Littérature générale

  • Il est fréquemment arrivé après la Shoah que des couples se forment sur un terrain de douleur commune. Fanny et David, enfants juifs pris dans la tourmente exterminatrice nazie, partagent plus que le traumatisme des persécutions et la disparition de leurs proches, ils ont en commun le même univers - le Paris du XIe arrondissement -, la même culture séfarade et la même langue : le judéo-espagnol de leurs ancêtres turcs et saloniciens. Tous deux ont vu leurs pères être victimes de la rafle dite « du XIe arrondissement » (20 août 1941), à la suite de laquelle la cité de la Muette inachevée devint le camp d'internement de Drancy : ils seront déportés treize mois plus tard et exterminés.
    /> Soixante-dix-sept lettres échangées par leurs parents lors de la détention à Drancy sont à l'origine de cette entreprise de mémoire qui a conduit Fanny et David à s'engager dans la recherche de leurs racines séfarades et à travailler sur leurs souvenirs. Grâce à ce livre, fruit de dix ans d'efforts, Fanny (décédée en 2001) et David ont creusé avec leurs mots une sépulture digne pour leurs chers disparus, ces disparus auxquels les nazis refusaient l'existence au-delà même de la mort, jusque dans les mémoires.

  • Tels sont les derniers mots du témoignage que Denise Holstein rédigea à son retour de déportation durant l'été 1945. Ces trois années qui ont brisé son adolescence sont ici racontées avec la simplicité de ses dix-huit ans et la précision d'une mémoire encore imprégnée de ces événements dramatiques.
    Victime des lois antijuives, elle voit son père une première fois arrêté le 6 mai 1942 et temporairement interné au camp de Drancy. La seconde fois, Denise est prise avec ses parents lors de la grande rafle des Juifs de Rouen à la mi-janvier 1943. Hospitalisée, elle bénéficie du secours que peut encore apporter l'Union générale des Israélites de France et ne réintègre pas Drancy. Au centre de Louveciennes, elle devient, à seize ans, monitrice d'un groupe d'enfants orphelins de parents déportés. Elle partage bientôt leur sort quand ses parents sont transférés le 20 novembre 1943 à Auschwitz II-Birkenau où ils sont assassinés.

  • Cet ouvrage, proposé par Serge Klarsfeld, réunit huit textes sur le camp « C », ou « camp juif », de Royallieu, un faubourg de Compiègne à 75 kilomètres au nord de Paris. Ils viennent ajouter leur voix - jusqu'alors restées confidentielles - à celles précédemment publiées dans la présente collection : la réédition enrichie du Camp de la mort lente de Jean-Jacques Bernard et les deux volumes exceptionnels et inédits du Journal d'un interné de Benjamin Schatzmann. Grâce à ce nouveau volume, le chercheur, l'étudiant ou l'honnête homme, pourra compléter sa compréhension des terribles conditions d'internement des Juifs dans ce camp de représailles nazi, sous autorité de l'armée allemande.

  • Le Dr Gaston Lévy est l'une des grandes figures de l'oeuvre de secours aux enfants (OSE) durant la Seconde Guerre mondiale. Alsacien, il est tôt sensibilisé aux périls qui menacent au-delà du Rhin. Aussi mit-il d'abord dans les années 1930, ses compétences médicales, spécialisées dans la pédiatrie, au service des réfugiés juifs fuyant les persécutions antisémites de l'Allemagne et de l'Autriche. Après l'inconcevable défaite française, il est dans la zone dite libre avec sa famille et se rapproche de l'OSE. Son dévouement va très rapidement lui offrir les responsabilités à la hauteur des besoins de l'organisation caritative.

  • À travers la narration de ce parcours, que lui-même se refuse à considérer comme exceptionnel - d'où ce pseudonyme de Robby qui lui permet aussi la distanciation -, Robby veut rendre un vibrant hommage à tous ceux, nombreux, qui ont lutté activement pour la survie de leur peuple.

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