'abord, de Marie-Louise ensuite. C'est là que, vaincu, l'Empereur signe le 6 avril 1814 son abdication et qu'il fait ses adieux à sa garde. On doit à Louis-Philippe la salle des Colonnes et la galerie des Assiettes, et à Napoléon III un nouveau théâtre ; l'impératrice Eugénie y installe un Musée chinois. Résidence présidentielle, le château n'en finit pas d'être l'objet de toutes les convoitises.

    Amoureux du château dont il est le président, Jean- François Hebert, avec la complicité de l'historien Thierry Sarmant, nous offre à travers les dates clés de Fontainebleau mille ans d'histoire de France.

  • 6 juin 1944. On l'oublie trop souvent, cent soixante-dix-sept jeunes volontaires, avec à leur tête le commandant Kieffer, sont les premiers et les seuls français à fouler les plages de Normandie. Rattachés à la première brigade spéciale britannique, ses hommes entraînés durement depuis des mois en Grande-Bretagne s'emparent du casino et du port de Ouistreham. Ces « Frenchies » font la jonction avec les parachutistes britanniques à Pegasus Bridge, fait d'armes immortalisé par le fi lm Le Jour le plus long.
    Si cette troupe de choc est célèbre, on connaît moins l'homme qui lui a donné son nom. Rien ne le prédestine à devenir militaire à 42 ans. Né à Port-au-Prince à Haïti, de père alsacien et de mère haïtienne, il est banquier, marié et a deux enfants. Le 1er juillet 1940, il rejoint les forces navales françaises libres en Angleterre. Sa vie bascule. Il y découvre les méthodes et les succès des commandos britanniques. Dès le printemps 1942, il rassemble sous ses ordres une vingtaine de volontaires dans les environs de Portsmouth pour fonder une unité française. Loin de la légende, on découvre, à travers un récit haletant, la trajectoire incroyable d'un « civil en uniforme », militaire atypique, un brin marginal, et véritable héros du D-Day.
    « Jamais il ne réclama de ses hommes quelque chose qu'il n'eût pu accomplir lui-même, et on l'aimait pour cela. »
    Cornelius Ryan

  • Jeanne d'arc en verite

    Gerd Krumeich

    Figure emblématique du Moyen Âge, Jeanne d'Arc a autant marqué ses contemporains que nourri les fantasmes de l'histoire de France. La profusion d'ouvrages, passionnés ou polémiques, qui lui ont été consacrés témoigne de l'engouement pour cette figure providentielle. Véritable mythe national et objet des suppositions les plus saugrenues, la Pucelle a connu les légendes dorées ou noires - tour à tour réprouvée, adorée, accaparée par une multitude de sensibilités. Partant de ce constat, Gerd Krumeich s'attache à répondre à un certain nombre de questions que suscite toujours la jeune femme qui défia les Anglais.

    À l'appui des meilleures sources et des recherches les plus récentes, il nous livre une biographie impartiale, intime et vivante, et restitue admirablement le destin trépidant de Jeanne d'Arc, de sa naissance à Domrémy en 1412 à son exécution à Rouen en 1431.

    Traduit de l'allemand par Valentine Meunier.

  • Alésia, 52 avant J.-C.

    Yann Le Bohec

    De fin août à début octobre 52 avant Jésus-Christ, les armées romaines de César font face aux troupes gauloises menées par le jeune chef arverne, Vercingétorix. Victorieux fin avril à Gergovie, ce dernier a réuni de nombreuses troupes et prépare la « nation » gauloise au combat.
    Spécialiste d'histoire militaire, Yann Le Bohec vient combler une lacune : pour la première fois, Alésia est abordée non pas par l'archéologie, mais au plus près des combattants et des opérations militaires.
    Brossant un tableau complet de la bataille décisive de la guerre des Gaules, il désigne le responsable de la guerre et ses motivations, et s'interroge : les Gaulois avaient-ils une chance de gagner ?, comment Gaulois et Romains combattaient-ils ?, quelle était la meilleure tactique ? Par l'analyse du siège et des quatre batailles qui se sont déroulées à Alésia, il nous donne à comprendre la compétence de César, l'efficacité des légions, l'héroïsme des Gaulois, le génie de Vercingétorix.
    L'auteur revient aussi sur l'éternel débat pour le clore : où se trouve Alésia ? Enfin, et surtout, il répond à une question jamais posée : pourquoi Vercingétorix a-t-il été vaincu ?

  • À l'origine de l'ordre des hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem se trouve un hôpital fondé dans la Ville sainte
    au milieu du XIe siècle pour héberger les pèlerins venus prier sur le tombeau du Christ. Pendant deux siècles, les frères accueillent des voyageurs, riches ou pauvres, malades ou non, portent assistance aux déshérités et délivrent des soins médicaux aux blessés de guerre.

    D'abord ordre religieux, il est investi de responsabilités militaires dès le XIIe siècle avant même de devenir pleinement
    un ordre religieux-militaire. Pour preuve, l'apparition de frères d'armes, engagés avec les Templiers dans la défense des
    Lieux saints et des États latins d'Orient, et la grande forteresse du Crac des Chevaliers, qui atteste aujourd'hui encore
    de l'importance des moyens consacrés à cette tâche.

    La Terre sainte, mais aussi la péninsule Ibérique, sont le terrain d'élection de leur engagement dans les combats et la
    défense des forteresses. Pour mener leurs missions sur le « front », ils peuvent s'appuyer sur des ressources accumulées
    à « l'arrière », dans la chrétienté latine d'Occident, grâce à un puissant réseau de maisons et provinces. Chassé de Terre sainte à la chute d'Acre en 1291, l'hôpital se replie à Chypre avant de s'établir à Rhodes à partir de 1310.

    Assiégé par Soliman le Magnifi que, il se réfugie à Malte fin 1521. De nos jours, l'ordre de Malte est revenu à la vocation
    charitable de ses débuts.

  • Rédigé il y a 2400 ans par un sage chinois nommé Sun Tzu, L'Art de la guerre figure aujourd'hui parmi les grands classiques de l'histoire militaire. Dans un style concis et imagé, ce petit livre rassemble un certain nombre de recommandations sur la manière de conduire une guerre. S'il a profondément influencé l'art militaire oriental, s'il a notamment aidé Mao à forger son concept de guérilla, il est resté longtemps méconnu des Occidentaux auxquels il aurait pourtant évité bien des déboires.
    Spécialiste mondialement reconnu, Bevin Alexander se propose ici de montrer, exemples à l'appui, comment les chefs qui ont appliqué - sans le savoir - les principes, maximes et conseils de Sun Tzu ont presque toujours remporté la victoire, et comment ceux qui y ont contrevenu ont, sans la moindre exception, connu l'échec.
    Sagesse ancienne et batailles modernes : de la guerre d'Indépendance américaine à Gettysburg, du débarquement de Normandie à la guerre de Corée, en passant par Waterloo, la Marne et les Ardennes, la démonstration, solidement documentée et argumentée, est implacable.
    De ces pages pleines de bruit et de fureur, mais non dépourvues d'humour, où s'accumulent des erreurs qui furent si coûteuses en vies humaines, n'en émergent pas moins, Sun Tzu aidant, quelques figures (Jackson, Manstein, Patton, sans oublier Napoléon... jusqu'à Waterloo), qui viennent opportunément démentir l'affirmation de Valéry selon laquelle la guerre est une chose trop sérieuse pour la confier à des militaires

  • En 1914, le lieutenant Charles de Gaulle a vingt-trois ans. Il vient de sortir de Saint-Cyr, et c'est avec enthousiasme qu'il part en guerre à la tête d'une section du 33e régiment d'infanterie. Dans la boue de Champagne, dans le fracas de Verdun, de Gaulle se bat.
    Blessé à trois reprises, laissé pour mort sur le sol de Douaumont, il est conduit en captivité en Allemagne le 2 mars 1916. Emprisonné trente-deux mois, il s'évade en vain à cinq reprises. Cette épreuve ultime l'atteint dans son honneur autant qu'elle le forge. Du fond des forteresses allemandes, coupé des siens, il laisse libre cours à sa réflexion, lit, se documente et réfléchit sur ce qu'il a vu : l'enfer des tranchées, le courage des soldats, les forces et les faiblesses du commandement français, et la stratégie de l'armée ennemie. Désormais, il aura un credo: ne plus jamais cesser le combat. L'homme du 18 juin 1940 est né.
    Faire la lumière sur cette partie méconnue de la vie de Charles de Gaulle, c'est le pari tenu par Frédérique Neau-Dufour grâce à des archives familiales jusque-là inédites : près de deux cent lettres échangées entre les frères de Gaulle, notes écrites pendant sa captivité, rapports de ses hospitalisations, journaux de marche des régiments, carnets de souvenirs, etc. Explorant aussi les archives belges et allemandes, l'auteur nous offre une biographie palpitante qui fourmille de détails, et dessine la figure étonnante d'un combattant de la Grande Guerre pas tout à fait comme les autres.

  • «C'est le propre des grands livres, dit-on, de faire peu à peu leur chemin, de toucher des générations successives. Au combat est incontestablement de ceux-là. Alors que tant de témoignages ont été publiés sur la Seconde Guerre mondiale, pourquoi ce livre est-il un «grand livre»? Pourquoi faut-il absolument le lire? Sans doute, justement, parce qu'il ne s'agit pas d'un simple livre de témoignage, mais d'une tentative de penser la guerre, de penser en temps de guerre, malgré la mort qui rôde, malgré la peur.

    Pour Jesse Glenn Gray, comme pour la plupart des Américains de sa génération, la Seconde Guerre mondiale fut un rite d'initiation, un moment fondateur.

    Durant ses quatre années de guerre, Gray n'a pas cessé de consigner ses impressions dans des carnets qu'il portait sur lui : l'expérience des combats, la libération de l'Europe, la dénazification.

    De sa belle écriture poétique, Gray sait rendre ce qui est au coeur de l'expérience quotidienne d'un soldat : le passage progressif de l'état de civil à celui de combattant, la loyauté à l'égard des compagnons d'armes, la tendance constante à déshumaniser l'ennemi, la blessure morale qui est au coeur des combats, et cette forme d'exaltation que le philosophe explique par la dimension érotique de la guerre.»

    B. Cabanes

  • Julien dit l'apostat

    Lucien Jerphagnon

    On avait exterminé sa famille entière. On l'avait relégué dans un lointain palais truffé de mouchards. On méditait même d'en faire un prêtre. Bref, le très chrétien Constance glorieusement régnant n'avait rien négligé pour évincer Julien de la pourpre de ses ancêtres. Et voilà qu'il était devenu empereur de Rome ! Et qu'entre-temps il s'était converti en secret aux dieux qu'on croyait morts. Et alors...
    La noire saga d'une dynastie, hantée de monstres froids, de prélats doubles, de barbouzes et de philosophes arrivistes est racontée ici jour après jour, au plus près des textes.
    Extraordinairement informé, Lucien Jerphagnon joint à l'érudition un rare talent d'évocation. En entreprenant cette réhabilitation de l'empereur Julien, il réussit avec ce livre un modèle de biographie.

  • Cinquante ans après le concile Vatican II, l'Église catholique fait face à l'une des plus graves crises de son histoire. Crise de crédibilité dans l'espace occidental, crise morale avec les scandales de pédophilie, crise de recrutement de ses élites et de son encadrement (les prêtres), poussée d'un courant ultraconservateur extrêmement critique, désaffection de sa base, concurrence des sectes évangéliques en Amérique latine, crise de gouvernement... L'écho des luttes intestines a même franchi les murs de silence du Vatican avec les Vatileaks. Or, le pape et son administration, tous deux vieillissants, semblent incapables de relever les défis nouveaux du monde et l'Église est comme frappée d'autisme. Face à cette situation critique, la réunion des évêques du monde entier en concile, est-elle une solution ? Quels en sont les difficultés et les risques ? L'auteure propose de changer la donne : Vatican III ne réussira que s'il échappe au huis clos clérical entre évêques et théologiens

  • 22 juin 1941. Violant le pacte de non-agression conclu le 23 août 1939, l'Allemagne nazie envahit l'URSS. S'ouvre alors une guerre aussi colossale qu'inexpiable, qui fauchera plus de trente millions de personnes, soit la moitié des pertes causées par la Deuxième Guerre mondiale.

    S'appuyant sur une ample documentation russe, allemande, anglo-saxonne, et s'affranchissant de plusieurs idées reçues, cette vaste fresque nous entraîne de « Barbarossa » à Moscou, de Stalingrad à Koursk, de la reconquête soviétique à la chute de Budapest et de Berlin, nous plongeant au coeur des opérations et des doctrines militaires dont elles procèdent.
    L'auteur déchiffre les calculs de Hitler et de Staline, mais fait aussi une large part aux péripéties diplomatiques, à la dimension économique de l'affrontement, au déchaînement de violence qu'il génère, notamment la « Shoah par balles » qui se traduira par l'assassinat de plus d'un million trois cent mille juifs soviétiques par les nazis. Sans oublier le vécu des obscurs et des sans-grades, « matériel humain » d'une guerre totale et absolue.

    « Ce que le lecteur retiendra, c'est la remarquable objectivité avec laquelle Nicolas Bernard traite les questions les plus délicates posées par cet affrontement titanesque entre deux tyrans, deux idéologies mortifères et deux peuples engagés malgré eux dans une guerre d'extermination. Même si certaines archives restent fermées à la recherche, il faudra sans doute bien des années avant qu'une oeuvre aussi magistrale puisse être considérée comme dépassée. »

    François Kersaudy

  • De 1938 à 1953, Lavrenti Beria a été un rouage essentiel du système stalinien, qu'il a ensuite tenté d'amender avant de payer de sa vie cette tentative avortée. Manipulateur, d'une cruauté sans bornes, c'est ainsi qu'il entra dans l'histoire. Or, la figure de Beria s'avère au regard des faits et à l'analyse bien plus complexe : bourreau certes, mais aussi fin politique.
    Fils de paysans misérables, il connaît une ascension fulgurante. Flanqué d'une cohorte de tortionnaires, il dirige la police politique soviétique, le NKVD, pendant sept années décisives (1938-1945) au cours desquelles la nomenklatura consolide son pouvoir. Il organise la déportation meurtrière des peuples du Caucase, planifie les meurtres de Trotsky et de ses ennemis politiques.
    Mais, à la mort de Staline, Beria est le premier à saisir que le régime, à bout de souffle, ne peut survivre qu'en desserrant le carcan de la terreur policière. Il commence a démanteler le goulag, propose la réunification de l'Allemagne ; en somme, des mesures annonciatrices de la pérestroïka gorbatchévienne. Nommé ministre de l'Intérieur en mars 1953, il est arrêté par ses pairs en juin et fusillé en décembre pour un complot infondé.
    A l'appui de nombreux documents d'archives rendus publics à la chute de l'Union soviétique, Jean-Jacques Marie brosse le portrait complet de l'un des acteurs majeurs de l'URSS sous Staline.

  • Dimanche 28 juin 1914 : l'archiduc François-Ferdinand, en visite officielle à Saravejo, est abattu d'un coup de feu. L'assassinat de l'héritier du trône d'Autriche-Hongrie par un nationaliste serbe, prêt à tout pour déstabiliser la région, ne tarde pas à embraser le monde ; 34 jours plus tard, l'Europe entre en guerre.
    François-Ferdinand est devenu l'héritier de François-Joseph, sans y avoir été préparé, en quelque sorte par accident ou plus exactement dans des circonstances dramatiques : la mort de son cousin Rodolphe à Mayerling en 1889, puis celle de son père en 1896.
    Mort sans avoir eu l'occasion de donner sa mesure et de régner, François-Ferdinand se révèle une personnalité plus complexe qu'il n'y paraît. Connu pour ses coups de sang, l'homme est doté d'une incroyable énergie, affectionnant la vie familiale - il s'est en outre mis au ban de la dynastie en épousant une jeune femme bien au-dessous de sa condition. Catholique conservateur, méfiant à l'égard des Hongrois et des Italiens, il s'est souvent prononcé en faveur de la paix, a tâché de moderniser l'armée et a suivi avec sympathie le renouveau artistique de l'époque. Enfin, il est convaincu de la nécessité de réformer la monarchie : François-Ferdinand, « l'homme qui aurait pu sauver l'Autriche » ?
    De multiples sources inédites ou mal connues du public français nourrissent ce portrait nuancé et équilibré dressé par Jean-Paul Bled, spécialiste incontesté des Habsbourg et de l'Autriche-Hongrie.

  • Dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918, dans l'Oural, le tsar Nicolas II, sa femme et leurs enfants - Olga (22 ans), Marie (19 ans), Anastasia (17 ans), et Alexis, le tsarévitch (13 ans) -, sont exécutés par les bolcheviks. Cette version officielle, Marc Ferro n'y a jamais cru.
    Documents à l'appui, avec la rigueur du grand historien, il remet en cause l'assassinat des Romanov. Des juges ou des témoins morts subitement ou exécutés, des documents tronqués, des pièces du dossier d'instruction subtilisées, des tests ADN controversés, le mettent sur la piste d'une hypothèse inavouable et sacrilège : les filles et la tsarine ont été sauvées grâce à un accord secret conclu entre les bolcheviks et les Allemands. Elles se sont tues pour ne pas ébruiter leur sauvetage. Seul le sort du tsarévitch, Alexis, reste inconnu, faute de sources. Dans un récit palpitant, Marc Ferro bat en brèche un véritable tabou de l'histoire et fait la lumière sur un des plus grands mystères du XXe siècle.

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