Sciences humaines & sociales

  • Charles Palant a été arrêté à Lyon en août 1943, par la Gestapo, avec sa mère et sa soeur Lily âgée de 17 ans. Internés au Fort Montluc, ils sont déportés début octobre vers Auschwitz via Drancy , lui seul est revenu en 1945 après avoir connu la « marche de la mort » et la libération à Buchenwald.Dans son récit, Charles Palant, né en 1922 à Paris, raconte son parcours depuis son enfance dans le quartier populaire de Belleville où, comme sa famille, les Juifs immigrés vivaient alors nombreux. Le fil directeur de l'exposé lucide qu'il nous livre ici tient dans sa foi inébranlable en l'Homme, cette foi qui ne le quitta jamais, même au coeur des plus terribles épreuves.

  • Nicolas Roth est né dans la ville hongroise de Debrecen en 1927. Elevé dans la tradition orthodoxe, il verra à l'âge de deux ans sa soeur et son plus grand frère émigrer en France puis le second en Palestine.Son père, tailleur respecté dans la petite bourgeoisie environnante, l'élèvera avec sa dernière soeur dans un certain confort, mettant au premier plan les lois juives et l'étude du talmud.Il nous livre ici une description remarquable et détaillée de la vie d'une communauté juive en Hongrie après la Première Guerre mondiale et leur participation massive à l'effort de guerre, en nous décrivant tant ses désillusions que l'image qu'elle reflète à la population « magyar » non juive.

  • Les Juifs de Tunisie sont les seuls Juifs au monde à être tombés massivement sous le pouvoir de l'Allemagne hitlérienne et à avoir échappé à la Shoah. Pourtant l'anéantissement de cette Communauté était prévu, comme le prouve la présence à la tête des forces de police allemande du colonel SS Walter Rauff : responsable du programme des camions à gaz, il avait été envoyé en 1942 à Athènes à la tête d'un Kommando spécial dans la perspective de la victoire de l'Afrika Korps. Sa mission : la liquidation des Juifs d'Égypte et de Palestine. Soucieux de savoir précisément quel fut le sort des Juifs Tunisiens, nous avons entrepris de publier plusieurs témoignages de valeur.

  • Alain-André Bernstein, né de parents juifs en mars 1940, est caché dans une famille catholique du Val de Loire dix jours seulement après sa naissance. Grâce à la correspondance conservée par sa mère et retrouvée à sa disparition, il reconstitue ici sa petite enfance dans la campagne sous le régime de l'État français. Des lettres de sa famille d'accueil émanent l'amour et toute l'attention portée à l'enfant qui s'éveille à la vie dans un monde où d'aucuns veulent sa mort du seul fait qu'il est né Juif. Elles permettent aussi de comprendre l'attitude et la compassion des gens honnêtes de la France profonde vis-à-vis du soi-disant « problème juif ». La famille Breton ne voit qu'une famille injustement traquée à laquelle il faut porter secour

  • À l'aide de témoignages soutenus par un appareil critique extrêmement précis, il est possible de faire oeuvre d'historien. La Tunisie est un pays que la Shoah européenne a effleuré de son souffle et où les persécutions subies par les Juifs du fait des Allemands ont été, hélas, bien réelles, même si les nazis n'ont pu infliger au judaïsme tunisien le traitement spécial réservé aux populations juives tombées sous leur domination. Sachant à quoi ils avaient échappé, les Juifs tunisiens ont eu le tact de ne pas insister sur les souffrances et les angoisses qu'ils ont endurées. Il nous a paru nécessaire de publier, en trois volumes de notre collection, des récits rédigés dès la libération de la Tunisie en mai 1943. Le premier témoignage est celui de Robert Borgel, avocat au barre

  • Lorsqu'il rédige son Journal, Otto Gerard Fischl (né en 1929) est un adolescent juif en pleine croissance caché avec sa famille. Celle-ci a été rattrapée en France par l'idéologie qui lui avait fait fuir Prague (Tchécoslovaquie) en 1938. Grâce à des contacts, sa mère a rencontré à Paris leur sauveur, M. Stacke, un compatriote d'origine catholique, père de famille nombreuse, implanté dans un village de Charente, Salles-d'Angles. Celui-ci accepte de donner refuge à Otto et à son petit frère, Lixi (Alex), qu'il reçoit le 14 juillet 1942 alors qu'à Paris se prépare la rafle du Vél' d'Hiv'. Leurs parents les rejoignent quelques jours plus tard. Otto ne commence toutefois son Journal que le 19 octobre 1943. Ainsi nous introduit-il dans tout ce qui anime sa « captivité » qui a duré plus de deux ans. Pour tromper l'ennui et l'angoisse d'être dénoncé, Otto confie à son Journal avec acuité, intelligence et humour, la vie tumultueuse de la maisonnée, agitée par les rapports conjugaux des Stacke, mais aussi ses nombreuses lectures, les nouvelles de la guerre, et ses réflexions qui parfois touchent à la philosophie. Ce Journal évoque naturellement celui d'Anne Frank tant les parallèles sont là : l'âge, les origines d'Europe Centrale, l'instruction et les valeurs humanistes, la confrontation à la situation d'être cachés en famille avec « les autres », le sens de l'observation des enfants qui s'exerce sur ceux qui les entourent et les fascinent, sans omettre l'aspiration au monde extérieur.

  • « "Pitchipoï" un nom étrange qui sonnait mal à nos oreilles, nous juifs provençaux bercés dès notre enfance par le patois méridional de Mémé Cohen dont le mari était aconier, un métier typiquement marseillais, avec sa barque de ravitaillement destiné aux bateaux du port de Marseille. C'est à Drancy, le camp de transite où notre famille fut internée, que nous devions faire connaissance avec ce mot de Pitchipoï. Nous ne pouvions en connaître l'origine : la culture yiddish polonaise dans laquelle il désigne un petit village imaginaire. Nous ne savions encore moins ce qu'allait être la réalité de cette destination inconnue des internés de Drancy. Lorsque nous la découvrîmes, tout espoir s'évanouit : c'était Auschwitz ! » Denise Toros-Marter

  • « Simone Veil s'est exprimée à des tribunes, sur des sujets et devant des publics fort différents. Les discours rassemblés ici ne représentent donc qu'une infime partie de ses interventions publiques : ce sont ceux qu'elle a prononcés, au cours de ces six dernières années, comme présidente de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.

    En écrivant ces dernières lignes, je corrige tout de suite : quand notre présidente s'exprime sur la Shoah, c'est d'abord et toujours Madame Veil, la survivante d'Auschwitz, mûrie et enrichie par son expérience politique nationale et internationale, qui parle, du fond du coeur, de sa mémoire et de sa pensée.

    Sans doute il manquera, à la lecture seule de ces discours, son regard, la gravité de sa parole et le ton particulier de son récit qui bouleversent toujours ceux qui l'écoutent.
    Pourtant, je suis convaincue que ses paroles devenues textes ne perdront rien de leur profondeur et de leur authenticité.

    Je ne doute pas que le lecteur saura les entendre, les méditer et, je l'espère, s'en inspirer. »

    Anne-Marie Revcolevschi
    Directrice générale de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah

  • Eugène Klein eut un destin hors du commun , une vie aux multiples facettes qu'il nous présente ici entrelacées dans un témoignage riche et inédit. Eugène Klein vécut sa jeunesse en Hongrie dans un dénuement cruel. Durant la Première Guerre mondiale, il fut enrôlé dans l'armée austro-hongroise et servit en particulier dans les Carpates où les conditions de vie étaient terribles. Le bonheur, il le connut en France dans l'entre-deux-guerres. Son aptitude pour le sport - il pratique la course à pied - lui a permis de s'y installer avec de fonder une famille. Parce qu'ils étaient juifs, Eugène et les siens connurent les persécutions nazies, ils furent arrêtés à Paris le 1er mai 1943.

  • Pierre Goltman est adolescent lorsqu'il est arrêté par la Gestapo avec son père, le 27 mai 1944. Commence alors pour eux une descente aux enfers, au coeur de la folie exterminatrice nazie.
    Fuyant la région parisienne lors de l'Exode, la famille Goltman avait trouvé refuge dans l'Allier, à Néris-les-Bains. Le sort de Pierre et de son père sera scellé par la dénonciation d'un collaborateur qui les fera arrêter comme complices de la Résistance locale. C'est comme juifs qu'ils seront transférés, après quelques jours de prison, au camp de Drancy, puis déportés à Auschwitz (convoi n° 76, 30 juin 1944).
    Sur la rampe d'Auschwitz II-Birkenau, Pierre et son père échappent, contrairement à la très grande majorité des arrivants, à la sélection, synonyme de mort immédiate dans la chambre à gaz. Pour eux, ce sera l'enfer concentrationnaire du camp d'Auschwitz III-Monowitz lié à l'énorme complexe industriel de la Buna. Dans ce monde où règne l'arbitraire, ils souffrent de la faim, des coups et du manque d'hygiène. Cette stratégie nazie de la mort lente aura raison du père de Pierre.
    Paradoxalement, Pierre doit sa survie à l'état d'extrême faiblesse dans lequel il se trouve au moment de l'évacuation d'Auschwitz (18 janvier 1945). En effet, les Allemands le laisseront pour mort à l'« infirmerie » de Monowitz, non loin de Primo Levi. Après de longs mois de convalescence, Pierre parvient à revenir dans le monde des vivants.

  • En 1945,à la libération du camp de Buchenwald, plus d 'un millier de jeunes Juifs âgés de huit à vingt-quatre ans attendent que l 'on statue sur leur sort. Quatre cent vingt-six garçons, originaires des pays d 'Europe centrale et orientale arrivent en France,pris en charge par l 'OSE (oeuvre de Secours aux Enfants). Être enfant dans un ghetto, avoir connu les camps de travail forcé et pour certains les marches de la mort depuis Auschwitz-Birkenau, c 'est cette part de leur vie chaque fois singulière que 15 anciens de Buchenwald, déportés pour certains à l 'âge de quatre ans, ont accepté de partager avec nous. Ces parcours croisés sont présentés à partir des témoignages audiovisuels, enrichis de documents personnels et des documents d 'archives conservés par l'OSE.

  • Si le camp d'extermination de Treblinka est aujourd'hui tristement célèbre, le camp de travail créé antérieurement (Treblinka I) l'est beaucoup moins. Le récit de Mieczyslaw Chodzko figure parmi les très rares témoignages évoquant les conditions d'« existence » dans ce camp. Mieczyslaw Chodzko est né à Lodz en 1903. Raflé dans le ghetto de Falenica, il est déporté avec 6 500 autres Juifs, dans le cadre de l'Aktion Reinhard : l'extermination systématique des Juifs de Pologne. Dès son arrivé à Treblinka, il est sélectionné pour le travail forcé et transféré vers le camp de Treblinka I.

  • KLB 58907 est le matricule auquel les nazis ont réduit Gabriel Lampel en mai 1944 au Konzentration Lager (« camp de concentration ») de Buchenwald. Gabriel connaît toujours par coeur et en six langues ces cinq chiffres. Ils ne lui ont pas été tatoués sur le bras gauche comme cela se faisait alors à Auschwitz. C'est pourtant là que le 27 mai 1944, sa mère et lui sont précipités du seul fait d'être nés juifs. Sa mère disparaîtra dans ce monde invraisemblable où la mort côtoyait l'horreur. Gabriel est l'un des 440 000 Juifs déportés de Hongrie en seulement deux mois. Au préalable, Gabriel eut une enfance heureuse à Cluj en Transylvanie (sur le territoire de l'actuelle Roumanie) dans un monde qui a disparu en 1940 avec le séisme de la guerre.

  • Ce livre retrace le parcours tragique d'une jeune juive polonaise de la région de Lodz durant la Seconde Guerre mondiale. Après avoir perdu la majorité des membres de sa famille, elle se retrouve seule à Auschwitz, à Birkenau puis au Stutthof. Laissée pour morte lors de l'évacuation, on lui amputera ses deux jambes, gelées pendant la « marche de la mort ». Malgré toutes ses souffrances physiques, malgré l'indicible douleur d'avoir perdu ses proches, elle gardera en elle la force de continuer à vivre, de fonder une famille et de mettre au monde deux enfants. Adèle Grossman est l'héroïne de cette odyssée funeste au coeur des ténèbres de la Shoah. Son histoire, où se croisent les destins de nombreux autres personnages.

  • La personnalité et le dévouement de Régine, née en 1920, se sont forgés au sein de sa famille juive polonaise : elle seconde sa mère pour élever ses frères, puis, après leur émigration à Nancy, pour tenir l'étal au marché auquel elle se consacre entièrement dès treize ans. Elle y développe son sens du contact humain qui se prolonge plus tard dans la création d'une association sportive juive fédératrice de jeunes de cette région où sont déjà connues les persécutions antijuives des nazis outre Rhin.
    Après avoir suivi sa famille à Bordeaux durant l'Exode en mai 1940, elle revient seule en Lorraine pour y travailler, bravant les restrictions de circulation de la « zone interdite ». Énergique et combative, elle bénéficie de la complicité de la police des étrangers de Nancy et de celle des cheminots pour visiter régulièrement ses parents et ses deux frères qui, victimes des lois de l'État français, sont assignés au camp de La Lande au sud de Tours. Réfugiée à Lyon en juillet 1942, elle rejoint les groupes combattants juifs de l'UJRE, comme son frère Jérôme, qui seul s'échappa du camp de La Lande avant la déportation à Auschwitz de ses parents et de son petit frère. Régine parviendra par la suite à sauver trois de ses très jeunes cousins.

  • Simon Grinbaud est le second fils d'une famille juive de Pologne venue chercher avant guerre le travail et la paix à Paris. Le bonheur de la famille Grinbaud est brisé par la guerre et l'avènement du régime raciste et xénophobe né de la défaite. Le père de Simon en est l'une des premières victimes (déporté sans retour). Ses deux soeurs et sa mère subissent le même sort lors de la première grande rafle des familles juives de la zone occupée dite rafle du Vél' d'Hiv' (16-17 juillet 1942) à laquelle Simon réchappe. Il n'a pas la même fortune lors de la rafle du 26 août suivant, réalisée dans la zone dite libre où il est parvenu à rejoindre son frère, Henri. Ils sont tous deux déportés par le convoi n° 32 du 14 septembre 1942. Dans son périple de trente-deux mois dans l'univers implacable des camps de concentration nazis, Simon bénéficie d'un atout indéniable pour sa survie : la présence de son aîné. Dans son récit, Simon montre les conditions épouvantables réservées aux Juifs, il met en lumière les différences qu'il a pu constater entre les camps de travaux forcés qu'il a connus (Ottmuth, Peiskretscham, Blechhammer), et met en valeur l'importance de la fraternité et de la solidarité dans ce monde hors du monde, où l'humanité est niée. Son frère et lui endureront l'horreur des « marches de la mort », l'entassement des rescapés dans le camp de Buchenwald et seront témoins de sa libération par les détenus eux-mêmes peu avant l'arrivée des Américains.

  • Simone Veil has spoken on very different stages and subjects, and before extremely diverse audiences. The speeches collected here represent only a fraction of her public dialogues: those given over the last six years in her capacity as president of the Fondation pour la Mémoire de la Shoah. Having written those last words, I must immediately correct myself: when our president discusses the Shoah, she is firstly and always Madame Veil, the Auschwitz survivor, matured and enriched by her French and international political experience, who speaks from the heart about her own memory and her own thoughts. Alone, the typed pages of these speeches doubtless lack her gaze, her gravitas, and the singular tone of her stories, which always pierce her listeners.

  • Mai 1945, Erich Altmann a quarante-et-un ans. Il a survécu ... Survécu à trente-trois mois dans l'enfer concentrationnaire nazi. Il y eut d'abord l'incompréhension, l'incertitude, puis l'anxiété, la peur, jusqu'à la terreur. L'horreur s'est ensuite installée avec son cortège de douleurs et d'afflictions : la faim, la maladie, l'harassement, la perte d'humanité, la mort omniprésente. L'inimaginable, l'indicible. Reste, irrépressible, cette farouche volonté de vivre pour ne pas partir en fumée et pouvoir témoigner aux yeux du monde « hors des camps ». C'est cette force qui a permis à Erich Altmann de survivre à Auschwitz-Birkenau, Buchenwald, Oranienburg et à deux « marches de la mort ».

  • La communauté juive alsacienne a sans aucun doute, de par l'histoire et la position géographique de son territoire, plus tôt perçu les périls que représenté les menés des nazis pour la paix et pour les Juifs. Pierre Auer Bacher est originaire de Wissembourg au nord de l'Alsace, sur la frontière avec l'Allemagne, précisément entre les deux lignes de défense militaire, Siegfried pour cette dernière et Maginot pour la France. Dès son plus jeune âge, son monde - où on parle le judéo-alsacien - est aussi peuplé par les Juifs allemands réfugiés. Les menaces de guerre des années 1930 sont autrement vécues dans cette zone de front potentiel, où l'évacuation de la population est planifiée. C'est dans le Sud-Ouest que celle-ci est censée attendre l'évidente victoire des armées françaises.

  • Maurice Szmidt est devenu un homme lorsque, convalescent, il s'est mis à rédiger ce qu'il venait de subir afin d'en conserver la mémoire qu'il sait fragile. Aussi est-ce sans détour ni omission qu'il nous livre dans ce témoignage la cruelle réalité de ce qu'il a vécu, du premier coup de canon qui le réveille le 10 mai 1940 à Anvers - où, venu de Pologne, il vivait avec ses deux soeurs et ses parents juifs pratiquants -, aux retrouvailles avec sa famille à Lyon trois ans plus tard.

  • Born in 1933, Jacques Saurel might well have known the fate of so many children of Jewish parents who emigrated from Poland between the wars: Auschwitz and the gas chamber. He owed it to his father that he initially had no problems with the authorities. As a volunteer for military service and then a prisoner of war, his father protected Jacques and his family under the Geneva Convention. But the Nazis were looking for hostages to deport. Thus, in early February 1944, Jacques, his oldest sister (the younger one was in hiding) and his little brother were detained with their mother for three months in the Drancy internment camp, before being deported to the _x001A_Star Camp_x001A_, Bergen-Belsen. It

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